Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
La théologie du laïcat a connu un développement remarquable du début de ce siècle à nos jours. Comme Vatican II l’a solennellement proclamé, « la vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu » (LG 31). Ces pages montrent quel changement cette affirmation représente par rapport à une ecclésiologie juridique ; elles marquent aussi que, sur ce point, le Concile n’a été que partiellement reçu et suggèrent ce qu’il faudra faire pour approfondir, en théorie et en pratique, la doctrine conciliaire et écarter le danger (non illusoire) d’une restauration de type clérical. On comprend d’autant mieux que Jean-Paul II ait approuvé comme thème du prochain Synode des évêques la mission du laïcat dans l’Église. Si ceci concerne directement les laïcs et les instituts séculiers, ce n’est pas sans conséquences pour une meilleure compréhension de la place et du rôle des religieux.
Un Code entièrement renouvelé Le Code de Droit Canon promulgué par Jean-Paul II le 25 janvier 1983 se présente comme franchement renouvelé par rapport au Code de 1917, qu’il abroge. Les experts en la matière n’ont pas manqué de signaler immédiatement les aspects techniques de ce renouveau, en soulignant les différences que...
Après avoir esquissé, dans une première partie (cf. [Vie consacrée 1982, 171-180)], les étapes de la reconnaissance des Instituts Séculiers, l’auteur consacre ces pages à étudier l’apport de Vatican II et des recherches qu’il a suscitées et surtout le rôle décisif du ministère pastoral de Paul VI : ses interventions ont de plus en plus nettement précisé en quoi consistait la « nouveauté » de cette forme de vie consacrée appelée à « être vécue au milieu des réalités temporelles, pour insérer la force des conseils de l’Évangile au milieu des valeurs humaines et temporelles ».
Si l’appel à se consacrer totalement à Dieu par la voie des conseils sans quitter pour autant le milieu dans lequel on vit remonte aux premiers siècles de l’Église, c’est surtout à l’époque moderne qu’est apparu le désir de nombreux laïcs de se grouper dans ce but. A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, la réponse de la hiérarchie fut d’abord négative : aux demandes qui lui étaient adressées, Rome répondait en invitant à rejoindre une des formes reconnues : congrégations, Tiers Ordres, pieuses unions (avec, éventuellement, voeux privés). La partie de cette étude que nous publions aujourd’hui nous mène jusqu’aux premiers documents qui reconnurent officiellement les Instituts Séculiers, sans toutefois percevoir encore pleinement la nouveauté du charisme dont ils témoignent. – Outre l’intérêt que cet exposé présente pour les Instituts Séculiers, il montre à tous par quelles longues patiences l’Esprit Saint mène ceux auxquels il inspire ces « nouveautés » jusqu’à leur pleine reconnaissance par le magistère, seul habilité, dans ce même Esprit, à authentifier ses dons.