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Du désert au paradis

Introduction à la théologie ascétique

Stephen C. Headley

Prêtre orthodoxe depuis 40 ans et actuellement recteur de la paroisse orthodoxe de Vézelay, S. C. Headley a enseigné la théologie ascétique au Séminaire russe d’Épinay-sous-Sénart. Né d’une synthèse de ses cours, son ouvrage Du désert au paradis présente quatorze siècles de prière et de vie monastique ascétique et donne des clés indispensables pour entrer dans la théologie ascétique de l’Église d’Orient. L’ascèse chrétienne – que l’A. prend bien soin de distinguer d’autres formes d’ascèse présentes dans certains courants philosophiques et religieux – recouvre tous les moyens que le croyant a à sa disposition pour devenir, jour après jour, une nouvelle créature, un homme nouveau recréé à l’image du Christ.

Sept chapitres passent en revue les principaux auteurs ascétiques, des origines du christianisme jusqu’au XIVe s. (depuis Antoine, Pacôme et les Pères du désert, jusqu’à Grégoire Palamas et Grégoire le Sinaïte), accompagnés de quelques commentaires et résumés thématiques de certaines de leurs œuvres (pas toujours les plus importantes).

Le chapitre 8 quitte soudain la présentation chronologique pour revenir sur six grandes figures laissées de côté précédemment, et abordées là encore dans un ordre déroutant : Maxime le Confesseur, Denys l’Aréopagite, Diadoque de Photicé, Macaire-Syméon, Jérôme, Jean Cassien.

À côté de la richesse spirituelle de l’ensemble, on regrettera que le manuscrit n’ait pas bénéficié d’une sérieuse relecture qui aurait permis d’en améliorer grandement la langue et la typographie. Certaines approximations historiques et théologiques peuvent également surprendre. Outre le chap. 8 brisant sans raison la présentation chronologique des auteurs, d’autres figures sortent du cadre annoncé, comme Georges de Choziba et Jean Jacob de Neamţ (XXe s.), insérés dans le chapitre sur le monachisme palestinien du Ve siècle ; ou plusieurs moines du XIe s. se frayant une place dans le chapitre intitulé « La deuxième renaissance monastique byzantine au XIIIe s. ». Par ailleurs, Grégoire Palamas, unanimement reconnu comme le théologien de la grâce incréée, se trouve ici présenté comme le théologien de la grâce immanente (p. 165).

Un dernier chapitre aborde avec fruit la question du sens de l’ascèse pour l’homme d’aujourd’hui, une préoccupation qui ne quitte pas l’A. tout au long de son ouvrage : montrer la portée, la pertinence toujours actuelle des enseignements des Anciens, nous livrant leur expérience anthropologique et spirituelle toujours jeune. Leur « ethos monastique » n’offrirait-il pas la seule réponse à la quête de sens de tant de nos contemporains ?

Un lexique final référence et explicite quinze notions importantes, présentées hélas sans ordre apparent : ennui, négligence, insouciance, retraite, repos, insensibilité, impassibilité, renoncement, tranquillité, conversion, vigilance, confiance, repentir, labeur, attention, patience.

Paris, Éditions du Cerf, juillet 2018

232 pages · 22,00 €

Dimensions : 15 x 23 cm

ISBN : 9782204123938

9782204123938

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