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Rire et sourire dans les Entretiens spirituels de François de Sales

Hélène Bordes

N°2000-5 Septembre 2000

| P. 292-313 |

Certes, il y a rire et rire. François de Sales lui-même n’en disconviendrait pas, mais à la question : « Dites, de quoi riez-vous ? » sommes-nous assurés de pouvoir répondre : « Belle demande de quoi je ris : je ris parce que j’ai joie » C’est une véritable introduction à la théologie spirituelle de François de Sales que ce texte propose, comme... en s’en riant. Du moins, en souriant finement et en nous conduisant, comme l’ange au sourire à Chartres, à la prière.

Ce texte est tiré d’un article publié dans Travaux et Mémoires. Publications de l’U.E.R. des Lettres et Sciences Humaines de Limoges, mai 1973.

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Ce travail est né d’une simple constatation : on sourit, parfois aussi on rit en lisant François de Sales, tout particulièrement les Entretiens spirituels ; sourire léger, rire bref et rapide mais rire sans aucun doute, tous deux laissent dans l’esprit comme un étonnement et une interrogation : même si l’on sait bien la valeur pédagogique de ce qui sera appelé ici humour, sans essai de définition ou discussion à son sujet [1], même si les ouvrages de spiritualité ne l’ignorent pas [2], on n’attend guère une telle rencontre dans la lecture d’œuvres consacrées essentiellement à aider à la vie d’union à Dieu dans la prière. C’est pourquoi on peut se demander ce qui unit cet humour de François de Sales et la vie de prière : qu’y ajoute-t-il, quelle lumière lui donne-t-il ? On verra tout d’abord que François de Sales a voulu cette drôlerie, et qu’il s’en est expliqué ; ensuite, divers exemples de cet humour montreront ses principaux aspects ; il faudra enfin essayer de dégager sa valeur proprement spirituelle et ses liens avec la prière.

Un humour volontaire

François de Sales a lui-même marqué la différence essentielle qui existe entre humour et moquerie, il convient de le dire avant tout. Il y a rire et rire, comme le rappelle fort heureusement et avec clarté l’ Introduction à la vie dévote :

C’est une des plus mauvaises conditions qu’un esprit peut avoir que d’être moqueur... Rien n’est si contraire à la charité, et beaucoup plus à la dévotion, que le mépris et contemnement du prochain. Or, la dérision et moquerie ne se fait jamais sans ce mépris ;...en sorte que les docteurs ont raison de dire que la moquerie est la plus mauvaise sorte d’offense que l’on puisse faire au prochain par les paroles, parce que les autres offenses se font avec quelque estime de celui qui est offensé, et celle-ci se fait avec mépris et contemnement.

Mais quant aux jeux de paroles qui se font avec modestie, gaieté et joyeuseté, ils appartiennent à la vertu nommée eutrapélie par les Grecs, que nous pouvons appeler bonne conversation ; et par iceux on prend une honnête et amiable récréation sur les occasions frivoles que les imperfections humaines fournissent. Il se faut garder seulement de passer cette joyeuseté à la moquerie. Or, la moquerie provoque à rire par mépris et contemnement du prochain ; mais la gaieté et gausserie provoque à rire par une simple liberté, confiance et familière franchise, conjointe à la gentillesse de quelque mot .

Ici se trouvent affirmés aussi bien le droit au rire (n’oublions pas la phrase célèbre attribuée à François de Sales, « un saint triste est un triste saint ») que même le devoir de rire, que nous retrouverons plus loin, à propos de la « correction fraternelle ».

Bien entendu, cette gaieté tient avant tout à la personnalité de François de Sales et à son caractère. Mais il n’est pas douteux que si elle lui avait semblé contraire à la vie spirituelle, il l’eût combattue et écrasée avec la vigueur que l’on sait avoir été la sienne, comme il le fit pour la colère, l’impatience, la violence dont il reconnaissait jusqu’à la fin de sa vie la présence en lui sous sa légendaire douceur. Or, jusqu’à la fin de sa vie aussi, la drôlerie est présente chez lui ; et s’il n’a pas cultivé son sens de l’humour (et, après tout, peut-être l’a-t-il fait) il lui a laissé toute sa place.

Il est par ailleurs parfaitement conscient qu’il s’agit bien souvent, dans le problème qui nous occupe, plus de rire que de sourire ; quelques curieuses lignes des Entretiens spirituels montrent que pour lui aussi le rire est le fait de la condition humaine, du moins le rire tel qu’il l’entend : l’homme trouve la vie « drôle » dans ses aspects inattendus et ce sont les limites ou l’infirmité de sa vue, son ignorance de la totalité des choses qui font justement ces aspects inattendus :

Vous demandez si c’est un manquement d’humilité de rire des coulpes que les Sœurs disent ou du manquement que la lectrice fait à la table. - Hé, nullement, ma chère fille, car le rire est une passion qui s’émeut sans notre consentement, et n’est pas en notre pouvoir de nous en empêcher, d’autant que nous rions et sommes émus à rire pour les occasions imprévues. C’est pourquoi Notre-Seigneur ne pouvait rire, car rien ne lui était imprévu, sachant toutes choses avant qu’elles arrivent, mais oui bien se sourire, ce qu’il faisait à dessein.

Déjà apparaît dans ces lignes l’importance du rôle de l’humour dans la vie spirituelle : il va conduire à l’humilité et aider à s’ouvrir à la vérité, à voir au-delà des apparences.

La suite de la page rappelle que ce rire doit être bref, pour ne s’opposer ni à la justice ni à la charité, qu’il ne doit pas être recherché ou cultivé pour lui-même mais pour ce qu’il représente, et qu’en tout cas il doit être accueilli quand il vient, autrement dit qu’il n’y a pas à en avoir honte, car grande est sa valeur.

Les Entretiens spirituels, bien entendu, n’ignorent pas un autre rire et un autre sourire, ceux qui naissent, comme le chant, d’un cœur joyeux et qui sont la manifestation spontanée du bonheur : « Dites, de quoi riez-vous ? - Belle demande de quoi je ris : je ris parce que j’ai joie » [3], lit-on dans le Onzième Entretien. Mais c’est le premier aspect du rire qui importe surtout pour cette étude.

Ainsi, et sans se lancer, comme on le disait plus haut, dans une discussion sans cesse recommencée et toujours plus ou moins chauvine sur ce qu’est ou n’est pas l’humour, les lignes qui viennent d’être citées montrent qu’il ne s’agit ni d’ironie, même douce, ni non plus d’esprit, c’est bien évident ; peut-être est-ce le moment de rappeler la boutade d’un spécialiste contemporain de François de Sales, qui, au cours d’une conférence sur « la liberté chez François de Sales » essayait non pas de définir l’humour du saint, que son sujet l’avait conduit à rencontrer tellement il est constant, mais de le décrire ; c’est, disait-il, « se mettre au balcon pour se regarder passer » [4] ; boutade, certes, mais dont tous les termes sont importants : « se mettre au balcon », c’est prendre de la hauteur, du recul, ne pas juger d’un point de vue qui resterait au ras de terre et strictement « humain » ; autrement dit encore, dans la pensée de François de Sales, c’est voir le monde sous l’éclairage que lui donne le plan de Dieu. D’autre part, « se regarder passer » n’est pas « se regarder », se contempler, mais c’est tenter de juger l’allure que l’on a, la figure que l’on fait dans telle ou telle situation ; c’est se voir dans sa vérité et non pas sous un déguisement ou dans des poses qui flattent. Ainsi il faudra savoir se trouver soit ridicule, soit bien en place, sans complaisance ni fausse modestie ; il faudra savoir se connaître, mais non se connaître pour se connaître. Enfin, pas plus qu’il ne faudra se limiter à cette connaissance de soi, il ne faudra en faire un préalable à autre chose. On est ici à la fois très proche et très loin de Montaigne : l’humain ne saurait être séparé du divin.

L’humour est donc essentiel à la vision du monde de François de Sales, à sa façon d’y vivre et par conséquent à sa prière. Il est conscient, volontaire, délibéré, et va se manifester dans une drôlerie et un comique, qui prendront évidemment différentes formes.

Aspects de l’humour dans les Entretiens spirituels

Peut-être ne serait-il pas paradoxal ou exagéré de dire que toutes les œuvres de François de Sales portent des traces d’humour, mais bien entendu on le trouve surtout dans la correspondance, dans l’Introduction à la vie dévote, et très particulièrement dans les Entretiens spirituels. Il est bon de se rappeler ici que c’est même en partie la présence de l’humour dans cette sorte de sténographie de colloques familiers que sont les Entretiens spirituels qui leur joua, à leur publication et ensuite, les tours que l’on sait [5]. Pour une raison ou pour une autre, les éditeurs, à commencer par Madame de Chantal elle-même, déconcertés par lui ou choqués simplement de le voir dans une œuvre religieuse imprimée (et de plus imprimée en fraude la première fois) « semblent n’avoir pas compris l’humour de François de Sales » [6]. Grâce à l’édition de La Pléiade, il paraît possible de voir maintenant exactement en quoi consistait cet humour familier et de se faire ainsi une idée plus précise de l’homme qu’était François de Sales, qui se montre dans ces textes comme étonnamment vivant. Pour la commodité de l’étude, classons ces exemples en trois catégories : rapprochements surprenants, familiers et concrets, courtes scènes montrant aussi le goût de François de Sales pour une certaine taquinerie et un langage simple voire volontiers proverbial (ce qui se retrouve dans toutes les sortes d’exemples mais sera relevé alors), véritables portraits composés enfin.

L’humour se manifeste donc tout d’abord dans ces textes par la cocasserie et l’inattendu des comparaisons, la familiarité de l’expression, les tournures de la langue parlée et naturellement populaire, le tout dans une sorte de coup d’œil rapide sur la réalité humaine de chaque jour. On y retrouve les grandes caractéristiques de l’humour en général : décalage entre le ton et la réalité exprimée, rapidité et légèreté qui produisent un autre décalage, celui du rire ou du sourire par rapport à la lecture, complicité entre l’auteur et le lecteur. Ainsi, dans cet art de ne pas y toucher, le sérieux des problèmes évoqués va apparaître on ne peut plus clairement et ces problèmes prendront d’autres limites et d’autres perspectives que celles qui étaient évidentes ou bien que l’on croyait telles, ou encore que l’on voulait croire telles : on ne se prend pas au sérieux pour se prendre réellement au sérieux.

C’est de cette manière que nous devons, certes tout « le long de la journée... arrêter notre esprit en Dieu et aux choses célestes... pourvu que nous ayons le soin de retirer notre esprit par le bras pour l’empêcher de courir après les mouches et les papillons » [7]. Mais ceci n’est rien ; voici « les mines tristes, les faces pleureuses... celles qui mangent le plus de crucifix, et qui ne veulent bouger des églises » [8], la religieuse « qui... est colère... et pour cela fera dix ou douze ruades par jour » [9] ou bien l’extravagance qu’il y aurait pour une professe « voulant éprouver la patience d’une novice », à lui aller « donner en pleine récréation un coup de poing sur le nez » [10].

On ne peut s’empêcher de noter, avant d’aller plus avant, l’extrême liberté de ces lignes jointe au bon sens et au don du comique qu’elles montrent, qui permet à ces peintures de ne prendre aucune teinte indignée ou sarcastique, malgré l’énergie des termes, mais leur laisse un air d’indulgence optimiste : c’est là une impression qui s’accentue lorsqu’on prend garde que ces quelques exemples sont tous extraits du même Entretien, au sujet ô combien sérieux, puisqu’il s’agit de conseils « pour la réception ou profession des sœurs » [11] ; les passages de ce genre sont si nombreux dans ce seul texte qu’on ne sait d’ailleurs lequel choisir.

On le voit, l’humour prend dans les Entretiens spirituels bien des formes et passe très vite de ces traits rapides, presque encore des automatismes de langage, à des scènes et à des portraits dont François de Sales partage le goût avec le XVIe siècle et encore plus avec les moralistes du XVIIe siècle.

Un des exemples de courtes scènes qu’il faut citer, car il eut le don de choquer les premiers éditeurs et se vit pour cela censuré, est le fameux passage de la bouillie, dans l’Entretien sur l’humilité :

Ce que nous dîmes dernièrement qu’il fallait manger les viandes que l’on nous donne en même ordre que l’on nous les donne, ne se doit pas entendre rigoureusement ; de sorte que si l’on donnait de la bouillie au premier service et qu’il y eût une fille qui ne l’aimât pas chaude, elle la pourrait bien laisser pour attendre qu’elle se refroidît ; comme de même celle qui ne l’aimerait pas froide, pensant qu’elle aurait le goût de la colle, la pourrait bien manger chaude. Il ne faut pas se plaindre de notre Père en disant : il a dit ceci, il a dit cela ; car le pauvre Père ne dit pas que l’on se brûle la langue, et si, l’on ne laisse pas de la faire.

Voilà un tableau qui ne le cède en rien au bouillon de saint Anselme, dont l’Entretien sur la « condescendance » conte l’histoire [12]. Et qui s’attendrait à voir le Christ en costume d’apothicaire et François de Sales en barbier ?

Prenez garde que s’il vous vient quelque goût intérieur (il s’agit des « consolations » dans la vie religieuse)... de ne vous y pas attacher ; c’est comme un peu d’anis que l’apothicaire céleste met sur la potion amère de la mortification qu’il faut que vous avaliez pour votre santé ; et bien que le malade prenne de la main de l’apothicaire ces grains sucrés, il faut par nécessité qu’il ressente par après les amertumes de la purgation.

Je fais quelquefois le barbier et d’autres fois le chirurgien, mes Filles . Quand je vous parle devant les séculiers, je fais comme le barbier, je me contente d’ôter le superflu, je me sers de la savonnette pour adoucir la peau du cœur, comme le barbier s’en sert pour adoucir celle du menton avant de raser ; mais quand je suis au parloir, je fais comme le brave chirurgien, je panse les plaies de me chères filles ; encore qu’elles crient un peu : Holà ! je ne laisserai pas d’un peu presser la main sur la plaie pour faire tenir l’appareil pour guérir le mal.

On notera encore le sérieux des occasions de ces courtes scènes, puisque les « consolations » dans l’oraison, problème bien connu de tous les écrits de spiritualité, rejoignent ici la « condescendance », une des formes essentielles de la « vie de sainte charité », pour reprendre le titre auquel François de Sales avait tout d’abord pensé pour son Traité de l’amour de Dieu.

Ainsi la réalité devient comme tangible, comme lisible grâce à l’humour de ces scènes ; s’éloigne aussi le danger d’angélisme, même dans la lecture de l’Écriture. L’aveugle-né « ne pouvait-il pas bien s’étonner du moyen que Notre-Seigneur tenait pour le guérir et lui dire : Hélas ! que me faites-vous ? Si je n’étais pas aveugle, cela serait capable de me faire perdre la vue » [13].

On pourrait, encore une fois, multiplier les exemples qui tous montreraient les mêmes qualités quasiment théâtrales de vie concrète et d’observation de la réalité jointes à la drôlerie dans la manière de voir et d’exprimer cette réalité ; jamais il n’y a dans ces pages invention ou fiction, jamais non plus grossissement dans le ridicule ou exagération dans la polémique, mais toujours maîtrise et expression d’évidences ; jamais François de Sales n’est emporté par sa plume ou sa langue ; et pourtant comme il aimait être taquin, comme il aurait pu l’être... Or il y avait dans toute sa pensée trop de sérieux et de respect de l’autre pour qu’il pût réellement l’être, respect et sérieux qui sont essentiels à son humour.

Parmi les scènes décrites, il en est qui furent vécues avec les premières Visitandines. Les mêmes traits s’y retrouvent : les lignes que voici sont pleines de taquinerie, mais d’une sorte telle que personne ne saurait en être piqué, même sans être d’un caractère particulièrement irénique ; devant les difficultés des religieuses avec leur Supérieure lorsque celle-ci les réprimande, François de Salles s’exclame : « Mais, mon Dieu, que les Sœurs qui auraient une Supérieure qui ne les aimeraient pas seraient heureuses ! » ; et il ajoute aussitôt : « bien que cela ne se puisse » [14] ; ou bien encore, à une religieuse qui tremblait devant l’orage, un jour que le petit groupe de la Galerie devait remonter précipitamment du verger, où se tenait comme à l’accoutumée l’entretien, vers la maison, et qui lui disait : « Monseigneur, j’ai grand peur », il répond : « Ma fille, ne craignez point, le tonnerre ne tue que les saints et les pécheurs, vous n’êtes ni sainte ni pécheresse » [15].

Ainsi, même dans cette tendance à la taquinerie, on retrouve l’extrême liberté dont on a déjà parlé, liberté de celui qui croit devant ce à quoi il croit justement, et qui lui permet de rire des erreurs sans indignation superficielle ni scandale mais avec sérieux, liberté qui n’existe que liée à une profonde gravité et au respect des autres, quand certaines limites ne sont pas franchies.

Les mêmes aspects de l’humour de François de Sales dans ces pages sont liées à son goût pour la langue simple et pour les proverbes, dont on ne sait pas bien parfois s’ils en sont réellement ou s’il les fabrique dans l’instant, goût où se retrouve la familiarité déjà rencontrée : il parle, pour ne citer ici que des proverbes certains, d’aller fort simplement, « à la franche marguerite » [16], de laisser aboyer ce mâtin contre la lune – et ce mâtin, c’est la tentation [17] – ou de « prendre garde de n’être pas comme le panier qu’on tire de l’eau » [18].

Mais beaucoup plus importante est pour cette étude l’abondance des portraits ; il convient de les mettre à part, car s’ils présentent bien évidemment des traits de précision ou de cocasserie communs avec les passages cités plus haut, ils ont un caractère plus achevé ne serait-ce que par leur longueur et leurs détails. On pense ici à d’innombrables pages de François de Sales, et non pas seulement aux Entretiens spirituels, celles de l’Introduction à la vie dévote sont par exemple bien connues [19].

En tout cas, on désespère de donner une idée suffisante de la fréquence de ces portraits et de leur variété dans les Entretiens spirituels, et le choix se montre ici particulièrement difficile.

On peut commencer par le portrait de François de Sales par lui-même, et à travers lui de toute l’humanité priante qui tend à confondre gestes et prière, méthode et oraison :

Vous demandez si de tenir la tête penchée ou repliée sur l’épaule, ou bien de tourner les yeux dans la tête, est contraire à la modestie. À cela je vous dis que si cela se fait quelquefois sans y penser, il n’y a pas grand mal, pourvu que l’on n’affecte pas ces façons de faire comme étant quelque chose de remarquable pour la dévotion ; car il faut éviter la contenance affectée, puisque tout ce qui est affecté doit être abhorré, évitant soigneusement de faire le sanctificetur quand il n’y a point de nomen tuum après, je veux dire les dévots et les saints en notre contenance extérieure, comme je fis une fois. Il n’y a point de danger de faire ce petit conte de récréation, puisqu’il est à mon propos. Étant jeune écolier en cette ville, il me prit une envie d’être saint et parfait ; je commençai à me mettre en la fantaisie que pour cela il fallait que je pliasse ma tête sur mon épaule en disant mes Heures, parce qu’un autre écolier qui était vraiment un saint le faisait, ce que je fis soigneusement quelque temps durant, sans que pourtant j’en devinsse plus saint.

Il faut ici remarquer la petite phrase « il n’y a point de danger de faire ce petit conte... puisqu’il est à mon propos ». Aucune clef n’est à chercher pour les portraits qui vont être faits. Au contraire, la charité et la justice demandent qu’ils soient ceux de l’humanité entière à travers types et attitudes, et que chacun se reconnaisse ; l’humour va aider à la fois à ce détachement et cette généralisation. Aussi sommes-nous tous les frères du jeune François de Sales, dans notre goût pour les recettes rassurantes et simples, qui cachent l’esprit derrière la lettre et confondent moyen et fin :

Vous voulez que je vous dise quelque chose de l’oraison. Plusieurs se trompent grandement, croyant qu’il faut beaucoup de méthode pour la bien faire, et s’empressent pour trouver un certain art qu’il leur semble être nécessaire de savoir, ne cessant jamais de subtiliser et pointiller autour de leur oraison pour voir comme ils la font ou comme ils la pourront faire à leur gré ; et pensent qu’il ne faille tousser ni se remuer en icelle, de crainte que l’Esprit de Dieu ne se retire : folie certes très grande, comme si l’Esprit de Dieu était si délicat qu’il dépendît de la méthode et contenance de ceux qui font l’oraison. Je ne dis pas qu’il ne faille se servir des méthodes qui se sont remarquées ; mais l’on ne s’y doit pas attacher, comme font ceux qui pensent n’avoir jamais bien fait leurs considérations devant les affections que Notre-Seigneur leur donne, qui est pourtant la fin pour laquelle nous faisons les considérations. Telles personnes ressemblent à ceux qui se trouvant au lieu où ils prétendent d’aller, s’en retournent parce qu’ils n’y sont pas venus par le chemin que Ton leur a enseigné.

Parmi une dizaine au moins de pages que l’on pourrait encore relever, on se limitera à quatre portraits, quatre « caractères » qui sont particulièrement représentatifs de la manière de François de Sales. Encore ces textes courent-ils le risque d’allonger démesurément l’exposé ; cependant leur présence est nécessaire pour que l’on puisse bien juger du problème débattu ici. On verra ainsi successivement les faux motifs de vocation religieuse, l’absence de juste milieu dans l’esprit, le goût du changement, l’homme opiniâtre. Voici donc comment peuvent se décider certaines fausses vocations :

Plusieurs entrent en Religion, mes chères Filles, qui ne savent pas pourquoi. Elles viendront à une grille ou à un parloir, et elles y verront des religieuses avec un voile sur la tête, un visage si serein, tenant bonne mine, bien modestes, fort contentes à leur avis, et soudain elles penseront en elles-mêmes : Mon Dieu, qu’il fait bon là, allons-y ; aussi bien le monde nous fait mauvaise mine ; nous n’y rencontrons point nos prétentions. - Une autre dira : Mon Dieu, que l’on chante bien là-dedans ! cela est si beau de bien chanter ! - Elles ont raison d’y venir afin que l’on écoute leur belle voix, car peut-être que si elles étaient chez elles, elles chanteraient en une salle où personne ne les écouterait, et ne prendrait-on point garde si elles chanteraient bien ou non ; mais dans un chœur, chacun les entend et les remarque, ce leur semble. - Les autres viennent en Religion pour y rencontrer et y trouver une grande paix, des consolations et toutes sortes de contentements et douceurs intérieures, disant en elles-mêmes : Mon Dieu, que les Religieuses sont heureuses ! elles sont hors du bruit de père et de mère qui ne font autre chose que de crier ; on ne saurait rien faire qui les contente, c’est toujours à recommencer avec eux. Notre-Seigneur promet à ceux qui quittent le monde pour son service beaucoup de consolations ; allons donc en Religion.

Voilà, mes très chères Filles, trois sortes de prétentions qui ne valent rien pour entrer en la Religion.

Remarquons à nouveau qu’à travers la peinture du cas particulier de la religieuse, c’est l’humanité tout entière qui se trouve ici représentée. Sans doute est-ce une des raisons pour lesquelles ces portraits se rappellent davantage à nous sous un titre abstrait que par le nom d’un type qui y serait dessiné. Il ne s’agit pas réellement d’un caractère complet, qui serait celui d’un personnage donné, mais plutôt du cas particulier dans lequel, à telle ou telle occasion, nous pouvons tous nous trouver. Encore ne faut-il bien entendu pas généraliser, comme le montrera le dernier texte cité.

Nous retrouverons en tout cas cet aspect universel dans la description de l’esprit humain avec ses difficultés à se tenir dans la « médiocrité », où « il ne s’arrête jamais » puisqu’« il court ordinairement aux extrémités ». Ainsi,

une fille à qui l’on aura défendu de sortir à la rue dès qu’il est nuit ne manquera pas de dire : Mon Dieu, j’ai la plus terrible mère qui se peut dire ! elle ne veut même pas que je sorte de la maison. On ne lui a défendu de sortir que la nuit, et elle dit que c’est pour toujours. Une fille chantera trop haut, et on l’avertit : Bien, dira-t-elle, l’on se plaint de quoi je chante trop haut ; mais je chanterai si bas que l’on ne m’entendra pas. - Ou bien une autre, de quoi elle marche trop vite, se mettra à marcher si doucement que l’on compterait bien tous ses pas.

Curieuse humanité chez qui l’esprit de contradiction le plus enfantin s’allie à un perpétuel goût du changement :

Si nous voulions suivre tous les mouvements de notre esprit, ou qu’il fût possible de le faire sans qu’il y eût du scandale ou du déshonneur, nous ne verrions autre chose que des changements, et quand nous aurions été une heure Jésuite, nous voudrions être une autre heure Capucin, et puis après nous chercherions une autre condition ; et tel qui a vécu en bonne paix toute sa vie avec sa femme, s’il eût pu la changer l’eût fait une douzaine de fois.

Ici encore les parentés et les différences avec Montaigne sont évidentes, Montaigne qui tient une place non négligeable dans les lectures de François de Sales, mais leur humour personnel souligne ce qui les sépare.

Terminons avec une page qui se rapproche davantage que les précédentes de ce qu’on appelle habituellement un portrait. Voici donc l’opiniâtre, celui pour lequel « l’art de conférer » ne reste qu’un vain mot :

<quote Il y a certes de grands esprits qui sont grandement bons, mais qui sont tellement sujets à leurs opinions et les estiment si bonnes que jamais ils n’en veulent démordre ; si qu’il faut bien prendre garde de ne la leur pas demander à l’impourvu, de peur qu’ils ne la forment sans bonnes considérations, car après, il est presque impossible de leur faire reconnaître ou confesser qu’ils ont failli, d’autant qu’ils se vont enfonçant si avant à la recherche des raisons propres à soutenir ce qu’ils ont une fois dit être bon, qu’il n’y a plus de moyen, s’ils ne s’adonnent à une excellente perfection, que l’on les puisse dédire.

On aurait tort de croire que ces lignes pour longues qu’elles soient donnent une idée suffisante de cet aspect de l’art de François de Sales ; elles sont cependant assez représentatives du problème qui nous occupe pour que nous nous limitions à elles.

Pour résumer en effet l’essentiel de l’humour de François de Sales tel que nous l’avons vu se montrer, nous nous arrêterons à quelques points simples et précis.

Cet humour est, avant tout, le signe d’une gaieté profonde qui exclut l’amertume ou la désolation, ce qui est, on n’en saurait douter et on l’a vu plus haut, la marque propre du caractère de l’auteur. Elle est tout autant liée, bien entendu à une spiritualité très précise, celle de la joie, dont le choix (ou plus exactement l’existence spontanée) est lié lui aussi, c’est trop évident, à toute la personnalité de François de Sales. Le décalage que fait éclater l’humour montre le triomphe inéluctable d’un ordre du monde où doit dominer le bonheur de l’homme dans son plein épanouissement, quelles que soient les difficultés rencontrées et obligatoires. Ces difficultés sont celles de la vie la plus courante, matérielle ou spirituelle, et il y aurait folie à les minimiser ou à les nier. L’humour de François de Sales ne lui permet pas de voir la vie spirituelle comme un paradis automatique et instantané, ou comme un rêve, celui de l’angélisme, de la même manière que, inversement, son indulgence n’a rien à voir avec celle de Philinte.

Car ce bon-sens et cette vérité du concret et de la vie quotidienne se lient à une sorte de réalisme humble et précis. L’humour (et celui-ci en particulier) ne saurait exister privé, il faut y insister, d’un sens profond de la réalité et d’une vision sans illusion (en bien ou en mal) de l’homme. C’est le monde tel qu’il est dans son existence complète, sous tous ses aspects grands ou petits, que l’humour fait voir comme en un éclair, dans la mesure où nous voulons bien justement accepter cet humour et la clairvoyance courageuse et impitoyable aux illusions à quoi il oblige. Il ne s’agit pas de vivre dans un autre monde, parallèle ou postérieur à celui qui est le nôtre. On reconnaît ici un des aspects les plus constants de la pensée de François de Sales. L’humour peut aider notre volonté, voire la déclencher, pour que nous acceptions des évidences gênantes.

Mais en même temps, l’humour montre qu’on ne se limite pas au monde tel qu’il est, tel du moins qu’il paraît être. Il n’y a pas à avoir un esprit de fausse humilité, frère de la paresse et de l’esprit de démission. Il faut refuser les limites trop étroites, refuser de s’y complaire dans un esprit de dénigrement quasiment sacrilège pour François de Sales. Un « monde autre » est à construire, suivant le mot souvent cité de Roger Garaudy : on vient de le dire, Philinte est bien loin, mais Alceste aussi.

Accepter de voir la réalité dans sa totalité demande, au-delà du courage dont il vient d’être parlé, une souveraine liberté que seule la confiance en ce à quoi on croit (en un mot : la foi) peut donner, mais qui n’existe que dans l’union de la délicatesse avec la franchise et la maîtrise ; voir avec drôlerie le monde et les hommes oblige à reconnaître ce qui est, en toute simplicité et humilité vraie, sans enjolivement ni censure, mais sans attention spéciale non plus, sans accent particulier mis ici ou là systématiquement, sans encore que soient dépassées certaines limites : si l’humour est donné par le caractère, l’exercer demande entraînement et vigilance de la volonté ; et l’on sait l’importance de la volonté pour la vision de l’homme que François de Sales partage avec toute son époque.

Ainsi, l’humour ne saurait aller sans le sérieux profond, ce qui est bien connu de toutes ses formes, mais que l’on va tout spécialement retrouver dans ce qui fait son originalité ici, c’est-à-dire son union avec la vie de prière.

Importance de cette forme d’humour pour la vie spirituelle

Bien des points qui viennent d’être relevés auraient à nouveau leur place ici, mais sous un autre éclairage : le courage par exemple, que demande l’humour, sera celui que demande aussi la vie lente et peu exaltante de chaque jour, passé l’enthousiasme des moments de la rencontre avec Dieu et des évidences aveuglantes. Il rejoindra ainsi, et c’est bien connu de nombreuses formes d’humour, la pudeur : exposer au grand jour et avec vérité, certains aspects de sa propre vie et de celle des autres est sans doute encore plus délicat devant soi-même que devant autrui ; l’humour permettra de le faire et aidera à y atteindre le réel par une sorte d’impassibilité volontaire, celle du détachement, auquel le décalage inhérent à l’humour donnera naissance ; c’est par là que dans les exemples les plus célèbres d’humour (pensons simplement aux Épîtres « de demande » de Marot) sont évitées aussi bien l’exagération que l’indécence. Dans l’humour, ce courage est possible.

On voit bien l’importance de tout ceci pour ce que les traités de spiritualité appellent « la correction fraternelle » ; il est évident que l’humour aidera à corriger sans blesser et même aidera à formuler certaines critiques ; encore faudra-t-il que l’interlocuteur ne soit pas complètement démuni lui non plus du sens de l’humour, et il est intéressant de noter que certaines communautés salésiennes, comme celle des Sœurs de la Visitation de Leuze, par exemple, inscrivent aujourd’hui dans leurs statuts la nécessité de le développer en soi. L’humour est ainsi en bonne place dans le domaine de la caritas paulinienne, pour aider à la modestie des deux acteurs, de « l’enseignant » aussi bien que de « l’enseigné ».

De la même manière, l’humour, parce qu’il n’exclut pas la gravité mais au contraire la commande, se montre, ainsi que le rappelle J. Hennequin dans l’article déjà mentionné [20], comme « un moyen privilégié pour prendre distance par rapport à soi-même et par rapport aux choses ». Car la correction fraternelle ne saurait aller sans la correction de soi-même. Tous les hommes sont frères et solidaires dans la vision du monde que donne ici l’humour ; il est l’expression de la communauté humaine, voire de la Communion des Saints ; les Entretiens spirituels ne se font pas faute de montrer François de Sales au cœur de ce qu’il raconte ou décrit, et tout aussi concerné qu’un autre par les corrections ou la pédagogie de chaque instant. C’est que pour lui l’humour doit aider à se corriger ou au moins aider à avoir envie de se corriger, tout autant qu’il doit permettre d’aider les autres à accomplir le même effort.

Ainsi, comme on l’a vu plus haut mais différemment, humour et humilité liés ne se conçoivent pas sans l’optimisme. Ni l’un ni l’autre n’acceptent que l’on se « baigne » comme le dit François de Sales dans son « malheur », ses turpitudes ou simplement le sentiment de ses limites. Les Entretiens spirituels mettent sans cesse l’accent sur la puissance de la volonté humaine et sur le fait que aussi bien les limites que la grandeur de l’homme ne sont pas où « l’amour-propre » les ferait mettre : elles existent mais sont d’un tout autre domaine ; ainsi pour François de Sales l’humour est action, action volontaire et réfléchie, dynamisme optimiste. Si on rappelle à nouveau les phrases sur le rire et le sourire citées plus haut [21], on comprend que l’humour est ici une manière de marcher vers le sourire de la joie et de la conquérir, parce que le sourire sera davantage le reflet d’un état de bonheur (qui certes existe chez François de Sales), d’une certaine « immobilité » spirituelle. Il y aurait sur ce point tout un parallèle à faire entre François de Sales et François d’Assise, celui qu’il appelait toujours son « grand saint François ».

Dans la vie de prière, l’humour, arme du combat du miles Christi, est encore celle de la patience et de la persévérance, et donc un des aspects de l’espérance ; il est essentiel aux premiers états de la vie de prière, aux préparations, qu’il faut sans cesse recommencer, de l’oraison, voire à l’oraison elle-même. Le don de l’humour est un don de la Grâce. Car si l’humour est action, il est aussi abandon et nous retrouvons en lui ce qu’on a parfois appelé le paradoxe « baroque » de la pensée de François de Sales, mais qui est en fait propre à toute spiritualité issue de la Bible, l’union indissoluble de l’abandon et de l’action, ce que le Traité de l’amour de Dieu appelle la « très sainte indifférence » [22]. L’humour en effet aidera à admettre les échecs et les nouveaux départs, et la vanité apparente et lassante des efforts.

On peut d’ailleurs penser que cette époque de difficile transition dans laquelle vivait saint François de Sales et qui avait profondément le sens d’un certain comique, aurait aimé la suite de la boutade citée plus haut : « l’humour », c’est le début de « humilité » et la fin de « amour » [23] ; « étymologie » « baroque » s’il en fut, mais qui met en évidence les mille liens possibles entre l’humilité et l’amour qui sont bien le fin mot de l’humour dans les Entretiens spirituels ; car par l’humilité telle que la conçoit François de Sales, on se trouve dans la familiarité de Dieu, dans sa famille ; comme le dit la Bible, on mange à sa table, on se promène naturellement, comme chez Corneille encore, dans le monde de la grandeur de l’homme et de Dieu ; c’est le monde aussi de la « simplicité », cette sorte de naturel théologique de l’homme qui tient une si grande place par ailleurs dans les Entretiens spirituels, où l’on pénètre quand l’humour a fait tomber les masques ou a aidé à les percer.

Par la « simplicité » va pouvoir se continuer, dans le concret de l’instant et donc pour François de Sales dans la prière de l’instant vécu en vérité, la rencontre du Christ, contemporain et éternel. Partis de l’humour de François de Sales, nous nous retrouvons au cœur même de sa spiritualité, la méditation perpétuelle de l’Incarnation et de l’Homme-Dieu.

Hélène Bordes est professeur émérite de Littérature française à l’université de Limoges. Elle a été quelque vingt ans professeur dans l’enseignement secondaire et tout autant dans le supérieur. Elle a soutenu en 1989 sa thèse pour le doctorat d’État : « Les sermons de François de Sales ». (Ce travail de 2700 pages est à paraître.) Elle travaille actuellement à une édition critique de l’Introduction à la vie dévote. Elle a publié une cinquantaine d’articles qu’elle regroupe pour un ouvrage qui sortira à l’université de Saint-Étienne. François de Sales et le salésianisme jalonnent toute sa vie d’enseignant-chercheur à l’université. Paraîtra aussi à Saint-Étienne un recueil de plusieurs textes inédits de François de Sales, en majorité des sermons. Elle anime depuis de nombreuses années des sessions d’étude dans des monastères de la Visitation (France, Belgique, Canada) et préside l’Association RES (Recherches et Études Salésiennes). Elle participera en 2001 à un séminaire intitulé « Pour un vocabulaire mystique au XVIIe siècle ».

[1On se contentera ici de renvoyer à R. Escarpit, L’Humour (Collection « Que sais-je » n° 877), Paris, P.U.F., 1960,128 p., et de dire que les mots se rapportant à ces problèmes seront employés, au cours de ces pages, dans leur acceptation la plus simplement vulgaire.

[2Voir, par exemple, l’article que J. Hennequin a consacré à la bienheureuse Marie de l’Incarnation Guyart, l’ursuline canadienne : « Marie de l’Incarnation et la pauvreté » dans XVIIe siècle, n° 89, p. 15.

[3E.S. Pl. 1130. Ce serait ici le rire et le chant par exemple de Philippe Néri, ou encore, bien que d’une autre manière, le sourire et le chant de François d’Assise.

[4François Corrignan, La liberté d’après François de Sales. Conférence inédite donnée en novembre 1971 chez les Filles de Saint-François de Sales à Paris.

[5Ce problème est rapporté par R. Devos, dans son introduction. E.S. Pl. 983 - 989.

[6E.S. Pl. 988. L’édition de la Pléiade a le mérite de représenter le texte des E.S. sous sa forme première, et aussi celui de donner sa chronologie la plus certaine et son contenu le plus sûr.

[7E.S. Pl. 1057.

[8E.S. Pl. 1246.

[9E.S. Pl. 1250.

[10E.S. Pl. 1257.

[11Dix-septième Entretien. E.S. PL 1235 et sq.

[12E.S. Pl. 1125 et 1129.

[13E.S. Pl. 1148.

[14E.S. Pl. 1215.

[15E.S. Pl. 1334.

[16E.S. Pl. 1290.

[17E.S. Pl. 1310.

[18E.S. Pl. 1325.

[19Voir en particulier toute la Troisième Partie de l’Introduction et, par exemple, la peinture des amitiés superficielles. Pl. 179-180.

[20J. Hennequin, op. cit., p. 16

[21J. Hennequin, op. cit., p. 17.

[22Voir aussi tout l’Entretien « Ne rien demander, ne rien refuser ». E.S. Pl. 1645 et sq.

[23F. Corrignan, op. cit.

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