Éclairer et accompagner des engagements toujours plus évangéliques dans toutes les formes de la vie consacrée
Le Document final du Synode « Pour une Église synodale », publié en 2024, concerne toutes les composantes du peuple de Dieu. À la suite de ses articles précédents, l’auteur, consulteur du Secrétariat général, met ici en évidence les exigences propres aux charges ecclésiales (clarté, capacité de rendre compte, culture de l’évaluation), qui touchent aussi les instituts de vie consacrée.
Médecin, théologienne, professeur émérite d’éthique philosophique et théologique (Université de Strasbourg), auteur de plusieurs ouvrages pionniers dans l’étude des abus sexuels dans l’Église catholique, M.-J. Thiel montre comment la « crise des abus » relève de dysfonctionnements institutionnels, ouvrant ainsi un chantier considérable et complexe.
Le Cardinal Ángel Fernández Artime, ancien recteur majeur des Salésiens de don Bosco, aujourd’hui pro-préfet du Dicastère de la vie consacrée, a présidé la messe du Colloque, en l’église Saint-Ignace, où il a donné ce commentaire des lectures du jour, tout en indiquant que la question « Faut-il réparer la vie consacrée ? » était non seulement profondément évangélique mais encore « un acte d’amour ».
Professeur émérite d’exégèse et de judaïsme de l’Université catholique de Louvain, D. Luciani nous a aidés à envisager ce que, dans la tradition juive, on entend par « réparation du monde » (tiqqoûn ‘ôlam).
Sœur auxiliatrice, psychanalyste, l’autrice de « Vivre avec l’irréparé », qui a donné le ton à toute la première journée de notre Colloque centenaire, considère que si l’irréparable est définitif, l’irréparé indique que tout n’est pas perdu. Jusqu’où et comment réparer les corps et les âmes blessés, mais aussi ce qui blesse la vie consacrée et ne la fait plus vivre ?
Directrice de Vies consacrées, Noëlle Hausman préface le Colloque centenaire de la revue en réfléchissant à la question qui y sera posée : « Faut-il réparer la vie consacrée ? ». Réparer, pour la tradition juive et l’Écriture sainte, n’est-ce pas toujours « passer ailleurs », par un chemin nouveau qui s’ouvre dans le cœur (Ps 83,6) ?
Dans ces lignes passionnées, écrites avant le passage de témoin d’un pontife à l’autre, l’auteur, bibliste bien connue, va jusqu’aux jointures de l’espérance propre à nos temps troublés : c’est l’acte de résistance capable de faire reculer le mal, parce qu’elle prend au sérieux, avec les Écritures, la victoire du Christ sur la mort.
Bien des instituts religieux se sont constitués autour de la doctrine de la réparation, parfois intégrée dans leur nom. Il est plus rare de voir une fondatrice, telle Claire Monestès, évoluer de la souffrance réparatrice à la louange missionnaire ; ou, selon les xavières d’aujourd’hui, « du Cœur blessé du Christ au cœur blessé de l’humanité ».
Co-président du Groupe des Dombes (2023), professeur émérite de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain, Joseph Famerée est le supérieur de la Province Europe francophone des Prêtres du Sacré-Cœur (Dehoniens). Sa réflexion sur les orientations œcuméniques et sociales de la théologie du Cœur de Jésus pose une question importante : que signifie réparer les fractures dans l’Église et dans le monde ?
Consulteur du Secrétariat général du Synode, le canoniste-ecclésiologue qui nous a déjà introduits à toutes les phases de cet événement ecclésial clôt la série en faisant émerger les lignes de forces (et les limites) du Document final, non sans inviter à « passer résolument » à la phase de réception d’un Synode dont l’horizon est la mission.
Pilote interim du Groupe de travail n° 2 (CEF-CORREF), professeur de dogmatique à la Faculté Notre-Dame, Frédérique Poulet, vierge consacrée, présente les fondements et préconisations auquel son groupe est arrivé, pour promouvoir une juste pratique de l’accompagnement spirituel. Un chantier loin d’être clos.
Poursuivant ses traversées contemplatives au cœur des traditions spirituelles de l’Inde, l’auteur, prêtre des Missions étrangères de Paris, qui vient de publier Une émulation de sainteté, nous offre ici de visiter le Centre de dialogue interreligieux de Bénarès qu’il anime depuis peu.