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Psaumes censurés

Quand la prière a des accents violents

André Wénin

A. Wénin nous gratifie d’une étude sur les Psaumes censurés, ceux qui demandent à Dieu : « Casse-leur les dents dans la gueule » (Ps 58,7), ou déclarent : « Heureux celui qui saisira et fracassera tes nourrissons contre le rocher » (Ps 137,9) ! Dans leur liturgie, les Églises chrétiennes excluent souvent ces textes violents. Mais, interroge l’exégète de Louvain-la-Neuve, « de telles pratiques n’ont-elles pas des relents de marcionisme ? » Aussi prend-il le parti de montrer que l’on n’a pas avantage à les évincer. À cette fin, la méthode suivie consiste d’abord à montrer « la cohérence interne » de chaque psaume avant de cerner au mieux « les caractéristiques de la voix qui s’y fait entendre ». Après cette introduction, l’A. commence par étudier trois psaumes bannis entièrement de la liturgie depuis le Concile Vatican II, les Ps 58 ; 83 et 109 (ch. 1-3) ; ensuite, il complète son étude par quelques « bribes » d’autres psaumes également censurés (ch. 4). À ce stade, il est déjà possible de percevoir qu’une lecture attentive soulève le voile de l’incompréhension. Le ch. 5 fait un pas de plus en montrant, à partir des Ps 139 et 137, que lorsqu’on supprime les versets qui dérangent, c’est la cohérence globale du psaume qui est atteinte, de sorte qu’une prière de supplication devienne un « simple poème, gentil, mièvre même, plein de nostalgie du passé » (p. 169). En conclusion, prier ces psaumes, c’est prier « comme membre d’un corps souffrant, comme une voix qui exprime la totalité de la souffrance du monde ».

Collection Lire la Bible, 192

Éditions du Cerf, Paris, octobre 2017

204 pages · 18,00 €

Dimensions : 13,5 x 21 cm

ISBN : 9782204104326

9782204104326

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