Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Une existence transfigurée

Une première approche de l’exhortation Vita consecrata

Dominique Nothomb, m.afr.

N°1996-6 Novembre 1996

| P. 343-351 |

Nous aurons, évidemment, à revenir souvent sur la “somme” que représente l’exhortation donnée par Jean-Paul II pour être méditée par tous ceux dont la vie se trouve consacrée d’une manière singulière à la suite du Christ. Ici, comme l’auteur le reconnaît d’entrée de jeu, il ne s’agit que d’une première réaction. Cela n’enlève rien à l’intérêt de cet essai. Les points chauds sont déjà rencontrés : la place de la vie consacrée dans l’Église (la question des “trois états”), l’excellence de la vie consacrée, la consécration elle-même, et son lien à la mission. Un bref mais stimulant apéritif avant d’autres recherches.

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Généralités

L’Exhortation apostolique Vita consecrata (La vie consacrée), est datée du 25 mars 1996, jour de la fête de l’Annonciation. Elle fait suite au IXe Synode des Évêques, qui s’est tenu en 1994. Celui-ci avait été préparé par un Instrumentum laboris d’une qualité théologique remarquable, et suivi d’un Message final plus terne. L’Exhortation, signée par le Pape Jean-Paul II, porte sur “La vie consacrée et sa mission dans l’Église et dans le monde”. Elle reprend, mais sous une autre forme, les 55 propositions formulées par les membres du Synode à l’issue de leurs travaux. En fait, le texte contient 79 renvois aux dites propositions. Pour des motifs que j’ignore, 9 propositions ne sont jamais mentionnées [1].

Le texte est long : 158 pages dans les éditions du Cerf ou 90 colonnes dans la Documentation catholique, 111 numéros, 263 notes explicatives. Comme beaucoup de documents de ce genre, il est bourré de citations de textes antérieurs du Magistère [2]. On marque ainsi la continuité de la doctrine, ce qui est appréciable, mais on alourdit aussi le texte, ce qu’on peut regretter. Il est également répétitif. Ce qui comporte des inconvénients, mais aussi des avantages. Ainsi, chaque partie peut être lue pour elle-même, sans obligation de se référer aux autres pour en saisir la cohérence.

Cette longueur et cette éventuelle lourdeur sont largement compensées par la densité doctrinale et spirituelle de l’Exhortation, et, insistons-y, par le souffle qui soulève maints passages. Divers éléments rédactionnels contribuent à cette beauté et à l’attrait que le texte exerce sur le lecteur :

Sa division en trois chapitres aux titres magnifiques :

  • Confessio Trinitatis, ce qui signifie à la fois attestation, manifestation et louange de la Trinité. Il s’agit ici de la dimension théologale de la vie consacrée, de “ses sources christologiques et trinitaires”, de sa signification par rapport à la relation des consacrés à Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Nous allons y revenir. VC, 14-40.
  • Signum fraternitatis, ou la vie consacrée comme communion, signe de cet amour fraternel qui, selon la parole du Seigneur, est la marque de ses vrais disciples. Il s’agit ici plutôt de la place et du rôle propre de la vie consacrée dans l’Église : VC, 41-71.
  • Servitium caritatis, ou la vie consacrée comme service de charité envers tous les hommes. Il s’agit cette fois de la place et du rôle propre de la vie consacrée dans ce monde que “Dieu a tant aimé qu’il lui a donné son Fils Unique”. VC, 72-103.

Ces titres sont splendides, et dans leur expression littéraire, mais aussi dans leur signification spirituelle. Merveilleuse synthèse de ce qu’est la vie consacrée [3].

L’épisode évangélique proposé comme emblématique de tout l’exposé.

Dans l’Exhortation post-synodale sur les laïcs, on avait choisi la parabole des ouvriers envoyés dans la vigne. Dans celle sur les prêtres, la parabole du Bon Pasteur. Ici, c’est l’épisode beau et significatif de la Transfiguration de Jésus, situé au centre de sa vie publique. Il évoque à la fois la dimension contemplative de la vie consacrée par l’ascension des disciples sur la montagne et leur rencontre lumineuse avec le Seigneur dans la gloire, et sa dimension apostolique par leur descente de la montagne et leur retour au milieu des hommes. Ce récit révèle également la dimension eschatologique de la vie consacrée (nn. 14, 15). Cette “trouvaille”, justifiée par quelques textes anciens bien choisis, projette une lumière relativement neuve (pour beaucoup de lecteurs sans doute, et moi le premier), sur le sens profond de la vie consacrée.

Des citations de paroles de 29 saints et saintes [4] de toutes les périodes de l’histoire de l’Église illustrent très heureusement l’enseignement proposé.

Une attention discrète et respectueuse à la tradition monastique orientale [5] dans la ligne de la Lettre apostolique Orientale lumen [6], comme complémentaire de la tradition occidentale, plus souvent évoquée, comme il était normal.

Un intérêt bienveillant porté à des situations nouvelles, surtout dans les chapitres II [7] et III [8].

La présente contribution portera uniquement sur quelques éléments de ce qu’on pourrait appeler “la théologie de la vie consacrée” sous-jacente à l’Exhortation. Elle envisage donc surtout le premier chapitre, mais sans en faire un commentaire cursif ; le propos est donc limité et laisse place à bien d’autres développements [9].

La louange de la Trinité

Le premier chapitre est donc intitulé Confessio Trinitatis. Le mot confessio évoque à la fois une profession de foi et un acte de louange. Le texte montre bien que la vie consacrée ne se comprend bien qu’à la lumière du mystère du Christ et de celui de la Trinité, en quoi elle se distingue profondément de toute forme de monachisme non chrétien. Elle trouve dans ces deux mystères qui, en fait, n’en font qu’un [10], son origine et son but, sa source et son sommet. La personne consacrée est ce chrétien, cette chrétienne appelé(e)s par le Père à “imiter de près la forme de vie” de Jésus (14) le Fils incarné, dans les traits caractéristiques de son existence humaine : Jésus chaste, pauvre, et obéissant (1) et ainsi tout donné à l’œuvre de la rédemption universelle. Conformation qui ne peut être possible sans l’œuvre du Saint-Esprit (19). Il s’agit bien d’une consécration particulière, impossible sans un don de Dieu et enracinée dans le baptême et la confirmation mais distincte de l’un et de l’autre par deux aspects : d’abord parce qu’elle est une réponse humaine à l’amour de Dieu envers cette personne qui se consacre elle-même à celui qui l’a aimée le premier, qui l’a choisie et gratifiée (nous reprendrons ce point plus loin), et ensuite par sa radicalité [11]. Ce mot revient souvent non tellement dans son sens étymologique de rapport à la racine (radix), que dans celui de la totalité [12] et de l’exclusivité [13]. La personne consacrée donne tout à Dieu et uniquement à lui. La recherche de la sainteté (ou de la conformité au Christ) est le tout de sa vie : “Tendre vers la sainteté : voilà en bref le programme de toute vie consacrée” (93). On parle de la “configuration de toute l’existence au Christ” (16). Il s’agit, pour la personne consacrée, d’“être totalement configurée à lui” (18), de “devenir une personne christiforme” (19).

Cette forme de vie est vraiment une confessio Trinitatis, profession de foi et louange publique de la Trinité ; l’expression semble neuve, du moins dans l’enseignement magistériel.

Si nous considérons chaque personne divine, nous pouvons rattacher à celle du Fils incarné l’aspect de la sequela Christi ou d’existence christiforme (14-16), à celle du Père l’aspect de consécration de soi (17, 30-33), à celle du Saint-Esprit l’élan vers la sainteté (19, 35-40).

Chaque conseil évangélique “confesse” un aspect de la vie trinitaire envisagée dans son ensemble : l’idée est développée surtout au n. 21. La chasteté, y lit-on, confesse l’amour infini qui relie les trois Personnes divines. La pauvreté confesse que Dieu est l’unique vraie richesse de l’homme, et exprime le don total que se font mutuellement les trois Personnes. L’obéissance confesse la “correspondance dans l’amour” des trois Personnes divines. La vie fraternelle, à son tour, confesse de diverses manières le Père, le Fils et l’Esprit.

Ainsi le “sens” (signification, orientation, goût intime) de la vie consacrée est avant tout théologal, “vertical”, tourné dans l’Esprit Saint vers le Dieu Père révélé par Jésus, le Fils incarné.

La place de la vie consacrée dans l’Église

Comparons ici l’enseignement de Lumen gentium de Vatican II et celui de l’Exhortation Vita consecrata.

Dans Lumen gentium, on trouve, semble-t-il, deux manières de situer la vie consacrée (on disait alors : religieuse) dans l’Église :

  • en deux endroits, le Concile place les religieux dans une répartition tripartite : laïcs - religieux - clercs. Dans LG 30 et 31 : “Les membres de l’ordre sacré” sont ordonnés principalement au ministère sacré ; les religieux “attestent d’une manière éclatante et remarquable que le monde ne peut être transfiguré et être offert à Dieu sans l’esprit des béatitudes” ; les laïcs “ordonnent les choses temporelles selon Dieu” (LG 31).
  • mais une autre classification est plus appuyée. Elle est deux fois bipartite : Au point de vue de la structure de l’Église, il faut distinguer deux “groupes” de chrétiens : d’une part les clercs ou ministres ordonnés et d’autre part, les laïcs baptisés et confirmés. Les religieux n’ont pas de place propre dans cette structure. Celle-ci est exposée dans le chapitre III (La hiérarchie) et le chapitre IV (Les laïcs) de LG. Le Père Congar avait l’habitude de dire que l’Église est structurée par deux sacrements : le baptême et l’ordre. - Au point de vue de lasainteté, il y a deux “états de vie” : l’état “séculier”, où se rejoignent les laïcs, spécialement les mariés, et les prêtres diocésains, et d’autre part l’état “religieux” qui, nous le savons, n’est pas intermédiaire entre la condition cléricale et la condition laïcale, mais qui appartient à la sainteté de l’Église. Dans cet état de vie, se rejoignent des religieux “laïcs” et des religieux prêtres. À quoi correspondent les chapitres V (l’appel universel à la sainteté), et VI (les religieux) de LG.

Il y a ainsi deux “groupes de deux” : les clercs et les laïcs au point de vue de la structure hiérarchique de l’Église : on parle alors de “condition”. Puis, au point de vue de la recherche de la sainteté, il y a les baptisés-confirmés qui y tendent dans les réalités séculières, et les religieux qui y tendent par la profession des conseils évangéliques : on parle ici d’“états de vie”.

On se sent mal à l’aise devant ces répartitions trop systématiques. Schématiquement, la logique semble parfaite : en ce qui concerne les ministères, il y a les clercs et les laïcs ; en ce qui concerne les états de vie, il y a les séculiers [14] et les réguliers, ou les religieux. Mais si on y regarde de plus près, c’est beaucoup moins clair. La condition du prêtre diocésain d’aujourd’hui peut-elle être considérée comme “séculière” et n’est-elle pas un “état de vie” ? Et le religieux non-prêtre peut-il être honnêtement qualifié de “laïc” ?

L’Exhortation Vita consecrata opte pour une répartition tripartite. D’après elle, il y a dans l’Église trois vocations (16) paradigmatiques (31) et trois états de vie (31) voulus par le Seigneur (29) : “les vocations à la vie laïque, au ministère ordonné [15] et à la vie consacrée” (31). Plusieurs fois la comparaison [16] est faite entre ces trois états de vie, tous trois nécessaires à la vie de l’Église (nn. 16, 29, 30, 31, 32) (19) : “La conception d’une Église composée uniquement de ministres sacrés et de laïcs ne correspond pas aux intentions de son divin fondateur...” (29). Par l’ordination, les prêtres (diocésains) entrent dans un état de vie, celui des ministres ordonnés (31). Les religieux non-prêtres ne sont plus qualifiés de “laïcs” : ils portent le nom, si évangélique, de religieux frères (60).

Excellence de la vie consacrée

Renouant avec le Concile de Trente [17] et en conformité avec l’enseignement de LG et PC, notre Exhortation enseigne “l’excellence objective de la vie consacrée” (18 ; 32), que tout un courant actuel de pensée (semble ?) vouloir rejeter. Même si elle ne parle pas de “supériorité”, l’ Exhortation n’échappe pas à quelques (rares, il est vrai) “plus” [18] : “imite de plus près... la forme de vie que Jésus...” (22), “un lien [19] plus étroit avec le Seigneur” (30), une “mise en œuvre plus complète de la finalité de l’Église” (32), “suivre le Christ de plus près” (72). On ajoute encore : “L’exigence de la sainteté intéresse en premier lieu la vie consacrée...”, “... avant tout”, “en priorité”, “voie privilégiée vers la sainteté...” (35). Bref : “en ce qui concerne sa mission de manifester la sainteté, il faut donc reconnaître que la vie consacrée se situe objectivement à un niveau d’excellence” (32). Il faut affirmer cela sans complexe. On a bien précisé d’ailleurs qu’il s’agit d’une excellence objective. Il est évident, et personne ne le contestera, que l’excellence subjective, ou personnelle, de la sainteté se mesure au degré de charité de chacun, ce qui est possible dans n’importe lequel des trois états de vie indiqués. L’affirmation de cette “excellence” n’induit nullement la personne consacrée en tentation d’orgueil. Chaque vocation d’ailleurs jouit de sa propre excellence dans un domaine particulier : le laïcat dans son rôle et sa capacité de faire pénétrer l’Évangile dans le monde des réalités séculières, les ministres ordonnés dans la célébration des sacrements, et ainsi de suite.

Consécration

Le sens du mot “consécration” appliqué à la vie consacrée est dans l’ Exhortation le même que celui qui découle des textes de Vatican II, mais avec plus de clarté. En effet, selon elle, il y a bien deux sortes de “consécrations” :

  • “la consécrationsacramentelle que Dieu opère par le baptême, la confirmation et l’ordre” (33). Par ces sacrements, les chrétiens sont consacrés (à la voix passive, donc par Dieu) (31).
  • Mais il y a une consécrationnouvelle et spéciale qui n’est passacramentelle (31), la consécration “réponse radicale” (14), par la pratique des conseils évangéliques, ou “par le don total de soi par la profession des conseils évangéliques” (6). C’est la consécration des personnes qui “se donnent (forme réfléchie du verbe) (2, 6...), “se consacrent...” (7, 9, 10,17, 105...), “se consacrent totalement à lui...se confient à l’amour de Dieu”, “offrent laréponse d’un don total et exclusif”, “répondre par un don inconditionnel de sa vie, en consacrant tout... entre ses mains”, “totalité de sonoffrande...comparable à un holocauste” (17), “réponse totale” (19)... “ilse consacre à lui pour l’humanité” (22, 23, 28). “Il s’offre” (30), une “vie totalement donnée à Dieu et à leurs frères”, “don total de soi”(76).

Ces deux consécrations sont donc distinctes, mais elles se complètent mutuellement. La seconde est impossible sans la première, mais elle n’est pas exigée par la première. Entre les deux, la différence n’est pas, pourrait-on dire, une question d’intensité, comme on l’a parfois dit, mais de “nature” (voir 30). L’une est objective, opérée par Dieu (la consécration sacramentelle), œuvre de son amour-don premier envers l’homme. L’autre est subjective, opérée par la personne humaine qui veut se consacrer (la consécration religieuse), oeuvre de l’amour-réponse de l’homme envers son Dieu préféré à tout.

Quand l’ Exhortation affirme que la profession religieuse “est considérée comme un approfondissement de la consécration baptismale”(30), on peut mal comprendre ce mot, peut-être inadéquat. Habituellement, l’approfondissement d’une chose la maintient dans le même ordre qu’à son origine, mais la transfère à un niveau plus profond. En fait, le texte donne un autre sens à ce mot. Il explique que l’union intime avec le Christ, inaugurée par le baptême, se développe pour être le don d’une conformation “qu’exprime et réalise plus complètement la profession des conseils évangéliques (30). La profession est bien un acte de la personne consacrée. C’est elle qui “réalise” la conformation dont il s’agit. On est donc passé du plan objectif au plan subjectif.

Consécration et mission

L’Exhortation insiste continuellement sur l’articulation : “consécration-mission”, plus que ne le faisait Vatican IL On a remarqué que celui-ci ne cite jamais Lc 4,18 et Jn 10, 36 (les deux textes classiques qui unissent consécration et mission en Jésus) à propos des religieux, alors qu’il les cite au sujet des baptisés et des ministres ordonnés. L’Exhortation, elle, n’hésite pas à les appliquer également aux personnes consacrées par la profession des conseils évangéliques (22 et 72). “Puisqu’elles sont appelées à suivre le Christ de plus près... leur appel comprend donc l’engagement à se donner totalement à la mission” (72). On dit bien “à la mission”, au singulier, car celle-ci ne consiste pas d’abord à accomplir des “œuvres”. C’est “la vie consacrée elle-même (qui) devient “mission” (72). Cette mission consiste à rendre présent dans le monde le Christ lui-même par le témoignage “personnel”, mais aussi par celui “de la vie fraternelle en communauté” (72).

Les personnes consacrées contribuent à l’évangélisation “avant tout par le témoignage d’une vie totalement donnée à Dieu et à leurs frères” (76). Le plus grand “service de charité” (cf. Chapitre III) que la vie consacrée est appelée à rendre au monde est son “témoignage prophétique” [20] longuement décrit aux nn. 84 à 99. Or, à y regarder de près, ce prophétisme se situe essentiellement dans le témoignage de la vie consacrée elle-même : sa manière radicale de suivre le Christ, de l’aimer et de l’imiter, lui chaste, pauvre et obéissant, la tension vers la sainteté, la consécration totale de soi à Dieu... en un mot : la “louange de la Trinité”, et le “signe de fraternité”.

La mission est donc tellement enracinée dans la consécration qu’elle consiste finalement à la vivre authentiquement et à la “visibiliser” dans la vie quotidienne. Ainsi, le socle sur lequel reposent et la vie consacrée et sa théologie, est donc “la louange de la Trinité” telle que l’admirable chapitre premier l’a décrite. Non d’une manière réductrice ou exclusive, mais au contraire d’une manière inclusive et englobante : la louange de la Trinité s’éteindrait si elle n’était plus signe de fraternité et de communion (en quoi se situe surtout sa mission dans le monde). Elle se réalise elle-même lorsqu’elle s’épanouit dans l’une et dans l’autre. Toute l’existence de la personne consacrée en est transfigurée.

Paroisse DOÏTI
B.P. 210 MOUNDOU, Tchad

[1Il s’agit des Propositions 17, 22, 23, 31, 32, 34, 42, 44 et 52.

[276 références à Vatican II ; 40 aux textes de Jean-Paul II ; 32 aux Documents des Congrégations romaines ; 16 au Code de Droit canonique ; 9 à Paul VI ; 4 aux interventions des Synodes des évêques ; 3 à Pie XII ; 2 au Catéchisme de l’Église catholique ; une au Concile de Trente.

[3Les rédacteurs de l’Exhortation ont opté résolument pour le choix des mots “vie consacrée” (191 usages), “personnes consacrées” (136), “les consacrés” (11), “femmes consacrées” (11) pour désigner d’une manière globale les moines et moniales, les membres des Instituts religieux, des Instituts séculiers, des Sociétés de vie apostolique, les ermites, les vierges et veuves consacrées et d’autres encore qui ont donné leur vie au Seigneur dans la continence. Les expressions “religieux, religieuses” (8 usages), “vie religieuse” (6), “instituts religieux”(6), “famille religieuse” (2), “états religieux” (1), “profession religieuse” (1), “consécration religieuse” (1) sont réservées (presque) toujours aux membres des Instituts que le Droit canonique qualifie de “religieux” au sens strict.

[4Ignace d’Antioche, Athanase, Cyprien, Augustin, Jérôme, Benoît, Cassien, Siméon le Nouveau Théologien, Basile, Grégoire le Grand, Paulin de Nole, Bernard, Guillaume de Saint-Thierry, François d’Assise, Dominique, Thomas d’Aquin, Pierre Damien, Catherine de Sienne, Angèle de Foligno, Ignace de Loyola, Antoine Zaccaria, François de Sales, Jean de la Croix, Thérèse de Jésus, François Xavier, Vincent de Paul, Jean Bosco, Thérèse de l’Enfant-Jésus, Élisabeth de la Trinité.

[5Par exemple aux numéros 6, 20, 27, 30, 38, 42, 101,...

[6Citée aux nn. 36, 38. Voir l’excellent article dans Vie consacrée, 1996, 1, 7-15.

[7Aux nn. 59-62. Et les questions délicates de la formation, 65-71.

[8Par exemple, l’inculturation de la vie consacrée, nn. 79, 80, les défis adressés à la vie consacrée par la culture contemporaine, nn. 87-91, et tant d’autres.

[9Rien ne sera dit, par exemple, de la belle section “De Pâques à la plénitude des temps”, nn. 23-28. Ni de la dimension sponsale de la vie consacrée, nn. 7,19, surtout 34, etc., si chère à Jean-Paul II.

[10D’une part la Trinité “ontologique” ne nous est révélée que dans la “Trinité économique”, et donc dans l’incarnation du Fils du Père par l’intervention de l’Esprit Saint ; et d’autre part Jésus n’existe que dans sa relation au Père et à l’Esprit.

[11Radicalité : nn. 3, 6, 14, 15, 16, 18,28...

[12Totalité : “Don total”, (17) ; “totalité de l’offrande”, ibid. ; “engagement total”, “don total”, (18) ; “réponse totale” (19) ; “offrir tout” (25) ; “don total” (28) ; “toute à Dieu”(36), etc.

[13Exclusivité : “concentrer d’une manière exclusive notre existence sur toi” (15), “la réponse d’un don total et exclusif” (17), etc.

[14Je n’ai trouvé nulle part dans les textes de Vatican II l’expression ‘‘prêtres séculiers”, si courante auparavant. On dit toujours ‘‘prêtres diocésains” (“sive diocesani sive religiosi” PO 8).

[15À ma connaissance, lorsque Vatican II parle des ministères ordonnés (épiscopat, presbytérat, diaconat) il ne parle pas d’états de vie, à la seule exception de AG 16, où le diaconat est désigné comme un “état de vie permanent”, alors que LG 25 le désignait comme un gradus, degré de la hiérarchie.

[16On pourrait résumer ainsi ces comparaisons : a) les ministres ordonnés annoncent les dons de Dieu par la parole et les communiquent par les sacrements ; b) les consacrés montrent, manifestent, témoignent par leur manière de vivre la présence et la beauté de ces dons ; c) les laïcs les introduisent dans les réalités séculières, en imprègnent celles-ci pour les rapporter à Dieu et à son dessein sur ce monde.

[17Concile de Trente, Sess. 24, can. 10. DSch 1810. Dumeige 933.

[18Quatre “plus”, en LC 42, un en LG 43, cinq en LG 44, trois en LG 46, deux en PC 1.

[19Dans le chapitre premier de Vita consecrata, aux numéros 1, 3, 4, 9, 10, 11, 13, 14, 19, 22, surtout 25, 27, 32, 35, 39... Donc, presque partout. Tout le chapitre trois expose le fondement et le déploiement de ce lien.

[20En empruntant des catégories chères à Vatican II, reprises dans l’Instrumentum laboris, mais absentes dans Vita consecrata, on pourrait dire d’une manière équivalente : la mission sacerdotale de la vie consacrée, décrite en fait dans tout le chapitre premier de Vita consecrata, est le fondement, la source et le sommet de sa mission prophétique et de sa mission royale, décrites de fait dans les chapitres deux et trois de Vita consecrata.

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