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OuverturePlus de 280 personnes appartenant à 90 groupes ecclésiaux de « consacrés » (instituts religieux ou séculiers, vierges consacrées ou sociétés de vie apostolique, érémitisme ou associations diverses…) se sont réunies les 24-25 octobre derniers aux Facultés Loyola Paris pour réfléchir à la question « Faut-il réparer la vie consacrée ? » – une problématique que la revue Vies consacrées préparait depuis plus d’un an. Il s’agissait en effet, pour célébrer les 100 ans de notre publication, d’établir un moment de réflexion commune, avec les acteurs concernés aujourd’hui par les mises en question d’une forme de vie dont beaucoup de participant(e)s portaient la responsabilité « d’affronter les problèmes, d’identifier les impasses » et de chercher comment « ouvrir de nouvelles espérances », tandis que d’autres, hommes ou femmes, vivaient dans leur chair les conséquences de graves violences subies, hier et même encore aujourd’hui.
Qu’est-il arrivé, au fil de ces heures d’écoute, de rencontres, de partages ? Osons dire qu’un souffle d’espérance nous a traversés, au point de donner l’impression, à la fin, que ces personnes si diverses ne formaient qu’un corps, certes blessé, mais porteur de vie.
Nous allons, au fil de cette année 2026, publier dans la revue l’essentiel des communications, et donner une idée de ce qui s’est passé dans les 10 ateliers, voire dans les échanges en tous genres qui ont bordé ces journées. Vers la fin de l’année, nous rassemblerons les actes complets du Colloque dans une version numérique, qu’il sera possible d’acquérir à un prix modeste.
Mais surtout, dans l’élan de ces journées fondatrices, nous allons poursuivre la route, en nous laissant inspirer par des ressources variées : les récents documents autorisés (citons par exemple l’exhortation apostolique Dilexi te, la Note doctrinale sur Marie [1], le 2e rapport de la Commission pontificale pour la protection des mineurs...), les traditions spirituelles souvent mal connues, les engagements de certains témoins, des ouvrages qui peuvent irriguer nos réflexions et nos pratiques.
Sous les coups de boutoir d’une actualité trop souvent affligeante [2], grâce à la profondeur touchée lors des interventions et des dialogues du colloque, nous voici devenus plus vulnérables, plus proches donc d’une reformulation de tous les fondamentaux de nos vies – vous avez dit « consécration » ? « mission » ? « communion ecclésiale » ? Ce dernier point demandera une nouvelle vigilance, tant les rapports de la vie consacrée avec les diocèses (et réciproquement) doivent être sérieusement reconsidérés. Tâchons de nous y engager.