Un périodique unique en langue française qui éclaire et accompagne des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée.

Silences dans l’Église

Par action et par omission

Anne Mardon

Après Quand l’Église détruit (voir VsCs 2020-2, p. 61-74) dont ce petit ouvrage se donne au premier abord comme une répétition en mode apaisé, l’auteur revient plus succinctement sur les aléas de sa rencontre avec des religieux (jésuites) ou en voie de l’être (les laures parisiennes des Fraternités monastiques de Jérusalem), en passant cette fois sous silence les dizaines d’années de ses aventures (au sens affectif du mot) ultérieures. Le propos qui veut se recentrer sur « l’institution ecclésiale » sourde aux avertissements aussi bien qu’à la détresse de qui a parfois recouru à son autorité, vise à nouveau la personne et l’œuvre du père Pierre-Marie Delfieux, mis en scène comme précédemment dans une posture de fondateur-séducteur-harceleur que ne relativise guère le questionnement de l’intéressée sur la vérité de sa propre quête spirituelle (dans l’espèce de pause, ou l’effort de lucidité, des pages 85 à 121). Un appel appuyé à d’autres témoignages similaires s’y fait clairement entendre (p. 125, etc.) – et c’est là sans doute la pointe de cette deuxième publication : faire sortir enfin du silence. Mais la scriptrice gagne-t-elle en crédibilité quand elle finit par estimer qu’il est « urgent que les religions se taisent » (p. 130) ? On peut se demander – sans faire l’impasse sur les blessures endurées, anciennes et nouvelles – si les longs soliloques laissent au vrai dialogue la chance d’un avènement rédempteur.

Paris, L’Harmattan, octobre 2020

135 pages · 15,00 €

Dimensions : 14 x 22 cm

ISBN : 9782343212876

9782343212876