Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Membre de la Congrégation polonaise des Sœurs des Anges, rwandaise d’origine, Beatha Manishimwe a suivi, aux Facultés Loyola Paris, la formation des formateurs religieux (FFR). Elle nous offre ici le fruit d’une réflexion sur le vœu de pauvreté quand il s’inculture en Afrique.
Un laïc engagé en entreprise et doctorant en théologie nous propose ce texte équilibré, pénétrant et modeste, sur les conseils évangéliques vus depuis le monde des affaires financières ; ici apparaît une compréhension renouvelée des enjeux de la vie chrétienne et, réciproquement, de la vie consacrée.
Professeur de philosophie aux Facultés Loyola Paris, membre du groupe éthique de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), Agata Zielinski propose de penser les vœux comme une manière incarnée d’être, de se laisser affecter, et d’agir avec discernement.
Théologienne responsable du projet « Les écrits de Tibhirine », de l’Université de Fribourg, M.-D. Minassian est particulièrement qualifiée pour nous proposer, à bientôt 5 ans de la béatification des martyrs d’Algérie (8 décembre 2018), d’interpréter la vie des moines de Tibhirine comme la lectio divina intégrale d’une Parole qui donne chair à chacun des vœux.
Docteur en droit canon, professeur à l’Université pontificale du Latran, ce canoniste laïc belge, membre du « Staff Généralat » de la Congrégation des Frères de la Charité, a collecté les modifications apportées à dix canons qui concernent directement les membres de la vie consacrée.
Prise dans la tourmente ecclésiale venue de France, la vie consacrée n’a-t-elle qu’à se laisser défaire par la révélation des impostures qui lui sont imputables ? Sous la plume de Noëlle Hausman, s.c.m., directrice de notre revue, commence une réflexion que d’autres pourraient poursuivre ou remoduler, en partageant ce qu’ils voient poindre des chemins où l’Esprit sépare de son souffle la balle et le grain.
Né en Lituanie dans une famille de militaires russes, catholique de conversion, le nouveau prieur du couvent dominicain de Marseille poursuit désormais un ministère de prédication, d’enseignement et d’accompagnement qui l’a déjà conduit à publier un bel ouvrage sur la paternité spirituelle et ses contrefaçons (voir la recension ici). Il nous rend ici le service de revenir sur un texte récent, encore mal connu.
Comme nous l’avons déjà découvert dans la formule de profession des Salésiens de don Bosco (Vies consacrées 79, 2007-4, p. 281-287), la liturgie des vœux éclaire singulièrement l’existence religieuse. Dans la Compagnie de Jésus, les premiers vœux engagent le profès temporaire à entrer dans la Compagnie, et demandent la grâce pour accomplir le désir ainsi offert. La manière dont saint Ignace conçoit l’intégration aux œuvres de son ordre et, plus profondément, à la mission de l’Église, peut donc être entendue comme un temps d’élection, et surtout, une demande instante de confirmation dans l’amour, lequel dépasse toute détermination humaine et spirituelle.
C’est avec l’accord de l’auteur que nous publions, enfin, en forme de « Courrier des lecteurs », ce texte (déjà ancien de deux ans) du Père Nothomb, m.a. Ses premières phrases le disent clairement, c’est en écho à l’article du P. Clodovis Boff (V.C. 1999, p. 377-395) que ces lignes ont été écrites. Il ne s’agit pas d’une polémique, mais d’un « je voudrais y ajouter quelque chose » et c’est à propos de « l’après », à propos de ce qui se vit suite à la sortie de la vie religieuse. On se souviendra en effet (et on le relira peut-être) que l’article « source » s’intitulait : « Considérations indignées » et proposait, en quelque sorte, un examen de conscience au vu de certains « abandons » surprenants et vécus douloureusement par le Père Cl. Boff. C’est aussi une réflexion personnelle et au titre d’une expérience exprimée en « je » que le P. Nothomb nous invite, qui ne le ferait, à redire que « Dieu est fidèle ». Avec la permission de l’auteur, nous donnons cette note pour prévenir une interprétation « laxiste » de ce « Courrier des lecteurs » qu’en aucun cas l’auteur ne cautionnerait. Dans ces quelques pages, il ne s’agit pas de déterminer le degré de responsabilité ni la culpabilité de la personne dont l’exemple relate une faute objectivement grave par laquelle – avant de quitter l’état religieux – le vœu de chasteté avait été lésé et la charité théologale blessée. La décision de sortir de l’Institut, elle-même, n’est pas l’objet de la réflexion qui suit (certaines Constitutions d’ailleurs font une obligation de quitter à celui qui s’est mis dans la situation évoquée). On ne cherchera donc pas à évaluer ce qui, dans la situation nouvelle où se trouve la personne, et qu’elle a assumée avec courage, est « plus humble » ou même « plus évangélique ». Sans doute, la fidélité ou l’infidélité ne se mesure pas – et qui le peut d’ailleurs ? – en séparant l’engagement baptismal (tendre vers la sainteté) des engagements des vœux (qui ne seraient que de l’ordre des moyens), ce qui a été parfois la doctrine enseignée, mais qui ne tenait pas assez compte de l’unité spirituelle de toute histoire personnelle. On pourra donc souligner, plus que ne le fait l’article, le lien entre le théologal et le moral dans la personne singulière qui répond librement à une vocation en choisissant tel état de vie et la pratique qui en découle du plus intime au plus « externe ». Il reste que l’on se laissera toujours inviter, par la croix du Christ, à la miséricorde qui fait vivre sans occulter la faute qui, reconnue et pardonnée, sera le lieu d’un « plus grand bien », dans une vie encore et toujours aimée et appelée à la sainteté, (ndlr).
Le titre modeste de cette méditation « en écho » qui accompagnait la Conférence des Supérieures Majeures de France en novembre 1996 ne doit pas cacher l’originalité de la formulation de ce qui est au centre de la spécificité de la vie religieuse apostolique. Et de son avenir. « Si notre Dieu est celui qui envoie, définitivement l’identité est devant, sans cesse en avant de nous. »
Les prophètes crient. L’annonce des malheurs, pour qu’ils n’arrivent pas, est une pédagogie de l’amour divin bouleversé par la souffrance de l’homme. Ainsi devons-nous entendre le texte du P. Cl. Boff. L’expression de ces « considérations indignées » sera peut-être jugée excessive, manquant de compréhension pour les richesses et les fragilités des vocations de notre fin de millénaire. Ce serait se tromper sur l’intention de l’auteur qui ne comporte aucun jugement des personnes si ce n’est en invitant les responsables de formation à s’interroger sérieusement sur ce qui se passe encore tous les jours quand tel ou telle « quitte » la vie religieuse. Nous disons à juste titre : « C’est le mystère, impénétrable, de leur existence ». Avons-nous tout dit, réfléchi, prié en ne disant que cela ?
C’est une contribution pénétrante de théologie biblique à théologie des vœux que nous propose cet article. Il approfondit aussi le sens que l’on peut donner à l’affirmation désormais établie fermement que la vie consacrée « ...n’est pas une réalité isolée et marginale... parce qu’elle appartient de manière intime à sa vie, à sa sainteté et à sa mission » (V.C. 3, citant L.G. 44). Par la profession spécifique qu’est l’engagement des vœux, la vie consacrée est kérygmatique, elle précise par conséquent sa mission propre à l’intérieur de la mission de l’Église.