Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Ouverture

N°2020-4 Octobre 2020

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Ouverture

Le Pape François vient de signer à Assise, le 3 octobre, sa troisième encyclique, Fratelli tutti, portant cette fois sur « la fraternité cosmique et l’amitié sociale ». Après la foi christologique (Lumen fidei, 2013) et l’écologie inspirée (Laudato si’, 2015), voici le temps de retrouver la paternité divine universelle, alors même que la pandémie se poursuit et que l’actualité ecclésiale demeure contrastée.

Dans ce numéro, nous avons la joie de vous proposer d’abord la Rencontre du père Martin Maier, s.j., théologien allemand marqué par la haute figure de Monseigneur Oscar Romero : il montre comment la théologie du peuple crucifié peut aider les futurs leaders européens à devenir eux aussi « la voix de ceux qui n’ont pas de voix », si nombreux dans le Vieux continent. La conversion vers les nouveaux modèles de solidarité est encore devant nous.

Nous voici déjà au cinquantième anniversaire de la proclamation de Thérèse de Jésus comme docteur de l’Église ; l’occasion, pour sœur Marie-David Weill, c.s.j., de nous offrir sa contribution au récent Colloque de Venasque dont les Actes seront bientôt publiés. Une femme orante et ignorante a donc pu éclairer de son expérience de feu l’Église de son temps – et non moins du nôtre. Un autre Kairos nous est proposé par le père Claude Robinet, sj., archimandrite bien connu des milieux russes et biélorusses de Rome et de Bruxelles : il s’intéresse aux linéaments d’avenir que certains décèlent dans les temps éprouvés que l’alternance confinement-déconfinement nous fait vivre.

Du côté des Orientation(s) de fond, Madame Anne-Marie Pelletier, bibliste renommée, nous propose, à partir du refrain de saint Luc, un profil marial inusité : en Marie, le lieu retiré du cœur et la scène du monde se rejoignent, l’endurance de la foi porte jusqu’à la fin, dans l’histoire de l’enfant né de sa chair, l’obscure clarté d’une présence qui abritera toutes les déroutes humaines. De même que l’Écriture, demeurera toujours la Lex orandi : dans un texte écrit avant l’irruption de la pandémie, sœur Marie-Laure Desangles, f.m.j., nous fait goûter le neuf et l’ancien que la liturgie des Fraternités Monastiques de Jérusalem a pu mettre au jour, en syntonie avec le projet d’un monachisme urbain.

La Chronique d’Écriture Sainte du père Sébastien Dehorter, de l’Emmanuel, nous permet comme chaque année de voyager de l’Ancien au Nouveau Testament, en nous arrêtant davantage sur la place des femmes ou certaines figures, mais toujours en réfléchissant aux manières de lire la Bible ou même de la représenter.

Sur un autre ton, le Cardinal Philippe Barbarin retrace pour nous le fil de son récent séjour au pays du Seigneur où il a pu rencontrer un grand nombre de communautés dont il décrit d’une plume alerte la physionomie et les préoccupations. La terre de la Parole est aussi bien celle de l’accueil, de la prière et de l’engagement social ou éducatif, portés par ces groupes de laïcs ou de consacrés d’autant plus attachés à leur mission que les chrétientés historiques se trouvent en déclin.

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