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Allocutions pontificales

Vies Consacrées

N°1967-1 Janvier 1967

| P. 3-10 |

Le Souverain Pontife interroge les Supérieurs sur la manière dont les familles religieuses perçoivent les courants de la vie moderne et y réagissent. Il demande à ses auditeurs de chercher à se rendre compte du sens de la vie religieuse dans l’Église actuelle. Il leur propose ensuite la pensée de l’Église sur le sacerdoce des religieux.

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Aux supérieurs majeurs d’Italie

La sixième assemblée générale des Supérieurs majeurs d’Italie vient d’étudier l’application aux religieux du décret conciliaire Optatam totius, sur la formation des candidats au sacerdoce, promulgué le 28 octobre 1965. Le préambule de ce décret déclare : « À cause de l’unité du sacerdoce catholique, cette formation sacerdotale est nécessaire pour tous les prêtres du clergé régulier et séculier, quel que soit leur rite. Aussi ces règles, qui concernent directement le clergé diocésain, doivent-elles, avec les adaptations nécessaires, être appliquées à tous [1]. »

Le Souverain Pontife exprime tout d’abord, en des termes très cordiaux, sa vive satisfaction pour cette rencontre. Il interroge les Supérieurs sur la manière dont les familles religieuses perçoivent les courants de la vie moderne et y réagissent. Mais, sans vouloir entrer dans l’examen détaillé d’une question si complexe, il demande à ses auditeurs de chercher à se rendre compte du sens de la vie religieuse dans l’Église actuelle. Il leur propose ensuite la pensée de l’Église sur le sacerdoce des religieux.

Sens et exigences de la vie religieuse

C’est maintenant l’heure historique et, disons mieux, l’heure de Dieu, pour accomplir cet examen avec beaucoup de courage et d’attention, à la lumière des paroles étonnantes que le Concile a réservées pour traiter de la vie religieuse. Et, tout d’abord, les paroles de la Constitution sur l’Église où est magnifiquement réaffirmée la définition de la vie religieuse. Cette dernière, qui est contestée par certains courants de la pensée contemporaine, est réaffirmée non pas seulement en ses éléments constitutifs du point de vue juridique, lesquels découlent de la profession des « conseils évangéliques », mais tout autant en ce qui concerne l’importance que revêtent les rapports spirituels et sociaux qu’elle entretient au sein du grand mystère de l’Église, où la vie religieuse est présentée comme un signe de Dieu, comme une plénitude, une perfection, qui édifie le Peuple de Dieu et incite « tous les membres de l’Église à l’accomplissement joyeux des devoirs inhérents à leur vocation chrétienne » (Lumen Gentium, n. 44). Une fois remis à l’honneur et restauré le concept mystique, théologal et ecclésiologique de la vie religieuse, il sera logique, même si ce n’est pas toujours facile, de rétablir ou de confirmer – si elle est déjà en acte – la vigoureuse observance des exigences propres de l’état religieux. Nous voulons dire, en premier lieu, son ascèse fortement orientée vers l’imitation du Christ pauvre et libre, et vers la participation, vécue chaque jour, à son sacrifice rédempteur (cf. Col 1,24) ; Nous voulons dire, ensuite, le plan organique de sa discipline, qui réclame tellement d’être et d’apparaître régulière, et peut-être aussi d’être pensée de nouveau, non pas dans les termes de relations sèches et impérieuses, mais plutôt – alors même qu’elle doit prendre des formes sévères et mettre en œuvre l’autorité d’une part, la docilité d’autre part – comme un fait de communion et d’association fraternelle, une palestre de charité, une protection et un secours qui assurent la fidélité aux grands devoirs de la perfection chrétienne, un exercice constant en vue de se conformer à la volonté de Dieu et à l’exemple du Christ, exercice recherché comme tel de la part de ceux qui le proposent ou l’imposent et accueilli comme tel par ceux qui l’exécutent ; Nous voulons dire finalement la richesse intérieure de l’état religieux, sa profondeur spirituelle, son mouvement mystique et aimant tendu vers l’union, la conversation, l’amour de Dieu.

Ces paroles mettent en bonne lumière la nature du renouveau actuel de la vie religieuse, qui comporte une vue plus nette de sa valeur théologale et, dans la fidélité à la discipline, un sens plus avivé de la charité et du progrès spirituel.

Sacerdoce et vie religieuse

Le Souverain Pontife évoque les leçons de l’histoire en la matière, entre dans les raisons profondes d’une vocation sacerdotale religieuse :

Par lui-même l’état religieux n’implique ni n’exige le sacerdoce. Il « constitue en soi un état complet de la profession des conseils évangéliques » (Perfectae caritatis, n. 10). « Si l’on considère la constitution divine et hiérarchique de l’Église, un tel état n’est pas intermédiaire entre la condition cléricale et la condition laïque ; mais, à partir de ces deux conditions, quelques fidèles sont appelés par Dieu à jouir de ce don spécial dans la vie de l’Église et, chacun à sa manière, à aider celle-ci dans sa mission salvatrice » (Lumen Gentium, n. 43).
En réalité, toutefois, dans la vie de l’Église, la profession religieuse a été associée au sacerdoce.
1. – D’abord, dans le monachisme et, dans ce cas, même si le religieux ordonné n’était pas destiné à exercer l’œuvre pastorale. A notre époque s’est produite une certaine redécouverte de la valeur propre de l’état monastique en lui-même, sans le sacerdoce, et la possibilité d’un tel état monastique a été ratifiée par le Concile (cf. Perfectae caritatis, n. 15). Pourtant cette réalisation du monachisme sans le sacerdoce ne doit absolument pas conduire à tenir pour une déviation le fait que désormais, depuis bien des siècles en Occident, la plupart des moines ont été ordonnés prêtres. Il ne faut pas davantage prendre aujourd’hui comme norme générale d’appeler les moines au sacerdoce uniquement selon les nécessités du ministère pastoral à l’intérieur ou à l’extérieur du monastère. Si, en fait, le sacerdoce a été associé à l’état monastique, c’est une conséquence de ce qu’on percevait une harmonie entre la consécration religieuse et la consécration sacerdotale (cf. « Contemplation et sacerdoce » dans Angelicum, 42 [1965]). Saint Grégoire le Grand déclare : « Nous qui célébrons les mystères de la Passion du Seigneur, nous devons imiter ce que nous faisons. Il y aura vraiment hostie offerte à Dieu pour nous, lorsque nous ferons de nous-mêmes l’hostie » (Dial. IV, 59, P. L. 77, 428). L’union dans la même personne de la consécration religieuse, qui offre totalement cette personne à Dieu, et du caractère sacerdotal, une telle union la configure de façon spéciale au Christ qui est, à la fois, Prêtre et Victime.
En outre, si le Concile a, dans le décret « Presbyterorum Ordinis », tracé la figure complète du prêtre avec les pouvoirs divins qui proviennent du Christ Suprême Docteur, Prêtre et Roi, et dans l’exercice de ces pouvoirs au service du Peuple de Dieu, ce ne fut certainement pas l’intention du Concile d’enlever sa raison d’être au sacerdoce des moines qui l’exercent presque exclusivement dans la célébration de la messe, parce que « dans le mystère du sacrifice eucharistique, où les prêtres exercent leur fonction principale, c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit. C’est pourquoi il leur est vivement recommandé de célébrer la messe tous les jours ; même si les chrétiens ne peuvent y être présents, c’est un acte du Christ et de l’Église » (Presbyterorum Ordinis, n. 13).
2. – Cette harmonie entre la vie consacrée par la profession religieuse et le sacerdoce, cette assimilation particulière des traits du religieux prêtre à ceux du Christ Prêtre et Victime, se vérifie en toutes les autres formes de la vie religieuse cléricale. Mais en ces dernières il existe encore une autre connexion spéciale entre ces deux consécrations.
Dans ces instituts, le lien spécial qui existe entre la profession religieuse et le ministère sacerdotal a pour conséquence que « toute la vie religieuse des membres doit être pénétrée d’esprit apostolique et toute l’action apostolique doit être animée par l’esprit religieux » (Perfectae caritatis, n. 8). Aussi les observances de ces instituts doivent-elles être judicieusement adaptées aux nécessités de l’apostolat qui leur incombe, compte tenu toujours de leur caractère propre et de leur forme particulière de vie régulière (cf. ibid., nn. 8 et 9).

Conclusion

Qu’il Nous suffise de conclure, en invitant chacun de vous et avec vous vos instituts respectifs à considérer combien l’Église a besoin de vous : de votre recherche authentique de la perfection chrétienne, de votre consécration effective à l’unique et total amour de Dieu, de votre exemple dans la façon de reproduire dans sa propre vie les traits du Christ, de votre collaboration apostolique, pastorale et missionnaire, de votre vigoureuse adhésion à la foi et au magistère ecclésiastique qui la maintient et la propose, de l’épiphanie de vos vertus caractéristiques, de votre charité vive et enflammée, de votre capacité de prière et d’évangélisation... Oui, l’Église a besoin de votre sainteté !

Aux abbesses et prieures bénédictines d’Italie

Le 28 octobre 1966, Paul VI s’est adressé aux abbesses et prieures des monastères de Bénédictines d’Italie, réunies à Rome pour étudier ensemble le renouveau de leur vie religieuse. Le Pape a souligné tout d’abord le caractère extraordinaire de cette rencontre : c’est l’autorité même de l’Église qui a voulu cette sortie inaccoutumée de clôture et c’est le Concile qui est à l’origine de cette nouveauté. Ce Concile, déclare le Pape, n’est pas une révolution, mais un renouveau dans l’inspiration originelle des Instituts (cf. Perfectae caritatis, n. 2). Pour que ce but soit mieux atteint, le Pape traite tour à tour des points suivants : la rénovation demandée répond aux exigences de la vie religieuse ; la vie contemplative garde de nos jours encore toute sa raison d’être ; les monastères sont des foyers de rayonnement chrétien ; les moniales doivent entretenir et développer un vif sens de l’Église.

Exigences de la perfection religieuse

Si l’institution des moniales a eu à diverses époques besoin d’une sérieuse réforme, que le Siège apostolique et des saints ont réalisée, on ne peut parler de nos jours d’un état de décadence.

La réforme se pose en des termes différents. Elle apparaît plutôt comme un encouragement que comme un reproche ; comme une confirmation et un discernement que comme une correction et une mesure rigoureuse ; comme un stimulant plutôt que comme un frein.
Mais il s’agit néanmoins toujours d’une réforme, à cause de l’inexorable nécessité de la tâche qui régit votre vie : la perfection. Or, il n’y a pas de perfection sans charité vivante, sans efforts continuels. La perfection ne dirige pas le vol de l’esprit, auquel votre vie est consacrée, si les ailes de l’esprit ne renouvellent pas à chaque instant leur effort surnaturel (aussi bien dans le sens mystique que dans le sens ascétique). On ne peut pas parler de perfection si l’esprit religieux cède insensiblement à la confiance dans les formes extérieures et oublie de donner à ces formes leur sens intérieur, leur valeur morale, leur langage spirituel. La perfection n’est pas ce qu’elle doit être si la vie monastique se laisse aller à des conceptions particulières que l’Église ne dirigerait ou ne reconnaîtrait pas. Elle ne l’est pas si l’âme consacrée perd de vue les horizons des grandes vérités de la foi et des problèmes de l’humanité ; si elle oublie les drames de l’Église et les souffrances du monde, et surtout si elle ne vit pas dans la plénitude du mystère du Christ...

Actualité de la contemplation

Ayez l’estime du choix que vous avez fait de la vie contemplative. Certes vous en avez une grande idée, soit sous l’aspect négatif qu’elle présente : le renoncement – Vous rappelez-vous « Nous avons tout quitté » (Mt 19,27) – soit sous son aspect positif : l’orientation, l’aspiration, la fixation de toutes les facultés humaines dans le colloque et même dans l’écoute silencieuse de Dieu : « Assise aux pieds du Seigneur, elle l’écoutait parler » (Lc 10,39). Tout est là ; et quel programme sublime pour une vie que Nous supposons dotée de toute la gamme de la sensibilité humaine, disponible pour les innombrables et faciles conquêtes que le monde moderne offre à tous, pour une vie que Nous supposons décidée à vouloir vivre en plénitude sa propre existence. Quel sage et puissant amour des « choses d’en-haut » (Col 3,1-2) doit absorber l’âme qui a fait sien un tel choix...

Mais n’est-elle peut-être pas arrivée jusqu’à vous cette voix qui se répand qualifiant d’anachronique, d’inhumain, d’impossible, d’unilatéral le choix que vous avez fait. Et les vieilles objections, qui présentent la consécration religieuse comme contraire à la liberté humaine et inutile à la société, n’insinuent-elles pas aujourd’hui plus que jamais le doute sur l’excellence de ce genre de vie ? Eh bien ! Nous croyons que l’un des principaux motifs qui vous ont amenées jusqu’ici c’est de Nous entendre vous répéter, comme si elle était adressée à vous, la parole rassurante et enivrante du divin Maître adressée à la silencieuse Marie : « Elle a choisi la meilleure part » (Lc 10,42).
Nous confirmons donc volontiers la reconnaissance de votre citoyenneté dans l’Église de Dieu. Et cela, non seulement à cause de votre passé multiséculaire, mais en hommage à la riche variété et à la relative liberté des formes dans lesquelles peut s’exprimer, dans la Sainte Église, la volonté de suivre le Christ dans une profession univoque de foi, de charité, d’obéissance à l’Église. Et nous dirons plus encore : non seulement une place vous est accordée dans l’Église catholique, mais une fonction, comme dit le Concile. Vous n’êtes pas séparées de la grande communion de la famille du Christ, vous êtes spécialisées. Et votre spécialité, aujourd’hui comme hier, est providentielle et édifiante pour l’Église, et même pour toute la société. Vous conservez et affirmez des valeurs dont on sent le besoin aujourd’hui plus que jamais, et ces valeurs, vous savez bien quelles elles sont : la recherche suprême et exclusive de Dieu, dans la solitude et le silence, dans le travail humble et pauvre, pour donner à la vie la signification d’une prière continuelle, d’un « sacrifice de louange » célébré en commun, consommé en commun, dans l’épanouissement d’une charité joyeuse et fraternelle.

Foyers de rayonnement

Le Pape veut répondre à une question qui pourrait se poser : Comment ce genre de vie si retiré peut-il être profitable à la communauté des fidèles et même à toute la communauté humaine ? Faisant abstraction de l’influx surnaturel de charité qui établit un rapport mystérieux entre le monde et la vie monastique, le Pape préfère indiquer « deux conditions à la fois surnaturelles et naturelles » du rayonnement de la vie claustrale.

La première consiste dans la pureté et la beauté, qui doivent donner son style à votre vie claustrale, non pas d’une façon extérieure, mais au dedans de chacune de vous et de chacune de vos communautés. Tout dans votre vie doit être limpide, transparent, simple et beau, au point d’en faire comme un secret. Ce qui doit donner son style à votre vie, c’est le silence, le recueillement, la ferveur, l’amour, et surtout le mystère de grâce auquel vous êtes vouées. Beauté spirituelle, ascétisme sage, art dans toutes les actions de la journée doivent exprimer votre consécration à la contemplation. Et s’il en est ainsi, sachez que les murs de vos maisons deviennent de cristal : à travers eux, une émanation diaphane de paix, de joie, de sainteté se répand autour des monastères ; et l’essoufflement, la clameur, le remords, l’angoisse, la colère... dont le monde les encercle ne peuvent pas n’en pas ressentir l’influence consolatrice. En d’autres termes, il faut que votre vie claustrale soit ce qu’elle doit être : parfaite, douce et forte, modeste et florissante, sainte à sa façon ; et le prodige d’un enchantement mystique qui émane d’elle se vérifiera encore aujourd’hui. Ne vous apercevez-vous pas que vos églises sont remplies de gens recueillis et extatiques quand vous célébrez les rites liturgiques avec une exquise et simple beauté ? Et ne voyez-vous pas qu’aux grilles de vos cloîtres des âmes en recherche et des âmes en peine vous demandent le réconfort de votre paix mystérieuse ?

Sens de l’Église

Et l’autre condition ? Elle est facile à deviner. C’est le sens de l’Église, de l’Église tout entière, qui doit être éveillé dans votre vie spirituelle. Votre vocation monastique requiert la solitude et la clôture ; mais vous ne devez jamais vous considérer de ce fait comme isolées et soustraites à la solidarité avec toute l’Église. Vous n’êtes pas séparées, disions-Nous, de la communion ecclésiale ; vous êtes distinctes pour répondre à ce but spécial de votre vie religieuse. Bien plus, vous devez nourrir cette vie religieuse de la théologie sur l’Église, telle que le Concile l’a tellement mise en lumière ; vous devez connaître quelque chose des faits qui intéressent aujourd’hui l’Église, son organisation, son renouvellement, son effort pour la paix et l’ordre dans le monde, son anxiété apostolique et missionnaire, sa souffrance – toujours grande et dramatique en tant de régions du monde –, son aspiration, qui n’a pas de cesse et est toute d’amour, vers le règne de Dieu ; et vous devez traduire dans la prière et la pénitence les grandes causes de l’Église. Oui, alors votre place en son cœur vous est assurée, votre mission vous rend précieuses et objets pour son cœur d’un amour de prédilection. Oui, et souvenez-vous aussi du Pape qui va maintenant vous donner sa Bénédiction, non sans vous faire une ultime recommandation. Vos récits du temps passé rapportent qu’il existait autrefois un célèbre monastère bénédictin, issu de Cluny, celui de Marcigny en France, fondé au xie siècle. La première prieure de ce monastère s’appelait Ermen garde et les chroniques l’appellent sainte, même si elle ne figure pas au martyrologe romain. Le nombre des moniales de ce monastère était fixé à 99 (alors ce chiffre n’était pas un rêve) pour laisser la centième place qui, au chœur et au réfectoire, devenait la première, à l’Abbesse invisible, à Notre-Dame toute sainte. Eh bien, que Notre-Dame préside encore aujourd’hui et à côté de vous, à vos communautés respectives. Qu’elle les protège, les édifie, les remplisse de la présence de son divin Fils, Jésus-Christ, en vertu de Qui Nous vous bénissons toutes, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Aliénations et emprunts

Parmi les facultés accordées aux Supérieurs généraux des Instituts cléricaux de droit pontifical, par le rescrit de Paul VI du 6 novembre 1964, se trouve le pouvoir de permettre, avec le consentement de leur conseil et pour un juste motif, d’aliéner des biens de l’Institut et de contracter des dettes, ou obligations, jusqu’à concurrence de la somme proposée par la Conférence épiscopale nationale ou régionale et approuvée par le Saint Siège (n. 9) [2].

La même faculté a été donnée aux Supérieurs généraux des Instituts laïques, masculins ou féminins, de droit pontifical, par décret de la Congrégation des Religieux, du 31 mai 1966 (n. 2).

Jusqu’ici, le Saint-Siège a approuvé les montants suivants, proposés par les Conférences épiscopales respectives [3] :

Allemagne 500.000 marks pour les aliénations1.000.000 marks pour les emprunts
Angleterre 100.000 livres sterlings
Argentine 15.000.000 pesos
Belgique 2.500.000 francs belges
Bolivie 15.000 dollars U.S.
Brésil 15.000 dollars U.S.
Chili 50.000 dollars U.S.
Colombie 500.000 pesos colombiens
Cuba 50.000 dollars U.S.
Écosse 50.000 livres sterlings
Équateur 25.000 dollars U.S.
Espagne 1.000.000 pesetas
France 500.000 nouveaux francs
Hollande 60.000 florins
Honduras 50.000 lempiras
Irlande 50.000 livres sterlings
Italie 30.000.000 lires
Luxembourg 2.500.000 francs belges
Malte 100.000 livres sterlings
Nicaragua 30.000 dollars U.S.
Panama 30.000 dollars U.S.
Paraguay 10.000 dollars U.S.
Pérou 1.300.000 sols
Philippines 100.000 pesos
Porto-Rico 100.000 dollars U.S.
Portugal 500.000 escudos
Saint-Domingue 100.000 dollars U.S.
Suisse 500.000 francs suisses
Uruguay 50.000 dollars U.S.
Venezuela 70.000 bolivares

[1L’idée est reprise dans le Motu proprio Ecclesiae Sanctae, II, n. 24.

[2R.C.R., 1965, 106.

[3Comment, pro relig., 1966, 255.

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