Que sera donc l’an neuf qui vient de nous advenir ? À l’horizon ecclésial, on verra, pour la vie consacrée, la mise en œuvre de l’instruction sur la formation des moniales (« L’art de la recherche du visage de Dieu », 21 novembre 2019), les suites du motu proprio Communis vita (19 mars 2019) qui attire l’attention des religieux sur l’importance de leur vie en communauté, le rassemblement mondial des vierges consacrées à Rome (28-31 mai 2020) à l’occasion du cinquantième anniversaire de la promulgation de leur nouveau rituel... et tant d’autres rencontres qui se tiendront davantage aux périphéries : un immense mouvement qui tend toujours à cette conversion attendue des consacrés en ce moment périlleux de leur histoire. La tentation de désespérer universellement n’est pourtant que le revers d’un appel singulier à l’espérance divine, et c’est là que nous voulons obstinément nous tenir.
Sortant donc un peu du bois de ces tristesses accumulées, notre numéro va à la Rencontre d’un missionnaire chevronné, le salésien Jean-Luc Vande Kerkhove, dont l’itinéraire parle de ressourcement constant, au long d’une moisson dont le Seigneur demeure le secret et la fécondité. Ce moment africain consonne avec ce que Juanita Gonzalez, missionnaire de Jésus crucifié, mexicaine engagée en Amérique Latine et en Afrique, nous expose Sur un autre ton  : une alternative à l’économie libérale de marché existe, elle est sociale et solidaire, et déjà à l’œuvre en certaines régions défavorisées de notre planète.
Présentée par Frédérique Poulet, de l’Ordre des vierges, l’importante instruction sur la consécration virginale montre la nouveauté chrétienne d’une vie qui l’atteste pour tous : le Seigneur est venu et Il vient ; la signification de cette vocation pour l’Église particulière relève certainement d’un Kairos ecclésial. De même, l’évocation du cardinal Newman, tout récemment canonisé, met en lumière, sous la plume de Marie-David Weill, sœur apostolique de Saint-Jean, le portrait d’un penseur catholique prophétiquement engagé dans la culture et l’éducation de l’humanité de l’homme.
Qui donc, sinon Christiane Meres, carmélite, pouvait avoir l’idée de rapprocher Édith Stein de cette Riçpa vétérotestamentaire, et de voir ces deux figures de la vie éclairer celle de Marie au pied de la Croix, qui les accomplit à son tour ? Il arrive aussi, continue la rubrique Orientation , que la chasteté si décriée, si malmenée aujourd’hui, puisse s’éclairer d’une pratique très incarnée, comme celle de Thérèse de Lisieux, ainsi que l’indique en quelques traits Noëlle Hausman, du Saint Cœur de Marie.
Le récent ouvrage d’Alphonse Borras, vicaire général du diocèse de Liège, est présenté en Chronique par Gonzague de Longcamp, frère de Saint-Jean, avec un peu d’ampleur, parce qu’il permet d’affronter en mode réfléchi et synodal la précarité liée au manque de prêtres.
On vous le disait, le temps qui va est aussi celui de l’espérance. Il suffit de suivre la brèche déjà ouverte au Cœur de Dieu. Bonne lecture, et bon réabonnement 2020 !