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La formation liturgique dans les monastères

Session liturgique de Taizé des 28-30 juin 1966

Marie-Alain Naômé, o.c.s.o.

N°1966-6 Novembre 1966

| P. 374-375 |

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£A la suite d’une enquête sur la formation liturgique dans les monastères, une équipe pleine de dynamisme « Liturgie et Monastères » a organisé cette session pour moines et moniales. 92 participants, dont 28 moniales, se retrouvèrent à Taizé pour étudier les multiples problèmes liturgiques suscités par Vatican II dans les communautés de vie contemplative. Le Frère Pierre-Yves Emery, de Taizé, était présent.

La participation, trois fois le jour, à l’Office des Frères de Taizé, fut pour plusieurs l’expérience d’une prière vraiment « ecclésiale », la prière du Peuple de Dieu rassemblé pour une commune louange du Seigneur. Ce n’est pas un simple spectacle, mais une célébration dans laquelle il est permis à tout chrétien d’entrer d’une manière active, chacun se sentant concerné dans sa vie de foi et de prière.

Les messes concélébrées furent vraiment priantes et de toute beauté. On ne peut décrire la densité de prière et de recueillement de ces heures matinales. La session elle-même en fut tout imprégnée.

Voici un bref compte rendu de certaines des conférences [1].

Parlant des Directives de Vatican II, Dom Robert Gantoy, O.S.B., souligna que moines et moniales sont sujets, au premier chef, de l’action pastorale du Concile. Ils font partie du Peuple de Dieu et puisque, par vocation, ils consacrent le meilleur de leur vie à la prière et à la célébration de la liturgie, ce sont eux qui, les premiers, ont le droit et le devoir de participer à part entière à toutes les richesses de grâces et de renouveau qu’offre l’application de la Constitution sur la liturgie.

Le P. Bernard Besret, O.C.S.O., traita le sujet Novices et liturgie aujourd’hui. Leur formation, dit-il, ne doit pas s’arrêter au savoir et au faire, mais doit atteindre leur être même. Se basant sur les intuitions de l’anthropologie moderne, le Père parla de la maîtrise de soi, des refrènements et des abstinences, une vie liturgique demandant une authentique ascèse. Il évoqua aussi le rôle du silence, du chant, du rythme, de la danse sacrée, des ablutions. Nous devons baser la vie liturgique sur les rythmes et les lois fondamentales de l’existence humaine, pour entrer de plain-pied dans le monde de la liturgie, qui est celui du salut de l’homme tout entier.

Au sujet de La formation liturgique des moniales, Dom François Vandenbroucke, O.S.B., dit que le but de la formation liturgique n’est plus la vie intérieure comme telle, mais la participation active à la liturgie elle-même en tant que source de vie chrétienne, de grâce de salut, de prière vraie et ecclésiale. L’enquête faite dans les monastères a révélé chez les moniales un besoin réel et un désir profond de formation liturgique. L’orateur passa en revue et suggéra divers moyens adaptés.

Comme Objectifs de la formation liturgique, Dom Adrien Nocent, O.S.B., assigna : la fin à mettre au divorce entre formation théologique, liturgique, vie spirituelle et vie concrète de charité ; le discernement entre l’intangible et le provisoire ; la capacité de situer la réforme en cours à l’intérieur d’un développement organique.

À propos de La formation de la communauté, le P. Placide Deseille, O.C.S.O., aborda de nombreux points concrets : style des célébrations, rôle de l’aumônier, celui du célébrant, relations entre prière personnelle et prière communautaire. Ce fut peut-être la conférence la plus directement applicable aux petites communautés contemplatives actuellement dépourvues de personnes compétentes et d’instruments de formation.

Tirant les conclusions, le P. Maur Standaert, O.C.S.O., nota que, les moniales avec leur possibilité de prier les Heures en langue vivante peuvent et doivent apporter un concours irremplaçable au renouveau liturgique des monastères.

Cette session contribuera à l’information liturgique dont les communautés ont besoin. Il faut qu’elles sachent ce qui se fait ailleurs et puissent bénéficier des diverses expériences déjà réalisées. Une entraide entre les monastères devient de plus en plus indispensable, si l’on veut que le renouveau liturgique, sans être paralysé par les préjugés et le manque d’initiation de quelques-uns, progresse dans les communautés, pour qu’elles vivent toujours davantage l’actualité du Mystère du Christ.

Abbaye N.-D. d’Orval

[1Les exposés seront publiés dans la collection « Paroisse et Liturgie », Bruges, Biblica. Déjà vient de paraître, dans la même collection, sous le n° 72, une série d’articles intitulée Liturgie et Monastères. Études, I.

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