Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques
dans toutes les formes de la vie consacrée

Le tiers incommode

La vie consacrée et les autres états de vie

Alexandra Diriart, c.s.j.

N°2022-2 Avril 2022

| P. 29-38 |

Orientation

Professeur de théologie sacramentaire à l’Institut pontifical Jean-Paul II, sœur apostolique de saint Jean, l’auteur réfléchit à la place de la vie consacrée en relation avec le binôme clercs-laïcs. On lui sait gré d’avoir ouvert, durant le Symposium romain récent sur le sacerdoce, un débat urgent.

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La question de la qualification ecclésiologique de la vie consacrée, notamment dans son rapport aux autres états de vie (état clérical et état laïc) reste une question théologique ouverte que le Concile Vatican II est loin d’avoir résolue. Tantôt rangés dans la catégorie des laïcs, tantôt exclus avec l’octroi d’un statut à part, leur nature ecclésiologique reste assez floue.

Si ce flou doctrinal a des répercussions sur le plan juridique [1], il en a aussi directement sur la vie ecclésiale, et notamment sur la vie des femmes consacrées (mais également des hommes consacrés non clercs, certes moins nombreux). Depuis environ un siècle, les services autrefois assurés dans la société en premier lieu par des religieuses sont désormais assumés majoritairement par des instances civiles (écoles, hôpitaux). Enfin, la redécouverte de la place des laïcs dans l’Église et de leur rôle dans les missions ecclésiales (catéchèses, services en paroisse, aumôneries d’école, d’hôpital...) a posé encore plus vivement la question de l’identité propre et du rôle spécifique de la vie consacrée et en particulier de la vie religieuse féminine apostolique dans l’Église. Les consacrés clercs et les laïcs consacrés (hommes et femmes) semblent moins directement touchés par le problème. Pourtant, une clarification de la nature ecclésiologique de la vie consacrée leur serait également profitable. Elle contribuerait à mettre en valeur leur apport spécifique à l’Église comme consacrés, parfois caché derrière leur statut de clerc ou de laïc.

Plus profondément encore, par-delà ces questions, se tient un enjeu important : celui d’intégrer, dans une vision unifiée, la dimension pneumatologique (ou charismatique) de l’Église avec sa dimension hiérarchique.

Dans un premier temps, je réfléchirai sur la nécessité de détendre le binôme clercs-laïcs en faisant place au tiers qu’est la vie consacrée. Ensuite, dans un deuxième moment, je montrerai que l’enjeu d’une telle « détente » est d’intégrer harmonieusement les dimensions charismatique et hiérarchique de l’Église. Enfin, terminerai en proposant quelques réflexions sur l’apport des femmes consacrées dans l’Église.

Sortir d’une vision binaire de l’Église

Le concile Vatican II a mis en valeur l’importance de la vocation baptismale et a fait droit à la place et à la mission des laïcs dans l’Église. Ce faisant, il a contrebalancé une vision de l’Église qui était centrée sur sa constitution hiérarchique et mettait l’accent sur le rôle des clercs. En dépit de cet important rééquilibrage, force est de constater que nous sommes restés dans une vision binaire, finalement assez réductrice, mettant toujours face à face clercs et laïcs, sans faire assez droit à la richesse de la nature de l’Église-Communion exprimée par les différents états de vie. Or, pour penser la communion des états de vie, il convient d’aller au-delà des dualismes réducteurs [2].

Un système relationnel binaire comporte toujours le risque de rivalité et d’exclusion où l’un prédomine sur l’autre et finit par l’emporter. Pour éviter les dualismes indus et s’ouvrir à une vraie relation, les psychothérapeutes savent bien que la présence du tiers est nécessaire. Tel est le concept de triangle primaire utilisé en psychodynamique et dans la théorie systémique familiale : triangulation qui permet le dynamisme et l’interaction dans les échanges relationnels entre les deux parents et l’enfant, et non seulement entre l’enfant et un seul parent [3].

De façon analogue, en ecclésiologie, le binôme clercs-laïcs est un exemple emblématique de ces dualismes réducteurs qui appellent la présence d’un tiers – en l’occurrence ici, la vie consacrée. Je souscris à l’idée avancée par Agnès Desmazières que « la crise d’identité de l’Église est pour partie liée à un oubli de la structuration tripartite clercs-laïcs-religieux, au profit d’une opposition dialectique entre clercs et laïcs [4] ». La vie consacrée comme telle (et en particulier la vie religieuse) est absorbée soit dans la catégorie des clercs, soit dans la catégorie des laïcs, risquant de perdre sa consistance spécifique. On peut craindre alors une cléricalisation ou une sécularisation de la vie consacrée.

Aujourd’hui, étant donnée la grave crise que traverse le ministère ordonné pris entre les mailles du cléricalisme et des abus sexuels, le risque est, comme par un revers de balancier, de tomber dans l’extrême inverse : une dévaluation du sacerdoce ministériel et une suprématie du laïcat. Au risque de me répéter, je dirais que sans la présence d’un tiers, le binôme clercs-laïcs risque toujours de balancer entre cléricalisation et sécularisation de l’Église. D’où l’importance de faire place au tiers qu’est la vie consacrée, pour entrer dans un cercle relationnel vertueux de communion où chacun peut être soi-même, apporter à l’autre la richesse spécifique qui est la sienne, et recevoir de l’autre ce qu’il a à donner en propre. Essayons maintenant d’en saisir l’enjeu.

Sous le nom de laïcs, on entend ici tous les fidèles, en dehors des membres de l’ordre sacré et de l’état religieux reconnu dans l’Église qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, et participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exercent pour leur part, dans l’Église et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien. Lumen Gentium, 31

Cet état de vie, compte tenu de la constitution divine et hiérarchique de l’Église, ne se situe pas entre la condition du clerc et celle du laïc. Dieu y appelle des fidèles du Christ de l’une et de l’autre condition pour jouir dans la vie de l’Église de ce don spécial et servir à la mission salutaire de l’Église, chacun à sa manière. Lumen Gentium, 43

Intégrer les dimensions charismatique et hiérarchique de l’Église

Donner sa place au tiers qu’est la vie consacrée permet de faire droit à la dimension charismatique de l’Église – c’est-à-dire à sa dimension pneumatologique – tout en intégrant sa dimension hiérarchique. En effet, comme aime à le rappeler Gianfranco Ghirlanda :

Le mystère de l’Église ne paraît pas pleinement exprimé par le rapport dialectique laïcat-ministère sacré, qui détermine la structure hiérarchique. La structure fondamentale de l’Église qui se dégage est une structure sacramentelle-charismatique, qui assume une forme institutionnelle, incluant en son sein la structure hiérarchique.

On a trop souvent établi une opposition entre pouvoirs hiérarchiques et charismes comme s’ils étaient deux ordres juxtaposés ne se recoupant pas, comme s’il existait « une “Église de l’Esprit” différente et séparée de l’Église hiérarchique institutionnelle [5] ». Et pourtant comme Jean-Paul II l’a affirmé, ils sont deux dons coessentiels [6] qui s’impliquent réciproquement [7]. La structure institutionnelle hiérarchique prend sa source dans le don de l’Esprit Saint. En se focalisant sur la position institutionnelle hiérarchique du prêtre, on a pu oublier l’origine charismatique de son ministère qui en donne le sens profond et la finalité ultime.

Un détail rédactionnel de Lumen Gentium montre combien il est difficile d’intégrer les dimensions charismatique et hiérarchique. Le flottement des textes est symptomatique lorsqu’ils évoquent la place de la vie consacrée (indiquée sous le vocable de « religieux » [8]). Ainsi, Lumen Gentium 43,2 indique que l’Église se divise en clercs et laïcs et qu’il ne faut pas envisager la condition des personnes consacrées comme un état intermédiaire entre la condition du clerc et celle du laïc (non est intermedius inter clericalem et laicalem conditionem). En effet, les religieux appartiennent soit à la catégorie des clercs (c’est là le cas le plus fréquent des membres d’instituts masculins), soit à la catégorie des laïcs s’ils n’appartiennent pas à l’Ordre sacré (c’est donc le cas des femmes consacrées et des membres des instituts de frères) [9]. Pourtant, auparavant, le numéro 31,1 définissait les laïcs en excluant explicitement de la définition les membres de l’Ordre sacré et les religieux : « Sous le nom de laïcs, on entend ici l’ensemble des chrétiens qui ne sont pas membres de l’Ordre sacré et de l’état religieux sanctionné dans l’Église ».

Surgit ici une question : les religieux n’appartenant pas à l’Ordre sacré sont-ils vraiment des laïcs ? Au regard de Lumen Gentium 43,2, oui, car ils ne sont pas une catégorie intermédiaire entre clercs et laïcs. Au regard de Lumen Gentium 31,1, non, car l’état religieux est exclu de la catégorie des laïcs. À qui donner raison ? Il est vrai que les deux numéros se situent dans deux optiques différentes. Lorsqu’on envisage l’Église dans sa dimension hiérarchique, il n’existe alors que des laïcs et des clercs (LG 43,2) tandis que, lorsqu’on envisage l’Église dans sa dimension charismatique, alors on peut faire droit avec Lumen Gentium 31,1, à la catégorie de la vie consacrée aux côtés de l’Ordre sacré et des laïcs.

Ce point de vue n’est pas totalement satisfaisant car il laisse planer l’incertitude sur la place des consacrés dans la structure ecclésiale et il ne parvient pas à articuler de façon unifiée la dimension hiérarchique avec la dimension charismatique de l’Église. Certes, la place de l’état de vie consacrée dans l’Église a toujours été celle de « l’incommode » – comme le rappelait Hans Urs von Balthasar –, anticipant l’eschatologie mais faisant toujours partie du monde :

Dans la paroisse et dans le diocèse, [le consacré] est l’élément de l’inquiétude chrétienne ; quand toutes les tâches ont été soigneusement découpées, lui reste la « tunique sans couture », l’incommode, celui qui empêche que les comptes qui semblaient justes tournent rond. De par son état, il a une part spéciale à l’« au-dehors » et à la solitude du Christ, et le sentira plus d’une fois ; il occupe en quelque sorte au sein de l’Église la place qu’occupe l’Église dans son ensemble au sein du monde : celle de l’étranger, qui n’est jamais autorisé à se sentir complètement chez soi. L’état laïc et le sacerdoce séculier ont ceci en commun que leur profession et leur activité les enracinent d’une certaine manière l’un et l’autre dans l’économie de la création ; la vie consacrée par contre, du point de vue de cette économie, ne dispose d’aucun fondement ; elle est suspendue « en l’air », même pour le « monde chrétien » – comme le Seigneur en croix flotte sans lieu fixe entre ciel et terre.

En effet, il ne faudrait pas trop vite cantonner la vie consacrée dans le seul cadre de l’eschatologie qu’elle annonce, comme si elle n’avait plus sa place au sein du monde. On risque alors de faire de la présence de ces consacrés, et en particulier des femmes consacrées, une réalité qui appartienne davantage à la réalité eschatologique que temporelle et historique. Il devient par là-même plus difficile d’intégrer leur place et d’entendre leur voix dans l’Église. Sans doute ce malaise concerne-t-il davantage la vie apostolique féminine que la vie contemplative. Et pourtant, cette voix prophétique et eschatologique n’offre-t-elle pas aux autres états de vie un regard différent sur la réalité temporelle, un regard puisé dans le lien d’intimité avec le Christ qui ouvre au discernement de l’Esprit Saint ?

Si elle se distribuait seulement entre laïcs et clercs, la vie consacrée serait marginale à la structure de l’Église. Pourtant, en consacrant un chapitre propre aux religieux dans un document qui traite de la constitution de l’Église, le concile Vatican II a été le premier concile à intégrer la vie consacrée dans la perspective de sa relation à la constitution même de l’Église [10]. Dans le sillage de Lumen Gentium 44, l’exhortation apostolique Vita Consecrata précise au numéro 29 que la vie consacrée exprime la nature de l’Église parce qu’elle en est constitutive [11]. Ainsi, la vie consacrée est un élément dont l’Église ne peut être privée car elle exprime sa nature sponsale [12] et sa dimension charismatique comme temple de l’Esprit Saint. Elle est précisément là pour rappeler que tous les membres du Peuple de Dieu sont invités aux noces avec le Seigneur. Elle manifeste – en particulier aux laïcs et aux clercs – la primauté de l’Esprit Saint dans l’Église. C’est là sa dimension prophétique, qui indique de façon visible l’essentiel, la finalité qui est la même pour tous, à savoir le primat de Dieu et la vie nouvelle dans l’Esprit qui modèle toutes les relations par la charité.

Les vocations à la vie laïque, au ministère ordonné et à la vie consacrée peuvent être considérées comme paradigmatiques, du moment que toutes les vocations particulières, d’une manière ou d’une autre, les rappellent ou s’y rattachent, prises séparément ou conjointement, selon la richesse du don de Dieu. En outre, elles sont au service l’une de l’autre, pour la croissance du Corps du Christ dans l’histoire et pour sa mission dans le monde. Dans l’Église, tous sont consacrés par le Baptême et par la Confirmation, mais le ministère ordonné et la vie consacrée supposent l’un et l’autre une vocation distincte et une forme spécifique de consécration, en vue d’une mission particulière. Vita Consecrata, 31

Par ce primat de Dieu, elle rappelle aux pasteurs que leur ministère (« Pais mes brebis ») est un service de charité, porté par l’appel personnel de Jésus (« M’aimes-tu ? ») et qui trouve sa fécondité dans cette relation personnelle d’amour (« Toi suis-moi ») [13]. C’est ce primat qui donne l’origine et le sens de la hiérarchie, et lui indique ainsi sa modalité d’exercice – la charité – en relation aux autres états de vie.

L’apport spécifique des femmes consacrées aux autres états de vie

J’ajouterai ici un apport spécifique de la femme consacrée. Elle est un signe important pour le prêtre en raison de l’apparente inutilité ou pauvreté de sa vie. Elle renonce à la conjugalité mais aussi à ce qui fait la beauté propre de la femme : la maternité. Elle s’en dépossède au risque d’être méprisée, raillée, voire déconsidérée dans sa dignité de femme, et elle ne reçoit rien en échange – du moins, apparemment.

Le prêtre renonce aussi à la conjugalité et à la paternité biologique, mais il reçoit « en échange » l’immense don du sacerdoce. Le risque existera toujours pour le prêtre de concevoir son sacerdoce comme une fonction, un pouvoir ou un ministère qu’il possède et qui réclame une action efficace à construire. La femme consacrée lui rappelle que la fécondité divine se tient dans ce chaste vide apparent qui est, en fait, réceptivité à l’amour du Christ-Époux, disponibilité et accueil au don de Dieu, et donc fécondité de l’Esprit. Ce faisant, elle lui révèle le vrai visage de la fécondité de sa paternité sacerdotale, et sans doute le sens profond de son célibat sacerdotal. Marie est mère précisément parce qu’elle est vierge. Hans Urs von Balthasar précise qu’elle est même « vierge pour pouvoir devenir mère [14] ». Marie, et à sa suite les consacrés, sont ainsi témoins dans l’Église de la fécondité et de la gratuité de l’Esprit Saint [15].

C’est encore ce primat de Dieu que la vie consacrée indique aux époux, en leur rappelant que ce primat n’est pas en rivalité avec les rapports familiaux, qu’il ne les renie pas mais, sous le souffle de l’Esprit, les ordonne et les soutient à partir de l’amour de charité du Christ [16].

*

Ces réflexions nous ont conduits à contempler l’Église comme réalité à la fois charismatique et hiérarchique. On ne saurait, en effet, décrire l’Église dans sa nature sans la rattacher en premier lieu à l’action de l’Esprit Saint qui unit les membres du Corps du Christ par la charité. C’est sans doute ce que dit la vie consacrée. Voilà pourquoi il est important de dépasser le dualisme clercs-laïcs pour lui faire place. Essayer de penser ensemble, dans l’unité, la dimension charismatique et hiérarchique de l’Église, permet de rendre compte non seulement de la diversité des états de vie, mais aussi leur être en relation, comme sujets ecclésiaux coresponsables appelés à porter ensemble la vie et la mission de l’Église. C’est un beau défi et la vie consacrée y a sa part.

[1Cf. G. Ghirlanda, « Les différents sens du terme “consécration” dans le CIC de 1983 », in CIVCSVA, Consecratio et consecratio per evangelica consilia, Actes du Séminaire International, Université Pontificale Antonienne, Rome, 1-3 mars 2018, LEV, Vatican 2019, p. 35.

[2C. L. Rossetti, « La “pericoresi” tra le forme e stati di vita nella Chiesa. Tesi di ecclesiologia trinitaria », in Gregorianum 85 (2005/2), p. 316-317.

[3Cf. E. Fivaz-Depeursinge - A. Corboz-Warnéry, Le Triangle primaire. Le père, la mère, le bébé, trad. Jacqueline Henry, Ed. De Boeck, Bruxelles 2013, p. 19-42.

[4A. Desmazières, L’Heure des laïcs. Proximité et coresponsabilité, Salvator, Paris, 2021, p. 17. Voir aussi p. 39 et 59.

[5Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Iuvenescit Ecclesia aux évêques de l’Église catholique sur la relation entre les dons hiérarchiques et charismatiques pour la vie et la mission de l’Église, 14 mars 2016.

[6Jean-Paul II, Message aux participants du congrès des mouvements ecclésiaux (27.05.1998), n. 5, in La Documentation catholique 95 (1998), p. 62 ; Allocution au congrès international de mouvements ecclésiaux (2.03.1987) in La Documentation catholique 84 (1987), p. 418-419.

[7G. Ghirlanda, « Sviluppo dell’ecclesiologia... », cit., p. 33 et 35. Voir aussi Yves Congar, Jalons pour une théologie du laïcat, Cerf, Paris 1954, p. 478 ; A. Desmazières, L’Heure des laïcs..., op. cit., p. 119.

[8À propos de l’ambiguïté de la terminologie de « religieux » adoptée par le concile Vatican II pour évoquer la vie consacrée dans son ensemble, voir V. De Paolis, « Ecclesialità della Vita consacrata ». In G. Ghirlanda (a cura di), Punti fondamentali sulla vita consacrata, PUG, Roma 1994, p. 581-585.

[9Le Code de droit canonique suit d’ailleurs cette distinction (Can. 207.2). Dans cette optique, la vocation de « fidèle du Christ » se subdivise donc en deux : clercs et laïcs, la vie consacrée se distribuant dans l’une et l’autre catégories.

[10Voir V. De Paolis, « Ecclesialità della Vita consacrata », art. cit., p. 568. Voir aussi Jean Daniélou, « La place des religieux dans la structure de l’Église », in G. Baraúna (Y. Congar, éd. fr.), L’Église de Vatican II, tome III, US 51c, Cerf, Paris, 1966, p. 1173-1180.

[11VC, n. 29 : « La profession des conseils évangéliques appartient indiscutablement à la vie et à la sainteté de l’Église (LG 44). Cela signifie que la vie consacrée, présente dès les origines, ne pourra jamais faire défaut à l’Église, en tant qu’élément constituant et irremplaçable qui en exprime la nature même. »

[12Voir VC, n. 105.

[13Cf. Jn 21,15-17. Voir J. J. Perez Soba, « La vocazione all’amore come fondamento di tutti gli stati di vita », in Giornata di studio Liberi par amare. È possibile vivere i consigli evangelici nel mondo ? Istituto Superiore di Scienze religiose dell’Ateneo Pontificio Regina Apostolorum di Roma, 14 novembre 2020.

[14Hans Urs von Balthasar, L’État de vie du chrétien, op. cit., p. 188.

[16cf. J. J. Perez Soba, « La vocazione all’amore come fondamento di tutti gli stati di vita », art. cit.

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