Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
La qualité de l’attrait à la vie communautaire est souvent déterminant dans le discernement de la vocation des jeunes à la vie religieuse. Certes, cette dimension est constitutive du témoignage donné dans l’Église et pour le monde par la vie consacrée et son expression en est fort variée selon les diverses « à la manière de » des formes de vie commune qui la mettent en œuvre. Il reste que, partout, l’exacte compréhension et, plus encore, sa pratique quotidienne et dans la durée ne sont pas sans épreuves et combats parfois très vigoureux. C’est en elle, en effet, que se vérifie la maturation progressive de la liberté humaine et chrétienne des candidat(e)s à la vie vouée « à Dieu seul » en tous ses aspects... des plus « intérieurs » aux plus « extérieurs » sans cloisonnements des divers niveaux de la personne. L’article analyse les difficultés rencontrées à chacun de ceux-ci, mais aussi fait mentir le point d’interrogation de son titre. Le laconisme de ce qui n’a de « conclusion » que le mot, laisse augurer d’une reprise du thème sous un autre jour : celui de la formation.
Ce n’est pas sans intérêt de lire, à la suite du précédent article (ou avant selon sa propre situation), celui que nous propose Sœur Marie-Ancilla. En effet, si dès son instauration (au IXe siècle), la clôture apparaît liée à la virginité consacrée il s’en suit qu’elle déploie un espace symbolique où différentes significations de la chasteté vouée pour le Royaume se trouvent rehaussées ; telle, par exemple, la sponsalité de la vie consacrée. Mais n’est-il pas excessif de « cadenasser » toutes les formes de vie religieuse contemplative féminine dans cette seule harmonique et de la lier si strictement à la pratique d’une clôture univoque ? La tradition dominicaine ne le pense pas et Sœur Marie-Ancilla attire notre attention sur la nécessité d’une perspective historique et surtout respectueuse du polymorphisme des traditions en cette matière.
Assez technique, ce texte de sœur Marie-Ancilla déploie de manière convaincante les connivences profondes entre la Règle de saint Augustin et l’ecclésiologie de communion. Qui, connaissant la pensée de l’Évêque d’Hippone sur la communauté et son fondement trinitaire, en aurait douté ? En cette année jubilaire dédiée à la Sainte Trinité, on approfondira donc ici ce qui est aussi au cœur de la doctrine de Vita consecrata. Certes, le lien avec l’exhortation post-synodale, déjà esquissé dans la Conclusion, demanderait à être développé. Mais ne serait-ce pas un autre article ?
Les deux parties de cet article, tout pétri d’expériences vives et chaleureuses, indiquent bien la double préoccupation à laquelle se doit d’être attentive toute formation à la vie religieuse : structuration humaine et chrétienne, structuration « religieuse » par intégration des structures de l’ordre. Cela semble aller de soi. Mais trop de maladresses sont encore sous nos yeux pour ne pas prêter attention aux remarques si judicieusement proposées.
Plus d’un(e) lect(rice)eur, selon son Institut et sa tradition spirituelle, nuancera sans doute la thèse présentée ici, qui tendrait à mettre en évidence dans les textes conciliaires (et postérieurs) unedoctrine fortement accentuée de l’obéissance religieuse. Evangelica testificatio serait l’exception confirmant la règle..., ignatienne en l’occurence, qui serait sous-jacente à tout le reste. Des indices sérieux vont en ce sens. Mais à propos de ce point, la question générale qui se pose est d’une autre portée. Elle concerne la possibilité, ou en tout cas l’utilité, d’unethéologie de la vie religieuse et donc d’une théologie de l’obéissance vouée. Comme il y a des formes de vie consacrée diverses, n’y aurait-il pas des théologies de l’obéissance ? En un sens, cela est vrai et il faudrait aller plus loin que l’auteur, qui ne repère ici que deux grandes orientations. Mais, à l’inverse, ne doit-on quand même pas maintenir la possibilité d’une réflexion théologique fondamentale, pertinente, christologique évidemment, spécifiant la nature de cetteobéissance chrétienne propre à l’état de vie envisagé ? Les questions soulevées par cet article en indiquent tout l’intérêt.