Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Sacerdoce et mission chez sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Guy Gaucher, o.c.d.

N°1986-5 Septembre 1986

| P. 286-302 |

On croit connaître Thérèse de l’Enfant-Jésus. Ces pages révèlent qu’on n’a pas fini de la découvrir. Dans une conférence donnée à de futurs prêtres, le Père Gaucher évoque d’abord les liens que Thérèse a eus avec des prêtres durant sa vie. Ensuite, il esquisse quelques axes de la spiritualité que la jeune carmélite propose aux prêtres ; pour eux, elle souhaite seulement être « la présence d’une petite sœur ».

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Voilà un magnifique titre de conférence [1] qui aurait sans doute fait sourire sœur Thérèse. Car si on veut lui être fidèle, ce sujet est « intraitable ». A quoi servirait d’enchaîner une belle suite d’idées et de propositions ? Qu’en tirerions-nous pour notre vie sacerdotale quotidienne ? Avec Thérèse, c’est toujours la même chose : il faut partir de la vie car la jeune carmélite n’est ni une théoricienne ni un professeur. Tout ce qu’elle dit, tout ce qu’elle écrit (toujours « par obéissance » – Ms C, 6r –, ne l’oublions pas), part du réel de sa vie, de son expérience.

Nous allons donc commencer par considérer les relations de Thérèse avec quelques prêtres rencontrés au cours de sa vie. Elle n’a jamais médité sur « le sacerdoce » mais a tiré quelques leçons de ses rencontres, avant et après son entrée au carmel. Puis nous essayerons de synthétiser ce qu’elle apporte aux prêtres, elle qui est patronne des missions et des missionnaires.

Thérèse et les prêtres

Le 2 septembre 1890, lors de l’examen canonique précédant sa profession, elle a déclaré : « Je suis venue (au carmel) pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres » (A 69v). Pour en arriver là, elle a déjà vécu toute une évolution.

L’idée qu’on se faisait des prêtres dans la famille Martin était très élevée. Inviter un prêtre à déjeuner aux Buissonnets était sans doute très exceptionnel. Elle ne voyait les prêtres que dans l’exercice de leurs fonctions sacerdotales. Sans doute étaient-ils « au-dessus des anges ». Se confessant pour la première fois à l’abbé Ducellier, vicaire à Saint-Pierre, trente ans, elle est décidée à lui dire qu’elle l’aime beaucoup, « puisqu’il n’est pas un homme mais le bon Dieu ! » (A 16v). Céline, elle, dira qu’elle prenait les prêtres « pour des dieux ! »

L’aumônier de l’école de Thérèse, chez les bénédictines, est l’abbé Domin, quarante et un ans. Il va lui faire le catéchisme et prêcher ses deux retraites de communion et de renouvellement. Ce sera malheureusement assez catastrophique. Il est dans la mouvance de l’époque, qui insiste beaucoup sur le péché, la communion sacrilège, l’enfer... Lors de la retraite de mai 1885, elle connaîtra une crise de scrupules qui la marquera longtemps. Dès lors, elle aura du mal à supporter les retraites prêchées. Au témoignage de sa sœur, Mère Agnès de Jésus, elle y perdait l’appétit et le sommeil. En entrant au carmel, Thérèse choisira comme directeur le Père Pichon, s.j., qui accompagnait déjà ses sœurs Marie, Pauline et Céline. Hélas, il partira bientôt pour le Canada et elle ne le reverra plus. Tous les mois, pendant des années, il recevra une lettre de sa dirigée lui rendant compte de son âme. Mais au Procès de canonisation, il ne pourra en montrer une seule : il avait tout détruit. Sur son lit de mort, Thérèse dira à son sujet : « le Père Pichon me considérait trop comme une enfant » (CJ 4.7.4). Cependant, elle lui était reconnaissante de sa confession générale faite le 28 mai 1888, qui la libéra de ses craintes scrupuleuses (A 70r). Mais comme le dira Thérèse, son « directeur », ce fut Jésus (A 70v ; 71v ; 74v ; 80v).

Vous savez l’importance décisive de sa « conversion » de Noël 1886. Elle approchait de ses quatorze ans, elle restait hypersensible, « pleurant d’avoir pleuré », se demandant comment elle pourrait un jour entrer au carmel avec une telle faiblesse. Cette nuit-là, la force de Dieu l’envahit, elle commence « une course de géant ». Sortant enfin d’elle-même, elle s’ouvre : « la charité entra dans mon cœur » (45v). L’affaire Pranzini va lui être occasion de s’engager pour les pécheurs. Elle va tout mettre en œuvre pour sauver l’assassin de la rue Montaigne à Paris, qui a égorgé deux femmes et une fillette. Au moment de monter à la guillotine, Pranzini embrasse le crucifix présenté par l’aumônier, alors que jusque-là il refusait tout geste religieux. Pour elle, ce signe est décisif : oui, elle doit s’enfouir au carmel pour prier et sauver les pécheurs. Pranzini est son « premier enfant ».

Mais, découvrant un peu plus le carmel, elle se rend compte qu’un des grands axes du carmel réformé par Thérèse d’Avila est de prier pour les prêtres. Elle ne comprend pas : prier pour Pranzini, bien sûr, mais prier pour les prêtres, puisqu’ils sont des anges, il n’y a pas de raison. Elle dit à propos d’une image : « Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé, je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes, ce n’était pas encore les âmes des prêtres qui m’attiraient mais celles des grands pécheurs, je brûlais du désir de les arracher aux flammes éternelles » (A 45v).

Qu’est-ce qui va lui faire franchir le pas ? C’est le pèlerinage à Rome. Tout arrive à son heure. Très forte expérience que ce mois passé en voyage. Cet épisode va beaucoup la marquer, et tout particulièrement la découverte qu’elle y fait des prêtres. Dans ce pèlerinage il y a cent quatre-vingt-dix-sept pèlerins dont soixante-quinze ecclésiastiques. C’est au milieu de ces prêtres que Thérèse va vivre pendant un mois. Elle va prendre le train avec eux, descendre dans les meilleurs hôtels. Elle se rend compte que ces prêtres ne sont pas des « anges » : ils ont un bon coup de fourchette, leurs conversations en fin de repas ne sont pas toujours édifiantes, ils ont leurs petits travers. Dans le pèlerinage on « jase » quelque peu parce que l’abbé Leconte, vingt-huit ans, poète et artiste, ne quitte guère les deux jolies sœurs Martin, qui sont d’ailleurs ses paroissiennes. Sans parler des très nombreux prêtres italiens qu’elle a rencontrés dans tous les sanctuaires visités. Le résultat de ces rencontres, on le trouve dans ses souvenirs :

Ah ! j’ai compris ma vocation en Italie, ce n’était pas aller chercher trop loin une si utile connaissance... Pendant un mois j’ai vécu avec beaucoup de saints prêtres et j’ai vu que, si leur sublime dignité les élève au-dessus des anges, ils n’en sont pas moins des hommes faibles et fragiles... Si de saints prêtres que Jésus appelle dans son Évangile « Le sel de la terre » montrent dans leur conduite qu’ils ont un extrême besoin de prières, que faut-il dire de ceux qui sont tièdes ? Jésus n’a-t-il pas dit encore : « Si le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? » Ô ma Mère ! qu’elle est belle la vocation ayant pour but de conserver le sel destiné aux âmes ! Cette vocation est celle du Carmel, puisque l’unique fin de nos prières et de nos sacrifices est d’être l’apôtre des apôtres, priant pour eux pendant qu’ils évangélisent les âmes par leur parole et surtout par leurs exemples... Il faut que je m’arrête ; si je continuais de parler sur ce sujet, je ne finirais pas ! CA 56r).

Dans sa vie, Thérèse a rencontré une trentaine de prêtres [2] et il semble que bien peu l’aient profondément influencée. Du baptême à l’extrême-onction, elle a bénéficié des sacrements, des enseignements de ces prêtres mais aucun n’a exercé une influence capitale sur sa spiritualité. Le Père Pichon était très loin. M. Delatroëtte, le supérieur du carmel, était opposé à son entrée et, pendant quatre ans, il s’est montré assez réservé à son égard. L’abbé Youf, aumônier, était favorable à Thérèse mais très craintif et scrupuleux [3]. Le Père Blino, s.j., passe de manière épisodique et ce qu’il lui dit ne la convainc pas du tout [4].

Certes, le Père Alexis Prou, franciscain, la lança « sur les flots de la confiance et de l’amour » lors de la retraite communautaire d’octobre 1891. Elle lui en garda une grande reconnaissance (A 80r et CJ 4.7.4.). Hélas, elle ne le vit qu’une fois, car Mère Marie de Gonzague, par un abus de pouvoir manifeste, lui interdit de lui parler à nouveau.

Remarquons au passage que Thérèse n’a jamais rencontré un Père carme. Un Père Basile, o.c.d. d’Agen, était venu au carmel le 21 février 1888. Thérèse n’y est entrée que le 9 avril. L’a-t-elle entendu prêcher à la cathédrale Saint-Pierre pour la Propagation de la foi durant ce carême [5] ?

Une certaine déception

Il faut bien remarquer, à quelques indices, une certaine déception de Thérèse par rapport aux prêtres rencontrés. Elle écrit à sa sœur Céline : « Vivons pour les âmes... soyons apôtres... sauvons surtout les âmes des Prêtres, ces âmes devraient être plus transparentes que le cristal... Hélas ! combien de mauvais prêtres, de prêtres qui ne sont pas assez saints » (LT 94). « Ah ! prions pour les prêtres. Chaque jour montre combien les amis de Jésus sont rares... » (LT 122). « Oh ! que le bon Dieu est peu aimé sur la terre ! même des prêtres et des religieux ! » (GJ 7.8.2).

Déception en ce qui concerne la manière de célébrer l’eucharistie ? On pourrait le supposer quand on lit dans sa seconde « Récréation » :

O Verbe divin ! que l’amour doit réduire au silence, il faudrait que les ministres de tes autels te touchent avec la même délicatesse que Marie lorsqu’elle t’enveloppe de langes... Mais hélas ! bien souvent ton amour sera méconnu et tes prêtres ne seront pas dignes de leur sublime caractère.

Et Jésus répond :

Je voudrais que l’âme du prêtre
Ressemble au séraphin du Ciel !
Je voudrais qu’il puisse renaître
Avant de monter à l’Autel !....

Dans une prière à la Sainte Trinité, elle veut « réparer toutes les indélicatesses que vous font souffrir les âmes sacerdotales et religieuses [6] ».

Déception encore quant à la prédication, à propos des sermons sur la Vierge Marie : « Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas... on la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable... » (CJ 21.8.3).

Bien au-delà de ces déceptions, il y a eu le grand scandale provoqué par le Père Hyacinthe Loyson (1827-1912), carme. Il a été ordonné en 1851, a prêché plusieurs Avents à Notre-Dame de Paris, a été provincial des Carmes, ami de Newman et de beaucoup d’autres gens célèbres. Il a rompu avec l’Église catholique en 1869, juste avant le premier Concile du Vatican, il a épousé Madame Mériman, une veuve, protestante, américaine dont il a eu un fils et il a fondé l’Église du Libre Esprit, réclamant le mariage des prêtres, s’opposant à l’infaillibilité pontificale, demandant la messe en français, l’abolition des classes dans les enterrements, etc.

Il parcourt la France en faisant des conférences. Inutile de dire que cela fait beaucoup de bruit. Tant de bruit qu’au carmel on ne prononce plus le nom de l’ancien provincial des carmes. Or nous avons plusieurs lettres de Thérèse qui font allusion à lui sans écrire son nom. Elle l’appelle « notre frère », et elle priera toute sa vie pour lui, jusqu’à offrir sa dernière communion le 19 août 1897 à son intention. Après la mort de Thérèse, Mère Agnès enverra l’Histoire d’une âme au Père Loyson. Il y aura un échange de correspondance entre Loyson et le carmel. Cette affaire énorme est donc prise en charge par Thérèse et il est probable que les lettres que nous avons lues sont influencées par tout cela.

Le désir du sacerdoce

Ces déceptions ont peut-être contribué à faire naître chez sœur Thérèse le désir d’être prêtre. Avec quelle joie et quel respect elle aurait touché l’hostie [7] ! Ayant lu que saint Stanislas Kostka avait reçu la communion des mains de sainte Barbe, elle dit à Céline : « Pourquoi pas un ange, pas un prêtre mais une vierge ? Oh ! qu’au ciel nous verrons de merveilles ! J’ai dans l’idée que ceux qui l’auront désiré sur la terre partageront au ciel l’honneur du sacerdoce [8] ».

« Que j’aurais donc bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! » Il faut lire les deux pages des Derniers Entretiens dans lesquelles elle détaille son sermon [9]. On y trouve une théologie mariale qui annonce celle de Vatican II (chapitre 8 de Lumen Gentium).

D’autre part, sa passion de la Parole de Dieu est telle qu’elle dira (au moment où le Père Lagrange ouvre une École biblique à Jérusalem, en 1890) : « Si j’avais été prêtre, j’aurais étudié à fond l’hébreu et le grec, afin de connaître la pensée divine telle que Dieu daigna l’exprimer en notre langage humain [10] ».

Durant l’été 1896, ses désirs apostoliques ne font que grandir et la font souffrir. « Être carmélite, épouse et mère » ne lui suffit plus, elle sent en elle un appel vers toutes les vocations : elle veut être prêtre, diacre, docteur de l’Église, missionnaire dans tous les pays et jusqu’à la fin des temps. Un passage de saint Paul l’éclaire et lui fait trouver la solution de cette situation impossible : dans le cœur de l’Église elle sera l’Amour ! Étant l’Amour, elle sera tout. Vous connaissez ce très grand texte du 8 septembre 1896, dit manuscrit B. « Aimer Jésus et le faire aimer » devient un refrain de ses écrits, une aspiration de son cœur, permanente et forte.

Deux frères spirituels

Cette aspiration va se concrétiser. Thérèse va recevoir la charge de deux frères spirituels. Mère Agnès va lui confier un séminariste, l’abbé Maurice Bellière, qui va partir faire son service militaire et qui, inquiet sur sa vocation, demande les prières d’une carmélite [11]. Immédiatement, la plus jeune de la communauté se met à l’œuvre. Pour lui, elle offre toutes ses prières et ses sacrifices, ses armes favorites. Elle écrit spontanément une prière pour lui : « Ô mon Jésus, je vous remercie de combler un de mes plus grands désirs, celui d’avoir un frère prêtre et apôtre. Je me sens bien indigne de cette faveur... (...) Je ne puis que prier et souffrir ; mais l’âme à laquelle vous daignez m’unir par les doux liens de la charité ira combattre dans la plaine pour vous gagner des cœurs, et moi, sur la montagne du Carmel, je vous supplierai de lui donner la victoire [12] ». Ce bon garçon ne peut se douter de ce que ces mots signifient lorsqu’ils sont écrits par une sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus en octobre 1895 ! D’ailleurs il va rester un an sans donner de ses nouvelles.

Le 30 mai 1896, cette fois, c’est la prieure Mère Marie de Gonzague qui convoque sœur Thérèse dans son bureau pour lui demander de prendre en charge un prêtre des Missions Étrangères de Paris, le Père Adolphe Roulland (1870-1934). Thérèse objecte qu’elle a déjà un frère pour qui prier. Rien n’y fait, la prieure maintient son exigence. Dans le fond, la plus jeune sœur du carmel de Lisieux est très heureuse. Elle voit dans ces événements une délicatesse du Seigneur à son égard. La famille Martin n’avait-elle pas perdu deux garçons en bas âge alors que les parents espéraient avoir des fils prêtres et missionnaires ?

Le Père Roulland va venir à Lisieux célébrer une première messe. Il verra sa sœur au parloir avant de s’embarquer à Marseille pour le Chine. Elle va composer pour lui une poésie en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel :

Aux œuvres d’un Missionnaire
Vous m’avez unie sans retour,
Par les liens de la prière
De la souffrance et de l’amour (PN 35).

Elle correspondra avec ses deux frères. Nous possédons six lettres de Thérèse à Roulland et onze à Bellière. Ce sont des lettres admirables, écrites souvent dans des conditions très difficiles. Les dernières sont tracées au crayon parce que la tuberculose ronge la jeune carmélite. Elle prouve sa grande maturité affective et spirituelle en s’adaptant parfaitement à chacun. A tous deux, elle révèle les bienfaits de sa voie de confiance et d’amour. Mais avec le jeune Bellière qui est quasi orphelin, elle se montre davantage comme une mère. Avec le Père Roulland, beaucoup plus adulte, elle dialogue comme une sœur. Elle qui n’avait jamais dialogué avec des hommes se situe parfaitement, avec beaucoup de finesse et de lucidité. Mais elle recommandera à Mère Agnès de ne pas laisser se multiplier ces correspondances après sa mort : « c’est par la prière et le sacrifice que nous pouvons seulement être utiles à l’Église » (CJ 8.7.16 et Ms C 32r).

Les lettres que le Père Roulland lui écrit du Su-Tchuen oriental (elle le suit sur une carte qu’elle a épinglée dans la pièce où elle travaille), les livres qu’il lui recommande (la vie du Père Nempon ; les lettres de Théophane Vénard, jeune martyr au Tonkin) vont élargir la vision missionnaire de Thérèse. Dans les six derniers mois de sa vie, elle se rend compte qu’elle n’a « rien » fait mais que sa mission posthume va être mondiale. Elle fait une neuvaine à saint François Xavier « pour faire du bien après ma mort ». « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie », écrit-elle à l’abbé Bellière (LT 244). Elle lui promet de l’aider efficacement après son départ. « Je descendrai... » « Je reviendrai... » « Croyez, mon Frère, que votre petite sœur tiendra ses promesses... Je le sens, je vous serai bien plus utile au Ciel que sur la terre... (Remerciez) le Seigneur de me donner les moyens de vous aider plus efficacement dans vos œuvres apostoliques » (LT 254).

À partir de mars 1896 sans doute, elle fait réciter à ses novices, chaque jour, la prière de Thérèse Durnerin, fondatrice de la Société des Amis des pauvres, prière à Jésus Prêtre et Hostie, diffusée à deux cent mille exemplaires. Thérèse la sait par cœur.

Quant aux sacrifices, elle-même, gravement malade, va au bout de ses forces. Une sœur s’inquiète de la voir marcher péniblement dans le jardin au lieu d’être allongée dans sa cellule. Elle réplique : « Savez-vous ce qui me donne des forces ? Eh bien, je marche pour un missionnaire. Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux est peut-être épuisé dans ses courses apostoliques et pour diminuer ses fatigues, j’offre les miennes au bon Dieu » (DE, p. 650).

Thérèse meurt le 30 septembre 1897, totalement inconnue ; il y a trente personnes à son enterrement. A partir de la publication, l’année suivante (30 septembre 1898), de l’ Histoire d’une âme, c’est l’« ouragan de la gloire ». Il est tout de suite favorisé par des prêtres, des théologiens, des pères abbés, des membres des Missions Étrangères qui viennent dire une messe à Lisieux, avant de partir en mission. On vient prier sur la tombe de Thérèse. Le temps passe : profusion de miracles, conversions. Les évêques missionnaires demandent qu’elle soit patronne universelle des missions, ce qu’elle sera en 1927 par la proclamation de Pie XI. Et c’est là que va naître l’Union sacerdotale, car le carmel est débordé par les demandes de prêtres qui veulent l’aide de Thérèse (jusqu’ici à travers le monde, il y a eu 13.500 prêtres qui ont demandé l’aide de Thérèse [13]). Et Thérèse a tenu ses promesses vis-à-vis des prêtres et de la mission. Dans La Croix, il y a quelques jours, Guy Gilbert, le prêtre des loubards, écrivait : « Thérèse n’a évolué que dans quelques mètres carrés, mais sa puissance sur le cœur de Dieu est gigantesque, elle parraine, depuis, l’immense corps des missionnaires des vallées, des sables désertiques, des rues des villes, ou des chemins des campagnes » (24-3-1985).

Tels sont les faits brièvement résumés.

Quelques axes de la spiritualité thérésienne offerte aux prêtres

Un amour du Christ caché

Benoît XV disait à un religieux de l’ordre de Picpus en 1915 : « C’est la mission de Thérèse d’apprendre aux prêtres à aimer Jésus-Christ [14] ». La Sainte aurait pu compléter cette formule en ajoutant : « ... leur apprendre à l’aimer comme je l’aime ». Comment l’a-t-elle aimé ?

Dès l’enfance, d’un amour très personnel, fort, concret, très centré sur le mystère de l’Incarnation. Dès le début de son premier manuscrit, elle a cette formule : « ... le propre de l’amour étant de s’abaisser... » (A 3r). Les « abaissements » de Jésus l’ont toujours fascinée. Elle ignore le mot savant de « kénose » mais elle cite les versets de l’épître aux Philippiens où Paul l’emploie (2, 7) [15].

Elle voit trois étapes à cet abaissement : d’abord le mystère de Noël : en cet Enfant démuni, le Verbe s’est fait chair. Son nom, Thérèse de l’Enfant-Jésus, n’est ni gentil, ni mièvre. Depuis Noël 1886, elle a expérimenté qu’il s’agit du Dieu fort qui prend la faiblesse humaine. La seconde étape – celle que décrit Paul – est celle du Serviteur souffrant d’Isaïe 53 qui va à la mort, à la mort de la Croix. C’est pourquoi, à partir de sa prise d’habit (8 janvier 1889), elle ajoutera « de la Sainte Face » à son nom de religion. « Ces paroles d’Isaïe’ Il était sans éclat et sans beauté’... ont fait le fond de ma dévotion à la Sainte Face ou, pour mieux dire, le fond de toute ma piété. Moi aussi, je désirais être sans beauté, seule à fouler le vin dans le pressoir, inconnue de toute créature... » (CJ 5.8.9). Chez Thérèse, la kénose va jusqu’à une troisième étape, ultime : l’Eucharistie. Elle a beaucoup médité le texte d’Isaïe 45, 15 : « Vraiment tu es un Dieu caché ». « L’Eucharistie, dit Thérèse à Jésus, est la dernière limite de ton amour, après avoir rendu visible aux faibles créatures ta Face adorable (...) tu veux la cacher sous un voile plus épais encore que celui de la nature humaine » (RP 2, 5v). « Maintenant c’est dans l’Hostie que je vous vois mettre le comble à vos anéantissements » (Prière 20) [16].

Ce voilement sera un jour dévoilé. Le Défiguré apparaîtra transfiguré, dans toute sa beauté divine. La Résurrection sera l’aboutissement éternel de la Passion. Ici-bas, la foi est donc intuition, elle « devine » qui est Jésus à travers les voiles de l’Enfant, du Crucifié, du Pain de Vie [17].

Thérèse veut ressembler à Jésus. Non seulement l’imiter mais lui ressembler. Que sa Face s’imprime en elle. Qu’elle devienne icône de Jésus, en participant à sa Passion. Ce qu’elle fera en s’enfonçant dans sa maladie, voyant en chaque détail de ses souffrances multiples une ressemblance avec son Bien-Aimé. Sa vie de carmélite est un enfouissement à la suite de Jésus caché. Elle aurait voulu partir au carmel de Saïgon (fondé en 1861 par celui de Lisieux) pour être loin de toutes ses sœurs, encore plus cachée.

L’offrande de soi

Devant cet amour fou de Jésus qui s’abaisse, qui se cache (et qui sera révélé un jour, car l’aspect résurrection-révélation existe chez elle), la réaction de Thérèse est : « lui faire plaisir, contenter Jésus ; lui donner sa vie ». Dès sa première communion, le 8 mai 1884, elle se donne à Jésus qui se donne à elle : « je me donne à lui pour toujours ». Évidemment aussi à sa profession le 8 septembre 1890. Mais elle éprouve le besoin, après la découverte de la voie d’enfance, (qui se situe fin 1894 - début 1895), au cours de la messe de la Trinité, le 9 juin 1895, de rédiger un acte d’offrande à l’Amour miséricordieux. Quasiment tous les saints, bien que baptisés, bien qu’ordonnés, bien que consacrés dans la vie religieuse, ont voulu un jour non pas refaire, mais concrétiser un acte d’offrande d’eux-même (saint Ignace : la prière à l’amour à la fin des Exercices ; Charles de Foucauld : « Je m’abandonne à Toi » ; Élisabeth de la Trinité ; François de Sales ; Bérulle ; l’acte d’offrande de Marthe Robin, etc.). Il me semble que cela va dans le sens de Rm 12, 1, si important dans Vatican II : « Offrez-vous en hostie spirituelle, offrez vos corps ; le culte spirituel est là ». L’offrande de soi parce que le Christ s’est offert (cfr Hébreux), c’est toute la spiritualité sacerdotale. Le sacerdoce des laïcs est basé sur ces textes : 1 P ; Rm 12,1, He. Il y a là quelque chose de fondamental qu’instinctivement Thérèse a découvert.

Offrande d’elle-même comme victime d’holocauste à l’amour miséricordieux, c’est-à-dire la disparition de soi, le don total sans retour ; l’holocauste est complètement consumé ; il n’en reste rien ; c’est le don total ; il n’y a pas de retour sur soi-même (cfr « La rose effeuillée », poésie 51).

Au plan sacerdotal, nous sommes là au cœur d’une spiritualité du don de soi total ; ceci est vrai pour tout baptisé, mais ici, dans le cas plus spécial de celui qui a été appelé à représenter dans le peuple de Dieu le Christ lui-même, spécialement dans l’Eucharistie et dans les sacrements, in persona Christi, ce sont des axes extrêmement forts pour un prêtre.

La voie d’enfance spirituelle

Thérèse nous donne, ce qui est très important pour le sacerdoce, « la voie de la confiance et de l’amour ». Jean-Paul II, le 2 juin 1980, à la basilique de Lisieux, a vraiment posé les questions fondamentales :

De Thérèse de Lisieux on peut dire avec conviction que l’Esprit de Dieu a permis à son cœur de révéler directement aux hommes de notre temps le mystère fondamental, la réalité fondamentale de l’Évangile : le fait d’avoir reçu réellement un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier « Abba, Père ! ». La « petite voie » est la voie de la « sainte enfance » ; dans cette voie, il y a en même temps la confirmation et le renouvellement de la vérité la plus fondamentale et la plus universelle. Quelle vérité du message évangélique est en effet plus fondamentale et plus universelle que celle-ci : Dieu est notre Père, et nous sommes ses enfants ?

La vie filiale, c’est donc équivalemment la voie d’enfance spirituelle. Et cette vie filiale est vraiment le cœur de la vie de Jésus. Cette découverte de la voie d’enfance, Thérèse la fait un jour où elle éprouve de grands désirs. Elle souffre de ne pas savoir comment ils vont se réaliser. Après dix ans de cheminement obscur, une grande lumière se fait tout à coup, à propos de deux textes de l’Ancien Testament. Elle qui voulait la sainteté, se rend compte que la sainteté est vraiment impossible : elle a sept ans de vie religieuse, elle a voulu être « une grande sainte » (avec peut-être pas mal de volontarisme) et très vite elle s’est heurtée au mur de l’impossible. Découverte que nous faisons tous. Nous risquons alors soit de nous décourager, soit de renoncer à nos grands désirs, d’y voir des illusions de jeunesse. On se résigne alors à mener une certaine vie médiocre. Thérèse ne peut se résigner à la médiocrité. Elle, elle sait qu’elle ne peut rien. Mais Dieu, lui, peut tout. Peu importent les images qu’elle emploie : l’ascenseur, l’aigle, les bras de Dieu... Ce qui compte, c’est la réalité que ces images expriment. Thérèse va être portée. Dieu lui-même sera sa sainteté. Elle n’a qu’à s’abandonner. Abandon qui n’est pas passivité mais suprême action [18].

Comme les apôtres qui disaient à Jésus après le départ du jeune homme riche : « Mais alors qui peut être sauvé ? » (Mt 19,25), elle s’entend dire : « À l’homme, c’est impossible ». Elle ne passe pas trop vite à la phrase qui suit : « mais tout est possible à Dieu ». Elle reste longtemps sur : « c’est impossible ». C’est bien son expérience après sept ans d’efforts. Ayant bien pesé cette incapacité, elle s’offre aux bras de Dieu qui vont la hisser là où elle ne pouvait aller : au sein de la Trinité bienheureuse. Là est bien le mouvement de l’acte d’offrande. Ce sera désormais son secret devant toute situation : « Dieu me demande ceci. Je ne peux pas. Donc il va le faire en moi. Je me livre à lui dans ma faiblesse ». C’est donc la découverte de la miséricorde qui vient vers nous (toujours l’abaissement de l’amour vers nous) et la voie d’enfance, c’est-à-dire « si vous n’êtes pas comme des enfants vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu », si vous ne vous laissez pas porter par les bras de Dieu, si vous ne vous laissez pas monter dans l’ascenseur divin, vous n’y arriverez jamais. Il faut rester petit (c’est là sa découverte), et non seulement rester petit, mais le devenir de plus en plus. C’est la vraie difficulté de la voie d’enfance, rester petit, cela veut dire entrer dans cette confiance totale des petits (l’audace téméraire, l’audacieux abandon, la familiarité avec Dieu-Père), c’est une foi portée au rouge, une espérance totale de celui qui ne peut rien, comme un petit enfant. Mais ce n’est pas du tout rabaisser ses désirs, au contraire. « Le devenir de plus en plus » : souvent en suivant la voie d’enfance, on voudrait se voir progresser, on voudrait faire des progrès dans la voie spirituelle. Or les vrais progrès dans la vie spirituelle sont plutôt comme des marches en arrière ; c’est-à-dire que plus on se rapproche du Seigneur, plus on se voit pauvre et pécheur, et plus on peut se décourager si l’on a le souci de sa propre stature spirituelle. Mais si l’on n’en a plus aucun souci, alors c’est un creusement de la pauvreté, et c’est une entrée dans des purifications de plus en plus grandes ; c’est ainsi que Thérèse nous est présente dans les deux dernières années de sa vie. Tous ses grands enseignements datent de ses deux dernières années. C’est typique chez elle : elle n’arrête pas d’avancer dans la découverte de sa pauvreté et de la confiance absolue au Père. Nous pouvons vérifier qu’elle voyait juste, car tous ses désirs sont exaucés de manière posthume : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».

Ceci est de grande importance pour la mission : c’est la puissance de Dieu éclatant dans la faiblesse et la petitesse. Devenir de plus en plus petit, c’est aussi devenir chrétien adulte, et Thérèse nous montre qu’elle est devenue très adulte en restant dans sa petitesse. Elle a parlé des « défauts de l’enfance, des langes de l’enfance », sachant avec lucidité qu’elle avait vécu une phase de régression infantile avant sa guérison de Noël 1886.

La prière contemplative apostolique

Sa prière apostolique est de plus en plus fondée sur l’écoute de la Parole. « Aux âmes simples il ne faut pas des moyens compliqués. Comme je suis de ce nombre, un matin, dans mon action de grâce, Jésus m’a donné un moyen simple d’accomplir ma mission, il m’a fait comprendre cette parole du Cantique des Cantiques : « Attirez-moi, nous courrons à l’odeur de vos parfums ». Ô Jésus, il n’est donc pas même nécessaire de dire « En m’attirant, attirez-les âmes que j’aime ». Cette simple parole « Attirez-moi » suffit. Seigneur je le comprends, lorsqu’une âme s’est laissé attirer par l’odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule ; toutes les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c’est une conséquence naturelle de son attraction vers vous ». Il y a là une des clés de sa prière contemplative et missionnaire (Thérèse, patronne des missions) ; dans sa prière contemplative elle sait qu’elle attire toutes les âmes : « Attirez-moi, nous courrons » (Ms C, 34r).

Cette confiance totale va devoir affronter l’épreuve de la foi et de l’espérance dans les dix-huit derniers mois de sa vie. Thérèse, à partir de Pâques 1896, entre subitement dans la nuit ; elle est devant un « mur », dans une épreuve très forte qui est à la fois une ultime purification de sa propre vie (elle avait un peu considéré jusque-là la foi comme une sorte d’évidence normale, elle va se rendre compte que c’est une très grande grâce), et une épreuve acceptée pour les pécheurs. Elle va s’asseoir à la « table des pécheurs » ; et contrairement à une mentalité de son époque où l’on priait pour les autres, comme de l’extérieur, Thérèse va passer la barrière. Pour elle, les « impies », les « matérialistes » deviennent « ses frères », ses « brouillards ». Et tout cela est très concret. Elle prie pour Henry Chéron, pour M. Tostain (mari de sa cousine par alliance Maudelonde), pour Léo Taxil (franc-maçon qui a trompé l’opinion catholique pendant douze ans, en feignant la conversion)... Assaillie par la tentation du suicide au moment de ses plus grandes souffrances physiques, sœur Thérèse pousse sa foi et sa confiance jusqu’au bout. Comme sa sœur Jeanne d’Arc, qu’elle aime beaucoup, elle meurt « les armes à la main ».

Thérèse, les prêtres et la seconde évangélisation

Devant la « seconde évangélisation », Thérèse n’a aucun « truc » à nous proposer. Pas plus qu’il n’y en avait dans les années 1925-1930 lorsqu’on découvrait la déchristianisation des masses.

Son message, expression de sa vie, reste actuel : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre ». Les apôtres de la seconde évangélisation n’ont pas d’autres armes que celles de Thérèse : l’expérience personnelle du salut en Jésus-Christ, l’amour du Christ sauveur, la découverte expérimentale de son Amour miséricordieux, le don de soi pour le salut du monde entier. C’est par lui, en lui, avec lui que nous pouvons faire cette offrande de nous-mêmes, au cœur de son Eucharistie.

C’est en cette époque-là que le Seigneur nous a placés, voilà la tâche qu’il nous a confiée (Thérèse avait un sens aigu de la valeur du moment présent). Notre temps est-il plus difficile que celui de Paul et de Timothée ? que celui de saint Martin ou de saint Colomban ? que celui de saint François de Paule ou de saint François de Sales (époque où il y avait trop de prêtres !) ? que celui de saint Jean-Marie Vianney ?

Il ne faut pas comparer. En 1948, prêchant une retraite aux prêtres de la Mission de France, l’abbé Combes, pionnier des travaux thérésiens, disait déjà : « Thérèse demeure la patronne des tâches impossibles ». Le temps a passé mais nous sommes toujours dans une situation « impossible ». Le cardinal Suenens disait récemment : « Il faut avoir le courage de regarder en face les exigences de la deuxième évangélisation, il nous faut prendre une conscience plus vive que nous sommes totalement incapables par nous-mêmes de porter l’Évangile aux hommes, mais il faut savoir en même temps que nous avons tous reçu au baptême et à la confirmation et à l’ordination, la force et la puissance de l’Esprit ; volontaires de l’impossible, parce que Dieu est le maître de l’impossible [19] ».

On retrouve ici le raisonnement de sœur Thérèse : « Seigneur, si c’est impossible et que tu me demandes de le faire, alors, fais-le en moi ».

Terminons par l’écoute des promesses qu’elle faisait à l’abbé Bellière avant de mourir. Elles sont aussi pour nous, aujourd’hui :

Maintenant nous sommes deux, l’ouvrage se fera plus vite (et moi, avec ma manière, je ferai plus de besogne que vous), aussi j’espère qu’un jour Jésus vous fera marcher par la même voie que moi (LT 247).
Après ma mort, je ferai plus qu’écrire à mon cher petit frère, je serai tout près de lui, je verrai tout ce qui lui est nécessaire, et je ne laisserai pas de repos au bon Dieu, qu’il ne m’ait donné tout ce que je voudrai ! (...) Je suivrai mon petit frère, non plus par la pensée, par la prière, mon âme sera toujours avec lui et sa foi saura bien découvrir la présence d’une petite sœur que Jésus lui donna, non pour être son soutien pendant deux ans à peine, mais jusqu’au dernier jour de sa vie (LT 253).

« La présence d’une petite sœur »... C’est bien la formule spontanée qu’emploient beaucoup d’amis et d’amies de Thérèse. Ils disent : « elle est présente ».

Prêtres, c’est à nous de décider si nous voulons qu’elle nous aide dans notre ministère. Sa mission continue. À nous de la prier.

1 rue Père Jacques
F-77215 AVON CEDEX, France

[1Elle fut donnée le 6 décembre 1985 à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles. On lui a gardé ici son style parlé familier. Toutes les citations sont faites d’après l’édition critique des Œuvres complètes de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face (Édition du centenaire), Paris, Éd. du Cerf ; Desclée De Brouwer, 1971-1985. Nous avons utilisé les sigles donnés dans cette édition (on en trouvera la liste, par exemple, p. 13-14 du tome I des Derniers Entretiens, 1971). Le Ms A est simplement cité A.

[2Citons : le P. Alexis Prou, récollet, le séminariste Bellière, l’abbé Baillon, le P. Blino, s.j., l’abbé de Cornière, le P. Delatroëtte, l’abbé Denys de Maroy, l’abbé Domin, l’abbé Ducellier, l’abbé Dumaine, l’abbé Faucon, l’abbé Gimer, le P. Godefroy Madelaine, prémontré, Mgr Hugonin, son évêque, l’abbé Lecornu, l’abbé Leconte, l’abbé Lemonnier, l’abbé Lepelletier, l’abbé Maupas, le P. Pichon, s.j., l’abbé Révérony, vicaire général, l’abbé Roulland, l’abbé Youf. (Notices bibliographiques dans Correspondance Générale, T. II, Cerf, 1973, 1197-1218). Il faudrait ajouter certains prêtres du pèlerinage de Rome.

[3Voir ce que dit Thérèse en CJ 6.6.2.

[4Sur ses désirs de sainteté, cf. Correspondance générale, T. I, 1972, 533, note h.

[5Cf. ibid., 348, note a.

[6Prière n° 4 (volume à paraître).

[7« Sa joie était à son comble lorsqu’il restait sur la patène ou le corporal une parcelle de la sainte Hostie. Un jour que le ciboire était insuffisamment purifié, elle appela plusieurs novices pour l’accompagner à l’oratoire où elle le déposa avec une joie et un respect indicibles ». Conseils et souvenirs recueillis par Sœur Geneviève de la Sainte Face, 4e éd., Coll. Foi vivante, 149, Paris, Éd. du Cerf ; Desclée De Brouwer, 1973, 85. Cf. Sœur Marie de la Trinité, une novice de sainte Thérèse, Paris, Éd. du Cerf, 1985, 96-97.

[8Cf. Théâtre au Carmel, 407.

[9Derniers entretiens, T. I, 389-391 (= CJ 21.8.3) ou J’entre dans la vie, Derniers entretiens, Paris, Éd. du Cerf ; Desclée De Brouwer, 1973, 140-142. Sur ce désir de Thérèse concernant le sacerdoce, on pourra lire : Bernard Laluque, « Thérèse de Lisieux et le prêtre », Vie thérésienne, 1978, 181-191, et Emmanuel Renault, o.c.d., « Les aspirations sacerdotales des deux saintes Thérèse », ibid., 1982, 130-146.

[10PO 275 ; CSG, 80 ; cf. CJ 4.8.5 (légèrement différent).

[11L’abbé Bellière (1874-1907) sera Père Blanc.

[12Prière 8 (à paraître).

[13Ceci n’est qu’une appréciation quantitative, car on ne compte plus les vocations sacerdotales et religieuses suscitées par Thérèse. On sait son rôle dans la fondation de la Mission de France à Lisieux en 1941 par le Cardinal Suhard.

[14PA 349 (parole adressée au P. Matheo et rapportée par Sœur Marie-Agnès des Anges).

[15Cf. LT 201 ; Prière 20 ; RP 1.7.2.

[16Biaise Pascal écrivait à Mlle de Roannez : « Dieu a choisi de demeurer parmi les hommes dans le plus étrange secret sous les espèces de l’Eucharistie. C’est là le dernier secret où il veut être ».

[17J’ai détaillé ceci dans « De la crèche à la croix glorieuse », Carmel, 1985, 141-154.

[18La Documentation catholique, 77 (1980), 611.

[19France catholique - Ecclesia, n° 2031, Spécial Synode, 5.

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