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Le costume religieux féminin aujourd’hui

Éléments de réflexion

Sabine Villatte, r.d.n.

N°1970-5 Septembre 1970

| P. 295-305 |

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Les religieuses sont de plus en plus nombreuses à quitter leur costume [1]. Depuis longtemps sans doute, elles le faisaient individuellement, quand elles voulaient passer inaperçues : étudiantes dans les facultés d’État, éducatrices pour certaines sessions ou dans les salles de spectacle... Aujourd’hui ce sont des congrégations entières qui font ce choix, qui le veulent permanent et qui ne prétendent point par-là dissimuler leur état de religieuses. D’autres s’y acheminent progressivement ou réduisent l’habit religieux au port d’un couleur uniforme, le gris généralement et d’un voile de dimension réduite.

Pourquoi ce changement ? Pourquoi est-il jugé nécessaire par certaines et inutile par d’autres ? Pouvons-nous en éclairer les motivations ?

Les valeurs exprimées par le costume religieux

À l’intérieur d’une communauté son uniformité manifeste que toutes sont également sœurs et que cette unité dans leur commune vocation est pour elles la valeur essentielle. Avec le nom de religion reçu le jour de la profession, l’habit monastique marquait la volonté d’abolir les différences de la naissance et les prérogatives du rang aux époques où les filles de la noblesse peuplaient les couvents.

Institué d’abord pour des moniales cloîtrées, il a fait question le jour où saint Vincent de Paul a envoyé ses Filles dans la rue. Mais depuis que les congrégations de vie active se sont multipliées, leur costume permet d’identifier les religieuses et il a pris valeur de « signe ». Des réflexions variées entendues au passage d’une religieuse, il semble qu’il évoque – entre autres – une image de dévouement, la « sœur de charité », celle qui va faire des piqûres à domicile, qui s’occupe des enfants et des vieillards. Il n’est que de voir combien facilement les plus pauvres demandent leur chemin, dans la rue, aux religieuses ou les gens leur confient un enfant ou un malade dans le train.

Dans un article qu’elle a écrit dans Le Monde des 11-12 janvier, cette année, Sr Marie Yvonne, O.S.B., affirmait que, situant sans hésitation la religieuse, son costume lui

permettait ainsi de proclamer sa foi... qui est son honneur, sa raison d’être, sa vie...

Et Dom Charlier, dans le courrier des lecteurs qui suivit déclarait :

Il y a ici infiniment plus qu’un signe. Il s’agit d’un symbole, au sens antique et étymologique du mot, où la civilisation biblique notamment a reconnu le sacrement d’une communion à l’invisible par le visible.

Et tout en admettant que :

le clergé se mette en civil pour répondre à sa vocation de levain dans la pâte,

il ne pouvait admettre que le moine le fasse

lui qui choisit délibérément de se séparer du monde, non pas certes pour le condamner, mais pour être un témoin remarqué et au besoin choquant des exigences transcendantes de l’homme (Le Monde 12-2-70).

Symbolisme qui rejoint et prolonge celui du vêtement baptismal. Revêtir l’habit, c’est revêtir le Christ. Alors que le blanc de la robe du baptême manifestait la joie de l’adoption des fils de Dieu, la couleur sombre de l’habit religieux déclarait la volonté de suivre le Christ pauvre et humilié dans sa mission de sauveur de l’humanité pécheresse.

Signifiant que la religieuse a renoncé au mariage et aux relations sexuelles, son habit est pour elle une protection. Cela est encore ressenti par certaines.

Protection aussi contre soi-même, volonté d’oubli de soi, libération des préoccupations qu’imposent aux femmes leur coiffure et leur parure, gain de temps certain, d’argent aussi. On a beaucoup parlé, il y a quelques années, du prix de certains draps ou de tissus de laine dont, selon la Règle primitive, devait être fait tel ou tel costume et de l’entretien des coiffes empesées. Aujourd’hui où tout cela s’est simplifié, le costume religieux revient certainement moins cher que le costume laïc.

Il sert enfin à distinguer les ordres religieux les uns des autres.

Pourquoi le quitte-t-on ?

L’abandon du costume religieux coïncide, en France et Belgique du moins, avec cette mutation de la vie religieuse qui a suivi le Concile, et qui s’était déjà amorcée dans les années qui le précédèrent.

Pour se faire semblable aux autres

Par-delà leurs œuvres de bienfaisance, hôpitaux ou écoles, les religieuses ont ressenti l’appel à l’évangélisation. Elles sont sorties de leur clôture, et se sont mises d’abord au service de la Parole de Dieu dans les paroisses, par la catéchèse ou le catéchuménat, et dans les aumôneries de lycées. Des trois Unions des religieuses françaises, celle des éducatrices paroissiales, l’UREP, est celle où les Sœurs sont les plus nombreuses à porter le costume laïc. Au Congrès de 1970 elles étaient plus d’un tiers des auditrices.

Mais au contact des non pratiquants, elles ont pris conscience qu’elles n’atteignaient encore que la frange de ces masses de nos villes modernes. Et les autres ? les plus pauvres, le monde ouvrier, les non croyants, les plus loin ? Ils ne viennent pas à elles, elles veulent aller à eux et elles sentent qu’il faut pour cela partager leur vie, leur travail, se mêler à eux dans les usines et les ateliers. Mais pour cela il faut abandonner les usages et les formes de vie qui seraient des entraves. Le costume religieux n’est qu’un élément secondaire, mais il est le plus visible.

Ainsi le port du costume laïc devient-il le symbole de cette solidarité profonde avec l’humanité d’aujourd’hui, qui est la condition nécessaire pour l’évangélisation et une marque de respect et d’amour pour nos frères. Pour trouver la communication avec eux, elle nous demande de passer d’une attitude de séparation à une attitude de communion.

Nous assistons au passage d’un apostolat de chrétienté à un apostolat de type missionnaire qui, dans un premier temps, s’actualise par une simple présence à la vie des hommes et des femmes, selon le vœu de l’amour qui éprouve le besoin « d’être-avec », d’être en communion.

Qu’est-ce à dire sinon que la fraternité dont nous parlions au début s’élargit aujourd’hui, par-delà la communauté religieuse proprement dite, à la communauté des hommes ? La Commission des religieuses en monde ouvrier du diocèse d’Arras, cherchant les motivations théologiques du choix de son insertion, y reconnaissait le mouvement même de l’Incarnation qui fit renoncer le Fils de Dieu à ses prérogatives divines pour se faire en tout semblable aux hommes.

Il est frappant de constater que des enseignantes dans leurs établissements scolaires et même des moniales ressentent aujourd’hui ce besoin

non pour céder à une mode mais par conviction, elles recherchent des signes de communion avec leurs frères et sœurs : habitat, costume, style de vie...

comme s’exprime une religieuse membre d’un ordre traditionnel, en rapportant l’expérience que vit sa communauté.

Mais faut-il assimiler la mode à une pression sociologique irrationnelle ? N’est-elle pas porteuse aussi d’une signification qu’il s’agit de reconnaître pour l’assumer lucidement ?

Pour un contact plus vrai

Puisqu’il s’agit moins maintenant pour la religieuse d’enseigner, de soigner, de « donner » que de créer des relations vraies, il lui faut faire tomber tout ce qui constituerait une barrière à la communication. Devant ce que la rencontre de l’autre a de menaçant, nous nous abritons derrière des attitudes stéréotypées, des conventions sociales, un langage tout fait ; ce réflexe, les psychologues le désignent par le terme de « vigilance ».

À un prêtre, à une religieuse, on parle des « choses de la religion », du catéchisme de la petite, de sa première communion, mais il faut qu’on la connaisse bien – et qu’on la connaisse comme quelqu’un « bien dans la vie » – pour lui faire part des vrais problèmes d’adultes. C’est qu’on la considère comme faisant partie d’un « monde à part », hors de la vie, de ses soucis quotidiens et de ses difficultés, le monde du « religieux », un « autre monde » ;

Quand je vois une religieuse habillée comme les autres femmes, j’ai l’impression qu’elle comprendra si je lui parle de mon ménage ou du syndicat...

C’est la réaction spontanée de l’homme de la rue :

Maintenant que vous êtes habillée comme tout le monde, on vous parle comme à tout le monde, cela facilite le contact...

Et cependant c’est là, à partir de ces vraies questions de leur vie d’adultes qu’on pourra les amener à lire la présence du Christ quand le dialogue sera arrivé à faire surgir les interrogations fondamentales. Il y a souvent plus de réticences dans le monde bourgeois, surtout chez les femmes des milieux traditionnels.

Le costume laïc ne crée pas automatiquement une relation vraie, c’est trop évident et celles qui n’ont pas de « contact » ne se verront pas magiquement transformées, mais il donne une aisance qui le facilite. Celles qui viennent de quitter le costume religieux remarquent la différence du ton avec lequel on leur parle chez les commerçants qui ne les connaissent pas et elles réalisent soudain que le costume leur avait donné « une autorité facile, presque bon marché », et du même coup elles s’interrogent sur l’ambiguïté du respect qu’on leur portait. De quel Dieu étaient-elles le « signe » ?

Pour une autre image de la religieuse

Ambiguïté des signes ! – « Allons prêcher ! », disait saint François à Frère Léon en l’invitant à traverser avec lui la ville dans sa bure de mendiant.

Qui peut soutenir qu’une simple silhouette de religieuse – même si elle arbore croix et chapelet – soit pour le passant de notre temps un rappel ou une découverte de Jésus Christ, alors que la pauvreté et l’amour fraternel ont pris un tout autre visage que celui qu’illustrent tant de couvents ? (Mme Brigitte Gall, dans Le Monde du 12-2-70).

Contresigne que donne l’embourgeoisement de certaines communautés malgré la pauvreté individuelle des religieuses ! Avons-nous conscience que, dans certains cas, la valeur chrétienne de nos institutions est compromise par les conditions d’ordre politique, économique, social et culturel dans lesquelles elles se réalisent ? Toute institution a une dimension politique aujourd’hui et nous sommes pour une part solidaire des structures d’oppression que comporte la société dans laquelle nous vivons. Il nous faut apprendre à déchiffrer le langage que nous parlons à notre insu.

Pour d’autres, la religieuse évoque une femme qui ne se marie pas et qui mène, avec d’autres femmes, une vie différente des autres, assez étrange, soumise toute sa vie à un règlement de pensionnaires travaillant, priant, se couchant à heures fixes, sous l’autorité d’une « mère supérieure ». Image sociologique qui, liée au « sacré », fait apparaître celui-ci comme séparé du profane, localisable dans des lieux et des personnes. Et ce langage, qui a eu sa valeur en d’autres temps, n’est plus expressif de la foi chrétienne aujourd’hui, car c’est au cœur des réalités les plus quotidiennes de la vie qu’elle cherche à lire l’action du Christ ressuscité.

Aujourd’hui les gens repoussent l’idée de la religieuse comme quelqu’un « à part », bonne personne dévouée effectuant strictement certaines tâches. Ils recherchent bien davantage l’essentiel. Nous aussi, dépouillées de l’accessoire (rites, habit, tâches traditionnelles), nous retrouvons l’essentiel de notre vocation : la consécration de notre être au Seigneur.

Ainsi l’image mentale est-elle souvent en retard sur la réalité. Les sociologues nous disent la force des « stéréotypes », leur permanence et leur influence sur le comportement spontané des individus. Nous n’aimons pas nous entendre appeler « bonnes Sœurs », mais c’est un stéréotype tenace qui s’interpose encore souvent, dans une première rencontre, entre nos interlocuteurs et nous. En faisant tomber ce « symbole » qu’est l’habit religieux, nous pouvons créer un désorientement qui amène les gens à se poser les vraies questions. Tel ce prêtre qui, rencontrant pour la première fois une religieuse en costume laïc et apprenant de plus qu’à cause de son travail elle vivait hors communauté, demandait pensif :

Mais alors, au fond, qu’est-ce qu’une religieuse ?

C’est cette même question que posaient les camarades d’atelier d’une religieuse « au travail » quand ils découvrirent que cette jeune fille si semblable aux autres gardait le célibat pour Jésus-Christ :

Mais alors, qui est donc Jésus-Christ ?

L’habit était un « signe » pour les temps de chrétienté. Nous ne sommes plus en chrétienté, même quand nous sommes au milieu des chrétiens et ce sont souvent les militants qui nous le déclarent le plus carrément :

Ne mettez pas ce mur de séparation qu’est votre costume. C’est ailleurs qu’il vous faut trouver votre spécificité (ibidem, p. 12).

Il nous faut donc « changer » cette image mentale de la religieuse que les gens portent au fond d’eux-mêmes parce qu’elle ne correspond plus à notre époque et qu’elle arrête les jeunes à la porte de nos noviciats. Pour cela il est souvent préférable, à mon sens, que la religieuse qui porte le costume laïc se fasse reconnaître par un signe distinctif, une petite croix par exemple, que l’on identifie facilement parce qu’on est habitué à la voir au revers du veston du prêtre. Mais dans certains cas, en milieu déchristianisé surtout, il sera bon de ne pas imposer au premier abord sa qualité de religieuse et de ne la déclarer que le jour où des liens auront été créés et que la question surgira spontanément chez nos interlocuteurs.

Pour être soi-même

L’uniformité est devenue très déplaisante à l’homme moderne, si soucieux des valeurs de la personne dans sa singularité individuelle. Ressentie autrefois comme signe que le religieux s’était renoncé lui-même pour suivre le Christ, elle est devenue une contre-valeur, car c’est la personne, dans son authenticité et son accomplissement dans le renoncement même qui est signe de « salut » et c’est elle qui témoigne et non le groupe en tant que tel.

Même à l’intérieur des communautés le port du costume laïc souligne le respect du choix des autres et c’est pourquoi il est péniblement ressenti quand une seule le porte ou quand le pluralisme n’est pas encore admis sur d’autres plans.

Qu’on le veuille ou non et même si ses variétés sont innombrables, le costume religieux est un uniforme. Revêtir un uniforme c’est revêtir une fonction et la personne du militaire, du policier, disparaît derrière le « personnage » et se signale d’abord par son appartenance à un groupe social déterminé exerçant un rôle déterminé. C’est que le vêtement ne sert pas seulement à couvrir et à habiller. Il n’est pas extérieur à la personne ; il fait partie de l’être, du vouloir paraitre-au-monde.

Et cela est plus vrai encore pour la femme : choisi par elle dans sa forme et sa couleur pour s’harmoniser avec son type physique et sa personnalité, il est expressif de ce qu’elle est.

« Mais nous allons nous retrouver femmes » craignent certaines religieuses à la pensée de revêtir le costume laïc. Cette crainte, il faudrait l’analyser.

Ne manifeste-t-elle pas une confusion entre deux niveaux de la féminité ? – Être femme c’est avoir la possibilité d’être un partenaire sexuel pour l’homme et même parfois de se réduire à ce rôle d’objet sexuel en vue du plaisir ou de la continuation de l’espèce. Mais c’est aussi vivre la condition humaine sur le mode féminin. Le fait d’être sexué imprègne notre personne non seulement biologiquement mais socialement dans tout notre comportement et nos attitudes. La femme doit s’efforcer d’être agréable à regarder, c’est là une convention qui fait partie du rôle féminin et qui n’a en soi rien de malsain.

Le goût de plaire, d’être bien habillée, de se regarder dans un miroir revient à la religieuse qui revêt le costume laïc, mais n’est-ce pas en assumant sa féminité concrètement qu’elle la dépassera en l’orientant dans le sens d’un meilleur service du Royaume de Dieu ? Le renoncement est dans l’acte même et non avant qu’il soit posé.

Crainte aussi de perdre ses « protections », et je pense aux moins jeunes plus encore qu’aux plus jeunes. Ce n’est pas sans un certain courage qu’on refait l’apprentissage du costume laïc après avoir porté longtemps l’habit religieux. L’œil doit se refaire aux formes et aux couleurs, le visage et la chevelure demandent du soin, certaines ne pourront pas éviter d’aller chez le coiffeur. Il y faut plus de temps, plus d’argent.

Le costume laïc nous restitue une liberté et une aisance extrêmement précieuses pour les autres,

écrivait Sœur Régine du Charlat dans le même courrier des lecteurs du Monde. Mais ce n’est pas toujours le cas, hélas ! Le spectacle offert par les religieuses en laïques est parfois d’une affligeante laideur et fait dire que « les religieuses ne sont plus que des femmes mal habillées et mal coiffées » (Le Monde, 12-2-70).

Mieux vaut dans ce cas garder le costume religieux qui a sa dignité et même son esthétique.

Plus choquant encore, apparaît chez certaines, et dans le port même d’un costume religieux simplifié, un raffinement qui sent le luxe ou la coquetterie. La mesure n’est pas toujours facile à trouver. Il faut consentir à des tâtonnements pendant lesquels les conseils de laïques amies seront précieux.

Le port du costume laïc est exigeant. Car c’est dans la vérité profonde de notre être que nous devons apparaître comme religieuses, sans le soutien des signes extérieurs.

Pour conclure

La question du costume religieux revient jusqu’à saturation dans les conversations et dans les interviews de religieuses. C’est parce qu’il est symbole, comme l’a montré Mme Pellé-Douël. Il met en cause les réalités les plus concrètes, notre relation à nous-mêmes, à notre corps, à notre communauté, comme le sens le plus profond de notre vie, la relation du profane au sacré, la conception que nous nous faisons de notre mission et de l’Incarnation.

Nous avons vu les valeurs mêmes dont témoigne le costume religieux lues en contre-valeurs dans une autre mentalité.

L’essentiel selon moi est qu’une religieuse soit cohérente avec elle-même et avec l’idée qu’elle se fait du renoncement, de la pauvreté et de son apostolat. Elle ne devrait quitter l’habit religieux que si vraiment elle le désire et se sent à l’aise avec l’image nouvelle qu’elle présentera d’elle-même.

Et puis il convient de relativiser cette question et même les arguments apportés en faveur du port du costume laïc. On ne peut même pas par-là juger du degré d’évolution d’une congrégation religieuse. Certaines, très engagées dans le monde du travail, comme les Petites Sœurs de l’Assomption et les Petites Sœurs du Père de Foucauld, ont gardé leur costume religieux et il ne semble pas que leurs contacts en soient gênés.

Nous vivons dans un monde désacralisé et de plus entraîné dans une mutation rapide. Les signes perdent leur signification sans que nous sachions bien par quoi les remplacer. Peut-être le costume religieux mitigé que portent la plupart des religieuses en Belgique et qui se répand de plus en plus en France correspond-il à la vérité de ce que nous sommes actuellement et il a l’avantage d’uniformiser les congrégations à un moment où elles découvrent combien elles sont proches les unes les autres.

Sœur Marie Yvonne s’était insurgée contre ceux qui disaient : « Dans dix ans il n’y aura plus de costume religieux ». Pour moi je croirais que dans dix ans la majorité des religieuses auront quitté l’habit, mais je ne suis pas sûre que dans cinquante ans elles n’aient pas retrouvé un vêtement expressif du projet de vie qui est le leur.

Foyer Nazareth
Rue Notre-Dame des Champs, 17
F-75 PARIS (6 e ), France

[1Ces pages traitent la question du point de vue d’une Congrégation active d’Europe occidentale. Le problème n’est pas exactement le même pour les contemplatives (qui ont autre chose à signifier dans l’Eglise) et il se poserait sans doute d’une manière différente dans un culture autre que la nôtre (N.D.L.R.).

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