Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Éditorial

Vies Consacrées

N°2007-3 Juillet 2007

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Il est temps d’aller à la rencontre de la Joie…

« Le souvenir d’un passé glorieux ne peut pas ignorer les ombres qui accompagnèrent l’œuvre d’évangélisation du continent latino-américain. En effet, il n’est pas possible d’oublier les souffrances et les injustices infligées par les colonisateurs aux populations indigènes, dont les droits humains fondamentaux ont souvent été piétinés. Mais la juste mention de tels crimes injustifiables — des crimes d’ailleurs déjà condamnés à l’époque par des missionnaires comme Bartolomé de Las Casas et des théologiens comme François de Vitoria de l’Université de Salamanque — ne doit pas empêcher de prendre acte avec gratitude de l’œuvre merveilleuse réalisée par la grâce divine au sein de ces populations au cours de ces derniers siècles. » Cette mise au point de Benoît XVI, à son retour du Brésil [1] peut être versée au crédit des religieux dominicains, franciscains, jésuites, etc. qui furent sans conteste « disciples et missionnaires de Jésus Christ » — pour reprendre le thème de la cinquième Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, dans le Sanctuaire de Notre-Dame d’Aparecida. Cette visée missionnaire, « inséparablement théologique et sociale », est aussi la nôtre, ainsi que l’illustre la présente livraison ; de l’Europe au Vietnam, de la solitude à la vie éternelle, c’est la même invitation qui court depuis l’Ancien Testament et que l’on retrouve dans les ouvrages d’Afrique ou d’ailleurs : il est temps d’aller à la rencontre de la Joie.

De nouvelles formes de vie consacrée trouveront-elles les chemins du cœur des hommes de notre temps, ou d’anciennes formes entendront-elles les nouvelles requêtes des pauvres ? Un laïc chrétien s’engage à proposer des chantiers pour l’avenir, et nous savons gré à Marc Leboucher de s’être ainsi exposé — que pourraient d’ailleurs vivre les consacrés qui ne soit en communion avec les autres chrétiens ? Le père Pierre Gervais, théologien jésuite, a repris, trente ans plus tard, le chemin du Vietnam : et voici qu’après la tourmente, la Compagnie fête dans l’allégresse les cinquante ans de sa réimplantation — comment cela s’est-il donc fait ? Le chanoine Luc Ravel nous interroge sur les célibataires non consacrés, si nombreux et si marginalisés dans l’Eglise : n’ont-ils donc rien à nous révéler, en termes de charisme propre et de pauvreté effective ?

Le droit canon des Eglises orientales (1990) a suivi de peu le Code latin (1983) : il n’est pas trop tard pour que nous entrions en contact avec ce qu’il règle de l’état monastique et de la vie érémitique, de la fondation de maisons ou provinces de rite oriental, du passage d’un rite à l’autre et des ordinations ; que Monseigneur Dimitrios Salachas, professeur de droit canon à l’Institut pontifical oriental et consulteur de la Congrégation pour les Eglises orientales, soit remercié de nous avoir offert cette étude exhaustive. Et il n’est jamais trop tard, non plus, pour penser à l’éternité : selon le mot de Joinville, rapporté par le père R. De Coster, nous y verrons Celui qui serait le mieux représenté, sur la terre, par une branche d’amandier en fleur…

« Vies consacrées »
24, bd Saint-Michel
B-1040 Bruxelles

[1Place Saint-Pierre, le 23 mai 2007.

[2Place Saint-Pierre, le 23 mai 2007.

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