Sophie Binggeli
Noëlle Hausman, s.c.m.
N°2023-1 • Janvier 2023
| P. 3-14 |
RencontreNée à Lausanne, pharmacienne, docteur ès lettres et licenciée en théologie, Sophie Binggeli, dont le doctorat européen a porté sur sainte Edith Stein, appartient au cercle restreint des connaisseurs chargés de la traduction en français de son œuvre. Membre d’un institut séculier, elle enseigne la théologie à Paris, notamment à la Faculté Notre-Dame du Collège des Bernardins.
La partie de l’entretien consacrée au commentaire de l’œuvre de Bert Gerresheim, à Cologne (Mémorial Edith Stein) est accessible en vidéo (cliquez ici !).
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Vs Cs • Sophie Binggeli, vous faites partie d’un institut séculier de spiritualité carmélitaine, Notre-Dame de Vie, et, comme professeur de théologie à la Faculté Notre-Dame de Paris (les Bernardins), vous n’avez cessé d’approfondir la pensée de la philosophe carmélite d’origine juive. Que peut-elle nous apporter aujourd’hui ?
Sophie Binggeli • Le texte de l’Office des Lectures de la fête d’Edith Stein nous propose une méditation très poignante sur les vœux, datée du 14 septembre 1939. À l’époque, Edith, ayant fui l’Allemagne nazie, était en Hollande et la prieure lui avait demandé de composer une méditation pour le renouvellement des vœux des sœurs. On a ainsi plusieurs méditations, soit pour la fête de l’Exaltation de la Croix, soit pour la fête de l’Épiphanie le 6 janvier. Des méditations très bibliques et très spirituelles, avec chaque fois un accent différent. Ce texte est un dialogue avec le Christ en croix, écrit pour le 14 septembre, la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pendant laquelle les sœurs renouvellent leurs vœux. C’est un vrai dialogue d’alliance : « Veux-tu une nouvelle fois renouveler tes vœux avec moi, ce qui peut te coûter la vie ? Le monde est en feu ».
Tout le cheminement, c’est de se laisser regarder par le Christ dans ces vœux qui disent le dépouillement, la réponse, la communion sponsale aussi, avec comme leitmotiv, en arrière-plan, que « le monde est en feu », une formule qui, reprise de Thérèse d’Avila dans le contexte du XXe siècle, prend une radicalité nouvelle. « Le monde est en feu » et il a besoin de la consécration de la carmélite, pour que le Christ soit présent sur tous les fronts de détresse. Edith Stein note que cela dépasse ses limites, que c’est trop pour ses propres forces. Mais la carmélite répond avec Pierre qui répondait au Christ : « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ». Resituer la vie consacrée dans cette alliance avec le Christ en croix, voilà un message important pour la vie consacrée, aujourd’hui, et pour le monde. De même, à l’égard des baptisés – puisque la vie consacrée n’est pas un sacrement, mais l’approfondissement du baptême dans un choix de vie –, il me semble qu’Edith les aide aussi à revisiter cette alliance du baptême.
Ce qui peut aider aussi, c’est sa liberté pour aborder les questions. À trois ou quatre reprises dans ses écrits, elle se pose la question de la prêtrise de la femme et y répond dans la théologie de son époque, mais peut-être en en portant le désir – cela n’engage que moi. Je me suis vraiment posé la question de savoir si, peut-être, elle ne désirait pas pour la femme ce chemin, se disant qu’il y a peut-être une autre vocation pour la femme dans l’Église... En tous les cas, je trouve qu’elle est très libre pour aborder ces questions.
Vs Cs • Vous venez de recevoir à Wrocław, à la suite de personnes célèbres, le prix Sainte Edith Stein, conféré depuis 2017 à ceux qui approfondissent la pensée de l’enfant du pays. Quelle importance cela a-t-il, en ce moment difficile pour l’Europe ?
Sophie Binggeli • Le Prix Edith Stein est conféré par l’Association de Wrocłav qui est la seule association Edith Stein en Pologne. Cette année 2022, qui correspond aux 80 ans de l’extermination d’Edith Stein à Auschwitz, Wrocłav a décidé d’en faire une année Edith Stein avec, entre autres, des manifestations, des concerts donnés en ces lieux où est passée Edith.
Pour moi c’est saisissant car, en Pologne, Edith prend vraiment de l’importance. C’est un grand enjeu pour Wrocłav. Une association liée à la mémoire et au patrimoine porte également cette Année Edith Stein, ce qui rejoint l’intuition de Jean-Paul II qui l’a nommée copatronne de l’Europe avec Brigitte de Suède et Catherine de Sienne. Il donnait ainsi à Edith Stein une place tout à fait particulière du fait de sa proximité dans le temps et de sa place dans l’Europe bouleversée, depuis l’Occident jusqu’à l’Orient le plus lointain. Il a vraiment insisté sur la figure d’Edith Stein pour faire mémoire de la Shoah au sein de l’Europe.
Je pense que, sur cette question d’assumer la mémoire et d’accueillir en même temps l’espérance pour l’avenir, ce qui est particulier pour Edith Stein, c’est le fait qu’elle soit allemande. En même temps, dans cette ville de Wrocłav qui autrefois était Breslau – c’est une des intuitions principales que je verrais aussi –, Edith est accueillie et elle est en train d’œuvrer pour la paix dans l’Europe actuelle avec ses guerres.
Quand on m’a remis le prix ainsi qu’à sœur Cécile Rastoin, carmélite de Montmartre (Paris), et à trois Polonais, il y a eu un concert, et une participante, une personne de la Société polonaise Edith Stein, disait justement : « Comment peut-on jouer de la musique si paisiblement dans la maison d’Edith Stein quand on entend la guerre aux portes de la Pologne, qui n’est pas loin de l’Ukraine ? ». Cette attention pour la paix ! En plus, le couvent auquel Edith appartenait s’appelle Marie Reine de la Paix. Il y a vraiment quelque chose au niveau de la paix et de la mémoire qui est confié à Edith Stein, avec des zones d’ombre aussi terribles que la Shoah, ou l’inimitié, pendant la guerre, entre l’Allemagne et la Pologne.
Vs Cs • La vie d’Edith Stein ne pourrait-elle se résumer comme une suite de conflits traversés, mais dont la douleur s’approfondit avec le temps ? Les traits de son visage qui nous sont restés disent quelque chose d’un itinéraire tourmenté. Ou bien, pensez-vous que la peinture ou la statuaire ont mieux saisi ce qu’elle était ? Se dit-elle mieux encore dans ses poésies ?
Sophie Binggeli • La statue de Cologne représentant Edith Stein est un mémorial. J’ai été tellement touchée par cette statue que j’ai essayé de rencontrer l’artiste, que j’ai finalement trouvé après tout une enquête. Il a fait d’autres monuments sur Edith Stein ou d’autres personnages. Ce monument est extrêmement touchant parce qu’il est capable de faire mémoire de la Shoah, de ce que les nazis ont perpétré justement à Cologne.
On voit d’abord Edith Stein penchée sur l’étoile de David, sa destinée de fille du peuple juif. La représentation d’Edith jeune est assez rude, avec cette fissure dans le visage. Je l’interprète comme la recherche de la vérité qui, pour elle, était si dure, puisqu’avant son baptême, avant de trouver le Christ, elle a pensé au suicide durant les années de son doctorat, en 1916, en pleine guerre mondiale. Elle regarde sa bibliothèque à Wrocłav et elle dit : « sur les étages de ma bibliothèque, il y a les dissertations, les doctorats de ceux qui sont tous morts sur le front. On a l’impression d’appartenir à une génération morte depuis longtemps [1] ». Elle va vraiment vivre l’épreuve qui consiste à chercher le sens de sa vie.
Je compare sa vie à une parabole, au sens géométrique du mot : il faut vraiment qu’elle touche le fond, qu’elle n’ait plus rien à quoi se raccrocher : elle pensait faire carrière à l’université, cela ne marche pas ; elle voulait se marier, cela ne marche pas. On sent qu’elle n’a plus rien sur quoi s’appuyer, et puis le Seigneur la saisit. C’est pourquoi je trouve que cette représentation, avec cette fissure, est très dure, mais elle reflète cette quête du sens, cette recherche du sens.
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Le Mémorial Edith Stein à Cologne (œuvre de Bert Gerresheim, 1999)
© Achim Raschka/CC-BY-SA-4.0a
Dans la statue de Cologne, il y a aussi une représentation d’Edith Stein carmélite : l’artiste a voulu la représenter portant la Croix devant elle. Il m’a dit : « Elle la porte comme un écu, un écusson, comme un bouclier pour avancer ». Elle s’avance avec la Croix et son visage est très dramatique. L’artiste a façonné cette sculpture en bronze d’après les photos et ce qui est admirable, c’est son intuition qu’Edith Stein porte la croix – et elle a une alliance au doigt. En fait, l’artiste, Bert Gerresheim, a perçu le sens de cette alliance sponsale avec le Christ de sœur Thérèse Bénédicte de la Croix. Elle s’avance et le Christ est représenté sur la croix comme l’homme souffrant des camps, un Christ particulièrement douloureux dont on aperçoit à peine le visage, dont les mains sont presque comme des moignons, pour rejoindre l’homme souffrant. Edith Stein, carmélite, se met en marche et, sur le chemin des pavés de Cologne, l’artiste a marqué les matricules des personnes déportées dans les camps. Il avait demandé l’autorisation. La représentation est très suggestive. On observe aussi des empreintes de pas de toutes sortes, mais quand on arrive à la chambre à gaz, il n’y a même plus de chaussures : simplement les empreintes des pieds nus, et puis, ultimement, la couronne d’épines du Christ. Une fois qu’Edith a trouvé le Christ, la « parabole » remonte, le sens est donné, en même temps qu’une joie profonde. Il n’y aura pas moins d’épreuves, il y en aura même plus, mais, pour elle, le sens est donné, qui est l’alliance sponsale avec le Christ. On comprend qu’ultimement c’est un chemin vers la vie et qu’elle est heureuse. L’artiste m’a beaucoup appris sur le sens de la vie de sœur Thérèse Bénédicte de la Croix.
Vs Cs • On sait que sa canonisation (1998) a soulevé de grandes oppositions du côté juif. Comment parleriez-vous aujourd’hui, par-delà les clivages qui s’approfondissent ou s’estompent, de sa filiation juive et en même temps de son devenir chrétien ?
Sophie Binggeli • Jean-Paul II nous aide à le comprendre, au moment de sa béatification en 1987 dans le diocèse de Cologne. C’est le diocèse de Cologne et le Carmel de cette ville qui accueillaient l’événement de la béatification. Il faut savoir que la famille d’Edith Stein qui a survécu, c’est la famille qui a fui l’Allemagne nazie. Tous les autres ont été exterminés, d’une manière ou d’une autre. Une partie de la famille était aux USA, sa sœur Erna qui lui était la plus proche, et sa fille Suzanne Batzdorff, qui a écrit le livre Edith Stein ma tante [2] vit encore. Une autre branche de la famille vit en Colombie et, pour la plupart, est devenue catholique. Au moment de la béatification, la famille catholique venant, la famille juive a voulu venir aussi. C’était un enjeu très délicat et, pour la plupart des membres, c’était la première fois qu’ils revenaient en Allemagne après la guerre. L’accueil avait été tel que des liens se sont créés. Le texte de l’homélie de Jean-Paul II est assez extraordinaire. J’utilise souvent cette homélie quand je présente Edith Stein et que je veux faire réfléchir sur le thème du pont à établir entre Juifs et chrétiens. Un texte remarquable, car Jean-Paul II est capable de regarder Edith Stein comme fille du Carmel, fille de l’Église, mais d’abord fille d’Israël, fille de ce peuple juif. Il présente son chemin et parle du martyre du peuple juif qui va jusqu’à l’extermination, sans le christianiser ; il n’annexe pas, il ne mélange pas, il constate qu’on a fait subir quelque chose d’innommable au peuple juif et il nomme ce martyre du peuple juif en tant que tel. Par ailleurs, dans le contexte de son arrestation, Edith Stein est béatifiée comme martyre parce que les évêques de Hollande avaient protesté contre la déportation des Juifs et, en représaille, il y a eu cette fameuse arrestation de tous les catholiques d’origine juive. Jean-Paul II a été capable de distinguer sans confusion la réalité dramatique de la Shoah, ce dont témoigne Edith Stein. C’est pour moi un point important qu’il développe d’ailleurs quand il la nomme patronne de l’Europe, en disant qu’elle crée des ponts entre ses racines juives et sa vie avec le Christ.
Vs Cs • Vous avez soutenu un doctorat européen d’Études germaniques sur le thème : La femme chez Edith Stein. Une approche philosophique, théologique et littéraire (7 février 2000) qui se reflète dans votre ouvrage Le féminisme chez Edith Stein [3]. N’est-ce pas le domaine le plus dépassé de sa pensée ?
Sophie Binggeli • La question est intéressante surtout dans le contexte de la pensée sur la femme, sur la différence sexuelle. Ce qui me frappe, c’est de voir combien de jeunes femmes qui font des travaux universitaires, souvent en philosophie, souvent aussi en pédagogie, sont touchées par sa pensée sur la femme. C’est un fait. Je trouve justement passionnante cette confrontation. Sa pensée est à la fois intéressante et limitée, comme toute pensée. Ce qui est remarquable, c’est ce que ces jeunes femmes – et aussi parfois des hommes, – trouvent auprès d’elle. Elle ne donne pas une pensée toute faite, mais elle oblige à réfléchir, c’est vraiment l’intérêt que j’y vois. C’est stimulant quand on peut aider à réfléchir et à construire une pensée ; simplement il ne faut pas le faire de façon rapide en passant de suite à sa pensée finale, à ce qu’elle dit sur les caractéristiques de la femme. Il faut d’abord entrer dans son anthropologie.
Déjà, son anthropologie, sa pensée sur la personne humaine, nous aide à comprendre le composé corps et âme, à partir d’une approche phénoménologique : comment puis-je le percevoir, en faire l’expérience ? Son approche nous y aide. Cette approche anthropologique unifiée – corps et âme, masculin et féminin – est une démarche phénoménologique et philosophique, qui, en plus, intègre la réflexion de saint Thomas d’Aquin. On est dans une richesse d’approches de fond. Edith va puiser aussi dans l’Écriture. Finalement, une démarche philosophique n’aura jamais le dernier mot. Sa pensée est stimulante dans le sens qu’elle intègre aussi tout le domaine de la création. Dans sa pensée sur la femme, elle donne des pistes propices à la réflexion mais, si je n’y joins pas l’approche biblique, je n’aurai pas son dernier mot. Dans son approche biblique, elle fait ce qu’a fait Jean-Paul II dans ses catéchèses sur la création, en réfléchissant à la fois bibliquement et philosophiquement. Quand on a les deux, on peut construire une pensée intéressante, mais elle ne donne pas des solutions toutes faites. Cela peut même énerver ! Avec une grande ouverture elle propose une pensée qui intègre aussi les sciences humaines.
Vs Cs • Diriez-vous qu’elle a bien sa place parmi les Docteurs de l’Église ?
Sophie Binggeli • Je suis très reconnaissante à Jean-Paul II du cursus ecclésial qu’il a fait faire à Edith Stein : la béatification en 1987, avec le lien entre ses racines juives et le Christ ; la canonisation le 19 octobre 1998, alors que, le 14 septembre de la même année, il a publié l’encyclique Fides et Ratio dans laquelle il cite Edith Stein comme exemple, comme quelqu’un qui cherche la vérité avec l’accueil de la Révélation ; en 1999, il la nomme co-patronne de l’Europe avec son anthropologie, sa pensée sur la femme. Une pensée qui est pour l’Europe et qui nous donne le sens de l’histoire, histoire personnelle et histoire du continent qui a vécu la Shoah. Quand je regarde ces trois moments, je trouve qu’il nous a préparés à l’étape du Doctorat pour Edith Stein. Elle a traversé ces trois facettes qui sont au cœur même du Concile Vatican II. Pour moi, si Edith Sein doit bientôt être nommée Docteur de l’Église, c’est parce qu’elle anticipe Vatican II sur des thématiques très importantes. Aujourd’hui elle nous aide à vivre de Vatican II dans différentes réalités ecclésiales.
Vs Cs • Pourriez-vous expliciter ce dernier point ?
Sophie Binggeli • Je parle du lien entre ses racines juives et Nostra Aetate 4. On a des textes extraordinaires où elle met en œuvre la typologie : comment les annonces de la Première Alliance s’accomplissent dans le Christ, d’Esther à Marie. Il y a aussi la figure du Christ et le grand prêtre de l’Ancien Testament, en lien avec le jour du Yom Kippour et le Vendredi Saint, dans des textes très bibliques et porteurs d’une belle exégèse inspirée des Pères de l’Église. Il y a le texte d’Edith, La prière de l’Église, qui est un petit bijou de réflexion, à partir du Christ, pour percevoir la théologie à l’œuvre.
Le deuxième thème est le lien entre foi et raison, c’est-à-dire qu’elle réfléchit philosophiquement ces notions en allant chaque fois jusqu’à la Révélation, qui apporte un éclairage, qui a besoin de l’approche phénoménologique et philosophique. Mais finalement la clé va venir de la Révélation ou de la théologie. Son anthropologie est unifiée et part de la réalité corporelle et d’une capacité spirituelle, de toutes les facultés de l’homme, ouvertes, en relation avec Dieu. Dans ses textes, elle nous invite à scruter la profondeur de la personne humaine, à entendre la voix de sa conscience, la voix de Dieu. Cette étape me semble intéressante et prophétique.
● Propos recueillis par Noëlle Hausman, s.c.m.
[1] Citation littérale : « J’ai vu récemment dans ma bibliothèque toute une rangée de thèses d’amis étudiants de Breslau qui sont maintenant tous morts. C’est comme si l’on appartenait à une génération morte depuis longtemps, et l’on s’étonne d’être toujours en vie. À l’occasion, on sent encore en soi le goût de vivre s’éveiller et protester contre cette atmosphère générale de lassitude et de pesanteur. Mais ce ne sont que des phases transitoires » (Lettre à Roman Ingarden, 6.7.1917).
[2] Traduit en français aux Éditions Lessius, coll. Au singulier, Bruxelles, 2000.
[3] Paru chez Parole et Silence, Coll. Collège des Bernardins, 2010.
