Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Quarante ans de mission ouvrière

Quelques lignes de force

Joseph Boudaud, s.j.

N°1987-5 Septembre 1987

| P. 285-294 |

Depuis plus de quarante ans, quelques dizaines de Jésuites français se sont engagés dans un projet missionnaire en monde ouvrier. Le Père J. Boudaud, délégué du Provincial de France à la mission ouvrière, a évalué, pour la deuxième rencontre européenne des Jésuites en mission ouvrière (août 1986), le chemin parcouru et les promesses de l’avenir. Cette réflexion engagée et lucide éclairera tous ceux que préoccupe la pertinence actuelle d’un tel type de vie apostolique.

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Il y a quarante-deux ans...

Il y a quarante-deux ans, en avril 1944, dix jeunes Jésuites français écrivent du troisième an à leur provincial une lettre intitulée : « pour un apostolat d’équipe auprès des ouvriers » :

Nous voudrions présenter le Christ aux masses et pour cela vivre au milieu d’elles.
Partout on se préoccupe d’apostolat mieux adapté aux masses ouvrières. C’était le désir des derniers papes, c’est celui de Pie XII. Les Évêques y poussent et le clergé, tant régulier que séculier, cherche une formule. De tous côtés, ça bouge. La Compagnie ne devrait-elle pas être à l’avant-garde de la renaissance ouvrière, comme elle fut à l’avant-garde de la renaissance humaniste ; et, comme elle a inventé les collèges pour christianiser l’humanisme, ne peut-elle pas créer une formule pour plonger le prêtre dans la masse ouvrière ? La nécessité de « baigner » dans le milieu pour le christianiser n’est pas à prouver, c’est le principe même de l’action catholique...
N’est-ce pas l’expérience réalisée providentiellement par nos prisonniers et nos travailleurs ? Leur apostolat est efficace parce qu’ils sont plongés de force dans le milieu. Quelle richesse que cette expérience s’ils pouvaient la continuer au retour sans être fatalement séparés à nouveau du peuple par tout l’appareil et les préjugés de notre culture ! N’y a-t-il pas quelque chose à tenter pour nous faire à leur exemple tout à tous et essayer d’abattre le mur qui sépare le prêtre de l’ouvrier ?...
L’apostolat ouvrier demande un don semblable à celui du missionnaire. Don fait de renoncement à son passé pour une consécration sans réserve à ceux qu’on veut gagner au Christ. De même que le missionnaire se fait malgache ou chinois, il faudrait que le prêtre se fasse ouvrier. Qu’il renonce à son train de vie et à sa mentalité bourgeoise, pour adopter, dans toute la mesure du possible, le train de vie ouvrier et se faire une mentalité ouvrière.

D’où l’idée d’une « résidence ouvrière » et d’une « équipe » de missionnaires ouvriers. Quarante-deux ans ont passé. Quelques dizaines de Jésuites français ont essayé depuis d’entrer dans le projet missionnaire formulé par leurs anciens à leur manière et dans le langage du moment. Nous sommes maintenant une petite cinquantaine à constituer le groupe « mission ouvrière », répartis en sept équipes régionales : 29 professionnels, 8 travailleurs sociaux, 12 pastoraux, soit 5 % des effectifs de la Province jésuite de France.

Où en sommes-nous ? Comment la semence de 1944 a-t-elle germé ? Quels fruits a-t-elle produits ?

Nous n’avons pas converti grand monde. Nous n’avons pas été obligés d’ajouter des ailes nouvelles aux églises de nos quartiers pour accueillir des néophytes. Nous ne pouvons pas nous enorgueillir d’avoir formé, parmi nos anciens élèves, des leaders politiques ou sociaux célèbres. D’ailleurs nous n’avons pas d’anciens élèves...

Nous n’avons pas produit non plus de théorie sociale ou économique marquante. Certains parmi nous ont écrit quelques pages, mais c’est plutôt dans le genre mineur du « témoignage », franchissant rarement les limites de La Lettre des Jésuites en mission ouvrière.

Qu’avons-nous donc fait ?

Une démarche d’inculturation

Voici deux expressions de cette démarche :

L’expérience, encore bien récente pour nous, d’un effort d’inculturation en milieu ouvrier, la plupart du temps par un travail professionnel et par la participation à la vie associative et syndicale, ainsi que par un habitat au cœur des populations pauvres, nous amène à découvrir des lieux d’existence où la vie partagée a plus de poids que les paroles, et où la relation humaine en vérité, lente à éclore, est le préalable à toute évangélisation possible .
L’annonce de Jésus-Christ commence par le partage quotidien très simple de la vie des hommes : l’habitat, les relations quotidiennes, les contraintes et les fatigues du travail (surtout du travail manuel en milieu industriel)... Inscrits dans ce peuple, mouillés avec ce peuple, nous nous voulons en recherche et en travail, et nous sommes souvent en lutte aussi, avec ce peuple, pour le pain, la liberté, l’amour, l’espérance et la vie éternelle.

Nous avons donc appris le poids et la saveur de la vie quotidienne, l’enjeu humain et apostolique de ce que nous avons appelé « la situation élémentaire ». Nous avons réalisé qu’il n’y a pas de chemin court pour rencontrer les hommes.

De cette vie quotidienne partagée nous sommes passés insensiblement et naturellement à la lutte, partagée sous des formes diverses, à l’action collective ouvrière.

De manières diverses, avec les écrasés, nous prenons part à des actions collectives qui nous dépassent et qui lient notre sort au leur. Les liens s’y développent, interpersonnels, mais surtout collectifs, dans un effort de solidarité avec le peuple à travers l’une ou l’autre de ses organisations variées.

Nous apprenons au fil des années qu’il y a une dynamique imprévisible de tout engagement. Comment savoir à l’avance où nous conduisent nos engagements professionnels, nos lieux d’habitat et les solidarités auxquelles ils nous provoquent ? Comment savoir à l’avance que le service des Gitans ou des immigrés nous met en contact, en conflit avec les municipalités et les pouvoirs publics ? Comment savoir à l’avance que faire équipe sur un bateau ou en usine nous entraîne à résister aux injustices quotidiennes et à prendre position ? Comment savoir à l’avance que soigner dans un hôpital peut nous amener à résister à la hiérarchie médicale ?

Une nouvelle manière d’être Jésuite

L’effort de partage de la vie et de la culture populaires « pour le Royaume » n’a pas été sans déclencher un choc en retour sur notre vie religieuse apostolique. Nous sommes devenus autres. Cela s’est fait insensiblement, par doses homéopathiques, au fil des jours et des années.

Mais cela a été aussi le produit d’une confrontation fréquente et consciente entre vie et culture ouvrières et vie religieuse jésuite r entre « compagnonnage hérité » et « compagnonnage à susciter ».

Nous pouvons, modestement, en dégager quelques traits :

Nous avons découvert et expérimenté une nouvelle manière de prier

Une prière inspirée de l’Ad amorem et de l’examen ignatiens, mais dont la matière est devenue la vie ouvrière. Comment ne pas citer ici le beau texte de Paul Roger-Dalbert :

Cette multitude anonyme et quotidienne, depuis dix ans que je travaille à l’hôpital, vis à la Busserine, est devenue le cadre naturel de ma vie de Jésuite, le lieu normal de ma prière de Jésuite, j’allais dire l’humus dans lequel je suis planté, à partir de quoi je « pousse » tant bien que mal, avec l’aide de mes frères. Oui, terre nourricière que cette foule. Ou, si vous voulez : le « nous » du Notre Père dépassant infiniment ceux que nous connaissons, choisissons, et qui colore toute demande, toute louange.

Nous avons découvert une nouvelle manière d’être apôtres

Il ne s’agit plus d’apporter d’en-haut ou du dehors une vérité autosuffisante à un peuple totalement démuni spirituellement. Nous sommes entrés dans une dialectique de réciprocité, où l’on reçoit autant qu’on donne, y compris l’Évangile et l’Esprit.

Il ne s’agit plus d’une démarche centripète, où il est question d’attirer à soi, à ses centres spirituels, culturels, sociaux, pédagogiques. Il s’agit d’une démarche centrifuge, vers ces « lieux d’existence « communs » où la vie partagée a plus de poids que la parole, et où la relation humaine en vérité, lente à éclore, est le préalable à toute évangélisation possible [1] ».

Nous avons découvert une nouvelle manière de vivre la disponibilité ignatienne

Paradoxalement, cette disponibilité nous est apparue liée à la durée :

C’est la Compagnie tout entière qui veut, en fait, en nous envoyant dans cette durée, se rendre plus disponible aux pauvres et aux sans-voix dans ce service de la foi qui implique la promotion de la justice.
Au sein de ce nécessaire enracinement dans la durée apparaît une autre dimension de la disponibilité apostolique : nous sommes appelés, si nous sommes fidèles, à nous ouvrir à la nouveauté d’un monde peu connu, qui nous bouscule dans nos sécurités et nos certitudes. Il nous semble qu’il y a là une réelle manière de vivre la disponibilité ignatienne, tant pour nous que pour nos supérieurs ; l’enracinement dans un lieu donné, et en ce type de situation, rend capable d’entendre des appels venus d’ailleurs de diverses manières – donc aussi de la part des supérieurs – et de répondre à ces nouvelles urgences en d’autres lieux, mais en cohérence profonde avec ce que nous avons déjà vécu.

Nous avons appris une nouvelle manière de vivre l’universel

Il n’y a pas, non plus, d’incompatibilité entre l’enracinement dans un lieu et l’ouverture ignatienne à l’universel. Il ne s’agit pas, c’est vrai, de la rencontre avec un universel abstrait, planétaire, celui de la « jet-society », des multinationales et des experts internationaux.

Il s’agit de la rencontre avec « l’universel concret » qui est l’homme du peuple « de toutes les couleurs et de toutes les races », qui a, sous toutes les latitudes, la même figure d’humanité exploitée, frustrée, comptant sur la solidarité pour se mettre debout.

Nous n’ignorons pas le risque de sclérose et d’appauvrissement de la durée dans un même lieu. Nous nous donnons des moyens pour y échapper. Mais nous découvrons aussi que notre héritage ignatien nous rend aptes à vivre l’universel dans un lieu très circonscrit.

Vous avez peut-être vu des photos de notre quartier : l’horizon est complètement bouché de tous côtés, par des immeubles, par des barres d’immeubles, des tours... C’est dans cet espace clos que tout se passe : le repos, le loisir, la vie de famille, les relations, la journée et la nuit, l’hiver et les vacances, la naissance et la mort, l’amour et la haine...
A l’inverse de tout cela, je voudrais être celui qui permet que des mondes étrangers communiquent entre eux. Je voudrais qu’il y ait des percées dans cet enfermement...
Je voudrais être un carrefour des chemins. Ni totalement pastoral, ni totalement ouvrier, ni totalement Quart Monde, ni totalement travailleur social ou animateur... Je voudrais au moins être totalement Jésuite.

« Devenir le témoin d’une possible rencontre » entre des mondes divers, dira un autre compagnon.

Nous avons partagé une vie d’Église sur le terrain

Cela, c’est aussi une autre manière de vivre l’universel. La durée nous a permis, dans de nombreuses villes, de devenir vraiment des partenaires à part entière de l’Église locale et de son effort de mission ouvrière, sans que notre condition de religieux et de Jésuite fasse écran.

Nous avons « appris à apprendre » des autres, notamment à l’intérieur du collectif local, régional et national des prêtres-ouvriers. Et là encore, notre présence comme Jésuites apparaît originale : nous ne sommes pas là comme « experts », spirituels, théologiens, sociologues, etc. Nous ne campons pas dans nos résidences et dans nos œuvres propres. Nous sommes quelques-uns parmi d’autres. Et c’est dans ce travail commun sur un pied d’égalité fraternelle que notre charisme ignatien est reconnu.

Un nouveau type de rapports au corps de la Compagnie

De tout temps, en France comme dans le reste du monde, il y eut des jésuites engagés au service des pauvres. Approuvé par les supérieurs, leur engagement était individuel et se vivait isolément.

Dès le démarrage des premiers prêtres-ouvriers, l’apostolat ouvrier des Jésuites en France prit une allure collective et les supérieurs eux-mêmes ne furent pas étrangers à l’apparition de ce « collectif ».

Dans l’immédiat après-guerre, vers les années 1947-1950, il y eut des rencontres régulières entre prêtres-ouvriers jésuites, prêtres jésuites en paroisse et autorités provinciales. Ensuite, les liens se sont intensifiés et structurés au fil des années. Le processus a d’abord été soutenu par un « coordinateur ». Puis celui-ci a voulu franchir un nouveau pas dans l’organisation : il s’est entouré d’un bureau composé de délégués régionaux. Parallèlement, le coordinateur était associé à toutes les nouvelles fondations, quand il n’en était pas le promoteur. Ensuite, le coordinateur est devenu « délégué du Provincial de France pour la mission ouvrière », désigné à ce titre par le Père Provincial sur une liste de trois candidats présentée par le bureau à partir du vote des compagnons.

La mission ouvrière jésuite de la Province de France a-t-elle été ainsi « neutralisée, intégrée et récupérée » par le gouvernement de la Compagnie ? Des compagnons des autres missions ouvrières européennes ont pu le penser et même le dire. Nous estimons, quant à nous, que ce type de fonctionnement a été « globalement positif ».

Pourquoi ?

Sur un plan interne, cela nous a permis d’avoir une consistance et une personnalité apostoliques propres au point qu’on nous a parfois qualifiés de « groupe de pression », alors que nous cherchions simplement à exister, en essayant de reconnaître et d’intégrer la manière de vivre, de réfléchir et de lutter du monde populaire, ce qui ne pouvait pas manquer de « détonner » par rapport à la manière d’être du reste de la Province.

Précisément, notre fonctionnement collectif et notre constitution comme groupe apparaissent comme originaux par rapport aux autres forces apostoliques de la Province, parce que, en fait, ils sont très inspirés par le fonctionnement collectif des organisations ouvrières : c’est peut-être là un choc en retour inattendu de notre mission d’inculturation.

De ce fait, nos supérieurs et provinciaux, plus à l’aise dans les rapports individuels, ont été amenés à fonctionner avec notre « collectif » ; le Père Provincial, du reste, participe régulièrement à une partie de chacune des quatre réunions annuelles de notre bureau.

Il ne faut pas cacher que cela a été parfois conflictuel, comme au moment du débat sur l’engagement politique en 1982. Mais ce conflit s’originait dans une appréciation différente des enjeux apostoliques des engagements.

Si je me limite à mon seul mandat de délégué, j’ai souvenir, dans notre fonctionnement collectif, de plusieurs temps forts de discernement au niveau de tout notre groupe : – celui de l’engagement politique en 1982, – celui sur l’élaboration de postulats pour la congrégation générale en 1983, – plus récemment sur l’avenir de l’équipe du Mans et la nouvelle communauté parisienne.

En ces circonstances, notre groupe de mission ouvrière m’est bien apparu le lieu privilégié où nous apprenions ensemble à discerner la volonté du Seigneur pour la mission qui est la nôtre. Et, dans ma réponse de l’an dernier au Père Général nous interrogeant sur le discernement communautaire, j’ai pu dire qu’à mon avis le mandat de délégué à la mission ouvrière coïncidait avec un service de discernement communautaire apostolique.

Nous constituant comme groupe apostolique original dans la Province, nous pouvions connaître le risque – et nous ne l’avons pas toujours évité – de nous marginaliser et de nous démarquer sans nuances des autres Jésuites, en jouant les redresseurs de torts. En fait, il me semble que l’évolution a joué dans un sens inverse : nous avons essayé d’apporter un intérêt positif à l’ensemble de la Province, comme en témoignent entre autres les contacts qui se sont intensifiés avec la formation ces dernières années, et dont La Lettre s’est faite régulièrement l’écho.

Quelle efficacité ?

Au terme de ce parcours, nous pouvons relancer la question émise au début sous forme humoristique. Mais qui d’entre nous ne se l’est pas posée un jour, comme nous l’ont parfois dit des copains : « A quoi ça te sert, ton boulot dans une usine ? »

J’y réponds à ma manière par un extrait du témoignage de camarades cégétistes de Régis Chalamel, à la célébration de ses obsèques, après sa mort prématurée en montagne :

Régis, nous avons travaillé des années ensemble. Nous avons discuté, parfois âprement. Nous avons ri ensemble. Sans chercher à nous convertir, tu nous as fait connaître une autre vie, une autre expérience. Nous avons appris à être mutuellement plus tolérants, plus généreux... Nous avons partagé avec toi la passion que tu avais pour la vie.

Quand on a joué le jeu d’un long compagnonnage, sans tricher, dans la vérité, en acceptant de recevoir autant que de donner, gratuitement, on constate que, de part et d’autre, quelque chose de profond s’est passé, d’autant plus riche que la démarche a été plus désintéressée.

Et si c’était cela l’avancée du Royaume de Dieu ? Et s’il fallait attendre la mort de nos compagnons pour en discerner quelques signes ? « Si le grain ne meurt »...

Et maintenant ?

La mission ouvrière n’est pas périmée

Il est vrai qu’en une quarantaine d’années beaucoup de choses ont changé : dans la classe ouvrière, qui s’est diversifiée ; dans l’Église, qui a vu ses accents missionnaires évoluer, sinon s’atténuer ; dans la Compagnie européenne, dont les priorités ne sont pas si claires, et dont le recrutement s’est très réduit.

Mais nous sommes persuadés que, si nos missions ouvrières doivent évoluer – et elles évoluent en fait –, elles ne sont pas périmées – au contraire – face aux défis actuels de nos sociétés européennes, face aussi aux objectifs que la Compagnie s’est donnés depuis la trente-deuxième congrégation générale.

Nous aurons à en prendre la mesure ensemble. Mais il est clair d’emblée que, dans chacun de nos pays, une société duale se développe à grande vitesse, où les laissés-pour-compte de la technologie se multiplient. Comme hommes, comme Jésuites, notre place est plus que jamais à leurs côtés, d’autant plus que les changements politiques profonds à court terme paraissent s’éloigner, tandis que les organisations populaires semblent assez désorientées.

Le partage de « situations élémentaires », qui est la note permanente de nos missions ouvrières, reste d’actualité, même si, lui aussi, est en train de se diversifier. Il en va de même de la participation à la base, à des collectifs de lutte et de promotion populaire : organisations ouvrières traditionnelles, mais aussi nouveaux collectifs de chômeurs, d’immigrés, d’animation de quartier, etc.

Un défi pour toute la Compagnie

Quand nous réfléchissons à l’avenir, Jésuites français en mission ouvrière, nous sommes amenés à constater que, par-delà la sympathie et la confiance manifestées par les supérieurs et beaucoup d’autres compagnons, une hésitation paraît se faire jour par rapport à la pertinence actuelle de notre type de vie apostolique. Et nous nous demandons si la mission ouvrière compte encore dans notre Province parmi les priorités actuelles, considérées comme chargées d’avenir.

La Province tout entière résistera-t-elle à une poussée dominante vers un travail élitiste, au second degré, risquant de la situer collectivement « du bon côté » ? Ou bien engagera-t-elle collectivement ses forces du côté des laissés-pour-compte : à de multiples niveaux d’intervention, certes, mais sans faire l’impasse sur les « situations élémentaires » ?

À notre avis, rien n’est encore joué. Rien n’est gagné. Mais, donc, tout reste encore possible.

65 rue Paul-Ligneul
F-72000 LE MANS, France

[1Postulat cité à la note 1.

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