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Famille et vie religieuse

Petites Sœurs des Maternités catholiques

N°1986-3 Mai 1986

| P. 162-170 |

Les témoignages souvent bouleversants de ces pages mettent en lumière les liens qui existent entre familles et vie religieuse. Le charisme des Petites Sœurs des Maternités Catholiques articule de manière significative la relation entre maternité de l’Église, fécondité religieuse et familles chrétiennes. N’y a-t-il pas là une réalité ecclésiale qui répond à un urgent besoin d’aujourd’hui et une manière originale de mettre en œuvre la mission propre de la vie religieuse apostolique ?

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Chacun le sait, la famille aujourd’hui, en France particulièrement, est bien malade. Certains symptômes sont manifestes. Les statistiques le prouvent.

Elle est malade à sa source : les couples se défont de plus en plus. On comptait en France 43.000 divorces en 1972 ; il y en avait 82.000 dix ans après. Crise de la fidélité : rupture par l’homme de l’alliance d’amour avec son Dieu créateur et rédempteur.

On se marie de moins en moins : l’indice de nuptialité diminue d’année en année.

La famille monoparentale devient une réalité courante. Aujourd’hui les enfants naturels (un sur sept) sont des enfants voulus comme tels. Ceci est un symptôme fort inquiétant.

La famille est malade aussi à son terme : l’enfant.

La contraception est largement pratiquée, donnant une moyenne de 1,8 enfants par famille.

Le nombre des avortements est impressionnant : les statistiques officielles disent 180.000 à 200.000 par an. Mais hélas, ce chiffre serait bien en dessous de la vérité, car les avortements clandestins se pratiquent toujours et on ne peut les dénombrer.

Certains aspects de la législation familiale en France risquent de se retourner contre la famille. Bien que le droit civil soit toujours en faveur du mariage, la législation sociale favorise le non-mariage puisqu’un couple vivant en cohabitation juvénile peut faire une simple déclaration sur l’honneur et confier à la mère les enfants. Si ce couple a deux enfants, par exemple, la mère reçoit deux fois l’allocation « parent unique ». Tandis que la législation fiscale donnera à chacun des membres de ce même couple le droit de s’attribuer un enfant, afin de payer une demi-part d’impôts en moins.

Puis, viennent se greffer tous les graves points d’interrogation que posent les avancées de la science en ce domaine de la vie naissante. Jusqu’où peut-on aller en matière de recherche ? En fonction de quels critères ? Quels doivent être les rapports entre la science et l’éthique ? Sur quelle anthropologie se fonde la recherche ? Si ces questions ne sont pas présentes à l’esprit des chercheurs, les progrès scientifiques risquent de conduire la famille et l’humanité à une impasse qui met en cause la vérité de l’homme.

Pour nous, Petites Sœurs des Maternités Catholiques, c’est une grande préoccupation, car les applications concrètes de ces recherches touchent déjà nombre de foyers : que ce soit le conseil génétique chez un couple qui a mis au monde un enfant handicapé ; ou le dépistage anténatal des malformations congénitales, qui pose le problème majeur de l’avortement sélectif en cas de malformations.

Sans parler des nouvelles techniques de procréation médicale assistée : Insémination artificielle par donneur, I.A.D.

Fécondation in vitro et transplantation d’embryon, F.I.V.E.T.E. Mères de substitution ou mères-porteuses.

Ces techniques nouvelles, qu’on le veuille ou non, opèrent une dissociation dans l’unité de l’être humain à son origine. Être biorelationnel, l’enfant doit pouvoir se structurer sur des bases solides qui reviennent au triangle fondamental : père-mère-enfant. Dans l’IAD, par exemple, nous ne sommes plus dans une relation humaine normale. Il y a dissymétrie dans le couple par la présence d’un tiers. Quel sera l’avenir de ces enfants ?

Chaque jour dans nos Maternités Catholiques, les Petites Sœurs sont interpellées par des couples concernés eux-mêmes par l’un ou l’autre de ces problèmes, et la réponse n’est pas évidente. Ecoutons :

On voudrait un autre enfant pour remplacer Rémi. En consultation génétique on nous a dit que le risque d’avoir un autre enfant atteint par cette maladie est de un sur quatre. Nous avons pensé à l’adoption mais c’est long et difficile. Nous allons sans doute nous orienter vers l’insémination artificielle par la banque de sperme. Mon mari serait d’accord par amour pour moi. Il ne veut pas me priver de ma maternité.

Et Madame R. pose la question : « Qu’est-ce que vous pensez, ma Sœur, de l’insémination artificielle ? »

« Le conseil génétique me convoque pour une amniocentèse : vous me conseillez d’y aller ? Et si on dépiste une anomalie, qu’est-ce qu’il faudra faire ? Vous accepteriez, vous ma Sœur, un enfant anormal ? »

Proche d’un Centre de recherche, l’une de nos Maternités Catholiques reçoit des mères ayant eu une IAD, ou une FIVETE. Ce sont des mamans « comme les autres » qui demandent cependant plus d’attention. Mais il risque bien de se présenter un jour ou l’autre des mères-porteuses. Quel comportement faudra-t-il avoir pour accueillir, soigner, sans pour autant « banaliser » une situation que nous ne pouvons pas approuver ?

Nous venons parce qu’il faudrait faire une ligature des trompes à Brigitte. Elle a dix-sept ans et nous sommes obligés de la placer dans un centre spécialisé ; à cause de ses frères et sœurs, on ne peut plus la garder à la maison avec son handicap. Le directeur du centre nous a dit qu’il était important pour l’épanouissement de Brigitte qu’elle ait une activité sexuelle au centre. Mais il n’accepte pas de jeunes filles si elles ne sont pas stérilisées : c’est un trop gros risque pour lui.

Un autre exemple, vraiment très difficile :

Madame X. attend son quatrième enfant. Lors de sa consultation prénatale à deux mois et demi, le gynécologue dépiste un cancer du sein évolutif. L’ablation chirurgicale a lieu aussitôt à la Maternité Catholique. Mais il faudrait entreprendre immédiatement une chimiothérapie dans un centre spécialisé, « seule chance de survie », disent les médecins. Aucun service n’accepte de pratiquer ce traitement sans avoir auparavant « vidé » l’utérus. Dans son être profond, Mme X. rejette l’avortement. Elle le dit formellement : « je désire mener ma grossesse à terme et suivre le traitement après ». Les Petites Sœurs et un prêtre ami la soutiennent dans son choix. Malgré cela et sous la pression exercée par son mari, sa famille, les médecins qui ne se résignent pas à ne pas tout tenter pour la guérir vite et le mieux possible, nous avons la tristesse de voir partir Mme X. dans ce centre spécialisé pour y subir avortement et chimiothérapie. Cela se passait en 1983. Cette année, en 1985, Mme X., dont le cancer est stabilisé, accouche à la Maternité Catholique de son cinquième enfant.

Durant le séjour en maternité, des rencontres sont organisées pour une information au sujet de la régulation des naissances, information qui se termine toujours par une réflexion sur l’amour humain « à l’image » de l’amour de Dieu. Ces rencontres suscitent souvent un dialogue personnel d’un foyer ou d’une maman avec une Petite Sœur. Tel ce témoignage :

Madame B. vient d’accueillir sa petite Amélie. Bel enfant. Papa heureux, quoiqu’un peu « retenu » pour manifester sa joie : il semble préoccupé.
Les premiers jours de Madame B. à la maternité se passent sans encombre. Mais, au cinquième jour, elle présente des troubles graves qui font craindre une psychose. Une conversation simple, presque banale au début, s’engage. Nous parlons d’Amélie, paisible dans son berceau. Et tout à coup, les yeux pleins de larmes, penchée sur son bébé, Madame B. dit : « J’en ai tué un ; j’ai peur de tuer le deuxième ! »
Cela faisait six ans que l’avortement avait été pratiqué, alors que Madame B., jeune fille de dix-neuf ans, faisait un syndrome dépressif après la mort de son père. A cette époque, elle connaissait son fiancé depuis un an. Les médecins disaient que la grossesse allait aggraver son état. La suite leur a prouvé la gravité du geste et ses conséquences dramatiques.
Amélie a aujourd’hui deux ans. Sa maman oscille entre des périodes de calme et des épisodes dépressifs graves.
Le couple est en grandes difficultés, car Madame B., dans sa culpabilité, se refuse à toute joie et à tout plaisir dans le mariage : « je n’y ai plus droit », avoue-t-elle.
Bien qu’elle semble ignorer tout de la foi, Madame B. revient régulièrement à la Maternité Catholique revoir la Petite Sœur, car, dit-elle : « c’est ici que je reprends courage ».

Oui, la famille en 1985 est vraiment bien malade !

Cependant, en même temps, la famille est l’objet d’une très grande attente : l’immense majorité des gens attendent en fait le bonheur, ou tout au moins du bonheur, du côté de la réussite affective de la vie en couple et très souvent de la vie familiale.

Alors, que faire ?

Voyant se dessiner cet avenir sombre pour la famille et l’humanité, depuis leur origine les Maternités Catholiques ont pris le parti de magnifier la vie, l’amour humain, la sexualité, le mariage, la famille. Il faut souvent ramer à contre-courant des mentalités en faveur du respect de l’homme pour faire découvrir le dessein bienveillant de Dieu notre Père sur l’homme et la famille !

Les institutions « Maternités Catholiques » veulent être un lieu évangélisateur où les foyers, à l’occasion du séjour en maternité, pourraient s’ouvrir à la vérité. Et ceci, non seulement par l’impact que peuvent avoir les communautés de Petites Sœurs ; mais par toutes les personnes qui travaillent dans les Maternités Catholiques, depuis les médecins jusqu’au personnel soignant et hôtelier. Tous sont au service de la même mission. Celle-ci exige, avec l’équipement technique, la compétence et la conscience professionnelle, le respect des personnes, pour créer ce climat de confiance indispensable à l’accueil de la Bonne Nouvelle : le Père nous aime tous comme ses fils !

Un simple témoignage :

La naissance de Sophie nous a émerveillés, mon mari et moi, quand nous avons constaté que notre amour avait « fabriqué » un corps vivant qui crie et s’agite. Au cours de la préparation à la naissance, nous avions été frappés de la façon dont la Petite Sœur avait parlé de l’embryologie. Surtout mon mari, professeur de sciences naturelles. Il est incroyant, mais il aime les sciences.
Pour notre second, Damien, j’ai accouché au moment de Noël. L’ambiance de la maternité en fête, la messe de minuit retransmise de la chapelle dans nos chambres, l’arbre de Noël nous ont beaucoup impressionnés. Mon mari était étonné de découvrir un service hospitalier si différent de ce qu’il imaginait, si proche des réalités humaines.
Mais c’est au moment de la naissance de Thomas que nous avons commencé à repenser notre foi, aidés par d’autres couples rencontrés à la Maternité Catholique, « anciens » dans la foi. Notre foi à nous : plutôt une croyance un peu cahotante... Nous avons envisagé alors l’éventualité du baptême pour nos enfants. Mon mari n’allait pas au même pas que moi !
Mais cette année, nous avons participé au dimanche des familles, le 6 octobre, et c’est mon mari lui-même qui a demandé aux Petites Sœurs s’il ne serait pas possible de réunir les familles une fois par mois pour prier.

Voici encore le témoignage d’un groupe de foyers qui poursuivent avec les Petites Sœurs l’approfondissement de leur foi à partir de la préparation au baptême de leurs enfants. Ces jeunes parents qui désirent éveiller la foi de leurs tout-petits prennent conscience qu’ils sont auprès d’eux cette « Église domestique » sur laquelle Jean-Paul II insiste tant dans Familiaris consortio.

Ce qui suit a été écrit par une jeune maman après « la fête de la famille » dans l’une des Maternités Catholiques :

Ce dimanche nous invitait pour la première fois à célébrer ensemble dans chaque paroisse, dans chaque foyer, « la fête de la famille », sur le thème : « Famille, deviens ce que tu es ». Quel lieu de rassemblement aurait-il pu exister de plus adapté à une telle célébration qu’une Maternité Catholique tout entière vouée à l’éclosion de l’amour humain sous le regard de Dieu ?
La célébration avait lieu à la chapelle, bien sûr, où nous sommes arrivés en procession, chacun tenant au creux de ses mains une bougie de couleur, symbole d’amour, de chaleur, de lumière. Les mères qui le pouvaient portaient dans leurs bras leur petit nouveau-né.
En chantant joyeusement « Magnifique est le Seigneur », nous sommes entrés dans la chapelle et avons pris place autour de l’autel, tandis qu’une Petite Sœur nous lisait une lettre de notre Évêque sur la nécessité de faire connaître l’idée même de la famille, autour de nous et en chacun de nous.
Puis quelques personnes lurent des intentions de prière, chacune suivie d’un chant repris par nous.
Chaque foyer, s’avançant de quelques pas vers l’autel, offrit et recommanda ses enfants, les aînés et les tout-petits, à l’amour et à la grâce de Dieu :
Père Saint, pour réjouir ta paternité et par Marie notre Mère nous t’offrons nos enfants... Qu’ils te connaissent et glorifient ton nom de Père, qu’ils travaillent à l’extension de ton règne d’amour, que ta volonté s’accomplisse en eux sur cette terre comme au ciel pendant l’éternité. Amen !
Pour terminer, une simple prière chantée à Marie, Mère de l’Église et Mère de nous tous, adultes et enfants.

À travers ces témoignages, il nous semble découvrir une illustration de ce que notre Fondateur écrivait en mai 1967 : « ...Le Concile, qui a eu dans tous les domaines de l’ aggiornamento de l’Église des effets considérables, a aidé à retrouver la vocation commune à tous les baptisés au-delà de la diversité des vocations et des missions... Nous avions été amenés d’avance à montrer aux Petites Sœurs que leur spiritualité ne devait pas être différente de celle des mamans... L’exemple des Petites Sœurs vivant leur vie filiale dans la joie de la charité et du don posait aux mères observatrices et réfléchies une question qui les intéressait directement elles-mêmes dans la fidélité à leur vocation baptismale et leur conduite dans leur propre foyer, comme épouses et comme mères ».

La mission des Maternités Catholiques déborde le cadre du service hospitalier. Elle se réalise également dans des rencontres de jeunes qui viennent en groupes ou individuellement dans l’une ou l’autre des Maternités Catholiques.

Si leurs appels sont variés dans leurs motivations, ils convergent tous vers cette question fondamentale : « quel sens donner à ma vie ? Vivre ? Pourquoi ? »

Certains jeunes viennent spontanément parler de leurs problèmes avec leurs parents, de la solitude trop lourde à porter. Ainsi Michel, seize ans :

– Voilà, je viens, parce que j’ai envie de me tirer dedans !
– Te tirer dedans ! Pourquoi ?
– Vous trouvez que c’est marrant, vous, la vie ?
– Non, la vie n’est pas marrante tous les jours. Et pourtant, j’aime la vie !
Michel lève sur la Sœur un regard ahuri et interrogateur.
– Pourtant vous, vous n’avez pas de mec...
Il semblait que pour Michel l’argument était décisif. A partir de là s’engage un dialogue en profondeur sur la vie, l’amour. Mais avant d’aller trop loin, et dans le but de comprendre mieux la démarche de Michel auprès d’une Sœur, celle-ci demande :
– Et qui t’a donné l’idée de venir ici ?
Michel raconte qu’il est venu voir une cousine avec sa mère :
– Pour un coup que ma mère était là !
et il a entendu la cousine dire :
– Ce qui est bien ici, c’est que quand on veut parler, il y a toujours quelqu’un qui écoute.
Michel a retenu ce propos qui lui a servi au plus fort de sa détresse, de sa solitude. Absence des parents qui ont leur vie professionnelle, leur vie de plaisir et Michel ne compte guère dans tout cela. A sa demande d’avoir des petits frère et sœur, il s’entend répondre :
– Ah, non ! C’est trop embêtant les enfants !
De l’argent, il en a plus qu’il n’en veut. Avec le porte-monnaie bien garni, les parents pensent le combler et du même coup protéger leur tranquillité.
– Parle-moi de tes parents.
– Mes parents, des nullités. Ils ne sont même pas capables de me tenir tête une fois.
Toujours seul à la maison, Michel recherche la compagnie des filles :
– Quand il y en a une qui m’écoute, on va ensemble, on couche ; mais même ça, c’est vite usé !
Si bien que Michel ne trouve plus de raisons de vivre.
La Petite Sœur parle avec lui de ses expériences, de sa recherche assidue de dialogue. Et Michel comprend que l’amour ne consiste pas seulement à vivre le plaisir pour lui-même. Aussi à la fin de la conversation demande-t-il à la Petite Sœur si elle veut bien parler de tout ça avec ses copains.
Quelque temps après, il amène un copain et deux copines pour une interview sur l’amour, la vie, la naissance des enfants :
– On a apporté le magnéto ; comme ça, on pourra expliquer aux autres que c’est beau l’amour !

Les Petites Sœurs reçoivent plus de trois mille jeunes chaque année, soit au cours de journées d’information sur les problèmes de la vie naissante, soit au cours de week-ends ou de sessions qui permettent une réflexion en profondeur, et dans la prière pour ceux et celles qui le désirent, sur le sens de toute vie humaine, à la lumière du projet de Dieu sur l’homme, tel que sa parole nous le révèle : « Dieu créa l’homme à son image... homme et femme il les créa » (Gn 1,27).

La tâche des Petites Sœurs appelle une longue et permanente formation : formation professionnelle, formation aussi en différentes disciplines touchant à l’anthropologie et aux valeurs fondamentales de la famille. Tout l’enseignement de Jean-Paul II à cet égard est sans cesse repris et approfondi dans leurs communautés. Elles s’appuient également sur les directives qui leur parviennent du conseil pontifical pour la famille ainsi que sur les travaux de la commission épiscopale pour la famille en France.

Au service de la vie en plein cœur du monde, alertées par l’évolution générale des mentalités au sujet des nouvelles techniques de procréation assistée dont il a été question plus haut, elles réfléchissent, en groupe d’étude, avec les médecins laïcs qui collaborent avec elles, et avec des experts théologiens moralistes, pour que soient assurés, selon l’expression de notre Saint Père le Pape Jean-Paul II dans Redemptor hominis : la priorité de l’éthique sur la technique, le primat de la personne sur les choses.

PETITES SŒURS DES MATERNITÉS CATHOLIQUES [1]

B.P.9 Nivolas-Vermelle
F-38300 BOURGOIN-JALLIEU, France

[1Né dans le diocèse de Grenoble en 1930, l’institut a été fondé par Mademoiselle Marie-Louise Lantelme, aidée par le vicaire général, Monseigneur E. Guerry. Ce dernier est bientôt nommé archevêque de Cambrai. C’est dans ce diocèse que l’institut est reconnu comme congrégation de droit diocésain en 1954. Le 21 novembre 1982, il est érigé en congrégation de droit pontifical. Monseigneur Guerry écrivait lui-même dans une note aux Petites Soeurs : « Ce sera peut-être un jour pour la découverte du vrai visage de l’Église dans un monde déchristianisé, le plus grand service que l’Institut aura pu rendre à l’Église. Il ne la montre pas comme une Église se repliant sur l’état religieux pour le défendre contre les « périls du siècle », comme on disait jadis. Mais au contraire, tout en sauvegardant évidemment l’essentiel de l’état religieux qui consiste dans le don total à Dieu et au Christ, il fera découvrir une Église toute proche des besoins les plus profonds des hommes, des familles, une Église travaillant à la promotion de la femme, à la défense des valeurs de la vie, de l’amour humain, de l’épanouissement conjugal et de la nécessaire éducation des enfants dans un climat de paix, de joie et de don aux autres ».

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