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Marie d’ici et d’ailleurs

Apparitions mariales à Beauraing et autres lieux reconnus

Joël Rochette

Le chanoine J. Rochette, Vicaire général et Recteur du sanctuaire de Beauraing, présente d’abord les apparitions des années 1932-1933 à Beauraing (Belgique), dans un lieu qui ne semblait nullement prédestiné à ces événements : le jardin d’une école pour une centaine de jeunes filles, tenue par les Sœurs de la Doctrine chrétienne (Nancy), situé en bordure d’une rue fréquentée et commerçante, proche du chemin de fer, et aujourd’hui du Centre culturel devenu un conservatoire pour jeunes instrumentistes, etc. Et si le message de Marie aux cinq enfants était de nous faire comprendre que la vie chrétienne peut se vivre en tout lieu, même les moins calmes ? Cette situation ne dit-elle pas que Dieu parle au cœur de chacun quels que soient sa situation et ses activités, son parcours et ses conditions de vie ?

Dans le premier chapitre, le Recteur énumère divers signes qui affleurent dans les apparitions de Beauraing. Marie apporte la paix dans ce lieu fréquenté, qui est redevenu depuis cette année un vrai jardin, après avoir été occupé par diverses constructions de béton. Les jardins dans la Bible n’invitent-ils pas à la vie, comme celui de la Genèse et celui de l’Apocalypse qui abrite l’Arbre de la vie ? Dans ce jardin, Marie a souri aux enfants avant même de leur parler, écoutant les Ave qu’ils égrenaient avec ferveur. Puis elle leur a montré son Cœur d’or. Ensuite, elle a révélé son nom : « Je suis la Vierge Immaculée » ; « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des Cieux ». Ces trois titres soulignent la place de Marie dans l’œuvre du salut. Marie est aussi celle qui prie, sinon pourquoi porterait-elle un chapelet ? Et surtout, elle invite à la prière confiante et persévérante. Elle apparaît dans le temps liturgique de l’Avent, comme pour nous préparer à la venue de son Fils. Elle invite à la conversion et demande la construction d’une chapelle : les deux sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation apparaissent dans cette demande. Son cœur rayonnant ne nous invite-t-il pas à devenir de vrais disciples, conscients de leur mission de porter la Bonne Nouvelle au monde et de la proclamer en paroles et en actes ? Les paroles des dernières apparitions invitent de fait à l’amour sincère : « Aimez-vous mon Fils ? », « M’aimez-vous ? ». Comment séparer la Mère de son Fils, le Sauveur ? Tel est l’objet du premier chapitre Beauraing ou le sourire d’un Dieu qui nous aime. La vierge au cœur d’or (p. 19-50).

Dans la revue du Sanctuaire, La Voix de Beauraing, le Recteur avait publié une série d’articles, de 2020 à 2022, consacrés aux apparitions reconnues par l’Église catholique depuis le XVIe siècle à Guadalupe (Mexique) jusqu’au XXe siècle à Kibeho (Rwanda). Il les reprend dans le livre sous recension. À travers ces apparitions de lieux, d’époques et de contextes bien différents, il dégage des similitudes avec les événements de Beauraing. Le chap. 2 s’intitule Guadalupe ou le fil de Marie au tissu de nos vies (La mère de miséricorde). Marie apparaît au jeune Juan Diego en 1531 ; elle est vêtue d’une cape d’où sortent des roses de Castille en dessous desquelles le portrait rayonnant d’une femme apparaît, comme si Marie y avait déposé sa signature. N’est-ce pas pour nous rappeler que Marie est présente au quotidien de nos vies ? Le chap. 3 est consacré à Notre-Dame du Laus (Hautes Alpes) : Le Laus ou le chemin escarpé de la conversion (Dame Marie). La Vierge Marie rappelle la nécessité de la conversion : depuis 1664 et pendant une longue période de 54 ans, Benoîte Rencurel accueille les visites de Marie ainsi que la vision du Christ crucifié et de plusieurs saints invitant à la conversion. En 1830, Catherine Labouré (Rue du Bac, Paris), novice chez les Filles de la Charité, a d’abord la vision du Christ crucifié au cœur transpercé puis celle de la Vierge Marie, l’Immaculée, comme le rapporte trouve le chap. 4 : Rue du Bac ou la joie d’un divin cœur-à-cœur (Marie conçue sans péché). La Médaille que reçoit Catherine, destinée au monde entier porte la lettre M (Marie) surmontée de la croix du Christ et de deux cœurs, l’un couronné d’épines et l’autre transpercé d’un glaive. Douze étoiles représentant les apôtres et l’Église ornent la médaille appelée par la suite miraculeuse. Le chap. 5 La Salette ou les dangers de l’oubli de Dieu (La Vierge aux pleurs) évoque les apparitions de Marie à Maximin et Mélanie (1846) en une période de révolution industrielle et d’exploitation des ouvriers mais aussi de l’oubli du dimanche. Les apparitions de Lourdes sont présentées au chap. 6 : Lourdes ou la promesse d’un bonheur vrai (L’Immaculée Conception). Bernadette Soubirous a quatorze ans lorsqu’en 1858, elle reçoit la visite de Marie à la Grotte de Massabielle qui invite à la conversion et demande qu’on bâtisse une chapelle. La sainteté dans l’humilité au quotidien, tel est le témoignage de Bernadette devenue Sœur de la Charité de Nevers. Ce lieu de pèlerinage est sans doute avec Guadalupe et Fatima parmi les plus fréquentés.

Les apparitions de Pontmain (Mayenne) sont présentées au chap. 7 : Pontmain ou la grâce de se laisser toucher (La Femme étoilée). C’est à l’époque de la guerre franco-prussienne qu’Eugène et Joseph mais aussi Françoise et Jeanne-Marie reçoivent la visite de Marie le 17 janvier 1871. Les troupes ennemies sont au Mans et marchent sur Laval, proche de Pontmain. Marie porte une robe bleue constellée d’étoiles et tient une croix de couleur rouge avec l’inscription « Jésus-Christ ». N’est-ce pas une invitation à prier Celui qui se tient aux côtés des personnes qui subissent les atrocités de la guerre ? Les apparitions aux trois petits bergers de Fatima (Portugal) au moment de la Première Guerre mondiale sont présentées au chap. 8 : Fatima ou la force salvatrice du rosaire (Le Cœur immaculé de Marie). Les enfants entendent la Dame en blanc qui invite à la prière ; ils auront également la vision de l’enfer et recevront trois secrets, le second demandant la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour obtenir la paix dans le monde. À Fatima, le 13 août 1917, des phénomènes météorologiques étonnants sont perçus par la foule. La Vierge Marie apparaît aussi en 1933, au petit village de Banneux (Belgique), peu après les apparitions de Beauraing : chap. 9 : Banneux ou la beauté d’une foi simple (La Vierge des pauvres). Mariette est l’aînée des sept enfants d’une famille pauvre et non pratiquante, les Beco. La Vierge Marie invite Mariette à « pousser ses mains dans l’eau » auprès de la source « réservée pour toutes les nations ». Marie vient pour soulager les souffrances, spécialement des pauvres. Les dernières apparitions reconnues sont celles de Kibeho (Rwanda) rapportées au chap. 10 : Kibeho ou le mystère de la souffrance offerte (la Mère du Verbe). Marie apparaît à trois enfants de l’école (1981-1983 et 1989). Le 15 août 1982, la Vierge est en pleurs quand elle apparaît et les enfants ont des visions d’horreur et de guerre annonçant de manière voilée le génocide des Tutsis (1994). Dans les années d’apaisement un sanctuaire a été édifié à Kibeho, aujourd’hui très fréquenté.

À cette dizaine d’apparitions mariales officiellement reconnues, il faut ajouter celles de Gietrzwald (Pologne) en 1877, reconnues en 1977 ainsi que celles de Champion au Wisconsin (USA) de 1859, reconnues en 2010.

Mots-clés Marie Dévotion

Éditions Emmanuel, Paris, mars 2024

192 pages · 18,00 EUR

Dimensions : 14,5 x 19,5 cm

ISBN : 9782384331529

9782384331529

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