Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

La vie contemplative au XXe siècle

Mother Mary Francis, o.s.c.

N°1966-4 Juillet 1966

| P. 193-209 |

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Le Décret Perfectae caritatis a exalté la vie contemplative cloîtrée en termes de feu. « Les instituts entièrement ordonnés à la contemplation font en sorte que leurs membres, dans la solitude et le silence, dans la prière assidue et une pénitence joyeuse, puissent vaquer à Dieu seul. Ils conservent toujours, si urgente que soit la nécessité d’un apostolat actif, une place éminente dans le Corps mystique du Christ... À Dieu ils offrent, en effet, un remarquable sacrifice de louange... » [1]. De pareilles expressions ne sont pas destinées à être pieusement remisées au fond de nos intelligences ni à être gardées en réserve en guise de munitions contre d’éventuelles attaques. Au contraire, elles sont un pénétrant défi lancé à la femme du XXe siècle appelée du sein du peuple de Dieu à cette vocation sans pareille. Elles provoquent à un examen de conscience. Selon leurs normes, une religieuse contemplative peut humblement s’apprécier elle-même et sa vocation comme une image de l’Église, dans un effort pour découvrir comment elle doit sans cesse rénover en elle-même cette image et adapter les conditions de sa vie de telle sorte que l’image ne soit ni ternie ni mal comprise.

Plénitude

Comme image de l’Église qui est une, sainte, catholique et apostolique, la contemplative cloîtrée reçoit une vocation à l’indivision, à l’adoration, à l’universalité, à l’apostolat envers toutes les nations. Ces caractères de sa vocation sont clairement indiqués dans le décret : « leurs membres, dans la solitude et le silence, dans la prière assidue... (vaquent) à Dieu seul ». Vivre dans la solitude et le silence, occupée de Dieu seul, volontairement pénitente et adonnée à une prière assidue, requiert l’indivision de l’âme, la plénitude de la personne. Atteindre et conserver cette simplicité, cette plénitude est le vrai travail de rénovation intérieure de la contemplative. Écarter du cadre de sa vie ce qui tend à détruire cette simplicité ou menace de diviser cette plénitude est son travail d’adaptation.

Être en plénitude une personne, c’est être plus qu’une personnalité intégrée ou bien ordonnée, bien que la vraie plénitude présuppose et l’intégration des parties en un tout et la coordination de chaque composante avec les autres. La plénitude requiert un rejet délibéré de l’incomplétude. Et l’incomplétude se révèle de façons si diverses et attaque le concept authentique de la personne de façon si insidieuse que la lutte contre elle n’est chose faite et achevée à aucune période de la vie.

Nos descriptions les plus courantes d’une émotion forte montrent que nous avons conscience de ces assauts contre notre plénitude. Nous parlons d’un homme broyé par la douleur, explosant de joie, anéanti par la peur. Et nous sommes tellement accoutumés à ces descriptions imagées de la condition humaine que nous pouvons ne pas même prendre profondément conscience de la terrible vérité que nous exprimons si facilement : le problème de la « pureté » de la personne. « Pureté » est un terme habituellement réservé à la maîtrise de soi dans le domaine de la chair, c’est parfois un synonyme de chasteté. Toutefois ce qui est visé ici, ce n’est pas la maîtrise du corps, mais la « pureté » de la personne, une inviolabilité psychique et spirituelle, certes toujours sujette à des attaques, mais qui, finalement, se révèle à l’épreuve de celles-ci. Tout au moins, dans la personne totalement « pure », il n’y a pas de brisure fatale.

La caractéristique de la plénitude, c’est l’unité. La personne n’est pas la simple somme de ses parties. Aucune accumulation de processus mentaux et de réactions émotionnelles, de réflexes et de réponses conditionnées, d’aptitude à entrer en relation et d’autres éléments semblables ne donne comme total une personne humaine. De la plénitude émerge une hiérarchie intérieure, une organisation de la personne, dans laquelle une unique force motrice est à l’œuvre. Celle-ci n’est pas un principe sélectif, mais un principe directif, et ceci est une propriété de la plénitude qui est à la fois un témoignage et une indication. Un témoignage, en tant qu’il atteste la rectitude de l’acte ou du principe ; une indication, parce qu’il révèle une manière d’agir ou de juger. Il postule une grande simplicité.

La simplicité n’est généralement pas caractéristique de notre temps. En fait, elle n’apparaît de façon extraordinairement évidente à aucune époque. Car la simplicité demande une forte dose de personnalité. Notre déficience dans ce secteur est évidente pour qui considère le style de beaucoup de nos écrits et de nos lectures, notre approche de nos problèmes ou simplement des idées, aussi bien que nos relations avec autrui, et spécialement l’illogisme de beaucoup de nos processus mentaux. Il nous arrive parfois de mépriser une manière syllogistique de penser parce que nous sommes devenus, pour une large part, incapables de logique. Nous baignons largement dans un pseudo-existentialisme. Il pourrait être amusant, si ce n’était si alarmant, de dépouiller certaines de nos productions littéraires les plus bardées d’érudition et de dégager de toutes les complications qui l’enrobent le noyau vraiment très simple d’idées qu’elles renferment. On se demande parfois si l’adaptation la plus évidemment nécessaire ne consiste pas à décaper les « idées » courantes des couches de verbiage qui les recouvrent, bien plus qu’à supprimer quelques rangées de plis dans notre costume.

Par exemple, que l’autorité est fondamentalement une affaire de service devrait être une évidence. Notre-Seigneur a dit : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22,27). Depuis tant de siècles, le Pape a été appelé « le serviteur des serviteurs de Dieu ». Sainte Claire note, avec la concision de celle qui exprime une vérité trop simple pour demander le moindre développement, que l’abbesse doit être la servante et la domestique des sœurs, puis elle passe au point suivant. Toute supérieure doit découvrir sa propre manière de servir, mais, assurément, il ne faut pas de longues recherches pour découvrir le concept du service. La recherche n’est vraiment pas indiquée lorsqu’il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Et cependant, actuellement, certaines parmi nous sont en train de retourner cette idée, de la torturer, de la gonfler avec l’excitation désordonnée de celui qui aurait à dompter un monstre tricéphale.

Un autre indice de notre carence de simplicité est le manque généralisé d’humour dans nos écrits et dans notre conversation. Non l’humour du plaisantin ou celui du diseur de bons mots, mais l’humour de la sainteté, cette vision claire et perspicace qui pénètre au-delà des complications pour découvrir la simplicité de l’idée et prend conscience de l’humour de Dieu dans la création, la conservation et surtout la sanctification de ses créatures. Après tout, avoir de l’humour, c’est voir. Une vision spirituelle parfaite n’est pas possible sans une grande simplicité d’âme.

Or le peuple de Dieu tout entier est appelé à cette plénitude de la personne (qui dépend en tout premier heu de la plénitude de l’âme), caractérisée par son unité et manifestée dans la simplicité. Mais c’est la contemplative qui doit témoigner de cette vocation le plus clairement, le plus pleinement, le plus spécifiquement. La contemplative est appelée d’une façon spéciale à être unifiée, comme l’a bien marqué le n. 7 de Perfectae caritatis.

Il y avait une bonne part de sagesse dans la remarque de la vieille sœur converse qui disait : « Cette jeune fille n’est pas faite pour le couvent. Elle est trop double. » Cette sœur avait sa manière originale, colorée et fortement affirmative de faire remarquer que la candidate manquait de simplicité : « elle est double ». Mais nous, ne devons-nous pas confesser combien, par nature, nous sommes non seulement « doubles », mais même « multiples » ? Nous avons tendance à permettre à l’expérience de nous laisser dans l’incomplétude, alors que le propos de Dieu est de rassembler de plus en plus intégralement toutes les fibres de notre personne en Lui, qui est notre fin. Nous sommes si facilement dispersés par nos problèmes, nos relations, notre service de Dieu lui-même. Il est nécessaire d’admettre le danger pour notre unité qui nous guette à tous les tournants de la vie avant que nous ne soyons aptes à reconnaître ce risque comme une épreuve et finalement à changer ce risque en une occasion favorable : occasion de plénitude, d’unité d’âme.

Un grand et beau mouvement est actuellement en train de se produire dans la vie religieuse pour dé-compartimenter la spiritualité. Nous commençons à comprendre plus profondément que la prière a des mains tout autant que des genoux, que le service est simplement une manifestation de l’amour, tout comme l’identification volontaire avec nos souffrances en est une autre, et l’exemple une autre encore. Nous pouvons même espérer que disparaîtra bientôt l’absurde opposition entre sanctification personnelle et amour manifesté à autrui, opposition qui étonne les simples, incapables de reconnaître comme type de sainteté celle qui ne se traduit pas en amour et en service, opposition qui irrite les gens plus colériques qui ne supportent pas un manque aussi criant de bon sens là précisément où ils s’attendaient à trouver du bon sens.

Chez une religieuse qui s’intéresse à sa propre sanctification aux dépens de la charité, ce n’est pas une simple erreur que l’on doit corriger : ce qu’il faut, c’est lui enseigner un principe premier. Elle n’a pas encore compris l’idée la plus fondamentale de la vie religieuse : il n’y a pas de sanctification personnelle sans charité rayonnante. Et il n’y a de vraie charité théologale que celle qui jaillit d’un effort de sanctification personnelle. La préoccupation exclusive de sa propre sainteté révèle simplement un manque de sainteté. « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7,16). C’est à partir de la prière intérieure que nous pratiquons la charité qui rayonne au dehors. Aux yeux de Dieu la valeur de notre service dépend de la qualité de notre être, non de la quantité de notre agir. Tout cela est si simple. C’est pourquoi il nous est si difficile de le comprendre.

C’est la contemplative surtout qui doit donner au peuple de Dieu l’exemple d’une claire vision spirituelle, car celui-ci est si souvent troublé par le doute, aveuglé par de faux principes, ébloui par les faux-semblants, les contrefaçons, les ersatz. Si son regard n’est pas toujours fixé sur Dieu, elle n’est pas l’unifiée qu’elle est appelée à être. Hopkins a écrit de Notre-Dame « qu’elle n’avait à accomplir que cette œuvre-ci : laisser transparaître toute la grâce de Dieu ». C’est aussi ce que fait la contemplative. L’Église est une, indivise, totale. Par l’unique tâche qui lui est confiée, la contemplative est l’image de l’Église. Elle est appelée à porter témoignage à l’Être absolu de Dieu. Le genre de vie qu’elle mène dans la « séparation du monde » [2], cette « vie... cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3), absorbée dans le service direct de Dieu, est son témoignage à la face du monde que Dieu est le Bien suprême, infiniment digne de notre attention, de notre amour et de notre service sans partage.

De tous les genres possibles de vie, la vie contemplative est la seule qui soit entièrement inexplicable sans la foi en la souveraineté absolue de Dieu. Il y a deux grands commandements et à eux « se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes » (Mt 22,40). La contemplative doit être un vivant manifeste du « plus grand et (du) premier commandement » (Mt 22,38). « Le second lui est semblable » (Mt 22,39), mais est néanmoins le second. Le premier reste premier : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Mc 12,30). Ce n’est pas un conseil, c’est un ordre. Il n’est réservé ni aux contemplatifs ni aux religieux ; il s’adresse à tous. Mais c’est à ce premier et plus grand commandement que la contemplative doit apporter un témoignage brûlant, avec tout son cœur, tout son esprit, toutes ses forces. Ce que tous les chrétiens sont appelés à faire, il lui est demandé de l’accomplir d’une manière hautement spécialisée, et avec une plus grande intensité. Sa vocation est d’être la chrétienne entièrement unifiée.

Il est particulièrement nécessaire dans cette période stimulante de renouveau et d’adaptation religieuse que la contemplative soit radicalement attentive à sa vocation à être unifiée. C’est sa propre plénitude qu’elle doit approfondir et rénover, en adaptant ou en supprimant dans les circonstances extérieures de sa vie cloîtrée tout ce qui ne contribue pas à réaliser son unification. Ce serait une étrange manière d’adapter la vie contemplative que celle qui s’efforcerait de diviser davantage cette vie. Étant donné que la simplicité est un état si exigeant à vivre, si difficile à maintenir, nous pouvons aisément nous laisser aller à une manière complexe de penser et de juger. Il est tellement plus confortable d’être compliquée que d’être simple. La complexité projette sa lumière tantôt sur telle facette de la vie religieuse, tantôt sur telle autre. La simplicité, c’est le plein et grand éclairage sur l’ensemble de la scène. De par leur vocation, les congrégations religieuses sont appelées à mettre en lumière un type particulier de service dans l’Église, et ce service porte témoignage à Dieu devant les hommes, en sanctifiant celui qui l’accomplit et celui qui le reçoit, le donateur comme le bénéficiaire. Ce service rend gloire à Dieu et témoigne de la fécondité de notre Mère la Sainte Église. Par contre, la contemplative cloîtrée n’a rien à voir avec un apostolat actif particulier. C’est un témoignage direct à la Souveraineté absolue de Dieu qu’elle est appelée à rendre. Ce témoignage apparaît dans son absorption progressive en Dieu. Une absorption progressive dans autre chose signifie pour elle l’échec de son témoignage propre envers et devant les hommes.

Cela signifie-t-il que la prière au chœur, les exercices de piété, les œuvres spirituelles doivent être sa préoccupation solitaire ? Sommes-nous en train d’impliquer que son engagement total à Dieu signifie qu’elle ne devrait avoir aucun intérêt intellectuel ou culturel, aucun besoin d’une expression normale de sa créativité féminine ? Certainement pas. Précisément parce qu’elle est une contemplative, parce qu’elle est unifiée, la religieuse cloîtrée doit tendre à rendre à Dieu le témoignage de sa vocation avec la perfection de toutes ses puissances humaines. Elle n’aimera pas Dieu davantage du fait qu’elle pensera moins. Elle ne lui rendra pas service en ignorant les dons de la nature et de la grâce qu’il lui a faits. Elle ne glorifiera pas le Créateur en s’efforçant d’anéantir en elle l’œuvre de sa création. Ainsi, par exemple, l’étude de la théologie et de l’Écriture, dans les limites de sa clôture, serait une recherche convenant typiquement à la religieuse contemplative.

Le but dernier de l’étude, pour la contemplative, ne peut être envisagé que comme un accroissement de foi, d’espérance et de charité, de telle sorte que l’unification de son service puisse être plus parfaitement comprise par elle et rendue plus effective dans sa vie. Si l’étude est envisagée autrement, elle perd sa légitimité pour elle. Elle devient une attaque contre sa vocation à être unifiée. Sa course doit être celle de la flèche lancée au cœur de l’amour, prompte, directe et sûre. Pour quel autre motif est-elle venue au couvent ?

La contemplative, qui doit être unifiée, doit avoir une claire compréhension de ce qu’elle est et de ce que signifie sa vocation. Sans cette compréhension, elle confondra facilement un bien avec un autre. La religieuse active n’est pas appelée à être une laïque, et elle ne glorifiera pas Dieu en essayant de vivre comme une laïque. La contemplative cloîtrée dessert Dieu et le monde lorsqu’elle confond son genre de témoignage envers Dieu devant les hommes avec le type de témoignage propre à la religieuse vouée à l’apostolat actif. Ce qui lui est propre, c’est le témoignage eschatologique par-dessus tout ; ce qui lui est propre, c’est la vie de celle qui passe de ce monde au Père. La contemplative, celle qui est unifiée, a sa place propre aux pieds de Dieu, non sur la place du marché ni sur les grand-routes. Ce n’est que là qu’elle remplit son rôle comme adoratrice.

Adoration

L’Église est sainte. Le peuple de Dieu est appelé à la sainteté. Ce n’est pas la vocation particulière de la religieuse contemplative. Mais c’est sa vocation dans le sens le plus plein, au degré le plus intense. Elle est appelée à offrir à Dieu « un remarquable sacrifice de louange » [3]. L’adoration est son affaire et son occupation. Par conséquent, l’adaptation, pour la religieuse cloîtrée, comprendra la recherche de tout ce qui peut rendre sa vie plus pleine d’adoration (« on conservera religieusement... les exercices propres à la vie contemplative ») [4] et le rejet de tout ce qui la rend moins telle (« en supprimant les usages périmés ») [5]. Tout ce qui diminue la vigueur de la vie contemplative, la détourne de son sens, trouble sa pureté, est périmé et doit être supprimé. Ou, si pareilles choses sont des innovations, elles sont néanmoins des éléments étrangers qui font tort à la vie contemplative. Il faut d’autant plus vite les supprimer. « Je vais... la conduire au désert et parler à son cœur » (Os 2,14 ou 2,16). Pour la contemplative, le renouveau peut-être le plus nécessaire concernera la lutte pour vaincre la peur du désert, de ce désert où elle doit faire face à la réalité de ce qu’elle est et de sa vocation unique, seule devant Dieu. Là, elle doit laisser tomber la discussion à plusieurs pour écouter l’Unique.

Discussion, dialogue, communication. Tels sont les mots d’ordre du renouveau. Et ce sont de bons, valables et efficaces moyens pour un but. Dans notre enthousiasme, nous pouvons toutefois avoir besoin de nous rappeler qu’en eux-mêmes ils ne sont pas le but. Une franche discussion du besoin d’adaptation et des moyens de la réaliser le plus efficacement dans la communauté peut être une des meilleures manières de promouvoir la charité et de stimuler le renouveau de la pensée chez les religieuses, tout autant qu’un moyen d’accéder à la maturité. Mais quel est le but de la discussion ? On peut supposer que c’est d’arriver à une décision ou au moins à une conclusion. De façon analogue, nous aurions raison de penser que le dialogue doit aboutir à un enrichissement mutuel du jugement et de la compréhension, et que la communication vise à produire une nouvelle prise de conscience. Malheureusement, la discussion peut être un habile moyen d’évasion. Par conséquent, dans le cas de la contemplative, il s’impose qu’elle recherche ce qui sort de la discussion. Pour elle, celle-ci doit tendre à favoriser le caractère adorateur de sa vie. S’il n’en est pas ainsi, il faut la reconnaître et l’attaquer de front comme un imposteur qui n’a pas sa place dans le cloître.

Ce serait un manque de réalisme tout autant que de maturité pour la contemplative que d’ignorer le danger d’une loquacité à l’affût des conversations ou de nier que de fréquentes sorties du cloître, pour se rendre au dehors dans des ateliers, ne puisse que trop facilement engendrer l’amour des routes ou même des lignes aériennes. Tout en souscrivant avec enthousiasme à la valeur de la discussion et en reconnaissant raisonnablement qu’il existe des motifs valables de sortir occasionnellement de la clôture, la vraie contemplative tient qu’il est plus réaliste de pratiquer la vertu que d’en discuter, et que le plus pratique est d’observer son vœu de clôture en demeurant dans le cloître. Un bon moyen d’évaluer la valeur de la discussion pour la religieuse cloîtrée serait d’examiner son efficacité pour aiguiser en elle le désir de silence contemplatif et de récollection, qui sont la sauvegarde de son amour adorateur. La discussion a pour but de mener quelque part. Son but n’est pas la conversation. Pour la contemplative, la discussion n’est voulue que pour porter des fruits en vue de la contemplation. De la même manière, si la sortie de la clôture a été vraiment nécessaire, son premier résultat sera d’accroître le désir de rentrer dans le cloître et d’y rester.

Appelée à être une image de l’Église en tant qu’adoratrice, la religieuse cloîtrée doit – redisons-le – rejeter tout ce qui diminue la plénitude d’adoration de son service. Elle doit être à la recherche de tout ce qui accroît le caractère adorateur de sa vocation hautement spécialisée à l’amour. Voilà, pour elle, le terrain de l’adaptation, voilà son champ de renouveau. Sainte Claire se décrivait elle-même comme « prosternée aux pieds de la Sainte Église ». Elle savait que telle est la posture du témoin contemplatif dans l’Église. En adoration, silencieuse, humble, le visage détourné du monde et tourné vers Dieu, non pour aimer moins les hommes, mais pour les aimer de façon plus effective. Car on ne sert de façon effective que lorsque l’on comprend la manière propre dont on a à servir.

En tant qu’adoratrice, la contemplative doit tendre à donner un caractère d’adoration à toutes ses activités, même les plus profanes. Car il est essentiel que toutes ses puissances soient recueillies. C’est de l’indivision du recueillement que jaillit la plénitude d’adoration de sa manière d’être, de sa présence, de son approche. Tout le comportement d’une contemplative devrait, sans affectation, la révéler comme une adoratrice. Les autres ont le droit d’attendre et de trouver cela chez une personne qui a délibérément choisi de répondre à l’appel de Dieu à vivre séparée, cloîtrée, à l’écart.

Les adoratrices n’en perdront pas leur personnalité propre. Elles ne présenteront pas une uniformité incolore et fade. Tout au contraire. Mener une vie vouée à l’adoration élève l’idée de « personne » à son plan le plus élevé. L’esprit d’adoration se manifeste dans la manière de marcher, de parler, de se tenir. Son absence se trahira par la légèreté, le bavardage, la précipitation et l’excitation, et par-dessus tout par le manque de charité. L’adoratrice est la personne pacifiée qui crée une zone de paix par sa seule présence, celle qui ne déchire jamais, mais apporte compassion et guérison. C’est à toutes les âmes qu’elle est appelée à témoigner cette compassion. Il lui est demandé de participer, par sa vie d’amour adorateur sans partage, à la guérison universelle apportée par le Christ, à sa grande œuvre salvifique.

Catholicité

« Sur le peuple de Dieu, (les instituts contemplatifs) répandent la lumière d’une sainteté aux fruits abondants ; ils l’entraînent de leur exemple et par une mystérieuse fécondité apostolique le font grandir. Ils sont ainsi l’honneur de l’Église et une source de grâces célestes » [6]. Lorsque la contemplative se laisse détourner, elle-même et les ressources de ses facultés, de Dieu vers des fins subordonnées, elle se blesse elle-même dans cette universalité qui est l’élément propre et hautement caractéristique de sa vocation. La religieuse cloîtrée s’est retirée de la vue et du service de quelques personnes pour pouvoir aimer et servir tous les hommes d’une façon non seulement plus étendue, mais aussi plus radicale. En se soustrayant à des soucis particuliers, elle se rend capable de s’intéresser complètement aux problèmes de tous les hommes. Son amour, sa compassion, son service deviennent vraiment catholiques.

Dans l’office propre de sa fête, Saint François d’Assise est appelé par l’Église « François, homme catholique et totalement apostolique » (Franciscus vir catholicus et totus apostolicus). Les contemplatives ses filles, comme toutes les contemplatives dans tous les cloîtres, sont appelées par Dieu à être des « femmes catholiques ». Au plus profond de la vocation contemplative canonique se trouve – et c’est le splendide paradoxe voulu par Dieu – que la religieuse cloîtrée est catholique, c’est-à-dire universelle, dans la mesure exacte où elle est séparée. S’étant refusée à toute spécialisation, elle en arrive à comprendre la portée générale de sa vocation. Son amour lui-même devient universel. Son intérêt se porte directement sur Dieu. C’est pourquoi, plus que n’importe qui, elle est concernée par les pleurs et les joies de tous, les tensions, les divisions et les recherches de la vie. Cachée avec le Christ en Dieu (ce n’est pas d’une manière métaphorique, mais pratiquement et littéralement qu’elle est cachée dans la cour intérieure de l’Église), elle entre dans l’esprit du Christ qui « porta nos infirmités » (Is 53,4) et « fut broyé à cause de nos iniquités » (Is 53,5).

C’est le rôle de la contemplative de porter les infirmités des hommes. Et Dieu est fidèle. Il ne manque jamais de pourvoir à ce que la contemplative soit broyée pour les fautes des hommes. Si elle est profondément intéressée à la catholicité de sa vocation, s’efforçant sans cesse de sonder les profondeurs de son mystère, la religieuse cloîtrée n’aura pas besoin de se voir enseigner le sens de l’engagement ou de l’intérêt pour autrui. La vraie contemplative expérimentera dans son propre être, et avec une intensité sans cesse croissante au cours des années, les souffrances de l’humanité. Elle se tendra en avant avec ceux qui cherchent à tâtons et tremblera avec ceux qui ont peur. Elle parlera de victoire avec les forts et luttera avec le désespoir des rebuts de l’humanité. Il n’est pas besoin de dresser des listes de ces découvertes. Et il n’y a, à leur sujet, rien qui soit le moins du monde extraordinaire. C’est l’expérience tout à fait commune de la religieuse cloîtrée normale, s’efforçant de vivre sa vocation à l’intérieur des frontières matérielles propres à celle-ci, de découvrir de façon progressive que ses frontières spirituelles s’étendent au monde entier.

Elle découvre qu’aimer lui a donné une plus grande capacité d’aimer. Toutes ses souffrances l’équipent pour souffrir davantage. Sa profonde conscience de la signification de la clôture l’habilite à être la pauvresse de Yahweh, au service de tout le peuple de Dieu, comme sa servante. Plus elle demeure dans son cloître, plus est préservé et assuré pour la religieuse cloîtrée ce caractère universel de la vocation contemplative.

« Qu’aucun malheur, qu’aucun deuil ou calamité ne vous trouve étrangères » [7]. Combien profondément ces mots de Jean XXIII témoignent de sa compréhension de la vocation contemplative. Une contemplative est étrangère aux malheurs, aux deuils et aux calamités si elle n’a pas de part dans la souffrance qu’ils causent. Cette participation, elle l’assure par la qualité de sa vie priante et pénitente. Conscience d’un deuil doit signifier pour elle une nouvelle intensité de prière et spécialement d’esprit de prière. Connaissance d’une calamité devrait être pour elle synonyme d’un degré plus profond de pénitence dans sa propre vie. Sa pitié doit se répandre sur le monde à travers les cinq plaies du Christ, son amour doit jaillir de Son cœur. Ce ne sera possible que si elle demeure cachée dans ces plaies, amoureusement enfermée dans ce cœur.

François d’Assise demandait dans sa prière de pouvoir éprouver dans son propre corps les souffrances de la passion du Christ, connaître dans son propre cœur l’amour que le Christ portait à 205 toute l’humanité dans sa passion rédemptrice. Les Stigmates de saint François, que l’Église honore d’une fête spéciale le 17 septembre, furent la réponse de Dieu à la première demande. L’amour stigmatisé de François fut la réponse de Dieu à la seconde. Ni les filles de saint François ni aucune autre contemplative ne sont appelées par vocation à porter comme lui dans leur corps les plaies du Christ. Mais toute contemplative est assurément appelée à l’imiter en se faisant un cœur stigmatisé à travers lequel la pitié du Christ se répande sur l’humanité. « François, homme catholique ». Sur sa montagne solitaire, dans ses Carceri [8], il était plus « l’homme catholique » que lorsqu’il prêchait dans les rues d’Assise. Car c’est dans la prière, dans l’amour, dans l’auto-immolation silencieuse que nous atteignons toutes les âmes. C’est dans notre don secret à Dieu que nous sommes données à tous les hommes.

« Qu’à l’occasion d’aucune découverte scientifique, assemblée culturelle, réunion sociale ou politique, vous ne pensiez : ce sont là des choses qui ne nous concernent pas » [9]. De nouveau, ces mots du très cher Souverain Pontife Jean XXIII insistent sur la catholicité de la vocation contemplative. La religieuse cloîtrée doit s’intéresser à tout ce qui intéresse les hommes, exactement comme elle doit être consciente de l’époque, à laquelle elle vit, de ce que celle-ci demande d’elle et entre quelles limites précises cette époque circonscrit sa vocation intemporelle. Donc, aucun progrès scientifique, aucun gain de la culture ne peut être dépourvu de signification pour elle. Elle se réjouira d’apprendre, en général et dans les détails, tout ce qui concerne le monde qui l’entoure : c’est là quelle-même, aussi bien que n’importe qui d’autre, peut remplir sa fonction et porter des fruits pour l’apostolat de l’Église envers les âmes.

Il est nécessaire toutefois qu’elle comprenne clairement de quelle manière le progrès scientifique et les assemblées culturelles la concernent. Elle ne doit pas commettre une lourde injustice envers les paroles d’un grand Pontife en les comprenant et en les appliquant de la façon la plus superficielle. Elle doit toujours rester la catholique, séparée du monde en vue d’être une servante universelle, directement occupée de Dieu, au point d’en devenir elle-même un nouveau Christ pour le monde. Évidemment, la contemplative cloîtrée n’a pas besoin de fréquenter des expositions scientifiques pour s’intéresser à la science, ni de se rendre à des cours d’art pour témoigner de son intérêt pour l’art. De nouveau, il y a danger à confondre les vocations. L’intérêt pour la science et la culture est l’affaire de tous les chrétiens et donc aussi des religieuses. Cependant, il y a et il doit rester une considérable différence dans la manière dont cet intérêt est exprimé par des religieuses non-cloîtrées et par des religieuses cloîtrées.

C’est la sainteté que Perfectae caritatis, (n. 7) décrit comme étant l’inspiration que la contemplative devrait apporter au peuple de Dieu et le lustre qu’elle devrait lui donner. En conséquence, d’autres témoigneront de leur intérêt pour les maux sociaux et l’angoisse des opprimés en faisant route avec eux, tandis que la contemplative donnera le même témoignage à genoux. Sa catholicité est diminuée dans la mesure où elle manque à comprendre l’unicité de sa vocation : celle-ci exige un intérêt universel et une compassion universelle, qui ne sont possibles qu’à quelqu’un qui demeure habituellement dans le cœur du Christ, rédempteur de tous.

Apostolat

« Par une mystérieuse fécondité apostolique (les contemplatifs) font grandir (le peuple de Dieu) » [10]. Il n’y a pas d’amour sans service. Aimer, c’est immédiatement ressentir l’impulsion à donner. Comme la bonté qui en découle, l’amour a tendance à se répandre. En conséquence, il ne pourrait jamais y avoir d’amour véritable sans apostolat. Plus l’amour est unifié, plus son apostolat est catholique. Plus adorateur est l’amour de la religieuse cloîtrée, plus effectif est son apostolat, celui que le Pape Pie XII a décrit pour nous : « Cet apostolat, dont elles sont chargées par l’Église, les moniales l’exercent de trois manières : par l’exemple de la perfection chrétienne, qui sans paroles attire les fidèles au Christ, par la prière publique et privée, par le zèle à assumer, outre les pénitences prescrites par la Règle, celles que suggère l’amour généreux du Seigneur » [11]. Et il ajoute : « Il est clair que ces moniales exclusivement contemplatives participent à l’apostolat de l’amour du prochain sous ses trois formes de l’exemple, de la prière et de la pénitence » [12]. Malheureusement, ceci ne semble pas être très clair pour certains, ce qui peut provenir de leur manque de vision spirituelle. Mais cela peut aussi être dû à la qualité de l’exemple donné par ces « moniales exclusivement contemplatives ». En tout cas, c’est à cette seconde possibilité que les religieuses doivent s’intéresser de façon immédiate.

Il est nécessaire de souligner l’aspect sacramentel de l’apostolat de la contemplative. Elle est un type de l’Église spécialement en ce qui regarde la relation nuptiale de celle-ci au Christ. La religieuse contemplative, dans sa vie cachée dans le « jardin clos », est voulue afin d’être, pour le peuple de Dieu, un signe brûlant de cette relation nuptiale. L’amour adorateur envers l’Époux est son occupation principale : « Nous vous exhortons avec insistance à vous adonner de tout cœur à la prière contemplative, votre tâche essentielle pour laquelle vous avez renoncé au monde » [13]. C’est la prière elle-même qui est la mission de la contemplative, son apostolat.

Toute la vie de la religieuse cloîtrée est un acte de foi prolongé dans l’Absolu de Dieu et un témoignage en sa faveur. Elle n’a jamais la joie propre à l’apôtre qui procure l’instruction des ignorants, le soin des malades, la conversion des païens, l’éducation des orphelins et les attentions aux personnes âgées. Toutefois, elle doit porter toutes ces préoccupations dans son sein et faire ainsi naître ces joies. C’est par sa consécration à Dieu dans la foi pure qu’elle le fait. La sacramentalité authentique de sa vie, sa valeur comme signe sera uniquement son bonheur d’appartenir au Seigneur. « La joie et la gaieté constantes sont des traits typiques d’un don sincère de soi » [14]. Aussi l’exemple de la contemplative perd-il sa valeur apostolique si le mécontentement et l’inquiétude défigurent sa vie.

« Le dévouement généreux ne s’accommode pas d’une tension constante, de contrainte, d’une lutte continuelle avec des obligations péniblement supportées et qu’on rejetterait, si on le pouvait » [15]. Lorsqu’apparaissent de pareilles tensions, contraintes, signes de lutte, on a besoin d’un profond renouveau intérieur. La guérison ne sera pas obtenue en s’attaquant au cadre de vie de la religieuse (bien que celui-ci aussi soit toujours soumis au changement et à l’adaptation, – c’est évident), mais en aidant la religieuse à entrer plus profondément dans le mystère de sa propre vie et à comprendre quel type de signe elle est appelée à être, bref, à redécouvrir la sacramentalité de sa vocation contemplative.

Que toute tentative de commencer l’œuvre du renouveau à partir de l’extérieur au lieu de l’intérieur soit condamnée à l’échec, cela apparaît déjà dans les caricatures écrites et dessinées de la contemplative, qui se multiplient autour de nous. La valeur significative de l’habit religieux, le silence monastique, les veilles nocturnes, les pieds nus, le jeûne et d’autres pratiques similaires ont été mises en question par les uns et rejetées par les autres. Ce qu’on nous propose à leur place comme signe ne révèle rien d’autre qu’une pathétique incapacité de comprendre la vocation contemplative et un évident insuccès à prendre au sérieux l’apostolat qui constitue la vie même de la religieuse cloîtrée : prière, pénitence, exemple.

« La nuit aussi, (je suis) devant toi » (Ps 88 ou 87,2) : la religieuse cloîtrée fait écho au psalmiste. Dans ses vigiles nocturnes, la contemplative témoigne de son intérêt pour l’adoration de Dieu par-dessus la fatigue physique et toutes les exigences de la faiblesse humaine qui rechigne devant une telle mesure de dévotion. « La nuit aussi, (je suis) devant toi. » Cela fait partie du témoignage d’amour de la contemplative, partie de son témoignage au milieu du peuple de Dieu, partie de son apostolat.

De même, en marchant pieds nus comme il convient à « des pèlerines et des étrangères en ce siècle » [16], la religieuse cloîtrée démontre de façon éminemment pratique qu’elle est une pauvre pénitente de Yahweh. Son absorption silencieuse dans l’amour adorateur de Dieu, sans le besoin des stimulants extérieurs ni des distractions de la vie du monde, témoigne de la transcendance absolue du Très-Haut et déclare sa suffisance absolue pour l’âme. Son jeûne et son abstinence signifient qu’elle participe à la compréhension qu’avait saint Paul de la nécessité de traiter durement son corps et de le tenir en servitude (1 Co 9,27), en vue d’être un instrument spirituel plus parfait de Dieu pour le salut des âmes, tout comme sa paix et sa joie indiquent qu’elle aussi « se bat sans frapper dans le vide » (1 Co 9,26).

« Je sais en qui j’ai mis ma foi » s’exclamait saint Paul (2 Tm 1,12). La vraie contemplative fait de même. Elle aussi, avec le grand apôtre des Gentils, est un apôtre pour toutes les nations. Elle comprend profondément sa comparaison du coureur qui vise une couronne incorruptible. Tel est son apostolat : l’exemple qu’elle donne au peuple de Dieu par sa vie de prière et de pénitence en esprit d’amour est celui de quelqu’un qui court vers Dieu, qui passe déjà de ce monde au Père sur les ailes de la foi, foi dans Celui en qui seul elle vit, se meut, existe.

Unifiée, adoratrice, universellement intéressée et apôtre à la dimension du monde, la contemplative doit continuellement s’humilier devant le mystère de sa vocation pour être capable d’y pénétrer chaque jour plus profondément. Ainsi seulement elle sera, pour le peuple de Dieu, la vivante image de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, que Perfectae caritatis déclare à bon droit qu’elle est.

Monastery of the Poor Clares
809 East Nineteenth Street
ROSWELL, New Mexico 88201, U. S. A.

[1N. 7. Traduction de Vie consacrée, 1966, p. 21.

[2Perfectae caritatis, n. 7, ibid.

[3Perfectae caritatis, n. 7, ibid.

[4Ibid.

[5Perfectae caritatis, n. 16 ; Vie consacrée, 1966, p. 27.

[6Perfectae caritatis, n. 7 ; Vie consacrée, 1966, p. 21.

[7Jean XXIII, Lettre « Il tiempo massimo » aux religieuses, le 2 juillet 1962 ; R.C.R., 1962, p. 153.

[8Ermitage situé dans une gorge du mont Subiaco, à quelques kilomètres d’Assise, où le Saint se retirait pour prier.

[9Jean XXIII, ibid.

[10Perfectae caritatis, n. 7 ; Vie consacrée, 1966, p. 21.

[11Pie XII, Trois radio-messages aux moniales du monde entier (19 et 26 juillet et 2 août 1958) ; R.C.R., 1958, p. 192.

[12Ibid.

[13Pie XII, Trois radio-messages... ; R.C.R., 1958, p. 186,

[14Pie XII, ibid. ; R.C.R., 1958, p. 184.

[15Pie XII, ibid. ; R.C.R., 1958, p. 183.

[16Règle de Sainte Claire (Rome, 1932, p. 23).

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