Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Petit manuel de synodalité

Dominique Barnérias Isabelle Morel Luc Forestier

Préfacé brillamment par Nathalie Becquart, cet ouvrage n’est petit que par le format. Il introduit à l’art de la vie synodale, en achevant chaque chapitre par quelques questions qui aideront le lecteur ou son groupe d’appartenance à mieux s’y exercer : « Ce livre a pour but de fournir un certain nombre d’éléments pratiques pour que la synodalité soit vécue de manière ordinaire et heureuse » (p. 119). C’est une réflexion à trois voix, qui se décline en sept chapitres et s’achève sur une bibliographie très utile, tout en s’agrémentant de quelques encarts. Partant de ce qu’un synode diocésain implique comme préparation, célébration et réception (ch. I), il développe la synodalité d’abord en mode paroissial (ch. II), avant de consacrer un important chapitre au discernement propre aux congrégations religieuses (ch. III, nous allons y revenir) et de passer à l’échelon de l’Église universelle (ch. IV). Il peut alors « modéliser » la synodalité comme système dynamique (ch. V) et préciser ce qu’il en est de « l’esprit synodal qui permet que les procédures mises en place portent du fruit » (p. 107) (ch VI). Finalement, on s’y met à l’écoute de la mémoire biblique (ch. VII) « qui provoque et structure l’Église depuis Moïse jusqu’à Marie » (p. 122) : passent rapidement en revue Moïse, Jérémie, Néhémie, Tamar-Rahab-Ruth-Bethsabée, Pierre, Paul, Jean et Marie, dont la présence « atteste de la place essentielle de la prière dans cette quête des chemins de l’Esprit dans le monde » (p. 135). La dernière interrogation de l’encart final demande « quelle place nous accordons à l’Écriture dans les processus synodaux », et ce n’est pas la dernière des questions à se poser.

Cet ouvrage-manuel prend donc la peine d’examiner, au chapitre III, « l’expérience tout à fait singulière du discernement personnel et synodal » dont disposent, parmi d’autres réalités ecclésiales, les membres des communautés religieuses menant une vie commune. Dans la richesse postconcilaire de la vie associative de l’Église, religieux et religieuses se sont fait remarquer par un retour aux sources (consécration fondée dans le baptême, révision des engagements envers les pauvres, nouvelle régulation de la vie commune...). Leur contribution à la synodalité dans l’Église tient notamment à la nature de leur vie fraternelle, structurée par l’organisation régulière de chapitres, ces réunions décisionnaires dont le fonctionnement est régulé : un exercice synodal qui « nécessite en réalité de puissants processus de formation, permettant à tous les participants de contribuer aux discernements en cours » (p. 64). On remarque ainsi que « c’est toujours au niveau local que la dynamique d’un chapitre est lancée », par des débats « qui ne prennent sens que sur fond d’une écoute en commun de la Parole de Dieu, montrant ainsi le lien puissant entre exercice de la synodalité et vie liturgique sous l’action du Saint Esprit » (p. 66). La formation au discernement communautaire, « sur fond d’un appel reçu personnellement » passe par une reconnaissance de l’égale dignité dans l’appel reçu et authentifié par l’Église, conjuguant liberté et obéissance, ce qui concerne plus largement tous les baptisés : tous ont à écouter en commun une Parole qui vient solliciter chacun à travers une diversité de médiations humaines et ecclésiales (p. 69). Il y a longtemps qu’on n’avait présenté de façon si originale la contribution possible de la vie religieuse à la vie de tous les chrétiens.

Salvator, Paris, septembre 2021

144 pages · 15,00 EUR

Dimensions : 13 x 20 cm

ISBN : 9782706721212

9782706721212