Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
L’adresse historique du Père Général aux Jésuites belges, réunis pour l’accueillir à l’occasion des jubilés ignatiens, souligne le caractère capital d’une « passion pour l’union » du corps apostolique de la Compagnie, en vue d’accomplir l’œuvre de Dieu. C’est là « une question de vie ou de mort », comme l’attestent le cheminement d’Ignace et de la Compagnie naissante, mais aussi l’itinéraire des Exercices : le corps des Apôtres uni au Christ n’est-il pas le prototype du corps de la Compagnie de Jésus ? Ainsi, les Constitutions montrent-elles dans la Compagnie elle-même une union à faire malgré les obstacles, un corps apostolique au service des missions pontificales, un lieu où se laisser conduire par l’imprévisible mais unique Esprit. L’union des cœurs et des esprits devient alors un critère de l’apostolicité du travail et du discernement de l’avenir, lorsque le corps universel est appelé à vivre l’infini dans le plus particulier : « c’est cela qui est divin ».
Pour ouvrir notre célébration de l’année ignatienne, nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs ces extraits d’une homélie du Père Général des Jésuites qui va d’un mot au cœur de la spiritualité de saint Ignace. De sa première “messe sur le monde” à la rédaction du Journalet des Constitutions,du Fondement des Exercicesà la contemplation Ad Amorem, Ignace a puisé dans cette “passion eucharistique” la foi, l’espérance et l’amour où s’opère la lente “conversion eucharistique du monde”. Une “passion du service” que l’auteur propose ainsi : “l’Eucharistie, c’est assez pour moi”. Extrait d’une homélie du T.R.P. Kolvenbach, 31 juillet 1985.
En inscrivant le rôle du supérieur et la nature de la communauté ignatienne dans l’ecclésiologie de communion propre au dernier Concile, le Père Général des Jésuites montre, au bénéfice de tous, comment le charisme de la Compagnie est affecté par cette réalité ecclésiale. L’idéal du pèlerinage et la vision universelle appellent un discernement du supérieur et de la communauté locale, pour une mission qui s’accomplit par la « koinônia » eucharistique et apostolique. Le supérieur ne structure pas la communauté comme un père de famille, il n’en est pas le père spirituel, il est responsable de la vie en Esprit où l’envoi en mission trouve sa source et il lui appartient, même s’il ne dirige pas l’« œuvre », de confirmer ses frères dans leur apostolat. Par cette « voie de l’obéissance », le supérieur ignatien fait l’union de la communauté en l’unissant à la volonté de Celui qui envoie. Conférence donnée par le Père Kolvenbach à la réunion des Supérieurs de la Province de France le 6 avril 1988. Selon l’auteur cette conférence doit beaucoup aux commentaires des dernières Congrégations Générales publiés dans les Cahiers de spiritualité ignatienne et dans les éditions du CIS.
En août 1986, lors de l’assemblée mondiale des Communautés de vie chrétienne, groupant des hommes et des femmes engagés comme laïcs dans la mission de l’Église, le Père Kolvenbach, Général de la Compagnie de Jésus, leur a adressé ce message. Inspiré des Exercices spirituels de saint Ignace, il déploie dans cette perspective la mission de Notre-Dame : porter le Christ aux hommes et les hommes au Christ, être médiatrice de ce que l’Église appelle aujourd’hui la communion. Au moment où s’ouvre dans l’Église universelle une année mariale (Pentecôte 1987 à Assomption 1988) pour que l’Église, selon les paroles de Jean-Paul II, « garde les yeux fixés sur Marie et se prépare mieux au troisième millénaire », ces pages peuvent nous aider à « prendre Marie chez nous », dans la mission ecclésiale qui nous est confiée.