C’est un régal de prendre connaissance, à la suite de tant de morceaux d’éloquence célèbres, des Conférences de Carême données en 1984 sous les auspices de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais ici, les intervenants sont les instrumentistes de partitions insignes, familiers qu’ils sont des auteurs qu’ils interprètent, en l’exercice imposé d’entrer dans l’intelligence des sacrements selon chacun d’eux. On est saisi par la parole de Léon Bloy (E. Godo), converti par la figure eucharistique chez Paul Claudel (D. Millet-Gérard, seule femme du panel), emporté par la spiritualité de la communion de Charles Péguy (pourtant privé de l’Eucharistie, N. Faguer), illuminé par la pitié de Georges Bernanos – « consoler Dieu pour pleurer avec lui » (Ph. Richard) –, porté par l’art « plus loin qu’aucun théologien ne pouvait aller » dans l’écriture de Joris-Karl Huysmans (G. Prigent), et au sommet, nous voici abandonnés avec Marie Noël au don de Dieu (A. Montoux) dans le Sacrement suprême qu’est le Christ. Une « mystérieuse musique » se fait entendre, porte dérobée qui ouvre vers une nouvelle splendeur des plus vénérables sacrements.
Saint-Léger Éditions, Le Coudray-Macouard, mai 2024
180 pages · 14,00 EUR
Dimensions : 13 x 21 cm
ISBN : 9782385222482