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OuvertureC’est l’été des grandes migrations ou des grands renouvellements capitulaires, tandis que se poursuit le travail d’élaboration de la prochaine assemblée synodale. Où serons-nous conduits dans les temps à venir, quand l’Église elle-même tâche de mieux entendre la voix de fin silence qui l’appelle à repartir ? La vie consacrée est mise en demeure, partout, de passer ses structures au feu du fondeur, et nous ne savons pas encore quelle forme en surgira – sauf qu’il s’agira d’une vie nécessairement nouvelle.
Parmi toutes les trilogies qui structurent la vie chrétienne, à commencer par la foi, l’espérance et l’amour, celle des trois conseils serait-elle inspirante dans l’existence laïque, au point de renouveler la compréhension des consacrés ? C’est ce que propose d’entendre, en Orientation, Jason Trepanier, homme d’affaires et théologien. Dès le commencement de ce numéro sans Rencontre formelle, mais qui s’achève en visitation (Mère Marie-Élie Hancock, Sur un autre ton), Agata Zielinski, pense la vie religieuse comme une expérience existentielle, quand se vit dans la chair chacun des trois vœux.
Poursuivant notre réflexion sur la théologie du charisme, fondateur ou non, Noëlle Hausman en vient, magistère postconciliaire à l’appui, à souligner l’indispensable réception créatrice, par la génération actuelle, du don des commencements qui sans cela, s’évanouit ou se fait tyrannique. Pavel Syssoev avait déjà montré que tout charisme originel s’ordonne avant tout à la charité. Kairos et Orientation confondus s’achèvent sur la figure d’Ignace de Loyola : celle qui se révèle dans ses Lettres, présentées par Mark Rotsaert, pourra surprendre ; elle atteste également qu’il faut considérer les fondateurs à partir du cœur de leur héritage, ici une amitié pour tous dans le Christ.
Un grand projet nous habite, celui de fêter en 2025 les cent ans de Vies consacrées. Le comput peut paraître curieux, si on se rapporte à nos références, qui indiquent actuellement une 96e année ; mais c’est pourtant bien en 1925 que la revue est née [1], même si elle a cessé un moment de paraître, durant la deuxième guerre mondiale. Nous envisageons un Colloque de deux jours, en France et à l’automne, sur un thème particulièrement délicat, qu’il s’agirait d’élaborer pour servir, en mobilisant nos capacités de réflexion, la vie consacrée de notre temps. Seriez-vous des nôtres ?