Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Accompagnant l’article précédent, l’étude du Père Chaillot est la bienvenue. Elle confirmera combien l’École Française a approfondi des aspects essentiels à la vie consacrée. Ici, c’est l’intime réciprocité entre vie d’union à Dieu et engagement apostolique qui est montrée à partir de l’expérience spirituelle et des écrits de Monsieur Olier. On soulignera la préoccupation ecclésiale de cette spiritualité qui appelle tous les états de vie à conjuguer la vie “spirituelle” et la vie “missionnaire”. On découvrira encore combien, pour Olier, celle-ci, lors de la prédication par exemple, est le lieu même de l’expérience proprement mystique de l’onction de l’Esprit et de l’accueil de ses dons.
Nous méconnaissons peut-être les apports du XVIIe siècle français au développement de la vie religieuse et les créations nouvelles que sa spiritualité propre a suscitées. Ici, en quelques pages trop brèves mais limpides, l’auteur nous fait découvrir combien, pour l’École Française, la sainteté sacerdotale est presque synonyme de “à la manière des Apôtres” et donc comment, à ce titre, elle requiert une forme de vie communautaire bien particulière. Ce texte est à lire en reprenant celui que le P. Dumont (cf. V.C. 1992, 344-358) nous avait donné sur la spiritualité sacerdotale.
Ces « sociétés » qui viennent d’apparaître dans le nouveau titre de la C.R.I.S. (Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique) ont déjà une longue histoire, que l’auteur s’attache à évoquer, non sans réfléchir aux tensions qu’elles ont connues et qui les touchent encore : sociétés de vie commune sans vœux pour le Code de 1917, sociétés de vie apostolique « juxtaposées » aux Instituts de vie consacrée pour celui de 1983, ces communautés fraternelles, qui pratiquent, en vue de la mission, les conseils évangéliques dans une institution stable reconnue par l’Église, ont certes trouvé place au soleil canonique – mais n’est-ce pas à l’ombre de l’état religieux ?
Avec la promulgation du Code de droit canonique par Jean-Paul II, les Sociétés de vie apostolique reçoivent enfin un statut juridique qui les qualifie de façon positive et non plus privative comme c’était le cas dans le Code de 1917, où elles figuraient sous le titre « sociétés de vie commune sans vœux ». Ceci étant, toutes...