Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Studium Notre-Dame de VieFR-84210 VenasuqueFRANCE
Le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (Henri Grialou, 1894-1967) pourrait être bientôt béatifié. Dans l’attente de cet événement, un membre de l’Institut Notre-Dame de Vie, connu de nos lecteurs, nous propose une esquisse de l’expérience spirituelle enseignée par son fondateur : l’emprise de l’Esprit Saint sur le Christ se reçoit dans une vie baptismale attentive à la Présence divine ; une « œuvre commune » naît ainsi de la faiblesse humaine conjuguée à l’humilité de l’Amour.
Nous sommes heureux de publier, en hommage au Père Charles-André Bernard, cette étude de la mystique de l’action chez la Madre, laquelle est bien plus proche d’Ignace de Loyola qu’on ne l’imagine habituellement. Thérèse de Jésus voulut, la première, trouver Dieu en toutes choses. C’est que, « lorsque l’union à Dieu est totale, contemplation et action communiquent et se fécondent l’une l’autre ».
Arrive un moment, plaise au ciel que nous y consentions, où il s’agit, dans la vie spirituelle, de « passer » de la « gestion de sa vie » à la « conduite de l’Esprit ». Cette Pâque délicate est pour toute vie chrétienne une épreuve de dessaisissement, d’abandon dans la confiance en Dieu seul, où il est question de cette gracieuse mutation du serviteur en ami. Les auteurs spirituels (Thomas d’Aquin, Thérèse de Jésus, Jean de la Croix, le père Louis Lallemant, le père René Voillaume...) appelés à rendre compte pour nous de cette « seconde conversion », de ce « second appel », apportent leur soutien fraternel en balisant le chemin. Il reste que, dans cette « nuit du sens », seul l’Esprit, si on y est docile, conduit Marthe et Marie en nous à l’union à Dieu, qui nous vide et nous comble, dans la Charité.
À l’opposition fallacieuse entre l’action et la contemplation, l’auteur apporte un démenti circonstancié et argumenté à partir de la vie et de la doctrine de la Madre. Sans qu’il n’y ait confusion, évidemment, entre ce qui peut se décrire comme les deux faces d’une même docilité à l’Esprit, la doctrine exposée ici montre bien l’inclusion réciproque de ces deux modalités d’un unique itinéraire où cela seul compte, la grâce excessive de l’union à Dieu, là même, action et contemplation, où c’est de nuit.