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Le Cantique des Cantiques

La Bible d’Alexandrie. 19

Jean-Marie Auwers

En traduisant en français la traduction grecque du Cantique des Cantiques, l’entreprise de la « Bible d’Alexandrie », initiée en 1986 par M. Harl, témoigne, si besoin était, de l’incontestable autorité littéraire du texte biblique. Ce nouveau volume est signé J.-M. Auwers, prof. à l’Université Catholique de Louvain, dont les nombreux travaux sur le Cantique (voir par exemple J.-M. Auwers éd., Regards croisés sur le Cantique des cantiques, Bruxelles, Lessius, 2006, recensé dans VsCs 78, 2006-3, p. 197) le désignaient assez naturellement pour ce travail. Comme il le note dès l’avant-propos, le Cantique est un texte difficile, de sorte qu’il lui fallut interroger systématiquement les versions coptes et vieilles latines ; place également a été faite à la tradition d’interprétation du Ct dans le judaïsme ancien et chez les Pères, non pour présenter leurs interprétations allégoriques (ce qui relèverait d’un autre genre d’étude) mais pour scruter leur propre compréhension de la lettre. On le pressent : le résultat final est plus qu’une simple traduction mais une véritable somme d’érudition. Précédant la traduction française du grec accompagnée d’annotations savantes (p. 187-331), l’introduction (p. 31-186) en quatorze chapitres présente le texte de la LXX et les enjeux de sa traduction. Au jugement de l’A., la traduction grecque du Ct peut être qualifiée de « neutre ». « Le traducteur a voulu fournir une version la plus précise possible, de manière à ce qu’un lecteur puisse effectuer à partir d’elle le même travail de décodage que celui qui était réalisé à partir du texte hébreu, sans lui fournir davantage de clefs » (p. 121). Quant à la question lancinante de savoir « qui parle à qui ? », elle est largement honorée par la place qui est donnée aux didascalies, à savoir ces manuscrits qui, distribuant, chacun à sa manière, la parole en un nombre variable d’intervenants (le bien-aimé, la bien-aimé, le chœur, etc.) facilitent la lecture du livre comme un drame, comme une pièce de théâtre jouée sur une scène avec changement de personnages. L’introduction se conclut ainsi par le texte complet de la traduction française accompagnée des didascalies du Sinaiticus (p. 174-186). En outre, dans les « annotations », à chaque section, délimitée selon des critères littéraires, est également rapportée la traduction des différentes didascalies qui ont été attribuées aux versets concernés.

Paris, Éditions du Cerf, mai 2019

344 pages · 35,00 €

Dimensions : 14 x 20 cm

ISBN : 9782204131858

9782204131858

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