Fruit d’une thèse dont l’auteur décéda avant la publication (voir la recension précédente), voici une petite somme de droit canon qui dépasse largement son titre. C’est qu’une Première Partie donne un exposé très complet sur « la gestion des biens des instituts religieux selon le droit en vigueur et le magistère ecclésial » auquel tous les instituts pourraient recourir. La Deuxième Partie enquête sur la pratique réellement en usage dans quelques instituts de Côte d’Ivoire, dûment contextualisés dans leur histoire et leurs réticences ; beaucoup de questions s’y posent, vu le manque de rigueur et de transparence, notamment dans la reddition des comptes, mais aussi quant au rapport des religieuses à l’argent, étant donnés certains de leurs comportements – solidarité familiale plutôt que mise en commun des biens, enrichissement personnel chez des aînées et « engouement effréné » pour la mode chez des plus jeunes. La Troisième Partie a le mérite de suggérer remèdes et propositions pour une vie consacrée africaine authentique, mais là aussi, les « impératifs de gestion et exigences d’authenticité de la vie religieuse » s’appliqueraient partout, puisqu’il s’agit d’une « formation adéquate en vue d’une gestion efficiente des biens comme des personnes », requise par les derniers documents magistériels, et des sanctions qui permettraient d’éviter certains détournements. Certes, note la conclusion, « l’élément déclencheur du manque de transparence... est la pauvreté des familles de certaines religieuses » (p. 258) et le rôle d’aînée que joue inévitablement la personne qui a le mieux réussi, mais si le sujet concerne essentiellement les religieuses, « il n’est certainement pas sans intérêt pour les religieux » (p. 260), ni d’ailleurs pour les évêques, parfois tentés de « venir chercher de l’argent dans les instituts » (p. 144) – est-ce seulement le cas en Afrique ?
Collection Patrimoines
Éditions du Cerf, Paris, février 2024
296 pages · 36,00 EUR
Dimensions : 15 x 21 cm
ISBN : 9782204162494