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Sens de la présence des Pères Blancs au Maghreb et dans les pays à risque

Conférence donnée à Paris à une assemblée d’Amis des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs)

Étienne Renaud, m.afr.

N°1997-3 Mai 1997

| P. 142-150 |

C’est avec une retenue et une justesse spirituelle exemplaires que le P. Renaud, M.A. nous fait percevoir les enjeux d’une présence évangélique risquée. Ne serait-ce pas, d’ailleurs, un pléonasme ? Sans doute ne doit-on pas chercher la persécution, ni agir de telle sorte que celle-ci soit facilitée, mais il est, au sens spirituel profond du terme, “consolant” de reconnaître, là où la vie consacrée y est convoquée, la vérité du témoignage, la seule : la charité divine.

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Au départ, le thème que l’on m’avait proposé pour vous parler aujourd’hui était formulé ainsi : “Pourquoi les Pères Blancs restent-ils en Algérie ?” J’ai pensé qu’il était préférable d’élargir la réflexion, d’abord pour dépasser la problématique “rester ou partir ?”, somme toute assez limitée. Ensuite, parce que, où qu’ils soient, les Pères Blancs sont partie prenante d’une Église locale et c’est en Église, en concertation avec les évêques, que les décisions se mûrissent et se prennent. Par ailleurs, les quatre Pères Blancs qui ont été assassinés le 27 décembre 1994 à Tizi Ouzou font partie de ces dix-neuf membres de l’Église qui ont donné leur vie en Algérie au cours de ces deux dernières années, le dernier en date étant Mgr Claverie à Oran. Enfin, il est bon de se rappeler qu’il n’y a malheureusement pas que l’Algérie où les Pères Blancs doivent partager des situations de grande insécurité. Ce fut le cas pendant plusieurs années à Beyrouth, il y a eu l’Ouganda dans les années 80, et plus récemment le grand drame qui a secoué le Rwanda en 1994, où deux de nos confrères ont été tués. Et voilà que les séquelles de ce conflit se font sentir par une déstabilisation de toute la zone des Grands Lacs, mettant nos confrères, l’Église et tout un peuple dans un climat de danger, très difficile à vivre au fil des jours, très éprouvant pour les nerfs. Dans un cadre où il n’y a plus aucun îlot de sécurité, aucun recours immédiat, et où les gens sont lancés sur les routes de la faim, de l’épidémie, du désespoir. Même si ce soir nous parlerons plus spécifiquement de l’Algérie, toutes ces zones à risque seront présentes comme toile de fond de notre réflexion. Mais, de plus, je voudrais situer l’Algérie dans son contexte en élargissant notre propos à la présence en terre d’islam, en ce Maghreb qui nous a vus naître et qui reste pour nous une terre de prédilection. J’ajouterai pour finir que, pour quelqu’un qui vit tranquillement à Rome hors de ces zones à risque, il est un peu prétentieux de vouloir porter des jugements à distance. C’est pourquoi je voudrais dans toute la mesure du possible laisser parler ceux qui sont directement impliqués, et tout particulièrement ceux qui ont donné leur vie pour l’Algérie...

Pas de réponse toute faite

Je reviens à la formulation initiale : “Pourquoi les Pères Blancs restent-ils en Algérie ?” Il ne faudrait pas croire qu’il y ait une réponse évidente et définitive, qui ne serait jamais remise en question. En fait, un certain nombre de congrégations ont préféré retirer leurs membres, en attendant des jours meilleurs, ou pour répondre à d’autres appels, en des pays où l’on peut travailler sans entraves.

Le 20 janvier 1995, moins d’un mois après l’assassinat de nos confrères, le Conseil Général écrivait, s’adressant à tous les Pères Blancs d’Algérie [1] :

Nous sommes profondément touchés par la façon courageuse avec laquelle vous répondez à cette situation dramatique. Vous continuez, en toute gratuité, à marcher sur le chemin de l’amitié et de la solidarité. Nous percevons, au cœur même de ces questionnements qui vous habitent, votre désir de fidélité à l’Esprit qui est votre guide. Devant les menaces que vous subissez, vous êtes intérieurement partagés entre le désir de rester avec ceux qui vous ont accueillis comme des frères et la décision de partir qui semble “la décision raisonnable”. Chacun de vous se trouve confronté à ce dilemne ; la question se pose aussi à vous comme groupe.

Et plus loin :

Jusqu’à maintenant, à travers vous, nous restons présents en Algérie. Après avoir prié et réfléchi longtemps en Conseil Général, nous confirmons ce choix. Il est important cependant que chacun puisse se situer personnellement devant cette décision.

Il faut bien noter que ce discernement implique tout le monde et renforce la cohésion du groupe, non seulement au niveau des Pères Blancs, mais de toute l’Église concernée, qui en de telles circonstances se resserre autour de ses pasteurs. À plusieurs reprises, les évêques d’Algérie ont donné des directives pour ce discernement en temps de crise. Il est clair, en particulier, que les personnes qui se trouveraient directement visées par des menaces devraient partir de l’endroit où elles sont. Il n’est jamais question de chercher le martyre, témoin cette réflexion d’un Père Abbé cistercien : “L’Ordre n’a pas besoin de martyrs, mais de moines.” Il est des moments où les événements semblent décider pour nous, obligeant à des déplacements et des regroupements. Ainsi l’évacuation du poste de Ghardaïa.

Il peut aussi arriver que les conditions imposées par les autorités locales pour assurer la sécurité rendent finalement impossible toute forme de témoignage, ne laissant par exemple aucune liberté pour les visites. Songeons que les évêques se déplacent avec une escorte, et que des regroupements ont été imposés à Oran. Ces situations de regroupement forcé peuvent être à la rigueur acceptables pour des pères ou des sœurs ayant déjà vécu de longues années dans le pays, et qui continuent malgré tout à se sentir solidaires ; mais il est difficilement concevable de mettre des jeunes dans de telles situations de grande frustration apostolique.

Bref, il faut considérer que la situation est en évolution permanente, obligeant le discernement à évoluer en conséquence. Il n’y a pas de réponse toute faite, définitive.

Dans la ligne de l’incarnation

Il était important de préciser tout cela au départ. Le moment est venu de réfléchir sur les raisons profondes qui nous font accepter les risques. Ce qui inspire la vie de tout missionnaire, c’est l’incarnation du Christ, venu assumer jusqu’en sa mort la solidarité avec les hommes. Le P. Christian de Chergé, quinze jours avant sa mort, parlant à Alger à un groupe de chrétiens, disait : “Nous devons trouver dans l’incarnation les vraies raisons de notre présence pascale en Algérie” [2].

Traduisant cela en langage concret, les supérieurs majeurs d’Algérie écrivaient le 17 mars 1995 :

En dépit de nos fragilités, nous avons la conviction qu’il nous faut durer. Pour cela, mesurons mieux encore le prix de ces relations qui continuent à s’offrir à nous jour après jour... des relations simples avec des gens simples, par-delà les clivages politiques.

Il est un thème qui peu à peu s’est imposé à la réflexion de l’Église locale, c’est le thème de l’alliance, tout à fait biblique en son inspiration. Le Conseil Général des Sœurs Blanches écrivait aux sœurs d’Algérie (4/9/1990) :

Merci pour l’alliance faite avec le peuple algérien au nom de votre foi en Jésus-Christ. Cette alliance, c’est par votre présence que nous la signons avec vous. Dans la décision qu’ont prise les moines de Tibhirine de rester dans la zone de Médéa si exposée, il y avait aussi une autre raison propre à leur vocation : c’était le vœu de stabilité, évoqué par Dom Bernard Oliveira, général des Trappistes, dans une lettre largement diffusée intitulée “Pour une lecture croyante des événements”.

Et de son côté Mgr Claverie écrivait l’année dernière :

Nous ne sommes ni des prophètes, ni des fanatiques, ni des héros, ni des ilotes. Mais nous avons noué avec les Algériens des relations que rien ne pourra détruire, pas même la mort. Nous sommes en cela les disciples de Jésus Christ et c’est tout.

Il avait une expression qui lui était chère : il aimait dire que le rôle de l’Église est de se situer sur “les lignes de fracture de l’humanité”, là où elle peut témoigner du mystère pascal. Par “lignes de fracture” il faut entendre les tensions : Nord/Sud, riches/pauvres, Islam/Occident...

Une alliance qui va jusqu’au bout et qui accompagne gratuitement : laissons encore parler le P. Claverie :

Douloureusement impuissant comme au chevet de l’ami malade, juste pour lui tenir la main, et éponger son front. Nous donnons du temps, les derniers moments de notre vie, simplement pour être présent, sans autre but que de dire : je continue d’être avec toi, maintenant que la fête est finie, je veux être présent à ta souffrance. Présence inutile, peut-être, mais présence-cadeau de l’amour vrai. C’est maintenant que l’Église prouve qu’elle n’est pas ici pour elle-même.

C’est là que nous touchons quelque chose de très important : le contexte d’impuissance dans lequel se situe l’Église dans ce genre de situations. Et là, j’imagine facilement les réalités et le sentiment de dénuement dans lesquels sont plongés actuellement nos confrères du Kivu, devant cet afflux de réfugiés apeurés et en fuite. Le chapitre de 1992 s’était arrêté sur cet aspect, de façon quelque peu prophétique :

Au milieu des événements de ce monde, nous faisons l’expérience de notre faiblesse et de notre impuissance. Nous revivons la kénose du Seigneur, pour partager la puissance de sa Résurrection (Ph 3,10).

Effectivement, au centre de cela, il y a l’expérience du Christ désarmé face à toute la violence qui déferle sur lui : “Dans sa chair, il a tué la haine.” La faiblesse de l’apôtre avait fait l’objet d’une méditation de notre confrère Christian Chessel, quelques mois avant sa mort :

Le Christ n’a jamais été autant sauveur que sur la croix. C’est dans cette extrême faiblesse qu’il sauve le monde. C’est pour cela qu’il nous demande de prendre le même chemin que lui. Faibles nous-mêmes, nous aurons un autre regard sur ceux qui viennent à nous dans cette faiblesse. Nous saurons les écouter, les recevoir. Ils attendent de nous que nous les comprenions, et quand quelqu’un a le sentiment d’avoir été compris, il sait qu’il est aimé. C’est ce qui nous est demandé : être des témoins, tout simplement, attentifs, respectueux du drame qui se joue. Et parce qu’on vit cette faiblesse-là avec eux, parce qu’on n’a pas peur, on pourra témoigner de la foi qui nous anime, de la force qui nous anime dans cette faiblesse, force qui repose sur Dieu.

L’Église acquiert ses lettres de créance

Les Algériens eux-mêmes ne s’y sont pas trompés : “Vous avez choisi le camp des opprimés.” C’est étonnant de penser qu’à aucun moment de son histoire, l’Église n’a donné un témoignage aussi clair de ce qu’elle devrait être, porteuse d’un message chrétien dans toute sa pureté. Il n’y a pas de doute que ce message a finalement beaucoup plus de force, et rejoint beaucoup plus les cœurs et les consciences, que quand on construisait des basiliques, dans la période coloniale, alors qu’il y avait une forte présence chrétienne.

Dans cette épreuve, l’Église a trouvé tout à la fois sa légitimité et sa crédibilité. Comme le disait Mgr Teissier, Archevêque d’Alger : “Il y a désormais de nombreux amis algériens pour qui nous sommes maintenant devenus l’Église d’Algérie.” Dans ce témoignage que l’Église donne en ce moment, je voudrais faire une mention particulière d’un texte que vous connaissez, j’en suis sûr, et qui fera un jour partie des anthologies de l’histoire de l’Église. Je veux parler du testament du P. Christian de Chergé, prieur des trappistes de Tibhirine [3]. Parmi beaucoup d’attitudes fondamentales que l’on y retrouve, il en est une qui ressort particulièrement : c’est le pardon accordé à l’avance à “l’ami de la dernière minute qui ne savait pas ce qu’il faisait”. J’ai compris que, dans ce passage, il y avait une inspiration qui venait “non de la chair et du sang”, mais de beaucoup plus loin, de cette source d’innocence de l’amour créateur. Le pardon est vraiment au cœur de la vocation chrétienne. Et ayant évoqué ce testament, je voudrais maintenant lire une lettre écrite par une mère de famille algérienne à Mgr Teissier :

Après la tragédie, après le sacrifice vécu par vous et par nous, après les larmes et le message de vie, d’honneur, de tolérance légué par nos frères moines à nous et à vous, j’ai décidé de lire le testament de Christian à haute voix et avec beaucoup de cœur à mes enfants, parce que j’ai senti qu’il était destiné à nous tous et toutes. Je voulais leur dire le message d’amour de Dieu et des hommes. La solidarité humaine et l’amour de l’autre est un itinéraire qui va jusqu’au sacrifice, jusqu’au repos éternel, jusqu’au bout. Mes enfants et moi nous sommes très touchés par cette grande humilité, ce grand cœur, cette paix dans l’âme et le pardon. Le testament de Christian est plus qu’un message, c’est un héritage.

Et elle concluait :

merci à l’Église d’être parmi nous aujourd’hui.

Un témoignage en terre d’islam

Le temps est venu maintenant d’élargir notre propos à la présence de l’Église actuellement en Afrique du Nord. Je n’ai pas du tout l’intention de rouvrir le débat sur le sens global de notre présence dans un pays à 100 % musulman et qui entend bien le rester. Beaucoup de choses ont été écrites sur ce thème et je crois pouvoir dire que les mentalités ont passablement évolué. Dans la Société, on entend moins souvent ce : “Ad quid perditio haec ? Pourquoi perdez-vous votre temps, alors qu’il n’y a pas de conversions ?” Le Concile a été pour beaucoup dans cette évolution, faisant comprendre que le dialogue avec les autres religions est une dimension intégrante de la mission de l’Église. Dieu n’est pas sensible aux frontières qu’ont bâties les hommes, et si l’Église a pour mission d’être témoin de l’amour universel du Père, comment pourrait-elle tranquillement se désintéresser d’un milliard d’hommes sous prétexte qu’ils sont musulmans ?

On pourrait presque partir du paradoxe que plus la rencontre est difficile, plus elle est nécessaire. En première approximation, on constate que les évolutions politiques et la montée des fondamentalismes en certains pays ne favorisent pas la rencontre, parce qu’elles contribuent à entretenir des deux côtés une image de lutte et d’affrontements. C’est devenu un lieu commun de dire que dans la conscience occidentale, qui a besoin de se faire peur, l’islam est venu prendre le relais du communisme.

Je voudrais vous inviter à aller au-delà de cet islam bruyant qui fait la “une” des journaux, et que j’appelle l’islam des décibels. Derrière cette façade qui retient l’attention des médias, il y a une réalité beaucoup plus nuancée. Si nous déplorons le durcissement de l’islam, il est bon de nous rappeler que nombre de musulmans le regrettent autant que nous. Rappelons-nous que l’islam n’a pas qu’un seul visage et qu’il faut se garder de porter des jugements globaux trop hâtifs. Il y a actuellement des évolutions intéressantes et je voudrais en cueillir quelques signes.

C’est tout d’abord tout ce travail en profondeur, qui se fait au niveau des consciences, en face de la violence et du témoignage de non-violence que l’Église a donné en réponse. Nous l’avons suffisamment évoqué et tous les témoignages recueillis montrent que l’Esprit est à l’œuvre. Ce n’est pas par hasard si c’est précisément en Algérie que les gens se posent le plus de questions, et où les sympathies et les amitiés profondes se sont scellées dans l’épreuve.

Mais il y a d’autres contextes plus pacifiques, où l’on sent aussi des évolutions : j’ai pu en être témoin moi-même, ayant retrouvé la Tunisie en 1992, après exactement vingt ans d’absence. Et j’ai pu constater qu’en vingt ans les mentalités avaient passablement évolué : au début des années soixante-dix, proches des indépendances, le discours était encore celui de la recherche identitaire (al-asâla), l’arabité. Maintenant, face aux risques d’asphyxie et d’obscurantisme véhiculés par l’islamisme, on cherche ailleurs un peu d’oxygène. La Méditerranée est devenue la grande mode. On n’hésite plus à revendiquer les racines “puniques”, on évoque saint Augustin comme un penseur d’Afrique du Nord. Le développement des communications y a été pour beaucoup, en particulier les contacts avec les méthodes scientifiques de l’Université. C’est pourquoi le renouveau et l’ouverture sont à chercher non pas du côté de l’establishment traditionnel, mais bien dans les élites de l’université moderne.

Quelques faits :

  • Un père de l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes des Pères Blancs de Tunis) a été consulté pour la refonte des manuels d’histoire et d’enseignement religieux, pour voir si la présentation du christianisme était satisfaisante.
  • Le GRIC (Groupe de Recherches islamo-chrétiennes) continue à travailler pour explorer des thèmes communs.
  • Plus récemment, c’est l’université Zituna (pour la formation des cadres religieux) qui a fait appel au PISAI (Institut Pontifical d’Études Arabes et d’Islamologie) pour établir un lien de coopération.
  • J’ai eu l’occasion de participer l’année dernière au Maroc à un débat télévisé sur le dialogue entre les religions monothéistes.

Tout cela sans parler des contacts d’amitié qui recueillent les fruits de longues années de présence et de partage.

Bref, il y a des éléments qui permettent d’évoquer un souffle nouveau. N’ayons aucune illusion, il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais ce n’est pas au moment où ces petits signes se manifestent qu’il faudrait songer à partir. Bien plus, nous sommes invités à nous renouveler dans la fidélité.

Une fidélité renouvelée

Et c’est sur ce mot de fidélité que je voudrais conclure, parce qu’au fond, il résume toute l’attitude que cherche à avoir l’Église au Maghreb. Redonnons la parole aux Supérieurs majeurs d’Algérie, qui écrivaient en 1995 :

Nous nous savons convoqués à la vérité d’un cheminement spirituel : nous laisser creuser pour acquérir la disponibilité d’un cœur pauvre qui ne peut offrir que sa fidélité d’aujourd’hui ; nous laisser envahir par la bienveillance de Dieu pour ce peuple qui souffre ; et aussi nous laisser provoquer par l’épreuve à un surcroît d’humanité, entre nous d’abord, afin de contribuer à exorciser la violence en exerçant simplement le ministère de vivre ensemble.

Fidélité dans l’épreuve, comme c’est actuellement le cas non seulement en Algérie, mais au Rwanda, au Burundi, au Zaïre...

Fidélité aux intuitions du Cardinal Lavigerie quant à notre vocation de témoignage en terre d’islam.

J’ai profondément conscience de ne pas m’adresser ici à un auditoire ordinaire : l’Association des Amis des Pères Blancs a toujours exprimé une grande solidarité avec ce que nous vivons. Cette fidélité qui nous est demandée, c’est aussi la vôtre. Je dois dire que chaque fois que j’ai reçu la nouvelle d’un missionnaire tué, j’ai été renvoyé, comme vous l’êtes vous-mêmes, à ma propre fidélité. À chaque fois, la nouvelle nous provoque en ce lieu au fond du cœur où nous décidons de nos raisons de vivre et de mourir. La solidarité avec nos frères nous renvoie à notre fidélité quotidienne dans notre cadre de vie, ce coin de la vigne du Seigneur où nous sommes invités à participer à la construction du Royaume.

P.I.S.A.I.
Viale di Trastevere, 89
I-00153-ROMA, Italie

[1Petit Écho, 2/1995,114-117.

[2Sept vies pour Dieu et l’Algérie, Paris, Bayard/Centurion, 1996, 205.

[3Sept vies., 210.

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