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Consultation canonique

Robert Soullard, o.p.

N°1989-5 Septembre 1989

| P. 323 |

Pourquoi continuer, de notre temps, à parler de vœux solennels, alors qu’il y a, parmi ceux qui les font, des sœurs et des frères moines qui sortent, qui se marient ou possèdent des biens ? Bref, que reste-t-il des vœux solennels après Vatican II ? Est-ce un titre honorifique ?

Le canon 1192, § 2 maintient la distinction entre vœux solennels et vœux simples. Mais cette distinction n’est pas employée dans la partie du Code traitant des Instituts de vie consacrée, car elle ne sert plus, comme c’était le cas dans l’ancien Code, à établir des catégories entre les divers Instituts (Ordres - Congrégations, exempts - non exempts, réguliers, etc.). Davantage, le vœu simple de chasteté est désormais, tout comme le vœu solennel, un empêchement dirimant au mariage (Canon 668, § 4). Quant à la pauvreté, le profès de vœux solennels est toujours tenu à la renonciation aux biens (can. 668, § 4) ; le profès de vœux simples aura à se conformer sur ce point aux Constitutions, qui peuvent prévoir ou non la renonciation et selon des modalités que ne connaît pas le radicalisme du vœu solennel.

Malgré la distinction, qui était sans doute plus marquée auparavant, il ne semble pas que, pour le bien des personnes, la dispense du vœu solennel ait été plus difficile à obtenir que celle du vœu simple. Et il est bon que le droit propre conserve l’expression « vœux solennels », car elle correspond encore à la réalité (effets quant à la chasteté et la pauvreté) et fait partie du patrimoine de l’Ordre.

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