Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Éditorial

Jean Burton, s.j.

N°1999-1 Janvier 1999

| P. 5-6 |

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Cela devient une tradition de cet Éditorial que de rappeler le thème du Conseil de la Revue qui s’est tenu en septembre de l’année précédente... Il est vrai que c’est lui qui inspire les travaux et les jours qui viennent.

Nous ne dérogerons pas à cette manière de faire en ce début de l’an 1999. Année qui nous conduit, dans la méditation trinitaire du Père, Origine sans origine, à demander et recevoir de Lui la lumière et la force pour la tâche qui nous incombe.

Quand nous disons « nous », il s’agit, certes, de la revue elle-même et de ses collaboratrices et collaborateurs. Mais plus encore, et c’était le thème de notre Conseil proposant une réflexion sur : « Vie consacrée et Église locale », il s’agit finalement, dans le mystère de communion qu’est l’Église, de tout le Peuple de Dieu et plus particulièrement de toutes les personnes qui en raison de leur rapport spécifique à la vie consacrée en portent les soucis et les espérances : tous les états de vie, tous les ministères, tous les fidèles...

Nous publierons, bien sûr, les interventions de ce Conseil où Monsieur le Cardinal Godfried Danneels, Archevêque de Matines Bruxelles, nous a fait l’honneur d’intervenir et de participer. Ce sera un numéro très fourni et stimulant.

Tout aussi stimulant reste l’avertissement entendu durant ce Conseil : « Qu’en sera-t-il de la Revue dans les années à venir ? » Et c’est à bien l’entendre et à y répondre que nous devrons mobiliser nos forces.

Il n’est un secret pour personne, en ce qui concerne la vie consacrée dans nos pays francophones et dans Taire géographique des pays industrialisés (mais heureusement la diffusion de la revue déborde de beaucoup ces frontières), que la prospective est incertaine.

Incertaine d’une bienheureuse incertitude, car il ne suffit pas de considérer la diminution et le vieillissement des communautés religieuses que Ton qualifie trop rapidement de « classiques ». Combien de bourgeons, quelquefois saisissants de vitalités, ne se dressent-ils pas à la base d’une souche élaguée ? Et la Chartreuse, par exemple, ne se maintient-elle pas quantitativement égale à elle-même dans la fidélité des ans ? Mais encore faut-il être attentif aux surgissements nombreux, diversifiés, imprévus de la « consécration de vie » dans bien des communautés issues de la ferveur de l’engagement chrétien des christifideles laici.

La question se pose donc pour nous : comment être encore davantage au service de cette vitalité ancienne et nouvelle de la « consécration » dans l’Église, honorée et soutenue par notre Revue depuis 70 ans déjà ! Devons-nous reformuler ses objectifs, son contenu, ses moyens, sa présentation... ?

Notre conviction est que nous devons continuer à fournir le type de service si souvent reconnu et apprécié en bien des circonstances et que tant de lettres d’encouragement, de demandes d’abonnements d’entraide,...attestent. Mais cette conviction se double de la perception très vive que nous devons aussi rencontrer des préoccupations nouvelles, des situations pastorales inédites, des questions, souvent encore informulées, surgissant d’une pratique évangélique et communautaire créative, et renouvelant, dans ce contexte, la compréhension des points fondamentaux de la sequela Christi. Du neuf et de l’ancien...

Nous ferons donc appel à vous, dans une enquête qui vous sera destinée, lectrices et lecteurs, amies et amis de Vie Consacrée aussi nombreux que possible, pour affiner notre analyse ; mieux cerner ce que doit être le service ecclésial que notre Revue peut rendre en cet « aujourd’hui » de la grâce d’un nouveau millénaire ; évaluer les moyens à mettre en œuvre ; imaginer des liens et des contacts nouveaux à établir... bref, nous ferons appel à vous pour assurer au mieux la qualité de ce que nous pensons pouvoir apporter au service de la vocation, de la consécration et de la mission de celles et de ceux qui, en des voies reconnues ou encore secrètes mais intrinsèquement vitales à la sainteté de l’Épouse, suivent l’Agneau partout où Il va.

En la fête proche du 2 février 1999, que l’intercession de Marie nous conduise au plus près de son Fils. Qu’Il nous associe, en leur Esprit, à l’œuvre du Père.