Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Les instituts séculiers, 70 ans déjà

Nadège Védie

N°2017-3 Juillet 2017

| P. 31-42 |

Kairos

Ancienne présidente de la Conférence nationale des Instituts séculiers de France, Nadège Védie, qui fut responsable générale de l’Institut Notre-Dame du Travail, a présidé, de 2012 à 2016, la Conférence mondiale des Instituts séculiers. Elle était donc tout indiquée pour nous parler, en cette année anniversaire, du présent et de l’avenir de cette jeune forme de vie consacrée.

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Avec ses 32 000 membres et ses 193 instituts répartis sur 5 continents, cette forme de vie consacrée, reconnue par la Constitution apostolique de Pie XII Provida Mater Ecclesia (2 février 1947) est encore une jeune vocation, née en fait de deux textes inséparables, la Constitution apostolique susdite, et son complément, le Motu proprio Primo Feliciter. Ils illustrent un long cheminement de l’Église, attentive à l’Esprit qui avait suscité ces expériences de vie consacrée dans le monde en dehors de l’état religieux : au XVIe, puis au XIXe siècle, dans divers pays européens, des groupements nouveaux avaient surgi, mais aucune forme canonique n’y était réellement adaptée.

En novembre 1937, ces divers groupements ont pu se réunir à Saint Gall (Suisse), en présence de l’évêque du lieu et d’un représentant du Vatican ; ils ont pu témoigner de cette vie consacrée vécue par des laïcs baptisés dans leur vie ordinaire. Ces témoignages et les fruits de ce Congrès ont été pris en compte dans la préparation de la Constitution Apostolique Provida Mater Ecclesia qui a pu reconnaître l’émergence d’une nouvelle forme de « vie consacrée par la profession des conseils évangéliques ». Le Code de droit canonique (1983) puis le Catéchisme de l’Église Catholique (1992) ont poursuivi sur cette lancée. Aujourd’hui, l’Esprit Saint continue à susciter cette forme de vie consacrée : en Asie, en Afrique et en Amérique Nord ou du Sud, aussi bien qu’en Europe, des femmes et des hommes répondent à l’appel du Seigneur à le suivre dans un institut séculier existant ou nouveau ; il en naît tous les ans.

Originalité

Les instituts séculiers, dit Perfectae caritatis au numéro 11, ne sont pas des instituts religieux. L’originalité des instituts séculiers apparaît dès le discernement de l’appel reçu par la personne. Tout chrétien, par la grâce du baptême, est appelé à suivre le Christ, et cela peut prendre des voies et des formes variées, selon les dons de l’Esprit à chacun ; pour la vie consacrée séculière, il faut ressentir à la fois l’amour et l’attraction pour Dieu, et l’amour et l’attraction pour les hommes de ce monde, et ce avec la même force irrésistible et indissociable. Le discernement effectué à partir de l’appel reçu révèle clairement que cet appel à la vie consacrée est intrinsèquement enraciné dans l’appel à rester, à « demeurer » au sens de l’évangéliste Jean, là où la personne vit et a ressenti son appel. En accueillant cet appel à la vie séculière consacrée, la personne reçoit le don de le vivre avec sa mission propre au cœur de sa vie ordinaire. Le lieu théologique de la mission de chaque membre d’instituts séculiers est ce monde où chacun a la pleine responsabilité de rejoindre l’Esprit du Christ à l’œuvre pour y développer sa présence transformatrice [1].

Tous les aspects de la vie de ce monde sont donc concernés par cet appel : la vie professionnelle, sociale, politique, économique, culturelle, associative, familiale, la vie spirituelle et toutes les circonstances de la vie quotidienne car rien, dans la vie de l’homme, n’est étranger à la vie de Dieu. Ainsi, au cœur de ses relations quotidiennes, le membre d’institut séculier rejoint ce qui habite le cœur de ces hommes, ce qui les aide ou les empêche d’accueillir le don de Dieu ; en effet la vie de chaque personne – ses joies, échecs, peurs, souffrances, amitiés, et ses réussites, ses attentes profondes, les déceptions, les craintes, les recherches, tout ce qui blesse, éloigne de Dieu ou recrée –, ouvre à l’Esprit pour approcher ce qu’il y a de plus authentique dans l’humanité profonde et dit quelque chose de l’Esprit de Dieu à l’œuvre parmi les hommes pour enfanter l’Homme Nouveau. Pour le membre d’institut séculier, c’est la « contempl’action » au cœur de sa vie : contempler l’action de l’Esprit au cœur de chaque personne, offrir la vie quotidienne partagée avec d’autres et relue en Église, prier l’Esprit d’éclairer et d’habiter toute personne, agir dans les relations quotidiennes selon l’Esprit des Évangiles et le charisme de l’Institut qui nourrissent l’appel reçu. Chaque membre est soutenu par son institut séculier pour grandir dans la fidélité à sa mission : par leur vie de prière, la fréquentation des sacrements, avec leur formation biblique, théologique et humaine, et selon la vie fraternelle propre à leur institut séculier, les membres exercent, en Église, le discernement indispensable pour reconnaitre les signes des temps qui éclairent les voies de l’annonce de l’Évangile.

Paul VI, le 2 février 1972, soulignait, pour les représentants des instituts séculiers de prêtres et de laïcs réunis à Rome :

Tout d’abord, votre vie consacrée dans l’esprit des conseils évangéliques est l’expression de votre appartenance indivisible au Christ et à l’Église, de la tension permanente et radicale vers la sainteté et de la conscience que, en dernière analyse, c’est le Christ seul qui par sa grâce réalise l’œuvre de rédemption et de transformation du monde. C’est dans l’intime de vos cœurs que le monde est consacré à Dieu [...]. En second lieu, votre sécularité vous pousse à accentuer spécialement la relation avec le monde. Cette relation ne représente pas seulement une condition sociologique, un fait extérieur, mais bien une attitude : être présents dans le monde, se savoir responsables pour le servir, pour le configurer selon Dieu en un ordre plus juste et plus humain, pour le sanctifier du dedans.

Le Pape François, lors d’une audience le 10 mai 2014, exhortait ainsi les membres des nombreux instituts séculiers italiens :

Votre vocation vous conduit à vous intéresser à chaque homme et à ses nécessités les plus profondes, qui restent souvent inexprimées ou masquées. En vertu de l’amour de Dieu que vous avez rencontré et connu, soyez capables de proximité et de tendresse. Ainsi, vous pourrez être proches au point de toucher l’autre, ses blessures et ses attentes, ses demandes et ses besoins, avec cette tendresse qui est l’expression d’un soin qui efface toute distance [...]. C’est là que se trouve le mouvement auquel vous engage votre vocation : passer à côté de chaque homme et vous faire le prochain de toute personne que vous rencontrez ; car votre présence dans le monde n’est pas simplement une condition sociologique, mais elle est une réalité théologale.

Ainsi la vie consacrée séculière se caractérise par la synthèse entre sécularité et consécration dans la vie ordinaire du monde pour réaliser, avec le discernement et la créativité suscités par l’Esprit, des gestes prophétiques envers les personnes rencontrées dans toutes les activités, aussi petites et invisibles soient elles. Seul le Seigneur peut réaliser en chaque membre d’institut séculier, dans sa vie ordinaire, cette synthèse entre consécration et sécularité sans que l’une ne l’emporte sur l’autre.

Une suite du Christ

Trois aspects complémentaires éclairent les membres des instituts séculiers dans leur vie consacrée à la suite du Christ. Nazareth a permis à Jésus de s’insérer dans la même vie que les enfants, puis les adolescents et les adultes de ce temps-là, sans signe extérieur distinctif ; notamment, il a participé à la vie familiale, au travail avec Joseph, aux jeux des enfants de son âge, et à la vie religieuse de tout juif de l’époque. C’est dans cette vie humaine humble et ordinaire de l’époque que sa vie intime avec son Père s’est déployée en lui jusqu’à être un avec lui.

Selon la parabole du Samaritain (Lc 10,29-37), l’attitude pleine d’attention et de compassion caractérise fondamentalement la relation humaine quotidienne ; en effet le Samaritain passe à côté de l’homme « laissé à demi mort », s’arrête, le regarde, ressent une profonde pitié pour de lui et prend soin de cet homme pour qu’il soit soigné, nourri, hébergé. Il y a là un signe de l’attitude de Dieu qui prend soin de chaque homme, de nous comme il l’a fait pour son Fils qui sera blessé, crucifié ; cela nous renvoie aussi sans cesse à l’attitude de Jésus avec les personnes blessées rencontrées sur son chemin. Cet appel à prendre soin des blessures de l’autre, des nôtres aussi, dans toutes circonstances, est une invitation pressante pour chaque membre d’institut séculier à laisser le regard, le cœur de Dieu et la créativité de l’Esprit agir en chaque personne pour révéler une autre manière d’être frère dans la société.

Enfin, l’attitude décrite par Matthieu dans la parabole dite du jugement dernier (Mt 25,35-41) fonde une manière de relation entre les personnes dans les petits actes de la vie quotidienne, afin que chaque personne conserve son humanité intégrale et puisse rencontrer Dieu : « dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Dans les lieux où nous vivons, aux périphéries géographiques, psychologiques, culturelles, spirituelles, ces attitudes montrent notre attention à ce que l’humanité concrète, vitale et fondamentale de chaque personne puisse se développer pour lui permettre de rencontrer son Créateur.

Différents types d’instituts séculiers

Les premières expériences de vie consacrée séculière, aux XIXe et XXe siècles, concernaient des laïcs baptisés, des femmes et des hommes. Par les textes fondateurs que nous avons cités (Provida Mater Ecclesia et Primo Feliciter), l’Église a institué des instituts séculiers de laïcs baptisés (hommes ou femmes) et aussi des instituts séculiers de prêtres ; les membres de tous ces instituts reconnaissent totalement le même appel à la vie séculière consacrée dans le monde, avec les moyens mêmes du monde, en conservant leur état de vie : les membres laïcs sont pleinement laïcs et pleinement consacrés dans toutes les réalités de leur vie ordinaire ; les membres clercs sont pleinement prêtres et pleinement consacrés ; ils sont et restent diocésains, membres du presbyterium de leur évêque. C’est le même appel à la vie consacrée séculière, mais des distinctions existent du fait de leurs statuts différents dans l’Église.

Dans un message adressé à l’Assemblée de la Conférence Mondiale des Instituts séculiers (CMIS) réunie à Rome en août 2016, le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État, écrivait :

Cette sécularité est toutefois vécue de manière différente par les différents instituts, en particulier les clercs par rapport aux laïcs. Le prêtre séculier et le laïc sont tous les deux dans le monde, mais leur relation avec le monde est différente. Les prêtres séculiers s’engagent à cultiver une vive sollicitude pour les personnes affligées par différentes pauvretés, ils accompagnent tous ceux qui vivent leur foi au cœur des engagements humains. Et surtout avec l’Eucharistie, le prêtre séculier participe de façon particulière à l’offrande du Christ au Père, offrande qui obtient la grâce qui régénère l’humanité.

Professer les conseils évangéliques sans appartenance communautaire ?

Les membres des instituts séculiers sont appelés à se rendre disponibles à l’Esprit du Christ qui seul peut les transformer comme il peut transformer tout homme ; ainsi, ils fondent leurs relations avec les personnes sur l’attitude du Christ avec tout homme : une attitude de profond respect et d’Amour de l’autre, de recherche de Vérité et de Justice, et un regard habité par le Don de Dieu. Ils apprennent, dans toutes leurs activités avec leurs proches, à suivre le Christ pauvre, chaste et obéissant en vue du Royaume, à se laisser configurer au Christ qui a révélé son Père, et a montré le chemin pour entrer dans la vie trinitaire.

Les formes de vie fraternelle propres à chaque institut séculier sont indispensables à chacun des membres pour discerner concrètement sa propre disponibilité quotidienne à l’Esprit du Christ en vue de créer, au cœur de notre monde, une nouvelle fraternité humaine attendue par Dieu et de participer à la reconstruction de la vie humaine au sens où l’entend la constitution pastorale Gaudium et spes.

Ainsi, la vie séculière consacrée à la suite du Christ pauvre, chaste et obéissant imprègne en profondeur les liens du membre d’institut séculier avec les personnes de son monde et en même temps, avec Dieu qui est au cœur de ces relations quotidiennes. C’est aussi ce qui informe la vie fraternelle dans l’institut séculier. Le Cardinal Parolin précisait, toujours dans son message du 17 août 2016 :

Il faut crier avec votre vie à l’homme d’aujourd’hui qu’il est possible d’avoir une nouvelle façon d’être, de vivre, de se confronter avec le monde et avec les autres, d’être des femmes et des hommes nouveaux en Christ. Avec la chasteté, montrer qu’il existe une autre manière d’aimer avec un cœur libre comme celui du Christ, dans le don de soi ; avec la pauvreté réagir à l’esprit de consommation qui dévore spécialement l’Occident, et dénoncer avec votre vie et aussi votre parole, quand c’est nécessaire, les nombreuses injustices contre les pauvres de la terre ; avec l’obéissance, être témoins de la liberté intérieure contre l’individualisme et l’orgueil. Être « l’aile avancée » de l’Église dans la nouvelle évangélisation.

Les membres des instituts séculiers ont fondamentalement besoin de la vie fraternelle de leur Institut qui les soutient dans leur relecture de vie, leurs analyses, leurs temps de méditation, de prière, d’Eucharistie et leur discernement ; ces temps vécus ensemble dans un Esprit de communion au Corps du Christ, les aident à mettre sous le regard des autres et du Tout Autre leur vie, à recevoir leurs éclairages et interpellations pour croître dans la fidélité à leur appel d’origine et devenir « le sel et la lumière », au cœur du monde. Cette vie fraternelle vécue dans l’Institut est aussi nourrie de la vie fraternelle qu’on connaît dans la vie quotidienne et dans divers lieux d’Église. Il s’instaure ainsi une circulation de la vie de l’Esprit entre ces divers lieux de fraternité qui nourrissent chaque membre d’institut séculier.

Pas de signes extérieurs identifiables

La vocation du membre d’institut séculier est de demeurer impliqué, enraciné dans sa vie ordinaire avec d’autres personnes ; c’est là qu’il se rend exclusivement disponible à Dieu pour le servir dans les relations avec tout homme en y reconnaissant ce qui est obstacle, frein ou facilitateur du travail d’enfantement de l’Esprit Saint, au sens de Mt 25,35-41 et de Rm 8,14-27.

Pour avancer vers cela, les membres des instituts séculiers n’ont ni moyen ni outil spécial, aucune œuvre propre, aucun statut privilégié ou protégé, aucun signe distinctif ou maison institutionnelle ; ils sont comme tous les êtres humains de leur monde, comme les laïcs baptisés ; cela n’évite pas les tiraillements, en eux, entre deux mondes : celui qui a été créé par Dieu (Jn 1,3) qui nous est donné, et celui que nous assumons en gérant ce dont nous sommes responsables.

Leur type de relation au monde et leurs manières d’être et d’agir signifient aussi qu’il y a d’autres relations humaines possibles, basées sur la fraternité universelle. Ainsi des collègues de travail, des engagés en politique, des voisins par exemple ont exprimé, dans certaines circonstances, qu’ils avaient compris le sens de la vie d’un membre d’institut séculier ; voici quelques expressions entendues : « cette personne est donnée à Dieu » ou « cette personne vit comme un consacré à Dieu ».

Chaque membre d’institut séculier demeure fidèle aux manières laïques de vivre son baptême, dans chaque culture ou pays ; dans certaines réalités culturelles, le membre d’institut séculier peut être amené à vivre dans le même habitat qu’un autre membre d’un institut ou de sa propre famille, sans que cela ne crée une dépendance pour ce qui concerne son organisation quotidienne de vie et sa vie consacrée ; et cet habitat ne devient pas le « siège » de l’institut séculier.

Rappelons les termes employés par le Pape François dans son discours aux instituts séculiers italiens, le 10 mai 2014 :

Par vocation, vous êtes laïcs et consacrés comme les autres et au milieu des autres, vous suivez une vie ordinaire, sans signe extérieur, sans le soutien d’une vie en communauté, sans la visibilité d’un apostolat organisé ou d’une œuvre spécifique. Vous êtes uniquement riches de l’expérience totale de l’amour de Dieu et c’est pour cela que vous êtes capables de connaître et partager les soucis de la vie dans ses multiples aspects, la mûrissant à la lumière et la force de l’Évangile.

Formation et engagement

Lorsqu’une personne, après un discernement en Église, a identifié la forme de vie consacrée séculière lui permettant de répondre à l’appel reçu, elle rejoint un institut séculier ; elle aborde une période de formation jusqu’aux vœux définitifs (entre six et dix ans selon les instituts), sans changer de lieu de vie ; ce temps est au service de la découverte de la grandeur de l’appel et de de la consécration séculière pour pouvoir donner librement une réponse, comme le Fils a répondu au Père en se donnant librement. Il s’agit bien de suivre le Christ pauvre, chaste et obéissant ; c’est un appel à grandir en liberté pour entrer dans le mystère du Christ et de son Esprit travaillant le cœur des hommes de bonne volonté de notre monde actuel. Ce temps permet aussi à la personne appelée comme à l’institut séculier qui la reçoit de clarifier et discerner l’appel à la vie séculière consacrée, selon le charisme et la spiritualité de l’institut. Le discernement de l’appel se termine avec les vœux définitifs qui engagent la personne, l’institut et l’Église, lesquels participent alors à un acte public, selon le droit canon.

Le présent et l’avenir

Les nouveaux laïcs consacrés en instituts séculiers sont nombreux en Asie, puis en Afrique, en Amérique latine ; ils rejoignent des instituts nés localement ou dans d’autres pays ; une conférence continentale vient de se créer en Asie où, par ailleurs, des conférences nationales sont en préparation. Les instituts séculiers sont affrontés à plusieurs défis ; j’en relève quelques-uns :

● Révéler l’aujourd’hui de la nouveauté de leur vocation

Au moment de leur création, les instituts séculiers étaient une nouveauté car leur identité était la sécularité ; aujourd’hui et depuis Vatican II, cette sécularité est devenue commune et la radicalité concerne tous les baptisés. Actuellement, les instituts séculiers disent quelque chose de neuf par leur type et manière de relations au « siècle » (le monde) : comment la façon séculière de suivre le Christ pauvre, chaste et obéissant éclaire-t‑elle les tiraillements, les difficultés, les avancées en humanité en Christ et la relation Église-monde ? Comment interpréter le monde aujourd’hui, lire les signes des temps, en éclairant ce qui est nouveau pour la mission d’évangélisation et pour la notion du salut avec le monde ?

Quels défis naissent de l’expérience des membres d’instituts séculiers vivant en Asie, en Afrique, dans des pays qui ont d’abord connu d’autres religions que la nôtre ? Quelles expressions et expériences nouvelles s’y découvrent par exemple sur la sécularité, le laïcat, le laïc consacré, la discrétion, la place et le rôle de la femme, etc. ? Comment cela éclaire-t-il la vocation séculière consacrée dans ces pays, et comment cela marque-t-il le charisme et la vie fraternelle vécue dans les instituts séculiers ayant des membres sur des continents différents ?

● La formation

Dans notre monde de plus en plus complexe, où les changements sont très rapides, avec la place prise par la vie qui circule sur internet, les réseaux sociaux, comment les membres des instituts séculiers se forment-ils tout au long de leur vie en ce qui regarde leur monde, les signes de la présence de l’Esprit, afin d’y lire les appels de l’Évangile pour tous les hommes, selon des approches variées (sciences humaines, anthropologique, biblique, théologique, etc.), en lien avec les urgences soulignées par l’Église de notre temps ? Comment cette formation permet-elle aux instituts séculiers de tenir compte des réalités nouvelles vécues par les plus jeunes membres des instituts, afin de les accompagner dans la croissance de leur appel plus que dans le souci de l’avenir de l’institut ?

● La visibilité de la vie consacrée séculière : dans le monde, dans l’Église

Elle revêt des formes nouvelles dans des pays en Afrique, en Asie mais aussi dans les jeunes générations en Europe (France et Espagne par exemple). Le secret, de mise à l’époque des fondateurs, la discrétion depuis les années 1990, laissent aujourd’hui apparaître d’autres formes. Il reste que la société humaine donne la priorité aux témoins, avec du sens et de la cohérence entre ce qui se vit et ce qui fonde la personne (philosophie, religion...) ; l’Église aussi a besoin que toutes les formes de la vie consacrée témoignent par leur vie, à la suite du Christ pauvre, chaste et obéissant, pour que le don commun de la vie consacrée porte des fruits.

Quels chemins d’inventivité les membres d’instituts séculiers, participant à cette vie consacrée, don de l’Esprit au monde et à l’Église, pourraient-ils manifester à ce sujet dans la suite de l’Année de la Vie consacrée clôturée à Rome le 2 février 2016 ? C’est ce que nous cherchons chaque jour à recevoir et à donner.

[1Voir Paul VI, À l’occasion du XXVe anniversaire de Provida Mater, 2 février 1972.

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