Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Éditorial

Vies Consacrées

N°2007-4 Octobre 2007

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Cette livraison débute par un important article du P. Michel Mallèvre, sur le défi que représente l’œcuménisme pour la vie consacrée de toutes les Eglises chrétiennes : les mutations récentes offrent de nouvelles chances aux communautés monastiques et religieuses, « témoins d’une tradition, d’une insertion ecclésiale forte, de la cohérence d’une forte expérience spirituelle… ». Thérèse de Jésus est ensuite présentée, par le père François-Régis Wilhélem, dans sa « théologie vécue », où la vie spirituelle devient progressivement de plus en plus mystique, en même temps qu’éclôt un puissant esprit apostolique – la voici plus proche d’Ignace de Loyola qu’on ne le pense souvent. Une autre fondatrice, mais de vie apostolique, sœur Ghislaine Aubé, nous conte une petite parabole, pour nous « relancer dans la prière », puisque l’âge avancé peut être « le temps de grands combats qui avaient jusque-là été épargnés ». Le frère Daniel Briant étudie longuement la difficile question du partage du charisme avec les laïcs, en particulier dans le monde de l’enseignement ou de la santé qu’il connaît le mieux, puis il tire quelques conclusions de grande importance. Le père Lambert Lwamba Musinde médite sur la formule de sa profession religieuse, celle des Salésiens de don Bosco, rappelant ainsi que nos trésors liturgiques sont par excellence des ressources puissantes pour la pensée et pour l’action. La chronique d’Écriture Sainte de Véronique Fabre, portant sur le Nouveau Testament, parcourt les ouvrages récents qui tracent comme toujours de nouvelles pistes de recherche, avant les « Renseignements bibliographiques » variés et la liste des ouvrages que nous venons de recevoir.

Comme il est d’usage à la fin de chaque année, trois tables sont proposées : l’une relève les articles publiés en 2007, l’autre analyse les thèmes explorés, et la dernière inventorie tous les ouvrages recensés dans la même période.

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La récente enquête que nous venons de faire auprès des communautés de lectrices et lecteurs qui, parfois depuis longtemps, reçoivent la revue grâce à la générosité des autres (voyez notre encadré si vous voulez rejoindre cette forme de partage) nous assure que toutes les rubriques sont appréciées soit par les uns, soit par les autres — et en particulier, dans les pays non européens, ces recensions et chroniques si utiles à la formation des jeunes et moins jeunes. Les quatre professeurs qui se sont engagés dans le service de la revue et le poursuivent, estiment eux aussi que cette forme d’apostolat par l’écriture est aujourd’hui plus utile que jamais. Aider d’autres à publier (et parfois, publier soi-même, comme chacun de nous l’a fait) est une manière très appropriée de multiplier les bénéficiaires de recherches souvent onéreuses. L’écrivain chrétien travaille en effet pour la gloire et la louange de Dieu, mais il est appelé à ce service dans le temps des hommes. Il ne suffit donc pas de se tenir simplement devant Dieu (mais il le faut, au principe) ; il est encore nécessaire de parler (c’est cela, la théo-logie), et de faire retentir cette parole au-delà du cercle restreint de ses premiers auditeurs. Or, le support de l’écrit a depuis toujours puissamment relayé l’articulation de la révélation divine, biblique et chrétienne ; et depuis l’invention de l’imprimerie, la publication est le véhicule le plus apte à la circulation des messages et des échanges spirituels — via la mise par écrit, bien plus que par le son, même musical, ou l’image, même dans ses avatars actuels de la toile (Internet !), marqués par la précipitation.

Pour les personnes portées à l’étude, la mise en forme des pensées est salvatrice, en même temps que missionnaire. Car il s’impose, sous peine de manquer l’essentiel, de partager les dons reçus à ceux qui y ont droit — surtout s’ils n’ont pas le temps, l’argent, ou la préparation requise. Le contre-don peut venir de ceux qui nous envoient leurs réactions, et surtout de ceux que notre publication entraînerait à écrire des choses utiles aux autres, dans le Seigneur — il n’est pas rare que cela arrive et c’est ainsi aussi que se construit une tradition spirituelle et apostolique. La vie consacrée a-t-elle jamais existé sans se dire dans un langage qu’il faut apprendre, pour la continuer ? Notre revue est donc un lieu pastoral pour cette vocation.

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