Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Accompagner sur son chemin celui que Dieu appelle

Alain Mattheeuws, s.j.

N°1998-6 Novembre 1998

| P. 387-395 |

« Aucune vocation ne naît et ne grandit dans une bulle et sans contact avec l’extérieur. Toute vocation est amenée à se situer au cœur de la société et de l’Église », écrit notre auteur. C’est cet art de « situer » dans une histoire personnelle et dans l’aujourd’hui de Dieu l’actualité d’un appel que ces pages décrivent, toutes pleines d’une pratique quotidienne. Elles ne s’adressent pas seulement à ceux qui sont en ministère d’accompagnement mais à tout qui un jour entend un jeune lui confier les prémices de ce qu’il (elle) a encore de la peine à reconnaître comme un appel.

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Parler de l’appel de Dieu n’est pas simple car il s’agit toujours d’une expérience intime et personnelle. L’histoire de chacun est unique. L’appel de Dieu touche toutes les fibres personnelles. Comme par les touches d’un clavier de piano, toutes les sphères de la personnalité humaine résonnent, sont affectées. On peut cependant témoigner d’une expérience vraie et ce témoignage peut nous aider les uns et les autres à vérifier la force et la richesse de tel appel particulier de Dieu dans nos vies. Quand Dieu parle, il ne faut jamais rester seul avec sa parole. Sa parole elle-même nous convie vers autrui afin de partager la joie ou les peurs qu’elle suscite en nous. L’appel de Dieu au sacerdoce ou à la vie religieuse commence à partir d’une parole que Dieu nous adresse personnellement, mais l’accueil de cette parole s’inscrit dans une aventure spirituelle commune. Aucune vocation ne naît et ne grandit dans une bulle et sans contact avec l’extérieur. Toute vocation est amenée à se situer au cœur de la société et de l’Église.

L’appel résonne dans une histoire personnelle

Quand Dieu appelle un jeune à se donner d’une manière radicale, il le fait toujours dans l’histoire de ce jeune tel qu’il est. L’appel peut être brusque et clair. Parfois, on est témoin d’une véritable conversion. Il peut résonner aussi de manière douce, imperceptible durant des années. Dieu prend son temps pour dire ce qu’il veut. il se révèle lentement mais sûrement dans la conscience de ce jeune. Notre Dieu n’est pas un Dieu muet et absent. Au contraire, il est proche de nous. Il se fait proche de chacun au point de nous « connaître chacun par notre nom ». Cette présence intime de Dieu dans notre histoire est déroutante parfois. Elle est le signe de son amour personnel pour tout homme. Quand Dieu appelle, il s’adapte à chacun. La manière dont surgissent les vocations est très variée. Peu importe l’âge, les paroles, les rencontres, les événements, c’est Dieu qui parle et c’est l’homme qui est appelé à répondre librement. De fait, l’histoire de chacun est fondamentale mais elle n’est pas conditionnante au point d’enlever la liberté à celui ou celle qui entend l’appel de Dieu dans sa vie. Les circonstances n’expliquent pas tout. C’est une parole d’amitié et d’amour qui forme la trame heureuse de l’appel de Dieu. L’appel des apôtres dans l’Évangile montre combien Jésus s’adapte à chacun et appelle sur le chemin, sur le lieu du travail, au bord du lac, par l’intermédiaire d’un autre. Mais l’appel est l’occasion d’une rencontre, d’un face à face personnel entre Dieu et l’homme. Ce dialogue est unique.

Une question toujours actuelle

Dieu appelle toujours et partout. Penser qu’il appelle moins en notre temps qu’avant, n’a pas de fondement très sérieux. Penser que les jeunes soient moins généreux qu’auparavant, c’est risquer de poser un jugement un peu hâtif sur cette génération. Penser que les richesses de l’appel sont diverses et autres qu’à d’autres époques, peut être matière à réflexion. Considérer que les responsabilités de chacun sont partagées dans l’éclosion et l’accompagnement des vocations, me semble juste et important à souligner. Tout le monde n’est pas appelé à être prêtre ou religieux, mais l’appel touche tout le monde. Chacun est appelé à prendre sa part dans l’éclosion, le soutien et le discernement des vocations dans l’Église. Des questions concrètes peuvent être posées sur notre responsabilité commune. Qu’avons-nous fait pour aider ceux et celles qui sont appelés ? Connaissons-nous les conditions actuelles de la formation des prêtres ? Quel temps et quelle part de mon budget consacrons-nous à soutenir les vocations ? Parlons-nous du célibat pour le Royaume comme d’une vocation au bonheur ? Comment faisons-nous grandir un regard positif sur ceux et celles qui s’engagent ? Comment respectons-nous l’originalité de leur vocation et la dignité de ce qu’ils font et de ce qu’ils sont ? Appartiennent-ils à notre souci et à notre prière ? Désirons-nous, au fond de nous-mêmes, des religieux et des prêtres pour la joie de l’Église ?

L’éclosion

Le goût de se donner, le désir d’aimer les pauvres et les petits, la connaissance intérieure de soi-même, l’amitié personnelle avec le Christ, le souci de l’Église et de sa mission, l’ouverture aux autres, une expérience et une habitude de rester seul et de prier Dieu notre Seigneur, autant d’indices qui peuvent fortifier la certitude d’être appelé. Ce que nous décrivons est en quelque sorte un humus, un terreau favorable à la découverte. Ces attitudes représentent à la fois des conditions et des signes pour la rencontre entre Dieu et celui qu’il appelle. De ces signes et de leur force, nous sommes tous responsables dans l’Église. Peut-être est-ce le point le plus important à souligner aujourd’hui, non pas d’abord parce qu’il y a moins de vocations, mais parce que Dieu nous convie à prendre soin de ce qu’il donne. Or, l’appel de Dieu est toujours un don fait à chacun et à l’Église. Nous avons tous part au cadeau de Dieu. Nous jouissons de ses bienfaits. Nous avons à en porter également tout le poids humain et divin. Autrement dit, si Dieu parle au plus intime de la personne, Dieu parle aussi par les hommes. C’est toute la communauté ecclésiale qui est appelée à témoigner de cette action de Dieu qui appelle. En ce qui concerne l’ouverture et l’accueil des vocations, l’appel lui-même (et non plus seulement la réponse), est livré entre les mains du peuple chrétien.

Des responsabilités partagées : proches et lointaines

Celui qui est appelé, se met en route. Dieu le fait bouger. Dans le dialogue entre Jésus et ses disciples, saint Jean nous rapporte qu’à la question « Maître, où demeures-tu ? » Jésus répond : « Venez et voyez ! » Quand l’appel surgit dans la vie personnelle, le mouvement spirituel le plus spontané de la liberté est de suivre le Christ et de voir qui Il est et ce qu’il fait. Pourquoi ne pas l’imiter, être comme lui, lui ressembler ? Cette identification au Christ en son Église, comme pour saint François d’Assise, reste toujours le dynamisme le plus puissant qui pousse des jeunes à se donner totalement ? Accompagner quelqu’un dans ce cheminement et cet exode de lui-même, c’est favoriser cette démarche qui le décentre de lui-même, le centre sur Jésus et l’ouvre à la réalité de la mission qui l’attend. Dans ce domaine, la famille, l’Église, le monde ont des responsabilités propres qu’il est bon de souligner.

La mission de la famille

Quoi de plus désarçonnant pour des parents que de découvrir le désir de leur enfant de se donner totalement à Dieu. A dix ans comme plus tard, cette radicalité à vouloir suivre le Christ paraît souvent étrange. Combien de parents, au lieu de garder cet aveu dans leur cœur comme Marie, n’ont de cesse de détourner l’attention comme la volonté de leur enfant de ce projet : « Tu verras cela plus tard... » « Tu dois d’abord terminer tes études... » « La vie d’un prêtre est devenue impossible... » Une blague classique reprend pour les vocations le slogan concernant le tracé des autoroutes : d’accord pour le projet chez le voisin ; non, chez nous. La réaction des parents à l’aveu de leur enfant peut être déterminante pour la croissance naturelle de la vie spirituelle. Il leur revient de souligner la beauté de toute vocation, de rendre leur enfant conscient de la maturation nécessaire de la liberté, de l’ouvrir aux diverses réalités humaines qui donneront poids à la liberté qui choisit le Christ comme la perle précieuse de l’Évangile. Pour les parents et la famille où surgit un appel, il est bon de se réjouir silencieusement de cette bénédiction. Le silence, l’écoute et la discrétion sont gages du respect des libertés. Il est bon cependant que l’enfant sache que ses parents ou ceux à qui il s’est confié, se réjouissent de cette bénédiction. La confidence, l’aveu, la question appartiennent désormais à l’histoire et il pourra toujours en faire mémoire librement. Et s’il ne faut pas rendre l’enfant prisonnier de ce qu’il a ressenti et avoué dès son jeune âge, il ne faut pas non plus chercher tous les moyens humains pour l’en dissuader.

Les parents sont responsables de l’éducation à la foi de leurs enfants. Dans cet horizon, il est bon qu’ils favorisent tout ce qui peut faire grandir la disponibilité de leur enfant au projet de Dieu sur lui. C’est une tâche délicate qui suppose beaucoup de tact et de confiance. S’ils en sont les témoins et s’ils peuvent assumer cette mission, les parents sont les premiers responsables de la vocation de leur enfant. La prière à cette intention, l’éducation aux valeurs évangéliques, le dialogue en profondeur seront autant de lieux où ils pourront en toute liberté cheminer avec celui que Dieu veut « se réserver ». Pour David, le plus jeune des fils de Jessé, qui était en train de paître le troupeau, l’élection est soudaine : « Le Seigneur dit au prophète Samuel : Lève-toi, donne-lui l’onction, c’est lui ». La prise de conscience de la responsabilité des parents à ce sujet, sera parfois une épreuve, une purification de l’affectivité (le plus souvent, un deuxième accouchement pour la mère), une confirmation de leur amour. Une vocation ne laisse jamais indifférent un cœur de mère, un cœur de père. Frères et sœurs seront aussi mis en question à l’heure du choix. L’enfant laissé seul face à l’étrangeté et la radicalité de l’appel de Dieu, porte souvent seul le sérieux du « oui » à offrir : où ? quand ? comment ? Il doit trouver un frère ou une sœur qui l’accompagne, l’écoute et soit en communion avec cette aventure qui commence. Si les parents ne peuvent le faire d’une manière ou d’une autre, celui qui est appelé comptera sur un « guide spirituel », un parrain ou une marraine, une communauté qui l’aide à faire la clarté dans sa vie.

Un accompagnement extérieur à la famille

Que faire quand un jeune vous avoue son intention de suivre le Seigneur comme prêtre ou religieux ? Comment accueillir l’aveu d’un jeune qui se sent appelé par Dieu ? Cette situation, plus fréquente qu’on ne le pense, concerne toute l’Église. L’accueil personnel doit se faire « écoute » attentive et sérieuse. Il est bon de dire à celui ou celle qui se sent appelé qu’il n’est pas un marginal. La question qui surgit dans sa vie est une question profonde, mais normale dans une aventure spirituelle et chrétienne. Écouter et ouvrir le champ d’un engagement progressif tel est le chemin à suivre. L’inviter à garder une réelle discrétion sur cet événement spirituel. Ne pas construire sa vie uniquement dans cette perspective, ne pas restreindre l’espace de la liberté, mais éveiller à l’engagement concret d’aujourd’hui. Une vocation mûrit dans toutes les dimensions d’engagement de la vie quotidienne : le service des autres, les liens familiaux, la vie d’études et de travail, les sacrements et la prière.

Ces derniers points sont déterminants pour la croissance de la vie spirituelle. C’est dans le lien intime de la prière qu’un jeune peut découvrir avec une joie et une certitude de plus en plus forte la beauté du projet de Dieu sur lui. À travers toute une éducation à cette prière personnelle, à travers une fidélité concrète, il éprouvera les combats propres à tout choix, à toute détermination réfléchie, consciente et digne de l’homme. La prière lui permettra d’éprouver qu’un appel à sa source dans un amour personnel. Cette prière est appelée d’ailleurs à s’intérioriser et à se diversifier. Est-il un âge où l’on n’apprend plus à prier ? Lire l’Écriture, la goûter intérieurement, interpréter les événements à la lumière de l’hôte intérieur, prier seul longuement et régulièrement, prier en toutes situations. Cette constance et cette fidélité à rencontrer Dieu dans la prière est le rocher de tout discernement de vocation. La prière personnelle fleurira en passion pour le Christ Eucharistie. Dans le même dynamisme, le pardon sacramentel imprime l’espérance dans une vie où le péché avoué et pardonné conduit à l’humilité. Celui qui est appelé se découvre pécheur comme nous tous. Cette découverte dans le sacrement du pardon doit l’inviter à un amour toujours plus grand pour Dieu et pour ses frères.

Une mission concrète

Dans ce chemin, éveiller à une générosité concrète, même modeste, est essentiel. Il est juste et bon qu’un jeune s’engage sans tarder là où il est au service des autres et de l’Église. Dans le témoignage quotidien, l’annonce de la Parole (catéchèse, groupe de prière), le service des pauvres, il éprouvera la constance de l’appel comme la fermeté de sa réponse. Confronté aux difficultés normales de la vie chrétienne, il mesurera toute l’importance d’une vie missionnaire. Tout appel est pour une mission. L’intimité de l’appel doit s’expliciter dans le souci des autres, particulièrement des plus pauvres et de ceux et celles qui sont différents de nous. La mission du Christ, confiée à l’Église, doit apparaître petit à petit à la conscience. Cette mission nous dépasse tous. Nos forces ne sont pas à la mesure des besoins de l’humanité ni de ce qui est demandé par le Christ. Expérimenter la joie de servir en même temps que l’impuissance à tout faire est une condition réaliste pour celui qui veut « changer le monde à la suite du Christ. La vie apostolique s’incarne dans des choix précis, limités qui sont ceux du Père : faire sa volonté et non la nôtre, comme le Christ l’a fait à chaque instant de sa vie. Dans la vie de tous les jours, celui qui est appelé apprend à exercer un service qui va au-delà de sa propre affectivité et de sa propre connaissance des hommes. Il est bon qu’il expérimente que tout engagement est une mission reçue.

L’éducation de l’intelligence

Il est bon enfin de ne pas négliger le rôle de l’intelligence et de la formation culturelle. Dans la confrontation avec les grandes questions de l’existence, la personnalité s’affermit et trouve sens au don de soi. La lecture des grands romans de sa propre culture, l’étude de certains textes philosophiques introduisent l’esprit au poids de la liberté dans l’histoire. L’histoire des hommes elle-même est indicatrice de la manière dont on peut se donner aux autres. De manière plus particulière, la catéchèse adaptée à l’âge, les enseignements, une meilleure compréhension des mystères de la foi sont une aide précieuse pour répondre avec assurance à l’appel divin. L’affectivité sans l’intelligence est aveugle. L’intelligence sans l’affectivité fait souvent œuvre de mort. Pour celui ou celle qui est appelé, il est nécessaire de mieux connaître sa foi : ses données essentielles comme ses modes d’expressions variées. L’étude du Catéchisme de l’Église Catholique, la lecture de vie de saints exemplaires, la compréhension des traits spécifiques d’une spiritualité traditionnelle permettent au jeune de mieux situer sa propre vocation. Les « écoles de l’Évangile », les cours de théologie dans les divers centres intellectuels, les groupes bibliques sont autant de lieux d’affermissement des vocations.

La mission spécifique d’un guide spirituel

Cheminer pour celui et celle qui est appelé, c’est aussi trouver un accompagnateur spirituel qui puisse écouter avec lui les élans de son cœur et les indications de l’Esprit. Ces rencontres régulières construisent la personnalité spirituelle. Elles permettent au jeune de mieux comprendre ce qui lui arrive et de se situer en vérité dans toutes les situations de la vie. C’est particulièrement avec un guide spirituel que se vérifiera l’authenticité de l’appel – en tout cas qu’il se purifiera et se fortifiera. Avec celui qui est un témoin ecclésial, le jeune pourra reconnaître et faire mémoire de son histoire : en voir les limites et les richesses, en découvrir tout le sens divin. Cette recherche de son histoire sainte est un carrefour incontournable pour la maturation de toute vocation. Ces rencontres doivent être régulières pour permettre à chacun de comprendre et d’interpréter les signes de Dieu, leur récurrence dans l’histoire personnelle. Elles fondent aussi l’apparition progressive de critères cohérents pour un choix libre et authentique. Dans ce dialogue spirituel, il conviendra d’être attentif à de nombreux points au fur et à mesure de l’approfondissement de la vocation : l’acceptation des différences, la capacité de vivre une certaine solitude affective (pudeur, réserve), le respect du milieu familial tel qu’il est en même temps que l’ouverture à d’autres milieux, la fidélité aux engagements d’études et aux exigences professionnelles, la gratuité du don à poser. Le guide spirituel veillera à attirer l’attention sur la nécessité pour le don d’être total et définitif. Le prêtre n’est pas l’homme d’un moment fort. Il ne s’agit pas de choisir un métier ni de trouver refuge dans une fonction à l’abri du chômage. L’engagement est de toute la personne.

Le guide spirituel affermira aussi l’espérance de chacun en la confrontant aux réalités parfois douloureuses de l’Église et du monde. En respectant la vitalité du jeune, son langage et ses modes d’expressions, il l’engagera vers l’universel, vers l’objectivité d’une vocation pour tous dans un cadre ecclésial précis. Il ne cherchera pas a priori à éviter les conflits et les crises qui peuvent surgir de la confrontation des sensibilités spirituelles différentes ni des options d’évangélisation nouvelles. Il sera attentif dans le langage comme dans les expressions aux élans et aux désirs de celui qui se sent appelé par l’Amour pour un grand projet d’amour. Un signe d’enracinement dans la vocation est l’unification progressive de tous les aspects de la vie : l’unité de la personne en Christ. La sainteté concerne l’ensemble des dimensions de l’existence personnelle qui s’épanouit sous le regard de Dieu. Si la joie est au rendez-vous de ce cheminement exigeant, elle montre déjà combien le Seigneur donne au centuple à celui qui est prêt à tout quitter pour lui : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. »

Au cœur de l’Église

Sur ce chemin, il est un dernier critère à respecter : celui de vivre ou de rejoindre une cellule d’Église. « Un chrétien qui reste seul, est un homme mort, dit souvent le Cardinal Danneels. Il est essentiel de pouvoir partager, approfondir sa foi, prier avec d’autres. Qu’un jeune puisse rencontrer gratuitement des hommes et des femmes heureux dans leur vocation. Qu’il puisse toucher du doigt l’humanité de ces consacrés, avec leurs joies et leurs limites. Ces rencontres ne doivent pas être de l’ordre du témoignage principalement, mais d’un vécu commun : sport, services, randonnées. C’est dans la vie de tous les jours que naissent et s’affermissent les vocations. Il existe aussi des groupes variés dans l’Église que le jeune peut rejoindre à un moment donné de sa croissance. Qu’un jeune puisse vivre une expérience d’interpellation réciproque avec d’autres de sa génération ; qu’il puisse partager son enthousiasme et ses projets dans diverses communautés, est une manière pour lui de comprendre de l’intérieur ce qu’est le Peuple de Dieu. Cet espace fraternel doit être respectueux de sa liberté. Les spiritualités diverses dans lesquelles il peut être plongé doivent rester ouvertes à son cheminement personnel. La discrétion concernant son appel comme le respect de la croissance de la foi doivent être garanties au maximum : l’enjeu est celui de toute une vie. Ce n’est donc pas dans une « image » de futur curé ou de « missionnaire » qu’il doit grandir, c’est dans le cœur du Peuple de Dieu qu’il doit s’affermir. Cette appartenance à un groupe fraternel est une richesse pour tous.

Pour conclure, insistons encore sur la fidélité à l’« aujourd’hui » de Dieu. Pour connaître la volonté de Dieu et pour l’accomplir un jour, il ne faut pas se projeter sans cesse dans le futur ou dans le virtuel. L’appel retentit dans l’aujourd’hui d’un jeune de tel ou tel âge. Quand Dieu parle, c’est toujours « ici et maintenant ». C’est dans cet « aujourd’hui » que chacun doit répondre avec la fougue de son âge comme avec ses limites. Les décisions d’aujourd’hui préparent celles de demain. Quand Dieu appelle, il y a toujours une réponse à donner maintenant.

Communauté della Strada
22, rue Debuck
B-1040, Belgique

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