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La réconciliation

Chemin d’initiation et de croissance ecclésiales

Isabelle Payen de la Garanderie

La désaffection dont souffre le sacrement du pardon ne cesse d’interroger, tant la mission de réconciliation se situe au cœur de la mission de l’Église : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu », exhorte Paul (2 Co 5,20). Force est de constater que la pratique de la pénitence n’a pas connu le renouveau espéré par le Concile dans la réforme liturgique. Il est d’ailleurs étonnant que le rituel recèle de nombreuses richesses qui sont peu exploitées. Il est, à ce titre, remarquable que l’A. fait de la lecture de ce rituel une arrête de son travail.

La confession auriculaire a peu à peu oblitéré plusieurs dimensions du sacrement dont cet ouvrage cherche à montrer la dynamique. Tout d’abord, la dimension baptismale. En effet, on a souvent insisté sur la nécessité d’être absous pour pouvoir recevoir l’Eucharistie. Or, l’enjeu spirituel est bien de regarder la réconciliation comme un chemin, un « néo-catéchuménat » baptismal. Il s’agit donc de retrouver une conception dynamique du sacrement, dans la perspective du salut (p. 35). La conscience du croyant sera ainsi formée à partir de l’appel baptismal à la conversion. Et l’A. de présenter la formation de la conscience elle-même comme un chemin intérieur, à l’aune de celui qu’a parcouru la Samaritaine dans sa rencontre avec le Christ (chap. 2).

La seconde dimension du sacrement de réconciliation clairement manifestée dans le rituel est son caractère ecclésial. Celui qui est réconcilié avec Dieu l’est non seulement « par le ministère de l’Église », mais avec l’Église elle-même. Pourtant, cette communauté qui réconcilie n’est pas immaculée. C’est une Église de pécheurs pardonnés « en conversion permanente » qui accueille le pénitent (chap. 3). La réconciliation est, en effet, l’œuvre de tout le peuple sacerdotal, de manière diversifiée. Le sacrement s’inscrit donc dans la dynamique de l’unité de l’Église : « Père, qu’ils soient uns, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Ce faisant, l’A. inscrit le sacrement de réconciliation dans la dynamique missionnaire de l’Église (chap. IV). À ce titre, le parallèle qu’elle fait entre réconciliation et confirmation est particulièrement suggestif.

Il faut souligner une troisième dimension particulièrement mise en lumière : celle du cheminement. Au fil des pages, l’A. montre comment la réconciliation s’inscrit dans la dynamique baptismale, la formation de la conscience, la construction d’une Église réconciliée et réconciliante. Ainsi, elle clôt son étude en appelant la réconciliation un « chemin de néophytat ».

Cette petite étude est particulièrement stimulante. Enracinée dans la liturgie et l’expérience ecclésiale diocésaine. Elle contribue à poser un regard renouvelé sur un riche sacrement en état de désaffection avancée.

Collection Cahiers de la NRT

CLD éditions, Paris, mars 2020

145 pages · 15,00 €

Dimensions : 13,8 x 21,5 cm

ISBN : 9782854436037

9782854436037

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