ÉCRITURE

RASTOIN M., Entrer dans l’Évangile avec saint Ignace, Paris, Salvator, 2017, 14 x 21 cm, 170 p., 17,00 €.

Un livre qu’apprécieront les chrétiens pressés par la vie trépidante et pourtant désireux de préserver leur intériorité par une relation personnelle avec le Seigneur grâce à la prière. L’A. s’inspire de la méthode du Cardinal Martini apprenant aux jeunes Milanais à méditer la Parole de Dieu. Il l’a lui-même expérimentée pendant 12 ans à Paris avec « la messe qui prend son temps » à l’église du Centre Sèvres, au long de l’année liturgique. Ce canevas éclairera avec bonheur ceux et celles qui souhaitent nourrir leur intimité croyante avec Jésus vivant, tout en suivant la liturgie de l’Église. Jésuite, bibliste chevronné et fin connaisseur des Exercices spirituels de saint Ignace, le p. Marc Rastoin suit les conseils que donne saint Ignace pour apprendre à prier, se faisant ainsi l’accompagnateur rêvé pour nous aider à puiser à la source de la Parole de Dieu en partant de l’Évangile - J. RADERMAKERS, s.j.

SECONDIN B., Prophète du Dieu vivant. En chemin avec Élie, Paris, Parole et Silence, 2015, 14 x 21 cm, 205 p., 18,00 €.

Le père carme italien Bruno Secondin a choisi la figure du prophète Élie comme guide pour les Exercices spirituels qu’il a prêchés au pape François et aux membres de la Curie romaine en 2015. À partir de la méthode de la lectio divina, en contact direct avec les textes bibliques, il a offert différentes méditations selon un rythme ternaire : comprendre la Parole, méditer la Parole, applications personnelles. L’explication du texte biblique est simple, pédagogiquement marquée par de petites phrases choisies comme points de repère pour le chemin avec Élie. Un Grand Carme (non déchaussé donc) décide ainsi de présenter le prophète le plus lié au mont Carmel, considéré d’ailleurs comme le fondateur ante litteram de l’Ordre. Mais le point mis en valeur demeure l’accueil de la Parole du Seigneur de la part du prophète lui-même, premier pas capital qui lui permettra d’annoncer cette même Parole en tant que prophète du Dieu vivant. Réécouter cette Parole à travers l’Écriture transforme encore aujourd’hui les auditeurs qui l’accueillent et qui la mettent en pratique, eux aussi, en prophètes du Dieu vivant au service du peuple, en prophètes de fraternité - E. BARUCCO, o.c.d.

FONDEMENTS

BOT J.-M., Les mystères de la vie éternelle, Toutes vos questions sur l’au-delà, Paris, Artège, 2017, 12 x 19 cm, 217 p., 16,90 €.

Prêtre du diocèse de Versailles, le père Bot nous offre ici un exposé simple et documenté, un petit traité de la doctrine catholique concernant ces réalités de l’histoire du salut. Celles-ci, souvent, sont source de crainte ou même d’incompréhension. « Vivre, c’est savoir où l’on va », propose l’auteur. Le « récit » biblique éclaire notre foi en la révélation d’un Amour créateur et salvifique. L’enseignement millénaire de l’Église la détaille et, ainsi, nous « enseigne » la foi et l’espérance aussi bien que la charité, les « réponses » que nos vies peuvent mettent en œuvre. Ainsi, avec apaisement, pouvons-nous mieux entendre la question de tous : « Que pouvons-nous espérer ? ». S’ouvre alors « le chemin d’éternité » éclairé, pour chacun de nos cheminements personnels, vers la Rencontre. Et dans la nuit, éveillés, nous entendrons « Voici l’Époux ». Ce n’est pas pour plus tard, c’est notre aujourd’hui - J. BURTON, s.j.

PATRISTIQUE

BARÒ A., VICIANO A., VIGNE D. (éd.)., Mort et résurrection dans l’Antiquité chrétienne, De la mort à la vie, l’espérance en la résurrection dans l’Antiquité tardive. Histoire, archéologie, liturgie et doctrines, Paris, Parole et Silence, coll. Centre Histoire et Théologie Institut catholique de Toulouse, 2017, 15,2 x 23,5 cm, 16,90 €.

L’ouvrage reprend les contributions du premier d’une série de trois colloques inter-universitaires et internationaux centrés sur le Mystère pascal et l’espérance en la résurrection. Assez pointues, les diverses contributions croisent différentes disciplines : la théologie, l’histoire, la liturgie, l’archéologie. Plusieurs opèrent une heureuse ouverture pour le monde francophone sur la foi et la théologie hispanique de l’époque patristique. On notera une intervention particulièrement bienvenue sur la résurrection de la chair dans le Prognosticum futuri saeculi de Julien de Tolède, malheureusement trop peu connu dans le monde francophone, une réflexion sur la Pâque comme passage de la mort à la vie, un discernement de l’influence historique et théologique des actes apocryphes de saint Jean en Espagne, un croisement biblique, patristique et archéologique qui met en relief la compréhension des fonds baptismaux comme tombeau et sein maternel - B. DE BAENST, prêtre de l’Emmanuel.

PRIÈRE ET LITURGIE

RUEG J.-G. (dir), Qu’est-ce que l’oraison ?, Toulouse, Éd. du Carmel, coll. Vives flammes, 2016, 12 x 17 cm, 60 p., 6,00 €.

WALKER J.-R. (dir.), Quand l’oraison devient difficile, Toulouse, Éd. du Carmel, coll. Vives flammes, 2016, 12 x 17 cm, 60 p., 6,00 €.

Les bons livres sur l’oraison ne manquent pas. Ils découragent parfois. Les deux petits opuscules proposés par la collection Vives Flammes viennent donc utilement au secours de ceux qui veulent entrer dans la vie d’oraison. Leurs qualités sont multiples. D’abord, ils sont évidemment nourris non seulement de spiritualité carmélitaine, mais aussi de l’expérience pastorale de leurs auteurs, habitués à animer des écoles d’oraison. Ensuite, la diversité des contributeurs, tous carmes, permet une multiplicité d’approches sans sacrifier à l’unité offerte par la doctrine du Carmel. Chaque contribution est conçue comme une réponse à des questions que se posent tous ceux qui font oraison : pourquoi ? Comment commencer ? L’oraison étant un chemin et une vie, elle sera parsemée d’obstacles et d’épreuves. Avec beaucoup de délicatesse pastorale, les auteurs offrent un chemin d’espérance dans la nécessaire expérience de la pauvreté de l’oraison. Deux petits opuscules incontournables - G. DE LONGCAMP, c.s.j.

AUBIN C., Prier avec son cœur. La joie retrouvée, Paris, Salvator, 2017, 13 x 20 cm, 144 p., 14,90 €.

Sœur Catherine Aubin, dominicaine psychothérapeute et théologienne, nous aide à redécouvrir la joie à partir de la prière : une joie originelle, accueillante, compatissante, oubliée peut-être, gisant au creux de notre être, étouffée sans doute sous le poids de peurs, d’appréhensions ou de culpabilités secrètes. Sa fine expérience saura réveiller le chant qui nous habite à notre insu. Un ouvrage bienfaisant, facile à lire pour les yeux fatigués car imprimé en grands caractères. Faisons confiance à l’A. : elle s’adresse à toute notre personne, jusque dans notre corps - J. RADERMAKERS, s.j.

BIANCHI E., Prières pour la table, Paris, Parole et Silence, 2016, 11 cm x 17,8 cm, 98 p, 7,00 €.

Pour le chrétien, le repas revêt plusieurs significations spirituelles d’importance. Il est bénédiction de Dieu, signe du banquet céleste, lieu d’expression de la fraternité chrétienne. Ce petit ouvrage offre donc une aide renouvelée pour la prière commune et personnelle. En plus de prières réparties sur un mois, on y trouve des schémas de prière de bénédiction et un choix de paroles biblique pour nourrir le cœur : « L’homme ne vit pas seulement de pain… » - G. DE LONGCAMP, c.s.j.

SPIRITUALITÉ

BONNEWIJN O., Petits mystiques. Perles du caté, Paris, Éd. de l’Emmanuel, 2017, 13 x 17 cm, 120 p., 9,90 €.

« Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume » (Mt 18,13). Cette parole de Jésus se vérifie amplement à la lumière de ce petit opuscule. L’auteur a collecté patiemment les perles qu’il a entendues de la bouche d’enfants et les a rassemblées et éclairées soit par lui-même, soit par des citations d’auteurs spirituels. Il nous offre ainsi un véritable petit ouvrage de théologie par les enfants. À la lecture de ces pépites, on sourit, on rit, mais surtout, on s’émerveille du travail de la grâce et de la disponibilité des enfants. Peut-être a-t-on dans ce livre la meilleure manière de nous stimuler réellement à la conversion - G. DE LONGCAMP, c.s.j.

TÉMOINS

HOUIX P., La blessure de l’ami, Paris, Salvator, 2017, 14 x 21 cm, 204 p., 20,00 €.

L’ouvrage posthume de celui qui fut père abbé de Timadeuc (1993-2011), puis supérieur à Bricquebec jusqu’à sa mort accidentelle en 2015, trace un chemin sûr pour l’homme qui désire se laisser aimer par l’Ami Jésus. Dans ce choix de textes sélectionnés (articles, homélies, hymnes liturgiques) et finement agencés par Frédérique Poulet, nous épinglons le diptyque « Un cistercien » (2005) et « Au fond du désert » (2007) qui permet de comprendre la foi pascale et l’espérance qui animaient la vie du moine. Dans le premier volet, le père Paul Houix lit le Journal de frère Christophe (de Tibhirine) à travers un panel d’expressions littéraires suggestives : « Je t’aime », « Ici », « La violence tapie en moi », « Gros orage dans le chœur à Vêpres », « Un homme pascal ». Dans le deuxième, il ouvre son âme en commentant vers après vers un hymne qu’il composa 30 ans plus tôt pour la Commission Francophone Cistercienne : « Son cœur brisé est devenu un cœur blessé, d’une blessure qui ne guérira jamais […] ; l’homme blessé est simplement le témoin humble et discret du monde nouveau de la résurrection » (p. 147). De La brisure du cœur (1996) - son premier livre - à La blessure de l’ami (2018), P. H. ne cesse de nous accompagner vers « ce lieu intime et profond, à ce lieu béni où la solitude devient multitude » (p. 135), livrant à qui osera s’y aventurer dans l’Esprit le secret de l’Amour - S. DANDÉ, f.m.j.

VIE CONSACRÉE

BERNAY S., Femmes de Dieu. L’aventure de la vie consacrée féminine, Paris, Éd. de l’Emmanuel, 2016, 15 x 22 cm, 235 p., 18,00 €.

Nul doute que dans les périodes les plus sombres de l’histoire de la première Alliance, comme de l’Église, le Seigneur suscite des femmes vaillantes comme Déborah, Esther, Catherine de Sienne ou Jeanne d’Arc. Mais les femmes ne seraient-elles que les héroïnes d’un moment ? Loin s’en faut. Alors que nombre de livres d’histoire de la vie consacrée commencent avec l’expérience du monachisme d’Antoine à Benoît, l’auteur propose plutôt de la regarder ici à travers les yeux des femmes. Ainsi, après un premier chapitre situant la vie consacrée, l’ouvrage poursuit par une histoire du monachisme au féminin. Après la période patristique et médiévale, le tournant de la Réforme suscite de nouvelles formes de vie consacrée, comme les congrégations enseignantes ou les Filles de la Charité. On accompagne ensuite avec intérêt l’aventure des premières missionnaires en Asie ou l’extraordinaire expansion des congrégations au XIXe siècle. Jusqu’à « la vie consacrée à l’épreuve des totalitarismes », l’aventure de ces femmes est marquée, à coup sûr, par la passion de l’Évangile, la passion des hommes et une extraordinaire force dans l’épreuve. Jusqu’à la fin et l’émergence des nouvelles formes de vie consacrée au XXe siècle, on s’émerveille avec l’auteur de la richesse surabondante des appels de l’Esprit. Ce livre se lit avec la passion d’un roman et la profondeur d’un traité spirituel. À tel point qu’on en redemande et que l’on est parfois frustré de ne pas passer plus de temps avec chacune de ces aventurières de Dieu - G. DE LONGCAMP, c.s.j.

VIE DE L’ÉGLISE

OUELLET M., Famille, deviens ce que tu es, Paris, Parole et Silence, 2016, 14 cm x 22,5 cm, 160 p., 15,00 €.

SCHÖNBORN Ch., Entretiens sur Amoris laetitia avec Antonio Spadaro, Paris, Parole et Silence, 2016, 11,5 cm x 21 cm, 134 p., 13,00 €.

Alors que la réception de l’exhortation Amoris laetitia bat son plein et qu’elle n’est pas sans susciter quelques remous, les Éditions Parole et Silence nous offrent l’éclairage de deux cardinaux, qu’il est fructueux de regarder simultanément. Le cardinal Ouellet commence par resituer le véritable bouleversement proposé par le pape François, à savoir, une conversion pastorale qui demande de discerner et accompagner. Ce bref premier chapitre permet d’entrer sereinement dans une analyse théologique. Le préfet de la Congrégation des évêques n’entend d’ailleurs pas offrir un commentaire, mais donner son propre éclairage, riche de nombreuses années de réflexion. Ainsi, partant du constat de la complexité actuelle de la situation des familles, l’auteur propose - comme il l’avait fait avec les évêques de France en 2001 - d’inverser le regard que l’on pose sur le sacrement de mariage. Il ne suffit pas, en effet, de le regarder comme l’élévation d’une réalité naturelle, un simple rite de passage. Il est plutôt le surgissement de la vie trinitaire au cœur de l’amour humain. Ainsi Dieu prend-il possession de l’amour des époux pour en faire la ressemblance de l’amour qu’il porte à l’humanité dans le Christ. C’est à la lumière de cette ressemblance que l’on peut - et doit - regarder la famille chrétienne. Reprenant la pensée de Jean Paul II, enrichie de sa propre recherche et de son expérience pastorale, le cardinal québécois, fait œuvre de tradition qui permet au lecteur de situer Amoris laetitia à l’intérieur d’un développement théologique et pastoral. L’éclairage apporté par le cardinal Schönborn est tout différent. En effet, par le genre littéraire de l’interview, il choisit d’affronter l’ensemble des questions épineuses posées par l’exhortation du pape François : sexualité et chemin de croissance dans la grâce ; l’exigence de l’amour oriente le cheminement : une morale du bonheur ; évolution dans la compréhension des « situations objectives de péchés ». Il ne s’agit pourtant pas pour l’archevêque de Vienne de se jeter à corps perdu dans la polémique. Il tient au contraire à éclairer régulièrement la doctrine d’Amoris laetitia à l’aide de Thomas d’Aquin et Jean-Paul II. Ainsi, si François demande une indéniable évolution, on ne peut parler de rupture de tradition. L’auteur insiste régulièrement sur le fait que le Pape propose l’intégralité de la doctrine catholique sur le mariage et n’invite nullement à la relativiser, tout en invitant à un discernement. La complexité des situations actuelles ne permet pas une loi générale applicable à tous sans discernement. On ne peut se substituer aux consciences. Il faut les éclairer. Celles des pasteurs, comme celles des fidèles. La lecture conjointe de ces deux petits opuscules apporte beaucoup de lumière dans un débat par trop passionné - G. DE LONGCAMP, c.s.j.