Préfacée par le Cardinal J.-Cl. Hollerich, ce petit ouvrage dont la typographie rappelle les éditions évangéliques, prend sa trame, non pas de la chronologie historique, mais des quinze caractéristiques que saint Paul attribue à l’amour, au chapitre XIII de la Première Lettre aux Corinthiens, transposé en termes d’amitié : « l’amitié est patiente, elle est pleine de bonté, elle n’est point envieuse… » (p. 18). Bien indiquée dans la table des matières, cette distribution paulinienne n’est pas reprise en tête des quinze chapitres, mais bien dans leur corps, toujours structuré identiquement. Ainsi, le chapitre 2, consacré à Vincent de Paul et Louise de Marillac, indiquera, après 5 pages de rappel historique, comment ici, « L’amitié est pleine de bonté ». Une « thématique » s’ensuit, qui consiste toujours à se demander : « est-ce que moi aussi, je ne devrais pas m’inspirer de ces saints ? », tous présentés en duos. Pour continuer l’exercice, sont proposées, dans chaque chapitre, des « pistes d’actions et de prière ». On reconnaît ici la pédagogie du « voir, juger, agir » de l’action catholique, parfois très simplifiée : ainsi, Thérèse d’Avila s’étant libérée du regard des autres, « ai-je un souci excessif de mon physique (taille, poids…), de mon apparence, de ma manière de m’habiller ? » (p. 99) ; ainsi surtout du très beau chapitre sur les martyrs de la fraternité, à Buta (au Burundi), qui ne peut que porter à la prière ou au geste de paix. On pourra discuter de certains choix (Gertrude est bien postérieure à Mechtilde, mais c’est l’occasion d’interroger sur « les amies de cœur », et de conseiller « une soirée spécial filles » via un film, une sortie, par exemple « dans un hamam pour me faire du bien » (p. 239). L’ouvrage ne manque pas d’erreurs (l’Ordre des Chartreux a été fondé en 1084, p. 89 ; Anne Franck n’est pas revenue de déportation, p. 234) ; et s’il cherche à inspirer toutes les affections de la vie (le mariage avec Charles et Zita d’Autriche, la purification des relations mixtes dans la vie consacrée avec François et Claire, le rapport aux parents avec Monique et Augustin, la perte des amitiés avec John Henry Newman et Elizabeth Ann Seton, qui pourtant ne se sont pas rencontrés...), il le fait sous un mode qu’on aurait aimé plus spirituel que moralisant. On saluera tout de même la belle conviction des auteurs, de considérer « la véritable amitié comme un lieu de repos, un abri sûr », prélude de l’éternité.
Première partie, Paris, mai 2024
230 pages · 17,00 EUR
Dimensions : 14 x 19 cm
ISBN : 9782365263399