Après « Le jour du Seigneur et le développement de l’année liturgique » (Vs Cs 81, 2009, 275-287), puis « Le temps de !’Avent et celui de Noël » (Vs Cs 83, 2011, 254-265), voici le temps où suivre le Christ en sa Pâque, depuis les débuts du Carême jusqu’à la Pentecôte. Considérés l’un après l’autre, les éléments des formulaires liturgiques découvrent peu à peu à quel dynamisme spirituel nous sommes engagés dans cette « élévation » du Christ qui nous rend la vie, jusqu’à ce qu’il vienne.

Le même texte de l’évangile selon saint Matthieu est pro­clamé, dans la liturgie eucharistique, le treizième samedi du temps ordinaire et le vendredi après les Cendres. « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l’époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront » (Mt 9,15).

L’évocation, par Jésus, de la présence de l’époux aux invités de la noce caractérise bien le temps ordinaire de l’année liturgique. En revanche, au temps du Carême est annoncé l’enlèvement de l’époux, suscitant le jeûne de ses invités.

Si le temps de l’Avent, puis celui de Noël et de l’Épiphanie, concernent la venue du Seigneur Jésus parmi nous, les temps qui se déroulent du mercredi des Cendres au dimanche de la Pentecôte recouvrent son enlèvement, ou encore son élévation.

Jésus sait, dit l’évangéliste Jean, « qu’il est venu de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu » (Jn 13,3). Jésus, qui est venu du Père auprès de nous, s’en va dorénavant auprès du Père, et il nous entraîne avec lui. Son départ, en cela même, éclaire sa venue dans la chair : en lui, nous naissons à la vie des fils de Dieu. Le message des anges aux disciples, le jour de l’Ascension, illustre et justifie le cycle des années liturgiques, le passage continu de l’une à l’autre jusqu’à la fin des temps : « ce même Jésus qui vous a été enlevé vers le ciel viendra ainsi, à la façon dont vous l’avez vu aller vers le ciel » (Ac 1,11).

Deux articles précédemment publiés ont décrit, successivement, l’ensemble de l’année liturgique et les premiers temps de celle-ci [1].

Le présent article a pour sujet le Carême, la Semaine sainte, les cinquante jours de Pâques [2].

Un temps orienté par la Pâque du Christ

« Carême » signifie une période de quarante jours (Quadragesima) qui conduit à la célébration de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus. « Notre Pâque a été immolée : c’est le Christ » (1 Co 5,7). L’évolution de la solennité pascale a influencé les différents moments qui y préparent – et qu’il convient ici de rappeler brièvement.

Les documents des IIe et IIIe siècles attestent un jeûne de deux jours (le vendredi et le samedi) qui s’achève avec la Vigile de Pâques (dans la nuit du samedi au dimanche). Au IVe siècle, les Constitutions apostoliques font état d’une période de six jours, à partir du lundi. À Rome, le récit de la passion est pro­ clamé dans la liturgie eucharistique du dimanche qui inaugure cette semaine, dénommée hebdomada major, puis sancta : la « Semaine sainte ». Le triduum sacrum prendra une forme liturgique, débutant le jeudi soir avec la messe in Cena Domini et finissant avec les vêpres du dimanche de la Résurrection.

Parallèlement, dès le IIIe siècle, la célébration de Pâques est reconnue comme étant le moment privilégié pour conférer le baptême. L’Église romaine organise la préparation des catéchumènes au long de trois semaines. L’eucharistie dominicale transmet, successivement, trois enseignements de saint Jean : la Samaritaine (Jn 4,6-42), l’aveugle-né (Jn 9, 1-38), Lazare (Jn 11,1-44). Des rites préparatoires, appelés « scrutins », accompagnent la proclamation des péricopes évangéliques au cours de ces messes pro scrutiniis. Par ailleurs, l’Église alexandrine, au IVe siècle, adopte d’emblée une période de six semaines, notamment sous l’impulsion d’Athanase (en 330). Les « quarante jours » de Jésus au désert, qui suivent le Baptême, sont – pour ainsi dire – déplacés pour précéder le triduum sacrum. L’Église romaine adopte cet usage du Carême au milieu du IVe siècle. Au début du VIe siècle, elle inaugure ce temps de quarante jours par un rite de pénitence, non pas le dimanche – qui jamais n’est un jour de jeûne – mais le mercredi précédent : le « mercredi des Cendres ».

Une telle organisation, qui est la nôtre présentement, met en valeur les moments distincts du temps liturgique orienté par la Pâque du Christ : le Carême, la Semaine sainte, laquelle culmine dans le triduum sacrum. Une brève allocution que le célébrant adresse aux fidèles, le dimanche des Rameaux et de la Passion, en résume le contenu :

Frères bien-aimés, pendant quarante jours, nous avons pré­ paré nos cœurs par la prière, la pénitence et le partage ; et nous voici rassemblés au début de la semaine sainte pour commencer avec toute l’Église la célébration du mystère pascal.

Préfaces du Carême et de la Passion

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». Accompagné de cette invitation, l’imposition des Cendres, au mercredi qui ouvre le Carême, est une démarche publique de conversion. Le Seigneur convoque son peuple, par la voix du prophète Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur... » (cf. Jl 2,12-18) l’apôtre Paul proclame qu’est venu le moment du salut : « Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (cf. 2 Co 5,20 - 6,2). Dans l’évangile, le Seigneur Jésus énumère les trois comportements privilégiés, l’aumône, la prière, le jeûne ; il s’agit de les pratiquer sous le regard de « votre Père qui est aux cieux » (cf. Mt 6,6.16-18). Le missel propose, en ce jour, la quatrième Préface du Carême.

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Le temps du Carême offre, jusqu’au samedi de la quatrième semaine, un ensemble de quatre Préfaces. Chacune de celles-ci peut être adoptée tout au long de cette période. Une certaine ordonnance, cependant, les unit entre elles.

La première Préface reconnaît, dans le temps annuel du Carême, la grâce d’un renouvellement de la vie chrétienne :

Nous te rendons gloire, Père très saint
Car chaque année, tu accordes aux chrétiens de se préparer aux fêtes pascales dans la joie d’un cœur purifié ;
de sorte qu’en se donnant davantage à la prière, en témoignant plus d’amour pour le prochain, fidèles aux sacrements qui les ont fait renaître, ils soient comblés de la grâce que tu réserves à tes fils.

Comme la première, la deuxième Préface rend compte de la signification du Carême ; elle évoque semblablement un « temps de grâce » et, par « la pureté du cœur », une conversion aux réalités éternelles. Les troisième et quatrième Préfaces expriment, respectivement, les motivations et les effets de la pénitence : l’imitation de la miséricorde divine et le partage « avec ceux qui ont faim », et encore, une capacité accrue d’obtenir le bien que Dieu nous réserve.

Ces deux dernières Préfaces sont prévues pour les jours de la semaine, non pour le dimanche. De surcroît, une première Préface de la Passion est employée au long de la cinquième semaine. La démarche de conversion engagée au début du Carême s’approfondit, se laissant davantage déterminer par le mystère du Christ qui l’oriente : « (Père), l’univers entier, sauvé par la passion de ton Fils, peut désormais confesser ta gloire ». La seconde Préface concerne ensuite les lundi, mardi et mercredi de la Semaine sainte : « Voici que s’approchent les jours où Jésus, notre sauveur, souffrit sa passion et ressuscita dans la gloire ».

Aux trois années (A, B et C), les premier et deuxième dimanches du Carême possèdent chacun leur Préface propre. Dans l’année A, les trois dimanches suivants recourent à une Préface, elle aussi singulière, qui correspond à l’évangile du jour. Le choix est laissé, pour les années B et C, entre la première et la deuxième Préface du Carême.

Découvrons à présent le contenu de ces dimanches, en suivant le parcours des lectures quotidiennes et dominicales.

La suite des semaines et des dimanches du Carême

Au long des semaines du Carême, jusqu’à la quatrième de celles-ci, la liturgie quotidienne ne s’appuie pas sur une lecture continue d’un écrit de l’Ancien Testament ni d’un évangile ; elle n’utilise pas non plus l’alternance, pour la première lecture, des années paires et impaires. Divers passages de l’Ancien Testament (des prophètes notamment), diverses péricopes des évangiles synoptiques (de Matthieu et de Luc principalement), forment un florilège qui, chaque jour, invite à la conversion caractérisant le Carême et accentue tel ou tel élément du comportement à suivre : l’écoute de la Parole de Dieu, la prière et la pénitence, le partage et le pardon [3]. Cependant, du lundi de la quatrième semaine au samedi de la cinquième, l’évangile selon saint Jean est proclamé : des extraits des chapitres 4, 5 et 7 (pour la quatrième), des chapitres 8, 10 et 11 (pour la cinquième semaine), se succèdent [4] Jésus s’y révèle en révélant son Père et nous révèle à nous-mêmes en lui.

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L’organisation de la liturgie des dimanches en trois années (A, B, C), avec la répartition correspondante des trois évangiles synoptiques (respectivement : Matthieu, Marc, Luc), s’applique au temps du Carême – l’année A exceptée, à partir du troisième dimanche.

Un thème particulier est attribué à chacun des cinq dimanches ; il se trouve illustré principalement par les lectures de l’Ancien Testament. Le premier dimanche concerne le dessein de Dieu en faveur de l’homme, ainsi que la tentation et la chute de celui-ci. Sont rappelées ensuite les choses qui concernent Abraham (le deuxième), Moïse (le troisième), le peuple d’Israël (le quatrième) et les promesses des prophètes (le cinquième dimanche) [5].

Examinons le choix des évangiles. Pour chacune des trois années, le premier dimanche relate la Tentation de Jésus au désert (cf. Mt 4,1-11 ; Mc 1,12-15 ; Lc 4,1-13) [6]. « Lorsqu’il déjouait les pièges du Tentateur, il nous apprenait à résister au péché ». De même, le deuxième dimanche est consacré à la Transfiguration (cf. Mt 17,1-9 ; Mc 9,2-10 ; Lc 9,28-36.). « Il nous révélait ainsi que sa passion le conduirait à sa résurrection » (Préfaces).

Ensuite, pour les trois dimanches suivants, le calendrier de l’année A retient des récits de l’évangile johannique qui ont trait expressément au don de la foi et à la grâce de la filiation divine que confère le baptême. Nous les avons mentionnés plus haut ; ils illustrent la connexion, dans un même temps, entre la préparation à la célébration de Pâques et la formation progressive des catéchumènes. Jésus annonce à la Samaritaine le don de l’eau vive (le troisième dimanche : cf. Jn 4,10) ; il ouvre les yeux de l’aveugle-né et lui fait connaître le Fils de l’homme (le quatrième : cf. Jn 9,35-37) ; il appelle Lazare hors du tombeau car il est la Résurrection et la Vie (le cinquième : cf. Jn 11,25).

En raison d’un accueil de catéchumènes dans l’assemblée chrétienne, ces trois évangiles johanniques peuvent être proclamés également aux années B et C. Ils soutiennent ainsi, de même que des oraisons de la Messe adaptées, la succession des « scrutins ». La célébration de ceux-ci comportera généralement une prière litanique suivie d’une prière d’exorcisme, l’onction d’huile et l’imposition de la main, puis le renvoi [7].

Chacune des années, par les lectures de l’apôtre Paul et des évangélistes Jean et Luc, accentue un des aspects du mystère pas­ cal du Christ : après la rencontre du Sauveur par le baptême (année A), sont envisagés le salut du monde par sa mort et sa résurrection (année B), puis le chemin de réconciliation et de miséricorde qu’il nous fraie en montant vers sa Pâque (année C) [8]. La référence, chaque dimanche des trois années, aux personnages et aux faits de l’Alliance de Dieu avec son peuple, selon les textes de l’Ancien Testament, et la référence, chaque année pour les cinq dimanches, à la Rédemption effectuée par le Christ, selon les textes du Nouveau Testament, sont ainsi unies tout au long du Carême.

Le dimanche des Rameaux et la Semaine sainte

Le dimanche des Rameaux et de la Passion : c’est la dénomination complète du jour qui inaugure la Semaine sainte. Les fidèles rassemblés tiennent en main des palmes ou (dans nos régions) des rameaux de buis. Une procession jusqu’à l’intérieur de l’église, ou à défaut une antienne d’ouverture, rappelle l’entrée de Jésus, béni par la foule, à Jérusalem. On écoute l’évangile qui relate l’événement (Mt 21,1-1 ; Mc 11,1-10 ; Lc 19,28-40). La Messe comprend la lecture de la Passion de notre Seigneur, selon l’évangile synoptique propre à l’année en cours (Mt 26,14-27,66 ; Mc 14,1-15,47 ; Lc 22,14-23,56) ; les deux lectures et le psaume qui précèdent le récit de la Passion (ls 50,4-7. Ps 21, 8... 24. Ph 2, 6-11) sont les mêmes aux trois années.

Les oracles du Serviteur, au livre d’Isaïe, sont repris les trois premiers jours de la semaine (lundi : ls 42,1-7 ; mardi : Is 49,1-6 ; mercredi : ls 50,4-9). Il en est de même le vendredi saint (Is 52,13 - 53, 12) avant la lecture, chaque année, de la passion selon saint Jean. Ce quatrième oracle ne trace pas seulement les traits du Christ douloureux, mais encore, il donne aux fidèles de l’assemblée les mots qu’eux-mêmes n’auraient pas pu inventer, les mots inspirés d’une reconnaissance renouvelée de siècles en siècles : « nous l’avons méprisé [...] c’est par nos péchés qu’il a été broyé [...] c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (ls 53,4-5). La restauration de la concélébration et l’enseignement, par Vatican II, du sacerdoce commun des fidèles confèrent une ampleur nouvelle à la Messe chrismale. Celle-ci – le matin du jeudi saint ou, plus couramment, la veille ou l’avant-veille – réunit l’évêque, les prêtres, les diacres et les fidèles dans la cathédrale. Après la liturgie de la Parole (Is 61,1.9 ; Ps 88 ; Ap 1,5-8 ; Lc 4,16-21) qui rappelle la consécration ou onction (khrisma) du Christ, après la rénovation des promesses sacerdotales qui vient ensuite, l’évêque bénit l’huile des malades et l’huile des catéchumènes, puis il consacre le « saint-chrême » – huile d’olive mélangée de parfum destiné aux sacrements du baptême, de la confirmation, de l’ordination au presbytérat et à l’épiscopat. Dispensé, ainsi que l’huile bénite, aux églises du diocèse, le saint-chrême pourra bientôt être utilisé dans la liturgie baptismale de la Veillée pascale.

Nous arrivons aux jours de notre salut, aux jours de la Cène du Seigneur Jésus, de sa mort et de son ensevelissement, de sa Résurrection. Après quelques hésitations perceptibles dès le VIIe siècle, l’habitude a été prise, à partir du XIIIe, de célébrer les offices vespéraux du triduum dans le courant de la journée. Ainsi les Vêpres sont-elles anticipées au matin. La Veillée pascale elle-même, sous l’autorité de Pie V (en 1566), est célébrée dans la matinée du samedi saint : la contrainte du jeûne eucharistique (débutant à minuit) est ainsi écartée et l’attention se fixe sur la fête du dimanche de Pâques et sur ses préparatifs. En 1951 puis en 1955, Pie XII rétablira les rites et les horaires appropriés de la Veillée pascale et des jours saints.

Le triduum pascal est de la sorte clairement circonscrit. Il commence le soir du jeudi saint et s’achève au soir du dimanche de la Résurrection.

Triduum pascal : la Cène

Les évangélistes soulignent la présence de Jésus à Jérusalem pour la fête de la Pâque et le contexte pascal de la Cène, le dernier repas qu’il prit avec les Douze. Deux d’entre eux ont été chargés de préparer la Pâque en ville, et, raconte Luc, quand ce fut l’heure du repas, Jésus déclara : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir » (Lc 22,14).

La première lecture de la messe au soir du jeudi saint explique la Pâque. Tirée du livre de l’Exode, elle décrit, suivant les directives que Moïse et Aaron reçoivent du Seigneur, la manducation de l’agneau par l’assemblée d’Israël, au cours de la nuit, dans les maisons qui, marquées par le signe du sang, seront épargnées du châtiment que subira le pays d’Égypte (Ex 12,1-14). Est requise en conclusion la commémoration annuelle de cette Pâque du Seigneur : « C’est une loi perpétuelle ; d’âge en âge vous la fêterez ». Antérieure aux évangiles synoptiques, la première lettre aux Corinthiens comporte une relation de l’institution de l’Eucharistie par Jésus au cours de la Cène. Deuxième lecture, elle se trouve au centre de la liturgie de la Parole :

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis (paredôka) ce que j’ai reçu du Seigneur. La nuit même où il était livré (paredideto), le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne » (l Co 11,23-26).

Le récit du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean, est l’évangile de cette messe du jeudi saint. « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, [...] il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture » (Jn 13,1-15).

Après l’homélie, il est courant que le prêtre et douze membres de l’assemblée posent le geste du lavement des pieds. Quelle peut en être la signification dans la liturgie du jeudi saint, qui commémore tout particulièrement l’institution de l’Eucharistie par le Seigneur ?

L’évangéliste Jean, aux chapitres 13 à 17, met en relief, et l’amour du Christ qui se livre, et la communion d’amour de ceux qui entrent dans son agir. Le geste du lavement des pieds, à la veille de la Passion, est à même de signifier l’ampleur de la charité christique dont l’Eucharistie est le sacrement.

La messe achevée, la réserve eucharistique est portée en pro­ cession jusqu’au tabernacle où elle reste déposée jusqu’au lendemain : la communion sera donnée, en effet, à l’office liturgique du vendredi saint. Un temps d’adoration s’offre alors aux fidèles, une partie de la nuit.

Triduum pascal : la Passion

À l’image du pèlerinage parcourant la via dolorosa à Jérusalem, la dévotion du « Chemin de la croix », en quatorze stations illustrées ou indiquées dans la plupart de nos églises, s’est développée à partir du XIVe siècle, notamment sous l’impulsion des Franciscains. Elle rassemble de nombreux fidèles le vendredi saint à trois heures de l’après-midi – l’heure, selon les évangiles synoptiques, de la mort du Christ Jésus.

La célébration liturgique du soir commence par un moment de silence, auquel succède une oraison. La liturgie de la Parole est la première des quatre parties de l’office. La lecture d’Isaïe, suivie du psaume 30, et celle de la lettre aux Hébreux (cf. Is 52,13-53, 12. He 4,14-5,10) découvrent l’œuvre salvatrice de Dieu.

« Parce qu’il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés » (Is 53,12). Le Christ Jésus est notre grand prêtre ; « bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel » (He 5, 8-9). C’est le récit de la Passion selon saint Jean (cf. Jn 18, 1-19, 42) qui est, chaque année, proclamé le vendredi saint. Quelques éléments sont propres au quatrième évangile : la déclaration de Jésus à Pilate au sujet de la Royauté, la présence de Marie et du disciple bien­ aimé au pied de la croix, les mentions de l’accomplissement des Écritures, le côté ouvert d’où jaillissent le sang et l’eau.

La liturgie de la Parole nous conduit à la grande prière universelle, deuxième partie de la célébration. Un officiant, dans un invitatoire, désigne le sujet de l’intercession ; tous prient quelques instants en silence ; le prêtre prononce alors l’oraison, confirmée par l’Amen de l’assemblée. La prière est adressée à Dieu, successivement pour la sainte Église, pour le pape, pour les personnes qui exercent un ministère ainsi que pour l’ensemble du peuple des croyants, pour les catéchumènes, pour l’unité des chrétiens, pour les Juifs, pour les personnes qui ne croient pas en Jésus­-Christ, pour celles qui ne croient pas en Dieu, pour les pouvoirs publics, pour toutes les personnes qui sont dans l’épreuve.

La troisième partie de la célébration est la vénération de la croix. Celle-ci peut, soit se trouver près de l’autel, soit (le plus souvent) être menée en procession du fond de l’église jusqu’au sanctuaire. « Voici le bois de la croix, qui a porté le salut du monde » ; à cet appel de l’officiant, l’assemblée répond « Venez, adorons ». Tous les participants passent alors, les uns après les autres, devant la croix en lui rendant un geste de vénération.

Du lieu où il fut déposé la veille, le saint-sacrement est alors apporté à l’autel. Dernière partie de la liturgie du vendredi saint, la communion est donnée aux fidèles, après les rites préparatoires habituels : le « Notre Père » et « l’Agneau de Dieu ».

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Le samedi saint est un jour de recueillement, dans le souvenir de la mise de Jésus au tombeau, et aussi, selon l’enseignement de saint Pierre et la confession de l’Église, dans la méditation de sa « descente aux enfers » au séjour des morts qui l’attendaient et auxquels il annonce leur libération [9].

Ce jour ne comporte ni Eucharistie ni liturgie de la Parole ; l’Office des heures comporte cette oraison : « Dieu éternel et tout puissant, dont le Fils unique est descendu aux profondeurs de la terre d’où il est remonté glorieux, accorde à tes fidèles, ensevelis avec lui dans le baptême, d’accéder par sa résurrection à la vie éternelle ».

Triduum pascal : la Veillée et le jour de la Résurrection

« Mère de toutes les saintes veillées » [10], la Veillée pascale, à la nuit tombée, se déploie en quatre étapes.

Le « lucernaire », ou action de grâce pour la lumière (eucharistia lucernaris), débute par la bénédiction du feu nouveau auquel est allumé le cierge pascal ; celui-ci, porté par le diacre et suivi par l’assemblée, traverse l’église en procession, communiquant sa flamme aux bougies que lui tendent les fidèles. Par trois fois résonnent l’exclamation « Lumière du Christ », lancée par le diacre, et la réponse de tous : « Nous rendons grâce à Dieu ! ». Le cierge pascal une fois placé sur un chandelier, près de l’ambon, le diacre (ou un autre officiant) chante l’annonce solennelle de la Pâque, inspirée d’une hymne composée en Gaule méditerranéenne au siècle de saint Ambroise ; l’Exsultet est l’exultation universelle pour « la nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu », pour la victoire du Christ qui, « revenu des enfers, répand sur les humains sa lumière et sa paix », pour « la flamme montant de la colonne de cire » que l’Église offre au Père.

Moyennant une ample liturgie de la Parole, l’assemblée chrétienne fait ensuite mémoire de la geste de Dieu depuis les origines jusqu’au don de son Fils. Les lectures de l’Ancien Testament proclament les quatre interventions fondamentales : la création (selon Gn 1,1-2,2), le sacrifice d’Isaac par Abraham (Gn 22,1-18), le passage de la mer rouge, suivi du cantique de Moïse (Ex 14,15-15,18) [11] , et les temps messianiques. L’annonce de ceux-ci se partage en quatre prophéties, relatives à la Cité sainte (Is 54, 5-14), à la parole de vie (Is 55,1-11), aux œuvres de la sagesse (Ba 3, 9-4,4), à l’esprit nouveau (Ez 36,16-28). Après chaque proclamation, le psaume chanté par l’assemblée et l’oraison conclusive prononcée par le prêtre confirment et sollicitent la grâce divine.

L’hymne « Gloire à Dieu » (le Gloria), puis une oraison introductive, nous conduisent alors aux deux lectures du Nouveau Testament. En rappelant le baptême, l’apôtre Paul nous enseigne, en nous y exhortant, la participation au Christ mort et ressuscité (cf. Rm 6,3-11). Quelques versets du psaume 117 accompagnent l’acclamation Alleluia. L’évangile, à présent, vient annoncer explicitement le fondement de notre foi et le terme de notre espérance : Jésus de Nazareth, le Crucifié, est ressuscité (cf., selon l’année en cours : Mt 28,1-10 ; Mc 16,1-18 ; Lc 24,1-12). Avec l’homélie se termine la deuxième étape de la Veillée.

La célébration des « sacrements de l’initiation chrétienne » – le baptême, la confirmation, l’eucharistie – est le sommet de la Veillée pascale. Les catéchumènes appelés s’approchent de la cuve baptismale, bien visible à l’assemblée ; ils sont accompagnés de leurs parrains et marraines (et, s’il s’agit d’enfants, de leurs parents). Le prêtre introduit à la célébration ; après les litanies, il bénit l’eau baptismale. Les catéchumènes sont alors baptisés et, immédiatement après, confirmés. Ils communieront pour la première fois lors de la liturgie eucharistique qui suivra.

Comportant ou non un baptême effectif, la liturgie baptismale caractérise la troisième étape de la Veillée. Après la bénédiction de l’eau et l’aspersion qui lui succède, tous les fidèles, leurs cierges allumés, renouvellent leur profession de foi baptismale. La prière universelle (ou « prière des fidèles ») est ensuite prononcée.

Débutant par la préparation du pain et du vin, la liturgie eucharistique achève la Veillée pascale [12].

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La messe du jour, au dimanche de la Résurrection, ainsi que celle du soir transmettent le témoignage de l’apôtre Pierre à pro­pos de Jésus « depuis les débuts en Galilée » jusqu’à la mort en croix et à la résurrection « le troisième jour » (Ac 10, 34...43), puis, les exhortations de saint Paul à vivre conformément au Christ ressuscité (Col 3,1-4 ou 1Co 5,6-8).

Les évangiles, distincts à l’une et à l’autre messe, correspondent aux moments du récit. C’est au matin, en effet, qu’avertis par Marie de Magdala, Pierre et l’autre disciple courent au tom­ beau. Le disciple « vit et crut. Jusque là, en effet, ils n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20,1-9 : messe du jour). Et c’est le soir tombé, que deux disciples reviennent d’Emmaüs à Jérusalem auprès des Onze. Ceux-ci « leur dirent : “C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre”. À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient connu quand il avait rompu le pain » (Lc 24,13-35 : messe du soir).

L’octave de Pâques

Le triduum pascal se termine au soir du dimanche de la Résurrection. Celui-ci, par ailleurs, est le premier des cinquante jours (ou « pentecôte » : pentèkostè) que comporte le « temps de Pâques ». Il est aussi, à l’intérieur de cette période, le premier jour d’une « octave de Pâques », laquelle se clôture le dimanche suivant. Pour comprendre cette expérience chrétienne du temps, il convient de se référer aux récits évangéliques.

Les quatre évangiles désignent, au lendemain du sabbat, le « premier jour de la semaine ». Ce jour-là semble contenir à lui seul toute la révélation, progressive, du Ressuscité : des premières annonces tôt le matin jusqu’aux apparitions du soir. Et lorsqu’il leur apparaît, Jésus parle aux siens, en les y introduisant, de sa relation au Père et à l’Esprit [13].

L’évangéliste Luc cependant, aux débuts du livre des Actes, relate que Jésus ressuscité, avant d’être « enlevé » auprès du Père, « s’était fait voir pendant quarante jours » aux apôtres (Ac 1,3) et que l’Esprit Saint promis leur fut donné au terme de cinquante jours (cf. Ac 2,1). L’Église adopte donc cette chronologie des Actes des apôtres lorsqu’elle déploie le jour de la Résurrection au long du temps de Pâques, avec ses solennités de l’Ascension et de la Pentecôte [14].

De son côté, l’évangéliste Jean relate une apparition de Jésus aux disciples, dans une maison verrouillée, « le soir du premier jour de la semaine », puis une deuxième apparition au même endroit, « huit jours plus tard », aux mêmes disciples ainsi qu’à Thomas, absent la fois précédente (cf. Jn 20,19-31). Dans ce texte, qui est proclamé au deuxième dimanche de Pâques, l’Église reconnaît, et l’origine de l’octave pascale, et l’origine du dimanche chrétien1 [15] Tous les disciples, Thomas y compris, ont vu le Ressuscité ; à l’instar de Thomas, nous qui ne l’avons pas vu au « premier jour de la semaine » sommes conviés à croire en lui : « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).

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L’évangile selon saint Jean que nous venons d’évoquer est proclamé, au deuxième dimanche de Pâques, chaque année du temps liturgique. Les deux lectures précédentes sont distinguées.

Pour l’année A : Ac 2,42-47 et 1 P 1, 3-9. Pour l’année B : Ac 4,32-35 et 1 Jn 5,1-6. Pour l’année C : Ac 5,12-16 et Ap 1,9-19.

L’octave et tout le temps de Pâques, jours de semaine et dimanches, sont parcourus par le livre des Actes des apôtres. Sa lecture quotidienne et ordonnée débute dès le lundi de Pâques, avec le premier discours de Pierre à la foule de Jérusalem :

« Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes les témoins » (Ac 2,14... 32). Comme évangiles durant l’octave sont retenus les récits, transmis par les quatre évangélistes, des apparitions de Jésus ressuscité aux siens. Du lundi au samedi : Mt 28,8-15 ; Jn 20, 11-18 ; Lc 24,13-35 ; Lc 24,35-48 ; Jn 21, 1-14 ; Mc 16,9-15. (Les versets 15-19 du chapitre 21 de saint Jean seront lus le vendredi, et les versets 20-25, le samedi, de la septième et dernière semaine du temps de Pâques).

Le temps de Pâques. Les sept semaines

À propos du temps de Pâques (ou »temps pascal »), nous aborderons, respectivement, les Préfaces, les lectures aux jours de semaine (ou de « férie ») et aux dimanches, les oraisons, les solennités de l’Ascension et de la Pentecôte.

Cinq Préfaces pascales sont disponibles. La Veillée utilise la première (avec la mention « en cette nuit » à la place de « en ces jours ») :

Vraiment, il est juste et bon de te glorifier, Seigneur, en tout temps, mais plus encore en ces jours où le Christ, notre Pâque, a été immolé :
Car il est l’Agneau véritable qui a enlevé le péché du monde : en mourant, il a détruit notre mort ; en ressuscitant, il nous a rendu la vie.
C’est pourquoi le peuple des baptisés, rayonnant de la joie pascale, exulte par toute la terre, tandis que les anges dans le ciel chantent sans fin l’hymne de ta gloire...

La première Préface résume donc le mystère de Pâques. Les quatre autres signifient, alternativement, notre vie éternelle et le renouvellement de la création, l’intercession continue du Christ et son sacerdoce. Deux Préfaces de l’Ascension sont proposées, du jeudi de la solennité jusqu’à la veille de la Pentecôte.

Aux jours de férie, tandis que progresse la lecture des Actes des apôtres, les évangiles se composent d’une suite de textes johanniques. L’entretien de Jésus avec Nicodème (au chapitre 3) illustre le baptême ; l’enseignement donné à la synagogue de Capharnaüm sur le pain de vie (au chapitre 6), l’eucharistie. Amené par quelques extraits des chapitres 10, 12 et 13, l’ensemble des chapitres 14 à 17 vient se déployer tout autour du jour de l’Ascension, le jeudi de la sixième semaine : c’est dans la gloire de son Père auquel il nous attire, que le Seigneur Jésus nous adresse les paroles prononcées à ses disciples au soir de la Cène [16].

Les lectures du dimanche recoupent celles de l’octave et de la férie de Pâques. Tirée du livre des Actes des apôtres, la première lecture oriente le temps liturgique. La deuxième lecture recourt - l’année A, à la première lettre de saint Pierre – l’année B, à la première lettre de saint Jean - l’année C, au livre de l’Apocalypse. L’évangile du deuxième dimanche (Jn 20,19-31) est, nous l’avons dit, commun aux trois années. Le troisième dimanche est consacré aux apparitions de Jésus ressuscité (selon Le 24,13-35 et 35-48, ainsi que Jn 21,1-19). Après quoi se succèdent, transmis par saint Jean, les évangiles du « Bon Pasteur » (quatrième dimanche), du discours de Jésus à ses disciples (cinquième et sixième) et de sa prière au Père, lors de la Cène (septième) [17].

De façon constante, les oraisons de la Messe au temps pascal, adressées au Père, confessent le mystère de la Résurrection du Christ, le « sacrement de Pâques », ainsi que la grâce du baptême reçu récemment ou autrefois par les fidèles. Ainsi, parmi d’autres, la prière d’ouverture au deuxième dimanche :

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés. Par Jésus-Christ.

Le temps de Pâques. Ascension et Pentecôte

Le jour de la Résurrection célèbre la victoire du Fils de Dieu sur le péché et sur la mort. Selon les paroles adressées à Marie de Magdala (cf. Jn 20, 17), c’est le premier moment de son exaltation auprès du Père : Jésus monte vers le Père en nous entraînant avec lui. Cette présence de Jésus ressuscité à son Père comme à nous­ mêmes est célébrée, quarante jours après le dimanche de Pâques, le jeudi de !’Ascension. Mais encore, nous-mêmes recevons la grâce de nous attirer mutuellement vers le Père comme le Fils nous y attire, de laisser le Père nous attirer à lui comme il attire le Fils. Dans cette communion au mystère du Christ, à sa personne et à sa mission qui perdure dans le monde, nous reconnaissons l’œuvre de l’Esprit, envoyé d’auprès du Père. L’Église célèbre la venue de l’Esprit Saint au dimanche de la Pentecôte, sceau des sept semaines de Pâques.

La messe de !’Ascension fait entendre, comme première lecture, le commencement des Actes des apôtres, comprenant l’enseignement des anges sur le départ de Jésus vers le ciel (Ac 1,1-11). C’est l’ultime apparition de Jésus aux apôtres, selon cha­cun des synoptiques, qui est le sujet de l’évangile (Mt 28, 16-20. Mc 16,15-20. Le 24, 46-53). Dans la lettre aux Ephésiens, l’apôtre Paul invoque le Père qui, « plaçant le Christ au dessus de tout, a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps » (Ep 1,17-23).

La messe au samedi soir de la Pentecôte invite à choisir entre quatre textes de l’Ancien Testament pour la première lecture : la confusion des hommes à Babel (Gn 11,1-9), l’alliance de Dieu avec son peuple (Ex 19, 3...20), l’oracle adressé à l’esprit (Ez 17,1-14), l’esprit prochainement répandu sur toute créature (Jl 3,1-5). « Nous avons commencé par recevoir l’Esprit Saint », déclare Paul aux Romains, et « Dieu sait qu’en intercédant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut » (Rm 8,22-27). L’évangéliste Jean relie la venue de l’Esprit à la glorification de Jésus par le Père (Jn 7,37-39).

À la messe du jour, le livre des Actes décrit l’événement de la Pentecôte (Ac 2,1-11) et la lettre aux Corinthiens présente l’Esprit Saint comme principe de l’unité des membres de l’Église (1 Co 12,3...13). L’évangile johannique reprend les paroles de Jésus ressuscité aux disciples : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. [...] Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,19-23). Prière à l’Esprit Saint, une séquence est prévue ; la messe de la Pentecôte possède une Préface propre.

Le calendrier liturgique antérieur à la réforme de Vatican II déterminait un « temps après la Pentecôte ». À vrai dire, l’envoi de l’Esprit Saint est le don ultime de Dieu, et c’est en lui que « nous proclamons la mort du Seigneur Jésus, célébrons sa résurrection, attendons sa venue dans la gloire » [18] au long du « temps ordinaire » de notre vie quotidienne. Celui-ci, qui avait débuté au lendemain de la fête du Baptême du Christ, est, au lendemain de la Pentecôte, repris là où le Carême l’avait interrompu.

Ce temps ordinaire se trouve par ailleurs éclairé par trois solennités qui rappellent et résument la Révélation salvatrice de Dieu accueillie au cours de la Semaine sainte et du temps de Pâques. Ce sont au dimanche après la Pentecôte, la Sainte Trinité au dimanche (ou, dans certains pays, le jeudi) qui lui succède, le Saint-Sacrement, au vendredi suivant, le Sacré-Cœur de Jésus, avec sa prière d’ouverture :

Seigneur notre Père, en vénérant le Cœur de ton Fils bien­ aimé, nous disons les merveilles de ton amour pour nous ; fais que nous recevions de cette source divine une grâce plus abondante . Par Jésus-Christ.

Voir aussi :