Sur les chemins de l’espérance qu’avait ouverts, avec le même titre, J. Moltman en 1964, on trouve cet ouvrage, inattendu en sa simplicité.
Dès l’introduction, l’auteur y propose de « reconsidérer les mystères centraux de la foi chrétienne sous l’angle spécifique de l’espérance » (p. 12) : les bonnes raisons d’espérer encore devant l’impossible sont données par Dieu lui-même, elles se ramènent à Dieu promis en personne (p. 17). Nourri de l’Écriture et des penseurs chrétiens, Thomas et Augustin en tête, le déroulement de la thèse se fait dogmatique et pastoral tout ensemble, partant de l’espérance pour la création abusée (ch. 2), à travers « l’espérance pour autrui » dans le sillage du Christ sauveur (ch. 3), par l’Esprit puissance novatrice d’espérance (ch. 4), dans la charité qui espère tout et s’étend à tout (ch. 5). Ici, l’Église, « communauté d’espérance de pécheurs en train d’être sauvés par Dieu » appelle son Seigneur (ch. 6). Au terme, l’auteur s’explique sur « l’anticipation de la fin et l’ordre de l’ultime » (ch. 7), abordant l’espérance qui porte sur les choses dernières (« Osons parler vraiment d’une résurrection de la chair en sa vulnérabilité transfigurée », p. 182). La conclusion propose d’« espérer aussi avec ses mains », par des actions, et finit sur Marie, souvent présente dans l’exposé, elle qui, durant les trois jours du tombeau, a porté à son accomplissement l’espérance de son peuple et a espéré seule devant Dieu.
Voit-on à quel point tout se trouve ici renouvelé ? Cet ouvrage, qui propose une bibliographie sélective et un index, est celui qui manquait, en théologie, à côté du Vivre avec l’irréparé d’Isabelle Le Bourgeois.
Éditions du Cerf, Paris, mai 2024
208 pages · 20,00 EUR
Dimensions : 13 x 21 cm
ISBN : 9782204162531