Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Paroles de vie consacrée

Carine Dequenne

N°2021-3 Juillet 2021

| P. 37-46 |

Orientation

Poursuivant sa réflexion sur le neuf et l’ancien (voir Vs Cs 2016-3), Carine Dequenne, consacrée de l’Emmanuel et « official » à la CIVCSVA (Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique), explore ici ce que la vie consacrée « dit » d’unique et ce que chacune de ses formes énonce de singulier. Une manière très neuve de rassembler ce qui paraît totalement dispersé.

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C’était la fête de sainte Julienne du Mont-Cornillon et j’avais décidé de participer à la Messe solennelle célébrée à cette occasion dans le petit sanctuaire témoin de son aventure eucharistique. Arrivée à la gare de Liège, j’avise le premier taxi venu et, une fois en chemin, le chauffeur me demande de but en blanc si je suis religieuse. Dans ce genre de situations, je ne m’encombre pas de précisions canoniques. Je réponds donc par l’affirmative au sourire bienveillant qu’il m’adresse dans le rétroviseur. « Alors », me dit-il, curieux, « c’est vrai que vous ne pouvez pas avoir un petit copain ? Même un tout petit ? Même en passant ? » L’idée du tout-petit-copain en « stoemelings [1] » me met en joie et j’éclate de rire. Il a ri, lui aussi, de bon cœur – il avait sa réponse. Il m’a raconté son parcours difficile d’immigré, ses peines et ses espoirs, pour lui et sa famille. Bien au-delà de ma petite personne, c’est la « vie consacrée » qui a ouvert la parole, rendant deux inconnus presque complices, le temps d’une belle rencontre.

Le célibat reçu et choisi par amour pour le Christ et le Royaume des Béatitudes ! Tandis que le petit monde ecclésiastique se pose mille questions, d’ailleurs passionnantes, sur les couleurs et les formes de la vie consacrée, dans les voitures de taxi, dans la rue et les chaumières, c’est bien de cela que l’on s’étonne : il y a des personnes, pas nécessairement déficientes, qui ont choisi de n’avoir ni petit copain ni petite copine au nom de l’amour de Dieu. Curieuse lubie qui perdure à travers les âges, les modes et les tempêtes !

Une parole unique

L’histoire de la « vie consacrée [2] » est passionnante. Une suite d’inventions, de rebondissements, d’aventures, sous toutes les latitudes et à toutes les époques, dont les acteurs, pour originaux qu’ils soient, ont tous été, à un certain moment de leur vie, attirés, et même littéralement attrapés, par l’Amour de Dieu. « Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire ! » (Jr 20,7). Et c’est chaque fois tout nouveau, comme si la vie consacrée venait de naître à l’instant ! D’où la tentation récurrente des fondateurs de croire que l’Esprit les dispense de l’institution, que les évêques ne peuvent pas les comprendre, que le droit est nécessairement inadapté : « notre charisme est tellement nouveau ! »

Face à cette fantaisie évangélique, les Pasteurs du parfois turbulent Peuple de Dieu sont devant la quadrature du cercle : gérer la créativité de l’Esprit Saint ! Le Pape François s’en « plaint » malicieusement : « cet Esprit Saint est une calamité, parce qu’il ne se lasse jamais d’être créatif ! Maintenant, avec les formes nouvelles de vie consacrée, il est vraiment créatif, avec les charismes... C’est intéressant : il est l’auteur de la diversité, mais en même temps, il est le créateur de l’unité. Voilà l’Esprit Saint ! Et avec cette diversité de charismes, et tant de choses, il fait l’unité du Corps du Christ, et aussi l’unité de la vie consacrée. Et c’est aussi un défi » [3]. Il s’agit d’être prudents sans étouffer, audacieux sans dévier, libres et ensemble. Cela se fait pas à pas, dans le respect des rythmes propres à chacun et – ce qui est plus encore difficile à accepter – à chaque institution.

Après plus de deux mille ans d’histoire, la vie consacrée d’aujourd’hui compte, aux dires du droit canonique, cinq « formes » officielles [4]. Quoique. Certains estiment qu’elle n’en compte que trois [5] ou quatre (selon que l’on compte les instituts de vie consacrée pour une forme, ou deux : les instituts religieux et les instituts séculiers). D’autres n’en voient à proprement parler que deux [6]. Il en est même qui, probablement aveuglés par sa beauté et la richesse de son histoire, n’en voient qu’une seule – la vie religieuse, évidemment, les autres réalités ayant toujours des manques et des défauts, par rapport à cette forme de vie vouée à la perfection. Le droit canonique, instruit par l’histoire, admet prudemment la possibilité de « nouvelles formes de vie consacrée » (cf. can. 605) – il faut cependant reconnaître qu’aujourd’hui, on cherche toujours ce qu’elles pourraient bien être.

La canoniste que je suis ne peut s’empêcher de sourire devant la velléité à comprendre la vie consacrée, qui est avant tout une histoire d’amour née de l’Évangile, à partir de la législation canonique d’aujourd’hui, qui fait ce qu’elle peut de cette Vie qui déborde. Certes, chaque manifestation de la vie baptismale parle d’amour, mais la vie consacrée manifeste un amour déjà accompli en la personne du Christ, dans sa relation filiale au Père autant que fraternelle à notre égard. Le Royaume est déjà là tout entier, de sorte que, pour le dire tout bonnement, on n’a plus besoin de se marier [7] : on y est « déjà ». Et si notre faiblesse fait qu’ici-bas, nous ne sommes « pas encore » complètement à la hauteur de notre désir, il y a une impatience dans l’attente que le Seigneur achève enfin ce qui est déjà réellement commencé. C’est parce qu’elle exprime ce qui est et qui sera que la vie consacrée est une parole prophétique [8]. « Ainsi la vie consacrée devient-elle l’une des traces perceptibles laissées par la Trinité dans l’histoire, pour que les hommes puissent connaître la fascination et la nostalgie de la beauté divine » (VC, 20).

Les paroles de la vie consacrée

La parole de la vie consacrée est donc une, celle d’un célibat, qui est en lui-même chaste, pauvre et obéissant, à la suite du Christ, par amour de Lui et de son Royaume [9]. Cette parole-source est assurément première : ainsi, ce qui rend une la vie consacrée est plus fondamental que ses multiples expressions historiques [10]. Mais si chaque forme de vie consacrée naît de cette parole-source, elle en met en lumière un aspect, qui appartient à toutes [11] et qu’elle exprime de façon singulière. Se laisser éclairer par ces paroles peut nous ouvrir, au-delà de la singularité des formes, à une contemplation émerveillée de la vie consacrée dans son ensemble et, sur cette lancée, de notre vocation chrétienne. Sans prétendre à une réflexion de grande ampleur, essayons d’en donner un avant-goût.

Soulignons d’emblée que, tout au long de l’histoire de l’Église, ces différents aspects ont été présents, même s’ils n’avaient pas encore les traits que nous leur connaissons aujourd’hui [12]. Ainsi, le célibat choisi en réponse à une vocation personnelle par les chrétiens des temps apostoliques, dont ont témoigné très tôt les Pères de l’Église, atteste du fait que la vie consacrée naît simplement et spontanément de l’annonce kérygmatique de la Bonne Nouvelle : oui, le Christ Ressuscité est ma vie ! Là où est l’Église, là est la vie consacrée [13].

La vie consacrée est toujours personnelle et en même temps, n’est jamais isolée. Elle jaillit dans le secret d’un cœur et a toujours la dimension de l’Église accomplie, de toute cette humanité que Dieu veut sauver en son Fils par le Saint-Esprit, qui conduit l’univers avec force et douceur. Cela se manifeste par l’existence de formes individuelles (virginité consacrée, érémitisme) et de formes communes (instituts et sociétés) de vie consacrée. Instituts et Sociétés rassemblent des personnes qui se reconnaissent dans un « charisme » commun, un trait de famille, unique et inspirant, qui donne au groupe une couleur qui lui est propre.

La virginité consacrée, toute à Dieu

N’en déplaise aux promoteurs du verbe « accedere », la mise en place d’un Ordo des vierges consacrées est la première manifestation historique du souci pastoral de l’Église de donner officiellement une place particulière à ce Don qu’est la virginité, reçue et accueillie comme une vocation spécifique. Ce n’est sûrement pas un hasard si cette première manifestation met en lumière ce qui fait le cœur de la vie consacrée [14], cet élément incontournable sans lequel il n’y a pas de vie consacrée : le don de l’intégrité du corps comme manifestation du don de l’intégrité de la personne, corps, cœur et âme. Un Amour qui attire et auquel on ne peut répondre que par tout ce qu’on est. La figure de l’alliance sponsale en est une image parmi les plus éloquentes et l’on comprend que les Pères de l’Église y aient puisé pour donner à la vie consacrée ses premières expressions théologiques (mais il en est d’autres, comme les liens de filiation/paternité-maternité, de fraternité et d’amitié, auxquelles bien des consacré(e)s se réfèrent plus spontanément, tant l’Amour est irréductible à l’une ou l’autre de ses expressions humaines). Dans l’Ordre des vierges consacrées, la relation personnelle se double explicitement d’une dimension ecclésiale. En vouant leur virginité à l’unique Amour de Dieu, les consacrées [15] manifestent de façon particulière l’intimité des relations existant entre le Christ et l’Église, son Épouse [16]. La spécificité ecclésiale de leur vocation explique le lien étroit qu’elles développent avec l’Église particulière dans laquelle elles sont insérées, portion du Peuple de Dieu confiée à un Évêque pour qu’il en soit, en coopération avec le presbyterium, le Pasteur [17]. La communion n’est donc pas seulement verticale, comme on a pu le penser, mais réellement synodale [18], avec tout le Peuple de Dieu, et en particulier entre les consacrées.

Il est beau de voir que la « parole » propre à cette forme de vie consacrée se fait particulièrement entendre, en ce moment particulier de l’histoire, au point qu’on puisse parler d’une « véritable floraison nouvelle [19] ». Une « parole » à accueillir avec reconnaissance, certes, mais surtout avec un cœur curieux de ce que l’Esprit est en train de dire à l’Église.

La vie érémitique, toute à Dieu pour Dieu seul

Se retirant des affaires du monde pour « demeurer toujours avec le Seigneur » [20], l’ermite manifeste par son existence le primat absolu de Dieu sur nos mille occupations quotidiennes. Tout passe, Dieu seul demeure, qui nous aime. Paradoxalement, si l’ermite vit dans un plus strict retrait du monde, ce n’est pas pour s’y soustraire mais pour le porter devant Dieu, dans la prière, qui comporte toujours solitude et silence.

Cette parole de la vie érémitique illustre le fait que toute vie consacrée porte en elle-même cet ermitage intérieur, où elle trouve vie, refuge et force, et sur lequel elle doit veiller pour ne pas se perdre. C’est ainsi que la « clôture » ne concerne pas la seule vie monastique ou même religieuse [21], et que ses motivations ne sont pas seulement historiques ou prudentielles : elle est essentielle à toute vie consacrée.

La vie consacrée religieuse, toute à Dieu, ensemble

La vie religieuse porte officiellement et face au monde, par des vœux publics, c’est-à-dire reçus au nom de l’Église [22], la parole de la vie consacrée. Elle la rend visible à nos yeux, comme le Christ a rendu visible à nos yeux l’Amour du Père : « ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons » (1 Jn 1,1).

Qu’elle soit monastique ou apostolique, la vie religieuse a pour caractéristique de se vivre en communauté de vie fraternelle. En tant que telle, elle constitue un témoignage public et visible de l’unité à laquelle, dans le Christ, le Peuple de Dieu est appelé. La maison, la chapelle, le vêtement, la bourse : à travers ces biens partagés se manifeste une fraternelle appartenance à Dieu. La vie religieuse est à l’image de la première communauté chrétienne : « La multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et qu’une seule âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun » (Ac 4,32). Bien au-delà de toutes les difficultés et dissensions que peut impliquer n’importe quelle proximité d’êtres humains, la vie religieuse proclame que la fraternité simple et joyeuse est d’abord une Bonne Nouvelle, elle éveille un désir de fête et, à bien y regarder, il y a tant à fêter et à célébrer : « là où sont les religieux, il y a la joie », dit volontiers le Pape François [23].

Tout aussi parlante à nos âmes est la vie entièrement donnée au soin des malades, des enfants, des pauvres ou de l’apostolat, donnée au point d’avoir quitté familles, terres, projets personnels pour se « consacrer » à la venue du Royaume de Dieu. Les connaisseurs auront ici reconnu l’accent propre aux Sociétés, dites de vie apostolique, qui entendent se démarquer de certains aspects de la vie religieuse perçus comme autant de limites, d’ailleurs plus juridiques que théologiques, à la fantaisie de la charité qui se voue au soulagement des mille pauvretés dont souffre l’humanité [24].

Cette « parole », prononcée, même discrètement, à la face du monde, touche. Certes, l’intérieur des murs d’un couvent peut être peuplé de bien des choses désordonnées. Il n’en reste pas moins qu’une fascination demeure. Même l’indignation devant ses manques, la déception ou l’ironie en disent encore, à leur façon, la valeur et l’attrait.

La vie consacrée séculière, toute à Dieu dans le monde

Par son incarnation, Dieu nous a manifesté le prix qu’il attache à nos vies humaines, dans la simplicité du quotidien, depuis la nécessité de répondre à nos besoins physiques les plus élémentaires jusqu’à notre vocation à cultiver et à prendre soin du monde, selon la volonté du Créateur. « Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans le cœur des disciples du Christ » [25]. Si la vie consacrée religieuse fait face à ses auditeurs pour mieux leur parler, la parole de la vie consacrée séculière se fait entendre de l’intérieur même de nos sociétés. Elle se fait, elle aussi, chair de notre chair. Comme le sel ou le ferment, les séculiers « imprègnent toutes choses d’esprit évangélique » [26], selon la couleur propre de l’institut.

Pour la vie consacrée, tout est Parole, tout prend sens, parce que tout est reçu, mais les membres des instituts séculiers témoignent en première ligne de la Parole qui s’exprime dans les événements petits et grands du monde. Le monde n’est plus seulement un lieu, il est porteur d’une Parole. Des grands débats qui agitent la société aux mille expressions de l’art et de la recherche scientifique, de la pratique du sport et de la solidarité sociale jusqu’aux petites choses toutes simples de la vie quotidienne, en passant par l’attention aux relations familiales, à la solitude d’un voisin de palier et aux enfants du catéchisme, le séculier est à l’écoute de Dieu qui y est présent. Il est comme une bulle de Dieu dans le monde. Même si l’entourage l’ignore, la petite chambre, minuscule lieu dans la cité où le séculier se retire pour adorer le Dieu Vivant et lui présenter la vie du monde, est un buisson ardent. Certes, tout consacré, tout baptisé et ultimement, toute personne en tant qu’enfant du Père, porte en lui cette « bulle de Dieu » et en imprègne le monde, mais les instituts séculiers, et c’est leur mission propre, le disent au nom de l’Église – « publiquement », pour revenir à l’expression canonique.

Heureux qui s’approche de cette lumière, qui rappelle que chacune de nos larmes sera essuyée et que pas un seul cheveu de notre tête ne tombe sans que le Père, dans sa bienveillance, ne le sache.

La vie consacrée parmi les fidèles de toutes conditions, toute à Dieu en Église

Les personnes consacrées qui font partie de mouvements ecclésiaux plurivocationnels témoignent pour leur part qu’aucune vocation, fût-elle sublime, ne se suffit à elle-même. Dans ce cas, ce n’est pas le mouvement en tant que tel qui porte le charisme propre de la vie consacrée, ni même une partie de celui-ci – ce qui les distingue clairement des instituts de vie consacrée, même séculiers –, mais des personnes, qui restent prioritairement membres de l’association commune.

La parole-source de la vie consacrée est prononcée au cœur de la fraternité du Corps ecclésial, dans lequel chacun se reconnaît heureux bénéficiaire de la vocation de l’autre, en même temps qu’il en est, pour une part, responsable. Nous ne serons pas saints les uns sans les autres.

*

À la suite des Pères du Concile Vatican II et du Synode des Évêques de 1994 sur la vie consacrée, saint Jean-Paul II s’est émerveillé devant la profusion charismatique de la vie consacrée qui, comme un arbre aux multiples rameaux, « plonge ses racines dans l’Évangile et produit des fruits abondants à tous les âges de l’Église » [27]. Que la variété, la beauté et la bonté de ses feuillages, de ses fleurs et de ses fruits ne nous fassent jamais perdre de vue ni ce qui en est le germe – l’unique appel à suivre Jésus et à le servir dans l’amour d’un cœur sans partage –, ni ce qui est en bourgeon et la vie à venir !

[1L’origine de l’auteur ne vous aura pas échappé ! En bruxellois : « en douce », « de manière dissimulée »...

[2Dans cet article, l’expression « vie consacrée » est prise dans le sens précis d’une vocation accueillie au célibat pour le Royaume. Nous reconnaissons cependant volontiers qu’en son sens plénier, elle est d’abord une réalité christologique et ensuite baptismale.

[3Discours aux participants au Congrès international organisé par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, Rome, 4 mai 2018.

[4Cf. can. 573, pour les Instituts de vie consacrée (religieux, can. 607 § 2, et séculiers, can. 710), can. 603 (la vie érémitique), can. 604 (l’Ordre des vierges) et can. 731 § 2 (les sociétés de vie apostolique).

[5Les instituts de vie consacrée, les ermites et les vierges consacrées. Cf. la très bonne synthèse, bien qu’un peu datée, du Cardinal Vincenzo De Paolis, « Le nuove forme di vita consacrata », dans les Actes du Colloque « Le nuove forme di vita consacrata e le nuove comunità. Identità, Missione e Prospettive », organisé par la Fraternité Franciscaine de Béthanie, 5-6 octobre 2007, Roma-Urbaniana, p. 17-36.

[6Les « Instituts » de vie consacrée, religieux ou séculiers. Dans cette perspective, les paragraphes 1 et 2 du canon 573 sont coextensifs et inséparables. Le Code peut en effet être ainsi compris puisqu’il précise qu’« outre les instituts de vie consacrée », l’Église reconnaît, au canon 603, la vie érémitique (qui pourrait accéder au rang de « vie consacrée », étant donné que les premiers mots du canon suivant l’englobent dans cette formulation : « À ces formes de vie consacrée (...) », can. 604).

[7Cf. Mt 22,30 : « À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans le ciel ».

[8Cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Vita Consecrata, 25 mars 1996 (VC), 16.

[9« Il n’y a qu’un seul appel à suivre Jésus chaste, pauvre et obéissant, dans la recherche de la charité parfaite » (VC, 12.)

[10« Comme un arbre qui se ramifie de façons admirables et multiples dans le champ du Seigneur à partir d’un germe semé par Dieu, se développèrent ainsi des formes variées de vie solitaire ou commune, des familles diverses dont le capital spirituel profite à la fois aux membres de ces familles et au bien de tout le Corps du Christ » (LG, 43).

[11VC déploie à plusieurs reprises la variété des formes pour montrer ce qui unit la vie consacrée : ainsi en est-il pour son développement historique (n. 6-12), les différentes dimensions de la vie du Christ qu’elle reflète (n. 32), la vie fraternelle, toujours présente (n. 42).

[12L’histoire a connu d’autres formes de vie consacrée, dont la « parole » pourrait également être écoutée avec bonheur. Les veuves consacrées ou les béguines, par exemple, n’ont pas fini de se faire entendre.

[13Cf. AG, 18.

[14La « porte » de la vie consacrée, selon saint Jean-Paul II ; cf. VC, 32.

[15Le Rituel du 31 mai 1970, unique en son genre dans le paysage de la vie consacrée, prévoit une très belle prière de consécration.

[16Cf. Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, Instruction sur l’Ordo Virginum, Ecclesiae Sponsae Imago, 08.06.18, 1.

[17Cf. can. 369.

[18« Dans ce contexte ecclésiologique, la synodalité signifie le modus vivendi et operandi spécifique de l’Église Peuple de Dieu qui manifeste et réalise concrètement son être de communion dans le fait de cheminer ensemble, de se réunir en assemblée et que tous ses membres prennent une part active à sa mission évangélisatrice » (Commission Théologique Internationale, La synodalité dans la vie et la mission de l’Église, 2018, 6.

[19CIVCSVA, Instruction sur l’Ordo Virginum, Ecclesiae Sponsae Imago, op. cit., 8.

[20VC, 7.

[21Cf. can. 667.

[22Cf. can. 1192 § 1.

[23Par exemple : François, Lettre à tous les consacrés, I, 3.

[24L’appartenance des membres de ces Sociétés à la « vie consacrée » est encore discutée, pour des raisons que je comprends mais ne partage pas, comme le lecteur l’aura deviné, parce qu’elles me semblent limiter indûment la compréhension de la vie consacrée. En revanche, les Sociétés cléricales posent la question de la « consécration » à Dieu (cf. PO 12) à partir d’un autre point de vue, celui du ministère sacerdotal. La richesse du mot « consacrer » fait aussi sa difficulté !

[25Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, 1.

[26Cf. Pie XII, Motu proprio Primo feliciter, 12.03.48, 2.

[27VC, 5.

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