Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques
dans toutes les formes de la vie consacrée

Ouverture

N°2025-2 Avril 2025

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Ouverture

Faut-il jubiler d’avoir cent ans, comme on jubile lors de certains anniversaires de profession ? N’est-ce pas plutôt le moment d’être rempli de confusion pour tout ce qui est demeuré obscur dans nos vies ou nos entreprises ? Souvenons-nous que Jésus a commencé sa vie publique (Lc 4,19) en proclamant une année de grâce le jour du sabbat, « qui se confond avec le jour du Kippour, à l’occasion duquel étaient rapprochés des textes comme Is 58 et Is 61. Les trois institutions du sabbat, du jubilé et du Kippour se télescopent dans la personne du Christ qui semble les assumer toutes les trois en un événement unique [1] ». Ainsi, la venue du Christ célèbre tout ensemble la grâce d’une conversion et le relèvement des cœurs brisés. N’est-ce pas là l’orient du programme du Colloque centenaire que nous vous présentons immédiatement après cette ouverture ? Il faudra entreprendre cette traversée pour en découvrir les promesses.

Dans ce numéro de printemps, nous irons d’abord à la Rencontre d’Isabelle de La Garanderie, vierge consacrée du diocèse de Nanterre, doctorante en théologie et, par choix, enseignante en milieu sécularisé. Un contraste qui nous a intrigués.

Le Kairos est d’abord marqué par une contribution, en marge de l’encyclique Dilexit nos, de Joseph Famerée, provincial des Prêtres du Sacré-Cœur et co-président du Groupe des Dombes : réparer les fractures des divisions ecclésiales et sociales, n’est-ce pas mieux comprendre où peut conduire la théologie du Cœur de Jésus ?

C’est aussi le temps de Pâques, où Pierre Piret, s.j., nous indique comment le début de l’évangile de Luc nous met au présent de l’Esprit promis à la Pentecôte.

Nous avons voulu retenir, en Orientation, la présentation que Christiane Meres, o.c.d. († 2024), a proposée de l’oraison thérésienne ; ici, la Madre « conduit vers un horizon vaste et libre, mais exigeant » d’une « histoire d’amour toujours éminemment personnelle », en laquelle il s’agit de se libérer pour donner.

La Chronique annuelle sur la vie consacrée permet à Noëlle Hausman, s.c.m., d’initier à la lecture de quelques ouvrages récents, où sont touchés des fondements, des formes, des figures et des apports canoniques ou spirituels concernant nos diverses vocations ecclésiales.

Enfin, Sur un autre ton, Nikolaas Sintobin, s.j., nous introduit, à partir de son itinéraire personnel, à ce que peut signifier « la prière biblique ignatienne ».

*

Jubiler, ce serait donc réparer, non les brèches infranchissables, mais un chemin intérieur pour Celui qui nous y rejoint encore. À vous rencontrer au Colloque de Paris !

[1Cf. G. Drouot, « Le discours inaugural de Jésus à Nazareth », NRT 129-1, 2007, p. 35-44.

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