Ce petit ouvrage de vulgarisation attire l’attention sur la nourriture et les repas dans la Bible, soulignant qu’il s’agit d’une dimension souvent occultée dans un christianisme trop cérébral. Ce thème rejoint pourtant la société occidentale contemporaine où la nourriture a une place importante, où les émission de cuisine se multiplient au même rythme que les interdits alimentaires en tout genre, que ce soit pour des questions sanitaires ou éthiques. L’idée principale de l’ouvrage est que le langage alimentaire sert à exprimer une certaine théologie et promeut une spiritualité de la vie avec Dieu comme vie d’abondance, de bonheur et de convivialité. Le ch. 1 présente la culture biblique des repas comme faisant partie intégrante du culte, invitant à une révision des traductions qui utilisent le registre sacrificiel. Le ch. 2 montre comment le langage alimentaire exprime une certaine théologie, à partir de cette formulation de la promesse comme terre où coulent le lait et le miel. Le ch. 3 décrypte ce qu’il y a derrière les règles alimentaires. À distance des idéaux du végétarisme (Gn 1) et de la liberté des nomades (Caïn offrant de son troupeau), le régime alimentaire postdiluvien (Gn 6-9) se présente comme une position réaliste où le repas carné est possible mais sans oublier que la vie a été versée (sang). Le ch. 4 remarque que dans certains passages, il n’est pas seulement de repas mais aussi de cuisine, interprétée comme cocréation et activité théologique. Quant au ch. 5, il est consacré au rapport entre Jésus et la nourriture. Si certaines prises de position nous paraissent manquer de nuance (abandon du registre sacrificiel ou de la pratique de l’abstinence alimentaire), cet ouvrage, agréable à lire, aidera ses lecteurs à découvrir un mode de présence de Dieu au quotidien que nos existences trop souvent marquées par la recherche d’efficacité ont facilement tendance à oublier.
Collection Parole en liberté
Cabédita, Bière, mars 2025
96 pages · 15,00 EUR
Dimensions : 13 x 20 cm
ISBN : 9782889850150