Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Le Synode des Évêques sur la vie consacrée

Pour une prise de conscience renouvelée de notre charisme fondateur

Hermann Schalück, o.f.m.

N°1996-2 Mars 1996

| P. 72-87 |

Bientôt, nous l’espérons, nous recevrons l’exhortation du Saint-Père sur la vie consacrée. Pour l’entendre et la recevoir au mieux, il nous a paru bon de rassembler dans ce numéro quelques points de vue post synodaux. Le premier est une réaction, stimulante et nuancée, un peu sous la double forme de la relecture d’une histoire et surtout d’une appréciation de ce que le synode, encore timidement ou avec quelques hésitations, ouvre comme promesses. L’auteur, Ministre Général de l’Ordre des Frères Mineurs, aborde avec franchise, nul ne s’en étonnera, les questions propres aux ordres “mixtes” mais aussi bien d’autres points plus généraux, qu’il éclaire de façon très stimulante.
Cette conférence a été donnée lors du XXe congrès de l’Institut de Théologie de la vie religieuse (Rome, décembre 1994). La traduction française nous a été communiquée par le P. Thaddée Matura, que nous remercions vivement.

Introduction

Dans une entrevue accordée à G. Svidercoschi [1], qui m’interrogeait sur notre fidélité à saint François, je répondais : “Vous soulevez toute la question de l’évolution historique. Le problème de la fidélité à la radicalité proposée par Jésus peut être posé à l’Église comme à tout groupe, ecclésial ou non. Sommes-nous fidèles à l’élan des fondateurs, des premiers compagnons ? Où en est l’ardeur du ‘premier amour’ ? Sur ce point, nous devons être critiques, certes, mais aussi confiants. Un Ordre de 19 000 frères, présents en plus de cent pays, allant de Hô Chi Minh-Ville à Los Angeles, ne peut imiter la simplicité de saint François. Il reflète plutôt des situations fort complexes, des transformations, des lassitudes, des accommodements souvent trop faciles. Je crois pourtant que saint François est toujours vivant. L’histoire ne produit pas que des cendres et le feu flambe encore.”

À la question sur mes attentes face au Synode, j’ai répondu : “Le Synode sera un événement de première importance, car il permettra un retour à la raison d’être de la vie religieuse, à la prédominance de l’ être sur le faire ; elle veut être un signe visible et lisible de l’amour de Dieu pour le monde, de son incarnation dans l’histoire concrète et de son amour pour les pauvres et les petits. Les Ordres religieux sont un aspect vital de la sainteté de l’Église, de sa vocation missionnaire, de son prophétisme, du souffle de l’Esprit Saint qui pousse vers de nouveaux horizons. (...) Le Synode doit s’ouvrir à l’essentiel, à la dimension dynamique de l’Esprit, qui veut rénover et purifier l’Église aujourd’hui. Il ne peut être - selon moi, il ne sera pas - une rencontre d’où sortiront seulement des rappels disciplinaires (même s’ils sont nécessaires) ou des invitations à une bonne ‘stratégie’ apostolique et missionnaire, mais il ouvrira des portes. L’Esprit souffle quand et où il veut. Je souhaite que le Synode sache l’exprimer avec grande confiance et liberté, convaincu que le passé est garant de l’avenir. Il faut laisser et créer des espaces à l’Esprit, non lui barrer la route.”

Anticipant un peu sur la conclusion de mon exposé, je pense que l’Esprit a vraiment fait sentir sa “brise”. En fait, le Synode ouvre des horizons, il ne les ferme pas, même pour notre institut. Mais nous ne sommes pas dispensés du devoir difficile et ardu des recherches ultérieures, des synthèses, des explications, des insistances et des vérifications, surtout celles qui concernent l’authenticité de notre vie et de notre témoignage.

Identité

Je suis bien conscient qu’on ne peut parler du charisme de la vie religieuse ou consacrée de façon “a-historique”, en faisant l’économie d’une herméneutique qui en valorise les diverses incarnations au long de l’histoire et dans la complexité de la réalité contemporaine. Pour nous, les points de référence fondamentaux (la personne de saint François, ses écrits, la Règle, les sources) sont assez clairs [2]. Mais ces sources nécessitent une interprétation toujours nouvelle, à la lumière de la théologie, de l’histoire et de la vie.

Dans ses éléments fondamentaux, comme on le sait, le charisme de saint François ne se fonde pas sur un projet opérationnel (pastoral, éducatif ou missionnaire), mais sur la sequela Christi, sur le fait d’être chrétien, en insistant sur les aspects essentiels de cette vocation commune à tous. Cette aventure évangélique est résumée et caractérisée par un incipit très révélateur : Vita evangelii Domini nostri Jesu Christi. Il s’agit d’un projet et d’une vie intimement unis à l’Église romaine et à ses pasteurs et assortis d’éléments simples : prière liturgique ; fraternité concrète et intime comme expression de l’amour avec lequel Dieu s’incarne dans le monde ; renoncement radical à toute possession ; service et travail pour assurer la subsistance (et si c’est insuffisant, la mendicité, de là notre appartenance à la catégorie des “mendiants”) ; présence amicale, bienveillante et pacifique parmi les gens ; prédication par la vie ; simple exhortation évangélique quand l’occasion se présente ; enfin, si Dieu le veut, la présence “parmi les infidèles”. Ce n’est pas sans une certaine audace que l’Église a confirmé ce projet d’une radicalité inouïe par sa simplicité, par son grand souffle de liberté évangélique et par l’absence presque totale de prescriptions juridiques [3].

Nous pensons aujourd’hui que le premier article de nos CC.GG. (1986) interprète bien la Règle (dont le Saint-Siège s’est toujours réservé l’interprétation “authentique”) et est assez proche de nos origines et de la compréhension actuelle de notre charisme fondamental : “L’Ordre des Frères mineurs, fondé par saint François d’Assise, est une fraternité dans laquelle les frères, suivant de plus près Jésus Christ sous l’action de l’Esprit Saint, se consacrent totalement à Dieu par la profession, vivant l’Évangile dans l’Église selon la forme observée et proposée par saint François”.

Dans cette perspective, les vœux sont situés et vécus comme expression de la sequela du Christ pauvre et crucifié : “Par le vœu d’obéissance, les frères, à la suite de Jésus Christ qui mit sa volonté dans la volonté du Père... ” (CC.GG. 7) [4]. “Par le vœu de pauvreté, les frères mineurs, à la suite de Jésus Christ qui s’est fait pauvre pour nous en ce monde, renoncent... ” (CC.GG. 8). “Par le vœu de chasteté, les frères, à cause du Royaume des deux, vivent le célibat dans la pureté de l’esprit et du corps... ” (CC.GG. 9).

Dans un discours théologique sur la vie consacrée et en ligne avec notre expérience historique jusqu’à ce jour, les concepts de “consécration” et de “vœux” devraient être subordonnés et dérivés du concept dynamico-existentiel de la sequela. La réflexion du Synode semble avoir privilégié un concept globalisant, plutôt statique, autour de la “consécration” (qu’il faudrait approfondir en lien avec la consécration baptismale, lien affirmé mais non expliqué), et avec lequel nous avons quelque peine à nous identifier [5]. Le Synode reconnaît cependant et approuve la grâce des charismes originaux et laisse heureusement intacte la variété des diverses conceptions et visions de la vie consacrée. Il reconnaît clairement que “le renouveau spirituel et apostolique a été accompli à partir d’un retour au charisme fondateur” (Instrumentum Laboris 42). La Proposition 3 [6] affirme que la “vie consacrée” est praestantissima forma radicalis sequelae ; elle n’en est donc ni la substance ni l’unique expression. Je note avec satisfaction l’essai d’insérer la “consécration” dans un contexte eschatologique et anthropologique (Proposition 3), dans le but de souligner les aspects d’incarnation, d’historicité, de force transformante et libératrice, de courage critique de la sequela, comme service au Royaume qui viendra et à la communauté ecclésiale in via.

Pour nous, une ambiguïté demeure. La forte insistance sur la consécration spécifique et le poids accordé aux trois vœux comme structure portante ne correspondent ni à notre mémoire historique, ni à l’expression de notre charisme approuvé par l’Église elle-même, ni à notre sensibilité face au monde qui nous interroge sur la validité du projet de François. Notre projet de vie se comprend et se vit seulement inséré dans l’histoire de la sequela, comme réponse concrète d’hommes et de femmes à l’appel de la radicalité évangélique : “Suis-moi !” Poussés par l’Esprit - qui est le véritable ministre général de la fraternité selon saint François [7]-, les disciples répondent à une “provocation” toujours nouvelle à travers les signes des temps.

Identité et Mission

Comme l’Église trouve son identité dans l’accomplissement de la mission évangélisatrice confiée par son Fondateur (cf. Evangelica Testificatio 15), ainsi la relecture de notre charisme nous a conduits à redécouvrir qu’au centre de notre identité se trouve la responsabilité évangélique : la consécration baptismale, radicalisée et portée à ses ultimes conséquences par la profession, crée une responsabilité fondamentale de vivre et d’annoncer l’Évangile de l’Église. “Tous les frères participeront à la charge évangélisatrice de toute l’Église” (CC.GG. 83,2). Les frères mineurs savent qu’ils doivent contribuer à ce que “l’Église apparaisse toujours plus comme le sacrement du salut” (CC.GG.87, 3). Il s’agit d’une responsabilité qui ne s’épuise pas dans les limites de la communauté ecclésiale. La mission du frère mineur part de l’Église, mais en vue du Royaume de Dieu, puisque l’Église elle-même est au service du Royaume (évitant ainsi toute tentation d’“ecclésiocentrisme”, de nombrilisme ecclésial). Parmi les diverses formes d’évangélisation, nos CC.GG. privilégient celle du témoignage, en Faisant du Royaume de Dieu l’objectif fondamental : “Les frères se consacreront à la tâche de l’évangélisation... par le témoignage d’une présence franciscaine simple qui annonce l’avènement du Règne de Dieu” (CC.GG.84). Le témoignage de vie est “proclamation silencieuse du Royaume de Dieu” (CC.GG.89,1).

Cette conception nous pousse à aller au-delà des frontières et des institutions : “Comme le Fils a été envoyé par le Père, tous les frères, sous la conduite de l’Esprit Saint, sont envoyés pour proclamer l’Évangile dans le monde entier à toute créature” (CC.GG.83,1). C’est un défi à être créateurs en ce moment de l’histoire, à chercher l’homme d’aujourd’hui où il se trouve et comme il est, pour lui annoncer une joyeuse nouveauté, un évangile qui est belle et bonne nouvelle. Le Synode insiste sur une telle créativité fécondée par l’Esprit, s’inspirant des paroles du pape, qui invite à écouter les exigences de notre temps, prolongeant ainsi l’exemple des fondateurs (Proposition 27). Les orientations du Synode seront d’un grand secours pour clarifier la portée théologique du terme “provocation” et la façon d’affronter les provocations d’aujourd’hui (Proposition 20) : dans la communauté ou fraternité comme signe de la présence du Dieu Amour, dans le partage, dans l’écoute de la Parole et des signes des temps, dans la fraction du pain (c’est une traduction actuelle des quatre “persévérances” de la première communauté de Jérusalem, cf. Ac 2, 42). En ce sens, nous pouvons comprendre l’urgence du renouveau dont parle la Proposition 36b (le mot novus revient quatre fois) : aux nouveaux problèmes il faut répondre avec des formes neuves de témoignage et d’activité apostolique.

Le témoignage de vie constitue pour nous un élément fondamental et fondateur de notre mission. Le témoignage est déjà, en soi, évangélisation et, d’une certaine façon, condition préalable à toute action apostolique. Les indications que saint François nous a laissées à ce sujet sont très claires. Il suffit de rappeler l’importance qu’il accorde à la première forme de présence pour ceux qui vont parmi les “infidèles” : ne faire ni disputes ni querelles, mais être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et confesser qu’ils sont chrétiens [8].

Il s’agit d’une exigence qui s’exprime au niveau personnel et communautaire. Les deux paliers sont importants, mais le témoignage communautaire est celui qui caractérisera notre vie et lui donnera crédibilité face aux autres (nous comprenons que le modèle de fraternité que François connaît et propose est celui de l’évangéliste Jean). Nos CC.GG. insistent sur le témoignage comme obligation concernant tous les frères : “Les clercs et les laïcs, les prédicateurs, les orants ou les travailleurs, les jeunes et les vieux, les bien-portants et les malades” (CC.GG.89,1). Le Synode nous invite à un témoignage prophétique à partir de notre incarnation de la sequela Christi : “Dans un monde sécularisé, le premier acte prophétique des consacrés est la sequela résolue et l’imitation évidente du Christ pauvre, obéissant et chaste qui s’est livré pour nous. La consécration elle-même et la vie en fraternité sont de vraies prophéties dans un monde assoiffé de sainteté et de communauté” (Proposition 39a). Ces paroles du Synode confirment de façon très heureuse notre projet d’évangélisation nouvelle et prophétique de frères mineurs : “Pour que notre Fraternité soit prophétique dans l’accomplissement de sa tâche évangélisatrice, les frères auront à cœur de vivre le charisme franciscain sous de nouvelles formes, selon l’esprit de l’Église et en union avec la vie de la fraternité” (CC.GG.115, 2).

En insistant sur le fait que c’est d’abord leur style de vie qui constitue la mission essentielle des religieux dans l’Église, le Synode nous permet de respirer plus librement, de nous sentir à notre aise. Il est très nécessaire d’évangéliser nos cultures, les anciennes comme les nouvelles qui émergent, et les anciens comme les nouveaux “aréopages” (cf. Proposition 35). Notre Ordre, en tant que tel, je l’ai rappelé, ne se définit pas par un “faire”. Sa mission est de vivre l’Évangile (RNB, Prol.), de faire la preuve que c’est possible. C’est là d’ailleurs sa raison d’être (cf. Message du Synode).

Nous sommes cependant un peu perplexes face à l’insistance de certains Pères synodaux (cfr Proposition 29) concernant l’insertion et l’acceptation des plans pastoraux des Églises particulières, dans un sens trop étroit et presque exclusif, avec le danger de limiter l’universalité et la vraie “catholicité” de la vie religieuse.

Identité et fraternité - Instituts mixtes

Au début de l’aventure évangélique, le petit groupe autour de François n’avait d’autre nom que celui de “frères”, c’était déjà beaucoup. Mais bien vite, inspiré par l’Évangile et par le climat de son temps, François désire que personne ne soit appelé prieur, mais que tous, de façon habituelle, soient appelés pères mineurs. Qu’ils se lavent les pieds les uns aux autres [9]. Être frères du Christ [10], puis les uns des autres et enfin de toute créature [11], indique une même paternité, celle du Père unique qui est aux cieux, une même origine, une unique condition de créature, mais aussi, en conséquence, égalité, familiarité, proximité, tendresse. Être mineurs, cela veut dire être petits, humbles, disposés à servir, à laver les pieds à l’exemple du Seigneur, sans chercher à dominer ni à s’imposer.

Ces mots - frère et mineur - constituent un vrai programme de comportement ecclésial et permettent de tirer diverses conséquences pratiques, qui ont été valorisées et précisées par le Synode considérant l’égalité entre frères et l’exigence du dialogue sous toutes ses formes, qui inclut l’inculturation.

Par rapport à l’égalité fondamentale des membres des instituts mixtes (cfr Proposition 10), notre Ordre se trouve devant la nécessité urgente d’une authentique reprise de son charisme de fraternité. Selon les indications du Concile, le charisme doit être confirmé ou repris à nouveau, surtout si un aspect particulier a été et demeure la volonté expresse du fondateur, c’est-à-dire s’il fait partie du charisme de l’institut au point d’en déterminer l’identité.

Dans une société qui connaissait des majores, des minores, des soldats, des clercs, des citoyens, des paysans, etc., qui se faisaient férocement la guerre pour avoir plus de pouvoir et plus d’argent, saint François lançait une forme de vie qui avait comme règle d’“observer l’Évangile de notre Seigneur Jésus Christ, vivant en obéissance, sans rien en propre et en chasteté” [12]. En rappelant le texte de Matthieu : “Un seul est votre maître et vous êtes tous frères” (Mt 23, 8), il a appelé son Ordre “fraternité”. Et quand l’Ordre prenait forme, il a dit : “Je veux que cette fraternité soit l’Ordre des frères mineurs [13].” Dans la Règle confirmée par le pape Honorius, il parle explicitement des supérieurs (ministres provinciaux) : “S’ils sont prêtres... s’ils ne sont pas prêtres...” (RB, 4, 2). Or la discrimination juridique actuelle, pratiquement imposée à nos instituts, est une limitation du charisme. Entre autres, elle fait difficulté aux jeunes qui demandent à entrer dans nos Ordres : ils lisent dans la Règle l’aspect fondamental du charisme de la fraternité, qu’ils aiment, puis constatent qu’il y a discrimination. “Certains instituts se présentent à l’Église avec un charisme mutilé” (Intervention du frère Carraro o.f.m. cap).

Dans le cas de notre Ordre et d’autres instituts, surtout monastiques, fondés souvent par des laïcs, le charisme originel n’est lié ni à un service particulier ni au ministère presbytéral. Le charisme consiste simplement à vivre en fraternité la vie évangélique radicale, selon la façon propre à chaque famille spirituelle. Cette vie évangélique est offerte de la même façon aux laïcs et aux clercs, sans que ces derniers n’aient aucun privilège ou droit spécial, sauf ce qui découle des ordres sacrés.

Notre Ordre est tenu en toute obéissance ecclésiale de rester dynamiquement fidèle au charisme de François, qui met sur le même pied les frères prédicateurs, les orants, les travailleurs (proedicatores, oratores, laboratores), tant clercs que laïcs (RNB 17, 5). À tous, sans distinction, peut être confié le ministerium fratrum, le service d’autorité (cf. RNB 17, 4 ; RB 7, 2) [14] ; Plusieurs sont sensibles à cette exigence d’égalité fondamentale et de responsabilité à l’intérieur de l’Église. Il s’agit d’un des signes des temps que nous devons pouvoir discerner.

Parmi les rares nouveautés au sens strict que le Synode a exprimées, se trouve la demande de la reconnaissance explicite d’instituts mixtes. Notre Ordre, comme celui des capucins, demande depuis plusieurs années cette solution à la Curie romaine. Le Synode a répondu positivement à cette attente : maintenant la plénitude de notre charisme fondateur sera autorisée. En fait, la reconnaissance publique d’instituts mixtes renforcerait (ad corroborandum) la dignité et l’identité de certains instituts où vivent ensemble comme égaux les frères laïcs et les frères clercs, “selon la volonté du fondateur”, et “au même titre, avec les mêmes droits et les mêmes obligations, sauf ce qui découle des ordres sacrés” (PC 15). Une telle disposition permettrait la participation entière de tous les membres d’un institut mixte au munus gubernationis (Proposition 10). Nous sommes convaincus de la validité de l’affirmation du P. Conti : “Par le fait que la Règle des Frères mineurs est le fruit de la collaboration de saint François et du Siège apostolique et qu’elle reconnaît le principe de l’égalité (en tant que religieux) entre clercs et laïcs, il s’ensuit que ce qui a été théologiquement et juridiquement possible sous Innocent III, Honorius III, Grégoire IX - à l’âge d’or de la théologie et du droit de la vie religieuse - doit être théologiquement et juridiquement possible sous le pontificat de Jean-Paul II [15].”

Le Synode a donc répondu de façon très positive à l’attente des instituts mixtes et nous en sommes heureux. Permettez-moi d’ajouter encore trois points.

  • Si la famille franciscaine, dans un délai que nous espérons bref, reçoit de l’autorité compétente la pleine reconnaissance de la catégorie d’institut mixte - certains détails sont encore à définir-, je pense que ce sera une contribution importante au cheminement de toute l’Église aujourd’hui, signe du dépassement de l’antagonisme tenace entre clercs et laïcs dans l’Église et signe authentique d’une Église “communion” et d’une Église “servante”.
  • Je répète ce que j’ai dit dans l’aula du Synode : “En ce moment historique du Synode, j’ai une conviction intime qui se transforme en un grand espoir : dans un monde affligé de tant de conflits socio-politiques, ethniques, raciaux, religieux et confessionnels, une famille religieuse et une Église plus profondément évangélisées et réconciliées pourront contribuer avec plus d’efficacité et de crédibilité à la paix, au dialogue, à la réconciliation, bref, à une nouvelle évangélisation.”
  • Je voudrais être très clair pour finir. Nous demandons d’être un institut mixte, mais tout en respectant pleinement les autres charismes, spécialement ceux qui sont cléricaux par définition, et leur façon de concevoir aujourd’hui la participation des frères laïcs dans la vie de leur institut. Nous ne parlons pas d’une “promotion des frères laïcs”, même au gouvernement, mais de la convenance et de la nécessité d’une pleine reconnaissance et d’une reprise de notre charisme originel de fraternité.

Cette reconnaissance nous encourage - et encourage tout l’institut - à rester toujours constamment et tenacement fidèles à notre charisme et à ses aspects spécifiques, même si cela ne va pas sans difficulté et s’il faudra en subir des inconvénients pendant longtemps.

Fraternité, Inculturation et Dialogue

Il s’agit d’une problématique ancienne, mais qui est venue à la lumière de façon explicite seulement au cours des dernières années. Dans sa longue histoire d’évangélisation, notre Ordre reconnaît que, malgré les erreurs et les limites du passé, il y a des cas dignes d’être proposés aujourd’hui comme exemple et illustration de notre devoir d’évangélisation des cultures. [16] (“Il est très important que soit fortement promue par les frères l’évangélisation des cultures, grâce à laquelle les valeurs vraiment humaines croissent dans tous les secteurs de la vie et les abus nocifs à la dignité humaine sont extirpés” (CC.GG. 94). Ces paroles nous disent que les cultures ne sont pas un simple objet d’évangélisation, mais qu’elles exigent une inculturation de l’Évangile : il faut entrer en dialogue avec les cultures. Le style franciscain d’inculturation est caractérisé par l’attitude de François, qui invita ses frères à assumer une disposition qui n’a rien perdu de son actualité : “Une manière est de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de confesser qu’ils sont chrétiens” (RNB 16, 6).

Une telle recommandation trouve un grand écho dans notre législation actuelle, qui demande une écoute respectueuse (CC.GG. 93, 1), un respect profond des autres religions et une sensibilité particulière à l’islam (CC.GG. 95), sans prosélytisme (CC.GG. 104), une prédisposition à découvrir les semences, même cachées, de la Parole de Dieu dans les diverses religions et cultures de notre temps (GG. 93, 2), et finalement un projet clair de participation, même au niveau international, à des initiatives en faveur d’un monde plus juste, libre et pacifique (CC.GG. 96, 2). Je peux affirmer que nous estimons particulièrement important l’encouragement du Synode à étudier et à comprendre les cultures dans lesquelles nous vivons, à discerner et à assumer leurs valeurs authentiques et à continuer de chercher des réponses adéquates aux défis que présentent aujourd’hui les mégalopoles aux cultures et sous-cultures en perpétuelle évolution (Proposition 40a).

Nous apprécions également le rappel de la “dimension prophétique” (Proposition 39) de la vie consacrée ou religieuse. Dans ces affirmations, nous trouvons une forte confirmation de notre charisme. Dans l’Église et dans la société, les franciscains, comme tant d’autres religieux et religieuses, vivent une option spéciale en vue du Royaume et sont appelés à en incarner les valeurs avec la cohérence du témoignage vécu en fraternité et avec la clarté des choix opératoires, et ceci à travers des communautés chrétiennes qui sont, au moins en devenir, signes et icônes du Règne de paix, de justice et de pardon [17].

Dans une perspective créatrice, les religieux expriment le pôle prophétique de l’Église. Avant-gardes de l’évangélisation, ils sont souvent à la périphérie de l’Église visible. Notre prophétie est orientée non seulement vers le monde, mais aussi vers la communauté ecclésiale elle-même ; avec l’humilité des “mineurs”, mais aussi avec l’audace propre à saint François, nous rendons visibles la radicalité du Royaume et la nécessité d’une conversion permanente des cœurs et des structures porteuses du munus evangelizationis. Pour être pleinement Église du Seigneur ressuscité, l’Église a besoin de prophètes.

En reconnaissant le rôle prophétique des religieux, le Synode a fait la liste de certains critères valables pour un discernement authentique de telles vocations (Proposition 39). De plus, il fait clairement allusion aux tensions qui peuvent surgir et qui ont surgi au long des siècles, comme le montre bien l’histoire de notre Ordre (Proposition 39b).

Cependant la Proposition 39 ne me paraît pas éviter une certaine ambiguïté. D’une part, elle souligne et clarifie le rôle du munus propheticum, d’autre part la prophétie semble totalement soumise à la hiérarchie, dans l’Église universelle et dans les Églises particulières. À mon avis, il faut souhaiter que la réflexion post-synodale consacre plus de place à un discernement des divers types de tensions [18]. Certaines tensions sont certainement nuisibles et coupables, d’autres sont nécessaires et fécondes, parce que signes de vitalité et de croissance ecclésiales.

Option pour les pauvres

Un des éléments les plus déterminants du renouveau de la vie religieuse des dernières années et qui jouera un rôle de grande importance dans l’avenir, c’est certainement l’“option pour les pauvres”. À ce propos, notre Ordre a fait un long cheminement de réflexion, qui part du vécu et de l’enseignement de saint François. Nous avons compris que pour nous, frères mineurs, l’option pour les pauvres est une exigence qui jaillit de l’intuition première de notre fondateur. Nous devons aussi admettre que dans ce domaine notre histoire comporte des zones d’ombre à côté d’exemples merveilleux. Même aujourd’hui, malgré des efforts et des tentatives dignes de louange, nous avons encore un long chemin à parcourir au niveau de tout l’Ordre.

Le point culminant de notre réflexion récente sur ce thème a eu lieu au Conseil plénier célébré à Salvador-Bahia (Brésil) en 1983. Nous avons alors clairement compris que nous étions envoyés comme frères et comme mineurs parmi les pauvres. Il s’agit d’une prise de conscience qui se transforme en un défi et qui exige un changement d’attitude et de position dans l’Église et dans le monde contemporain.

Les CC.GG. actuelles ont recueilli toute notre réflexion à ce sujet. À côté des diverses motivations sociologiques, politiques et aussi psychologiques qui se présentent habituellement, surtout dans les pays du tiers-monde, quand on opte en faveur des pauvres, nous avons compris que notre motivation ne pouvait être qu’éminemment évangélique ; il s’agit de “suivre de plus près et de manifester plus clairement l’anéantissement du Sauveur” (CC.GG. 66, 1). En ce sens, nous sentons que les paroles du Synode nous sont particulièrement adressées : “L’option préférentielle pour les pauvres est la manifestation du choix d’une (forme de) vie chez ceux qui s’inspirent des paroles et des exemples du Seigneur, qui a été envoyé pour évangéliser les pauvres”(Proposition 42a).

En plus de la solidarité et du soutien que nous pouvons et devons offrir, afin que les pauvres puissent être acteurs de leur propre libération, nous pensons que nous sommes appelés à favoriser un processus profond de conversion de notre part face au monde des pauvres afin de découvrir et de profiter de toutes leurs valeurs. En ce sens, nos CC.GG. nous invitent à faire des pauvres un point important de référence, à les regarder même comme “nos maîtres” (CC.GG. 93, 1).

Une option authentique pour les pauvres conduit nécessairement à l’insertion de vie comme forme privilégiée d’approche. Même si beaucoup d’activités restent encore guidées par le critère du service aux pauvres (“vivre pour les pauvres”) et même si, dans certains cas, on est arrivé à un déplacement géographique pour “vivre avec les pauvres”, les CC.GG. actuelles nous invitent à une attitude beaucoup plus engagée, à “vivre parmi les pauvres” : “À l’exemple de saint François conduit parmi les lépreux, tous et chacun des frères feront l’option en faveur des marginaux, des pauvres et des opprimés, des affligés et des malades ; et ils se réjouiront quand ils vivent parmi eux, et leur feront miséricorde” (CC.GG. 97, 1). Cette disposition comporte pour nous un long et douloureux exode spirituel et tout évangélique ; c’est “un signe d’amour du Christ, qui, de riche, s’est fait pauvre pour nous” (Proposition 42a ; RB 6, 3 ; 2 Co 8, 9).

Même si le Synode propose l’insertion parmi les pauvres comme un élément valable pour tout type de vie religieuse, cette invitation constitue pour nous un défi à aller plus loin, étant donné la radicalité que comporte notre vocation. L’insertion parmi les pauvres dans le but de vivre comme eux et de donner notre vie pour eux sera considérée comme un véritable appel de Dieu à parcourir un chemin nouveau parmi les marginaux dans la fidélité à l’Évangile. Cette insertion exigera un vrai dépouillement personnel et communautaire ainsi qu’un changement de lieu social dans une démarche de solidarité et d’incarnation parmi les pauvres, afin de faire nôtres leur vie, leur culture, leurs valeurs, leurs difficultés et leurs espoirs.

En continuant sur cette voie et en y persévérant, l’insertion (le fait de se placer du côté des pauvres et de vivre comme eux) et l’inculturation nous conduiront probablement à une vie beaucoup plus itinérante, créatrice et dynamique. Notre existence sera moins fixe et dogmatique du point de vue spirituel, mais toujours plus attentive aux signes des temps et à l’action de l’Esprit. Notre style de vie sera beaucoup plus simple, sobre et flexible, plus semblable à celui des pauvres. Le travail des religieux, y compris le travail manuel, sera la façon normale de se procurer le nécessaire à la vie. L’insertion nous conduira à ne chercher ni la sécurité économique, ni les privilèges, ni le pouvoir, mais à passer de la prédominance de l’agir à celle de l’“être avec”, c’est-à-dire à accompagner, écouter, servir, cheminer avec. Quand nous ne serons plus des protagonistes, mais pleinement des “mineurs”, et que nous partagerons totalement la foi, la souffrance, l’espérance, le temps, la prière des pauvres, nous verrons probablement grandir l’impact que nous sommes appelés à avoir par notre vocation même.

Une famille élargie : unité et complémentarité du charisme

Durant le Synode, une préoccupation a souvent affleuré : voir s’ouvrir le cercle étroit d’un institut aux femmes et aux hommes, souvent appelés tertiaires ou associés, qui sont eux aussi invités à vivre de l’esprit qui anime un groupe religieux, à collaborer avec lui et à partager le même charisme, dans l’unité et la complémentarité des divers aspects. Depuis toujours, une nuée de groupes gravite autour des grandes familles religieuses et en élargit le charisme propre ; ce fait a été reconnu et encouragé par le Synode (cf. Proposition 33).

La famille franciscaine, depuis ses origines, est multiple. À côté de saint François et de ses frères, il y a Claire et ses pauvres sœurs et un important groupe de laïcs, hommes et femmes, pénitents nommés tertiaires, qui se réfèrent à la même spiritualité. Étant donné que les structures trop rigides répugnent à notre famille, pour le meilleur et pour le pire, les diverses expressions d’un unique charisme (Premier, Deuxième, Troisième Ordres), même vécues en symbiose et en contact étroit, n’ont jamais été centralisées. Il faut aussi noter qu’au cours des siècles s’est ajouté un groupe important de presque 300 instituts féminins d’inspiration franciscaine avec environ 200 000 religieuses. Nous avons commencé depuis longtemps une démarche d’aide et de collaboration mutuelles avec toutes les branches et composantes de l’unique famille franciscaine sur un même pied de dignité. Surtout avec les femmes, nous avons cherché à dépasser une attitude élitiste, machiste et cléricale, en donnant ainsi plus d’attention à ce que le Synode appelle désormais “la façon unique et inaliénable de la femme consacrée de rendre visible et efficace la présence de Dieu” (Proposition 9a).

Je consacre une réflexion particulière aux clarisses. Elles constituent une partie importante des diverses familles de contemplatives et nous nous sentons particulièrement unis à elles. En fait, sainte Claire a confié ses sœurs à saint François et à ses frères, alors que François promettait à Claire d’avoir toujours un soin spécial pour les Pauvres Dames [19]. Cette appartenance réciproque et cette inspiration commune font partie de notre charisme, mais il semble que nous devrons faire encore beaucoup de chemin pour récupérer pleinement cet aspect vital et fécond. Même s’il a heureusement ouvert la voie à une solution saine de certains problèmes concernant les moniales ou contemplatives (Propositions 9 ; 22 ; 23), le Synode n’a pas affronté, du moins de façon suffisante, la question de l’égale dignité et de la complémentarité vitale entre les branches masculine et féminine d’une même tradition spirituelle.

La confiance dans la femme et dans la grâce de sa féminité doit encore trouver une forme visible dans la pratique ; le souvenir des grandes figures auxquelles l’Église est grandement redevable doit être fécond : Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila (deux “docteurs” de l’Église), Claire d’Assise, la première femme qui écrivit une Règle pour des femmes et la vit approuvée. La situation actuelle n’est pas encore satisfaisante. Beaucoup de contemplatives vivent dans une situation de dépendance juridique et disciplinaire par rapport aux Ordres et Instituts masculins considérés comme supérieurs des religieuses, même de vie apostolique. Pour dépasser une telle situation, on pourrait, par exemple, confier la présidence des chapitres électifs et la visite canonique, non pas à l’Ordinaire, mais à une sœur du même Ordre, peut-être à la présidente de la fédération, et aussi laisser à l’abbesse ou à la présidente fédérale le discernement des “motifs utiles, raisonnables, honnêtes, approuvés” [20] pour lesquels il est permis de déroger à la discipline de la clôture.

L’abbesse d’un monastère est supérieure majeure avec plein pouvoir à l’égal de tous les autres supérieurs majeurs d’un institut laïc (cf. CIC 596, 1). Cependant, elle demeure l’unique supérieure majeure à ne pouvoir autoriser les entrées et les sorties de sa maison. On peut se demander pourquoi ce sont les supérieurs masculins qui doivent donner les permissions. Si la clôture est destinée à favoriser la solitude nécessaire à une vie de prière contemplative, pourquoi la loi sur la clôture des moniales est-elle différente de celle des moines ? Malheureusement, il en va ainsi dans la réalité. Il s’agit d’une discrimination dont on comprend les racines historiques et sociologiques, mais qui ne se justifie pas. Quelle image de la femme cache le fait qu’à un charisme unique et identique correspondent des législations diverses en matière de clôture selon qu’il s’agit de moines ou de moniales ? Le Synode n’a pas résolu cette question, mais il oriente dans la bonne direction. Je souhaite que l’exhortation post-synodale du pape puisse appliquer les grandes lignes de encyclique Mulieris dignitatem à la vie des religieuses en général et des contemplatives en particulier.

Un mot sur la complémentarité. Bien des moniales appartiennent à des familles religieuses qui ont une branche masculine et une branche féminine. En ce sens, les clarisses appartiennent au charisme de l’Ordre de saint François, et l’Ordre de saint François est appelé à avoir un soin spécial des Pauvres Dames de sainte Claire. S’il n’est pas acceptable que le rameau féminin soit soumis à la branche masculine, la totale séparation représenterait également une solution inacceptable, nuisible tant aux femmes qu’aux hommes. Ces instituts par contre peuvent offrir à l’Église et au monde le témoignage d’une complémentarité saine et nécessaire entre les deux branches et les deux sexes, dans une attitude de respect mutuel, mais aussi de communion et d’aide réciproque qui sera image de l’Église communion. Mais ceci ne peut se cantonner au niveau des paroles. Ces instituts, et nous en sommes un, devraient avoir la possibilité de réfléchir sur leur charisme commun en réunions mixtes, de revoir la législation propre en assemblées législatives et d’avoir au moins quelques éléments communs dans la législation. Pour cela, il faut, au moins dans notre cas, une conception différente de la clôture, une certaine révision de la dépendance des contemplatives à l’égard du Saint-Siège ou de l’Ordinaire du lieu, permettant de confier certaines questions au discernement communautaire des rameaux masculin et féminin. Une mentalité anti-féminine, même inconsciente, et typique de l’époque médiévale ou baroque, est encore évidente dans la législation concernant la clôture, la formation et la collaboration entre monastères par ailleurs autonomes. Mais cette mentalité ne favorise certainement pas, dans les temps que nous vivons, la croissance et la fécondité du charisme commun.

Conclusion

Le Magistère nous invite toutes et tous aujourd’hui à une inculturation vraie de l’Évangile et des diverses formes de vie chrétienne dans toutes les cultures et tous les contextes. Il me semble que ce sera le défi principal des prochaines décennies : l’inculturation non pas tant de quelques coutumes historiques de l’Église, mais de l’Évangile lui-même et de ses valeurs fondamentales, comme la filiation commune par rapport au même Père, le fait d’être frères et sœurs, le respect inconditionnel, l’amour gratuit et passionné pour le monde, dans l’esprit de Jésus Christ mort et ressuscité, afin qu’une anticipation de la nouvelle création puisse surgir.

Je conclus en citant quelques paroles que j’ai prononcées lors de mon intervention au Synode, le 18 octobre 1994. Notre point d’arrivée, c’est “l’égalité fondamentale qui unit tous et toutes, clercs et laïcs, hommes et femmes, contemplatifs et actifs, dans un appel unique à rendre témoignage, comme dit saint François, au ‘saint amour dont Dieu nous a aimés’” (RNB 23, 3).

Selon moi, le Synode nous a réveillés et remis sur la voie du renouveau, à partir de nos sources et des signes des temps difficiles que nous traversons. Pour cela, la famille franciscaine est très reconnaissante au Seigneur de l’histoire.

Curia Generalis
Via S. Maria Mediatrice, 25
I-00165 ROMA, Italie

[1Informazione, n° du 2 juillet 1994.

[2Conti, M. Studi e ricerche sul francescanesimo delle origini, Rome, 1994.

[3Esser, K. Origini e inizi del movimento e dell’Ordine francescano. Milan, 1975 ; Desbonnets, T. Dalla intuizione alla istituzione - I francescani. Milan, 1986.

[4CC.GG. = Constitutions Générales OFM. Les chiffres indiquent l’article et le paragraphe s’il y a lieu.

[5Conti, M. “La vita consacrata e la sua missione nelle Chiesa e nel mondo,” dans Antonianum 68, (1993) 45-99.

[6Les propositions sont remises au Pape en conclusion des travaux du Synode.

[7Thomas de Celano. Deuxième Vie de saint François, 193.

[8RNB = Première Règle (1221), 16, 6.

[9RNB, 6, 3.4.

[10François d’Assise. Deuxième Lettre aux fidèles. 52-56.

[11Cantique du frère soleil.

[12RB = Règle définitive de saint François, 1.

[13Thomas de Celano, Première vie de saint François, 38.

[14Boni, A. Vangelo e vita religiosa : rilettura teologica e storicogiuridica dette fonti. Rome, 1994.

[15Conti, M. La vita... (cité supra n.6), 90.

[16Morales, F. Franciscanos en America, Mexico, 1993.

[17Schalück, H. “Our identity is Mission”, dans SEDOS, 15 novembre 1994, 281-288.

[18Cf. intervention de T. Radcliffe, o.p. au Synode.

[19Testament de sainte Claire, 48-51 ; Règle de sainte Claire, 1, 4-5.

[20Règle de sainte Claire, 2, 13.

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