Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques
dans toutes les formes de la vie consacrée

Hommage à Jean Burton, s.j.

Ancien directeur de la revue (1992-2003)

02/112024 Noëlle Hausman

Membre depuis juin 1989 du Comité de rédaction de la revue qui s’appelait encore Vie consacrée (1989-3), Jean a succédé dès janvier 1990 (1990-1) à Jean-Marie Glorieux comme directeur adjoint, puis a été nommé directeur en 1992 [1], service qu’il a rempli jusqu’à ce que la revue, en novembre 2003 annonce son nouveau titre Vies consacrées au pluriel (2003-6), avec un nouveau « groupe porteur », comme on disait alors. Plusieurs sont encore aujourd’hui présents dans l’actuel Comité de rédaction.

C’est aussi dans le dernier numéro de 2003 que Jean a écrit la dernière de ses publications, qui s’intitulait : « 75 ans… et après ? » [2]. C’était sa manière élégante de passer la main après ses dix années de direction, en indiquant que « les grands thèmes des théologies de la vie consacrée » qu’il avait promus n’étaient pas que « des carrières où puiser quelques pierres ». Il redisait finalement sa confiance aux personnes qui allaient relever le défi de « penser la vie consacrée dans une théologie narrative », défi également de voir l’Esprit à l’œuvre dans le service « à fonds perdus » du monde de la souffrance des plus petits qui lui tenait tant à cœur [3].

Les deux premières années de sa direction (1992 et 1993) ont été monopolisées par le Synode sur la vie consacrée de 1994. Puis il a signé l’éditorial d’ouverture de chacune des années suivantes, jusqu’en 2003 donc. À plusieurs reprises, il s’est intéressé – c’était un scientifique – au retentissement de la revue chez ses lecteurs (« Une lecture à deux voix d’un questionnaire sur la vie consacrée et sa mission dans le monde » [4] ; « Voulez-vous écrire pour la revue ? » [5] ; « L’enquête 2000 : brève présentation des résultats » [6]).

Jean Burton (Photo Communion de la Viale)

Il a aussi aimé se faire l’écho des travaux ou de discussions de notre Conseil de rédaction annuel (sur « Les avenirs de la vie consacrée » [7] ; sur « Vie consacrée et Églises locales » [8] ; « Les Laïcs associés, éléments de bibliographie » [9].

Avant même d’entrer dans les instances de la revue, il y avait écrit un article, intitulé « De la liberté spirituelle en termes ignatiens » [10], où l’ancien maître des novices réfléchissait aux conditions et modes de la liberté chrétienne. Je vous cite, pour finir, sa conclusion, qui peut encore nous éclairer aujourd’hui : « On voit donc que la tâche chrétienne de la liberté en notre monde est de libérer en toutes ces réalités (or, honneur, gloire [11]) et l’action de grâces au Père et le service extrême des frères » (p. 36). D’avoir été ce témoin jusqu’aux extrêmes, cher Jean, nous te remercions et nous rendons grâces au Père des miséricordes.

[1Il prenait ma succession et j’ai pris la sienne comme directrice adjointe jusqu’au premier numéro de 1995.

[2VC 2003-6, p. 364-365

[3VC 2003-6, p. 365

[4VC 1993-4, p. 236-237

[5VC 1999-6, p. 363

[6VC 2000-1, p. 8-20. Voir déjà l’écho donné à une enquête canadienne, « Attentes des religieux et religieuses à l’approche du Synode sur la vie consacrée », in VC 1993-3, p. 223-235.

[7VC 1994-3-4, p. 166-224

[8VC 1999-4-5, p. 220

[9VC 2002-1, p. 21-24

[10VC 1992-1, p. 28-37

[11Il notait que pour la conscience moderne, « la liberté s’est explicitée, depuis la Renaissance, comme capacité de prise en main de son propre destin : responsable d’elle-même, responsable devant elle-même de l’édification de son devenir temporel (richesse), social (honneur) et historique (gloire) » (ibidem, p. 36).

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